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DIMENSIONS TRANSVERSALES DES PARTIES SUPÉRIEURE ET INFÉRIEURE DU TRONC

LIGNE

bi-acrorniale

LIGNE

bi-humérale

LIGNE

bi-iliaque

LIGNE

bi-tro-

chantérienne

Homme. .

L Dimension moyenne.

} Minima

( Maxima

ni

Femme. .

( Dimension moyenne.

} Minima

( Maxima

En comparant dans les deux sexes les résultats qui précèdent, on peut reconnaître : 1° que les lignes bi-acromiale et bi-humérale sont plus longues de 3 centimètres 1/2 chez l’homme; 2° que les lignes bi— iliaque et bi-trochantérienne sont au contraire plus petites chez lui, la première de 5 millimètres, et la seconde de 9. La partie supérieure du tronc, en d’autres termes, est plus large chez l’homme que chez la femme, et la partie inférieure plus large au contraire dans ce dernier sexe que dans le premier.

Ainsi formulé, ce fait ne peut soulever aucune contestation. Mais les anciens le formulaient autrement; ils considéraient le corps de l’homme comme inscrit dans un ovale dont la tête et les épaules représentaient la grosse extrémité; et celui de la femme comme inscrit dans une ellipse dont le petit axe répondait au bassin. Ils admettaient, en un mot, que la partie supérieure du tronc est plus large chez le sexe masculin que l’inférieure, ce qui est vrai; et que sa partie inférieure est plus large au contraire dans le sexe féminin que la supérieure, ce qui est erroné.

Plus tard, on a reconnu cette erreur. Quelques auteurs ont avancé que les deux extrémités du tronc offraient une égale largeur chez la

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femme. Parmi ceux-ci, je citerai Salvage (1) et Malgaigne (2). Mais c’était encore une erreur, moins grande il est vrai; car l’observation établit très nettement que la ligne bi-humérale représente, dans les deux sexes le plus grand diamètre transversal du corps. Chez la femme, elle surpasse de 6 centimètres la ligne bi-iliaque, et de 3 la ligne bi-trochantérienne : différence très sensible, et bien plus considérable encore chez l’homme, puisqu’elle s’élève dans ce sexe à 10 centimètres pour la première partie, et à 7 1/2 pour la seconde. On voit aussi, dans le tableau qui précède, que la ligne bi-iliaque, qui n’excède pas 32 centimètres dans le sexe masculin, lorsqu’elle atteint sa plus grande étendue, peut s’élever, dans le sexe féminin, à 35; et que la plus grande ligne bi-trochantérienne, limitée chez lui à 34 centimètres, peut arriver chez elle jusqu’à 40.

Les dimensions transversales du bassin sont donc plus considérables chez le sexe féminin. Mais dans aucun cas, cependant, elles ne le sont assez pour égaler et surtout pour surpasser celles de la partie supérieure du tronc. Que les peintres et les statuaires veuillent bien prendre ce fait en considération; nous ne les verrons plus alors donner à la femme des épaules si arrondies et si tombantes. En voulant trop idéaliser ses formes ils ne s’exposeront plus à rétrécir son thorax au point qu’elle peut à peine respirer; et ses seins, lorsque sera venu pour elle le moment de remplir sa mission, trouveront sur la région qu’ils occupent une place suffisante pour se développer.

L’intervalle moyen qui sépare ces organes est de 0m,207 chez la femme, de 208 chez l’homme. Il peut être considéré par conséquent comme égal dans les deux sexes, et comme équivalent à 21 centimètres, c’est-à-dire à une tête. Celle qui sépare chaque mamelon de la clavicule se montre égale aussi : elle est communément de 14 centimètres.

§ 5. — Volume et poids du corps.

Le volume du corps est subordonné aux dimensions du squelette, au développement des muscles et à l’abondance du tissu cellulo-adipeux. Il se compose donc de trois éléments principaux, et varie beaucoup suivant que ceux-ci présentent leur proportion normale ou que Lun d’eux acquiert sur les autres une grande prédominance.

Lorsque les os, les muscles et le tissu cellulo-adipeux se trouvent associés dans les proportions les plus favorables au libre exercice de toutes les fonctions, le corps conserve un volume ordinaire, et sa surface

(1) Salvage, Anatomie du gladiateur combattant, p. 54.

(2) Malgaigne, Traité d'anatomie chirurgicale , 2e édit., p. 27.

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présente le mode de configuration qui lui est propre dans chacun des sexes. — Chez l’homme, les saillies osseuses et musculaires se dessinent sous la peau; toutes les dépressions qu’on remarque sur les téguments s’accusent davantage; ses formes revêtent alors leur plus beau type, mais portent l’empreinte cependant d’une certaine rudesse. — Chez la femme, l’élément osseux et l’élément musculaire sont moins développés; l’élément adipeux l’est en général beaucoup plus. Aussi voit-on chez elle les saillies disparaître, les dépressions s’effacer en partie, et toutes les formes s’arrondir. Dans le sexe masculin, ce sont les attributs de la force qui prédominent et qui se traduisent au dehors; il ne conserve rien des formes et des grâces de l’enfance. Dans le sexe féminin, au contraire, ce sont ces formes qu’on retrouve encore à l’âge adulte, mais plus élancées, plus légères.

Si les systèmes osseux et musculaire arrivent à un très haut degré de développemenl, le volume du corps augmente dans une certaine proportion. Toutes les saillies musculaires deviennent extrêmement prononcées, tandis que les saillies osseuses disparaissent en partie. Parmi ces dernières, la plupart occupent le centre d’une dépression ou d’une fossette : telles sont les saillies épineuses du bassin, celles qu’on remarque sur les côtés du coude, sur les côtés du genou, et sur le contour des grands trochanters débordés de toutes parts par les puissantes masses musculaires qui s’y insèrent; telles sont encore les apophyses épineuses des vertèbres dorsales et lombaires débordées aussi à droite et à gauche par les muscles spinaux. Ce mode de constitution, qui a reçu le nom de tempérament athlétique , se montre presque exclusivement chez l’homme; c’était celui des jeunes Grecs qui disputaient le prix aux jeux Olympiques; Hercule en représente le type le plus accompli.

Si l’élément cellulo-adipeux acquiert la prédominance sur les autres, le volume du corps s’accroît rapidement ; on l’a vu, dans ce cas, atteindre des dimensions considérables et presque monstrueuses. Entre toutes les contrées du globe, l’Angleterre est celle qui a eu le privilège, jusqu’ici, de produire les hommes les plus remarquables par leur vaste embonpoint. Un homme du comté de Lincoln, présenté au roi d’Angleterre en 1724, et mort à vingt-neuf ans, offrait au niveau de l’ombilic une circonférence de 1 m ,92 qui dépassait sa stature, très élevée cependant, puisqu’elle égalait 11T1,86. Le diamètre de son bras était de 23 centimètres, et celui de sa jambe de 29. — Un autre Anglais, Édouard Bright, qui mourut en 1750 dans le comté d’Essex, à l’âge de vingt-neuf ans aussi, avait une telle ampleur, que sept personnes d’un volume ordinaire pouvaient tenir ensemble dans son habit boulonné. — La Gazette anglaise du 24 juin 1775 donne des détails curieux sur un homme plus gros. encore que les précédents, mort à cinquante-neuf ans,

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qui, dans les dernières années de sa vie, ne pouvant plus marcher, se promenait dans une charrette attelée d’un fort cheval. La largeur de ses épaules, alors, n’était pas moindre de lm,29 (1).

On a bien rarement observé, en France, des exemples d’une semblable obésité. Le fait de ce genre le plus connu est relatif à une mendiante, Françoise Clay, qui mourut à l’Hôtel-Dieu de Paris, en 1806, à l’âge de quarante ans. Sa taille était de lm,69. Le cou ayant en qielque sorte disparu, la tête reposait immobile entre deux énormes épaules; les mamelles, énormes aussi, retombaient sur le ventre, qu’elles couvraient en partie. Les masses de graisse accumulées sous les aisselles tenaient les bras soulevés et écartés du tronc. Les hanches, recouvertes également de larges masses adipeuses, remontaient jusque sur les côtés de la poitrine, qu’elles semblaient soutenir comme les épaules soutenaient la tête. Les cuisses et les jambes, d’un volume considérable, offraient de distance en distance des sillons profonds et circulaires. Malgré son excessif embonpoint et la misère dans laquelle elle vivait, cette femme avait conservé avec ses forces une assez bonne santé, un esprit vif et gai; elle faisait deux mille pas chaque jour pour se rendre à une église où elle venait implorer la charité des fidèles.

En 1818, on a vu, à Paris, une jeune Allemande, Frédérique Ahrens, âgée de vingt ans, dont la taille avait déjà atteint lm,76, et dont la circonférence, au niveau du bassin, égalait la hauteur. Elle marchait assez facilement,- jouissait aussi d’une bonne santé, et pouvait soulever de chaque main un poids de 125 kilogrammes (2).

Le célèvre Barrow a observé, en Afrique, une femme de quarante ans parvenue à une obésité telle que, depuis douze ans, elle se trouvait hors d’état de marcher; le feu ayant pris à la maison qu’elle habitait, il fut impossible de la faire passer par les portes; elle périt misérablement au milieu des flammes (3).

En regard de ces organisations dans lesquelles le tissu cellulo-adipeux acquiert un si prodigieux développement, on peut mettre celles où il semble pour ainsi dire disparaître. Avec son atrophie coïncide celle de la plupart des organes. Le volume du corps se réduit dans toutes ses parties; et sa réduction peut être portée à un degré très considérable. Les muscles se réduisant plus que les os, on voit les saillies osseuses se profiler sous la peau et le squelette apparaître à la vue couvert seulement d’un léger voile. Parmi les individus qui ont présenté cet état de maigreur extrême, je citerai le nommé Seurat, qui, sous le titre

(1) Is. Geoffroy Saint-Hilaire, Traité de tératologie, l. I, p. 263.

(2) Perret et Laurent, Dictionnaire des sciences médicales, t. XXXVII, p. 6.

(3) Nouveau voyage dans V Afrique méridionale, t. I, p. 157 de la traduction française.

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d’homme squelette, a parcouru l’Angleterre et la France en 1827, et dont Delpech a publié l’observation (1).

Le poids du corps a été étudié en France par Tenon, et en Belgique par Quételet. Les recherches de Tenon ne concernent que l’âge adulte ; elles ne portent en outre que sur soixante individus : ce sont ceux donl il avait mesuré la taille et dont l’âge a varié de vingt-cinq à quarantesix ans. Il résume ainsi ses études sur ce point :

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