‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 2)Chapitre 136 sur 260 · CARPE · texte numérisé non relu

CARPE

aussi, concave et beaucoup plus large ; en se continuant avec les faces inférieure et interne, elle contribue à former une apophyse pyramidale et triangulaire, volumineuse, qui descend obliquement vers le quatrième métacarpien. (

Pour mettre cet os en position, il faut placer en haut son extrémité arrondie ou sa tête; en arrière, le côté le plus large de sa base; et en dedans, la face qui présente deux facettes articulaires planes.

IY. Os crochu ou unciforme. — Os court; situé à la partie inférieure et interne du carpe, en dedans du grand os, au-dessous du pyramidal; offrant la forme d’un coin, dont le sommet se dirige en haut.

Sa partie supérieure s’unit au semi-lunaire. Sa partie inférieure, ou sa base, est divisée par une crête mousse antéro-postérieure en deux facettes : la facette externe s’articule avec le quatrième métacarpien et la facette interne avec le cinquième.

La face externe est verticale. Elle présente : 1° dans son tiers supérieur, une facette plane et unie qui répond au grand os ; 2° en bas et en arrière, une seconde facette, circulaire, très petite, qui se joint au même os; 3° en bas et en avant, une surface inégale à laquelle s’insèrent des fibres ligamenteuses. — La face interne, oblique de haut en bas et de dehors en dedans, convexe et concave en sens opposé, s’articule avec la face inférieure du pyramidal.

La face postérieure, très large, quadrilatère, plane et inégale, donne attache à des ligaments. — La face antérieure est surmontée d’une longue et large apophyse, convexe en dedans et concave en dehors. Cette apophyse forme en quelque sorte le pendant de celle du trapèze. Comme celle-ci, elle joue le rôle de gouttière; elle donne aussi attache au ligament annulaire du carpe, mais présente un volume plus considérable. Son sommet, recourbé en dehors, l’a fait comparer à un crochet, d’où le nom d 'apophyse unciforme (de uncus , crochet) qui lui a été donné, et qui a été appliqué ensuite à la totalité de l’os.

Pour mettre l’os crochu en position et distinguer le droit du gauche, il faut tourner son sommet en haut, son apophyse unciforme en avant, et sa face oblique en dehors.

G. — Conformation Intérieure et développement des os dn carpe.

Les os du carpe présentent la structure qui est commune à la plupart des os courts. Ils sont presque entièrement composés de tissu spongieux. Une couche très mince de tissu compact s’étale à leur périphérie, beaucoup moins pour en accroître la résistance que pour fournir aux ligaments une surface d’implantation et pour régulariser les acettes par lesquelles ils s’appliquent les uns aux autres.

Ces os se développent chacun par un seul point osseux. — Le premier point d’ossification qui paraît dans le carpe est destiné au grand os; il se montre à un an. — Du douzième au quinzième mois, un second point osseux se forme dans l’os crochu. — Celui du pyraminal naît de deux ans et demi à trois ans. — Celui du semi-lunaire, de quatre à cinq ans. — Celui du trapèze, à cinq ans. — Celui du scaphoïde, à cinq ans et demi. — Celui du trapézoïde, à six ans. — Celui du pisiforme, de huit à dix ans. Cet osselet est constamment le plus tardif. Son développement 11e diffère nullement, du reste, de celui des autres os du même groupe : c’est à tort qu’il a été rangé par quelques auteurs au nombre des os sésamoïdes.

Chacun de ces points a pour siège, au début de sa formation, le centre de l’os. Chacun d’eux affecte une forme plus ou moins arrondie jusqu’au moment où ils ont acquis un assez grand développement pour entrer en contact; 011 voit alors leurs facettes s’étendre peu à peu, à mesure qu’ils revêtent leur forme définitive.

|D. — Des os du carpe eliez les mammifères.

Dans la classe des mammifères, le carpe se compose généralement de neuf os. Le neuvième, appelé os central , occupe en effet le centre du groupe. C’est entre le scaphoïde, le semi-lunaire et le grand os qu’il se trouve situé. O11 ne le rencontre pas chez l’homme, le gorille et le chimpanzé, à l’état adulte; mais à l’état fœtal 011 peut constater chez eux son existence.

Chez l’homme, l’os central se soude à l’extrémité interne du scaphoïde, dans le cours du troisième mois de la vie embryonnaire. La soudure est quelquefois incomplète; plus rarement les deux os sont unis par un tissu fibreux. C’est en 1808 que Wenzel Gruber a recueilli le premier exemple d’un os central indépendant chez l’homme. Depuis celte époque jusqu’en 1885, il a trouvé vingt et un faits semblables. Sur ce nombre total, dix fois l’os central était libre et articulé avec le scaphoïde; douze fois il était soudé à celui-ci, mais s’en distinguait très nettement. Dans son important Mémoire, paru en 1884, M. Leboucq nous apprend que sur deux cents cas, il a vu six fois l’os central uni au scaphoïde par un ligament interosseux (1).

Il résulte de ces faits que l’os central doit être considéré comme l’une des parties constituantes du carpe, chez tous les mammifères, atteignant chez la plupart d’entre eux son complet développement, se soudant chez quelques-uns au scaphoïde et disparaissant alors vers la fin du troisième mois de la vie fœtale (2).

(1) Leboucq, Rech. sur la morph. du carpe chez les mammifères.

(2) Poirier, Du développement des membres, 1886, p. 21 et suiv.

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