‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 2)Chapitre 131 sur 260 · RADIUS · texte numérisé non relu

RADIUS

B. Extrémité supérieure ou humérale. — - Cette extrémité présente une partie arrondie appelé tête du radius ; plus bas, une partie rétrécie et cylindrique qui supporte cette tête et qui en constitue le col; plus bas encore et en dedans, une saillie ovoïde à laquelle s’attache le tendon du muscle biceps, d’où le nom de tubérosité bicipitale.

La tête du radius est cylindrique. Son diamètre varie de 18 à 22 millimètres, et son axe ou sa hauteur de 6 à 8. On remarque, sur sa partie supérieure, une dépression circulaire, ou cavité glénoïde , qui s’unit au condyle de l’humérus, et sur la partie interne de son contour, une facette articulaire, convexe, qui s’articule avec la petite cavité sigmoïde du cubitus. C’est au niveau de la partie moyenne de cette facette que le contour de la tête du radius atteint sa plus grande hauteur.

Le col offre une longueur d’un centimètre, et un diamètre moyen de 15 millimètres. Son axe forme, avec celui du corps, un angle obtus, dont l’ouverture regarde en dehors.

La tubérosité bicipitale se dirige de haut en bas. Son grand axe mesure 18 millimètres, et le petit 12 à 14. On observe à son centre une dépression. La partie située en arrière de cette dépression donne seule attache au tendon du biceps. Celle qui se trouve située en avant est unie et recouverte d’une synoviale sur laquelle glisse ce tendon.

C. Extrémité Inférieure «u carpienne. — Beaucoup plus volumineuse que la supérieure et irrégulièrement cubique, on lui considère une face inférieure horizontale, et quatre faces verticales, qui se distinguent en interne, externe, antérieure et postérieure.

La face inférieure est allongée transversalement, triangulaire et concave. Une ligne antéro-postérieure la divise en deux facettes. La facette interne, quadrilatère, s’unit à l’os semi-lunaire. La facette externe, triangulaire, s’articule avec l’os scaphoïde.

La face interne , unie et concave, représente le tiers d’un cylindre. Elle s’articule avec la tête du cubitus.

La face externe , très étroite, est creusée supérieurement d’une gouttière oblique et superficielle sur laquelle glissent les tendons du long

e prolongement du bord postérieur du corps. — 6. Petite gouttière destinée au tendon du muscle long extenseur du pouce. — 7. Gouttière double ou triple de la précédente; elle donne passage aux tendons de l'extenseur commun des doigts et à celui de l'extenseur propre de l'index.

Fig. 161. — Extrémité carpienne du radius, vue inférieure. — 1. Facette triangulaire qui s’articule avec le scaphoïde. — 2. Facette quadrilatère qui s'articule avec le semi-lunaire. — 3. Ligne antéro-postérieure établissant les limites respectives de ces deux facettes. — 4. Facette concave qui s’unit à la tête du cubitus. — 5. Sommet de l’apophyse styloïde. — 6, 6. Bord antérieur de l’extrémité carpienne. — 7, 7. Bord postérieur de cette extrémité. — 8. Coulisse des muscles radiaux externes. — 9. Coulisse du muscle long extenseur du pouce. — 10. Coulisse dans laquelle glissent les tendons de l’extenseur commun des doigts et celui de l’extenseur propre de l’index.

abducteur et du court extenseur du pouce. Elle se termine par une saillie de forme pyramidale et triangulaire, appelée apophyse styloïde du radius. Cette apophyse est sous-cutanée ; son sommet descend plus bas que celui de l’apophyse styloïde du cubitus; elle donne attache au ligament latéral externe de l’articulation radio-carpienne.

La face antérieure représente plutôt un bord qu’une face. Elle déborde de 6 millimètres la face correspondante du corps. Le ligament antérieur de l’articulation du poignet s’insère sur sa moitié interne.

La face postérieure est convexe. On remarque, sur sa partie moyenne, une saillie longitudinale qui la divise en deux parties à peu près égales, offrant l’une et l’autre la forme d’une gouttière. — La gouttière externe, située sur le prolongement du corps, répond au tendon des muscles radiaux externes. — La gouttière interne, située aussi sur le prolongement du corps de l’os, est subdivisée par une crête mousse en deux coulisses secondaires: l’une, externe, plus petite, oblique en bas et en dehors, qui loge le tendon du long extenseur du pouce ; l’autre, interne, d’une largeur double ou triple, qui reçoit le tendon de l’extenseur propre de l’index, et ceux de l’extenseur commun des quatre derniers doigts. — Les bords de ces gouttières donnent attache à des gaines ligamenteuses qui les transforment en autant de cylindres, moitié osseux, moitié fibreux.

Conformation intérieure. — Le canal médullaire du radius, plus étroit à sa partie moyenne qu’à ses extrémités, se termine en bas au niveau du quart inférieur delà diaphyse ; en haut, il se prolongejusqu’au col. Les deux extrémités de l’os sont formées par un tissu spongieux, dont les aréoles communiquent largement entre elles.

Développement. — Cet os se développe par trois points d’ossification, un point primitif pour le corps et un point complémentaire pour chacune des extrémités. — Le point primitif se montre du trentième au quarantième jour de la vie fœtale; il produit non seulement le corps, mais une grande partie de l’extrémité supérieure. — L’épiphyse de l’extrémité carpienne paraît de deux à trois ans; et celle de l’extrémité humérale, de cinq à six. Cette dernière se soude à dix-sept ans, quelquefois à dixhuit. L’épiphyse de l’extrémité inférieure s’unit au corps de l’os a vingt et un ans chez la femme, de vingt et un à vingt-cinq ans chez l’homme.

§ 4. — De la main.

Les trois premiers segments du membre supérieur sont de simples leviers, échelonnés de haut en bas et articulés entre eux.

La main , située à l’extrémité terminale de ce long levier brisé, est un organe qui se détache en quelque sorte du mobile édifice auquel elle appartient, pour aller flotter sur sa périphérie, et se mettre ainsi à la disposition de toutes les parties qui le composent.

Page 1