‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 2)Chapitre 15 sur 260 · POIDS TAILLE · texte numérisé non relu

POIDS TAILLE

kil. m.

Garçons 3,20 0,496

Filles 2,91 0,483

Ainsi, dès la naissance, il existe une inégalité pour le poids et la taille entre les enfants des deux sexes ; et cette inégalité est à Davantage des garçons. Ces résultats concordent avec ceux qui ont été recueillis à l’hôpital de la Maternité de Paris. On lit, en effet, dans le grand Dictionnaire des sciences médicales, à l’article Fœtus : « Les recherches faites à cet hôpital, sur plus de vingt mille enfants, prouvent qu’un enfant né à terme et bien constitué pèse ordinairement six livres un quart. »

(1) Recueil de la Société médicale de Marseille, 1827.

(2) Quételet, Annales d'hygiène publique, Paris, 1833, t. X, p. 12.

VOLUME ET POIDS DU CORPS. 27

C’est surtout dans le cours de la première année que le poids du corps augmente avec rapidité.

Dans les années suivantes, il continue à s’accroître, mais dans une proportion beaucoup moins grande, ainsi que l’a très bien démontré Quételet par une longue série d’observations résumées dans les conclusions suivantes :

1° L’homme offre un poids plus considérable que celui de la femme. Cependant, vers l’âge de douze ans, il y a sous ce rapport égalité entre les deux sexes, phénomène qui paraît se rattacher à la puberté. Car, lorsque celle-ci approche, le poids augmente beaucoup plus rapidement; et comme elle arrive plus tôt chez la femme, cette précocité a pour résultat de faire disparaître momentanément la prédominance que présentait le sexe masculin.

2° L’homme, qui atteint le maximum de sa taille à trente ans, n’arrive au maximum de son poids qu’à quarante. Celui-ci commence à diminuer à cinquante. A quatre-vingts, il a baissé de 6 kilogrammes, el la taille de 7 centimètres.

3° La femme n’acquiert le maximum de son poids qu’à cinquante ans. Celui-ci commence à décroître à cinquante ou soixante; à quatre-vingts, il a subi une réduction de 6 à 7 kilogrammes, et la taille est réduite aussi de 7 centimètres.

4° Quand l’homme et la femme sont parvenus à leur complet développement, ils pèsent à peu près vingt fois autant qu’au moment de la naissance, tandis que la taille est seulement un peu plus que triplée.

5° Un an après leur naissance, les enfants ont triplé leur poids ; il leur faut ensuite six ans pour doubler celui-ci, et treize pour le quadrupler.

6° Immédiatement avant la puberté, l’homme et la femme pèsent la moitié du poids qu’ils auront après leur complet développement.

Nous avons vu que la taille offre des variétés individuelles très grandes. Elles sont bien minimes cependant, si on les compare à celles que présente le poids du corps. En France, celui-ci peut s’élever jusqu’à 160 et même 180 kilogrammes ; ce n’est que dans quelques cas bien exceplionnels qu’il dépasse un peu cefte extrême limite à laquelle le poids moyen se trouve déjà triplé. — Ifais, en Angleterre, on a observé des individus chez lesquels il devieql plus considérable. Les Transactions philosophiques pour l’année 1746 font mention de deux frères dont l’un pesait 233 kilogrammes, et l’autre 240 ; on rapporte que, ce dernier voulant un jour monter à cheval, le pauvre animal plia sous le poids du cavalier, eut les reins rompus et expira sur place (1). Le colosse qui

(1) Is. Geoffroy Saint-Hilaire, Traité de tératologie, t. I, p. 263.

28 DU CORPS HUMAIN EN GÉNÉRAL

fui présenté au roi George II en 1734 pesait 285 kilogrammes ; Édouard Brigt, 298; et cet autre Anglais dont le tronc mesurait lm,29 d’une épaule à l’autre, 817. Chez ce dernier, le poids moyen se trouvait quintuplé.

Chez d’autres individus, le poids se montre au contraire considérablement réduit. Dans cette catégorie vient se ranger toute la série des nains. La plupart d’entre eux ne pèsent pas au delà de 20 kilogrammes, chiffre qui représente à peine le tiers du poids ordinaire. Quelques-uns cependant ont offert un poids beaucoup plus petit : celui de Lucius, dont l’empereur Auguste fit faire la statue, ne dépassait pas 8 kilogrammes ; celui d’Hopkin, dont Browing a rapporté l’histoire, était de 6 seulement.

Si nous opposons ce poids de 6 kilogrammes à celui de 317 mentionné plus haut, on voit avec surprise que l’homme le plus léger est au plus lourd comme 1 est à 52, tandis que l’homme le plus petit est au plus grand comme 1 est à 5, différence énorme dont on trouverait peu d’exemples dans les espèces animales.

ARTICLE II

STRUCTURE DU CORDS

Le corps comprend dans sa constitution des parties liquides et des parties solides. Le rapport des unes aux autres a beaucoup préoccupé les physiologistes de toutes les époques. Quelles sont les premières ? quelles sont les secondes? comment se groupent ces dernières?

Proportion des parties liquides et solides

Pour déterminer ce rapport, on a fait dessécher le corps entier, puis on a comparé le poids qu’il présentait avant et après la dessiccation. Chaussier, ayant placé dans un four un cadavre qui pesait 120 livres, l’a vu réduire à 12 livres. Un autre cadavre qui pesait 180 livres, étant passé à l’état de momie, n’en pesait plus que 15, au rapport de Sénac. De ces faits on a cru pouvoir conclure que les parties solides ne représentaient, dans le premier cas, que la dixième partie du poids du corps, dans le second la douzième seulement. — Mais cette interprétation ne saurait être acceptée. Les parties solides, en effet, contiennent une grande quantité d’eau qui fait essentiellement partie de leur constitution. et dont on ne peut les priver sans les faire passer à l’instant même

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