‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 2)Chapitre 16 sur 260 · PROPORTION DES PARTIES SOLIDES ET LIQUIDES · texte numérisé non relu

PROPORTION DES PARTIES SOLIDES ET LIQUIDES

de l’état de corps organisés à l’étal de corps inorganiques. D’une autre part, les parties liquides renferment des matièrse salines qui se précipitent par le seul fait de l’évaporation.

Ce procédé a donc le double inconvénient de réduire considérablement le poids des parties solides et de ne pas faire disparaître complètement les parties liquides. Ce n’est pas à lui, par conséquent, qu’il faut recourir pour la détermination de leur rapport.

Le procédé de Chaussier étant repoussé, pour trouver le rapport cherché il fallait s’adresser aux liquides, les extraire et les peser. Au premier rang parmi ceux-ci se place le sang, au second le chyle et la lymphe, au troisième les produits de sécrétion et d’exhalation tels que le lait, la salive, la bile, le suc gastrique, le suc intestinal, l’urine, le sperme, etc.; or la plupart de ces liquides sont trop peu abondants pour être collectés.

Les recherches entreprises jusqu’à ce jour ont eu pour but à peu près exclusif de déterminer le poids du sang relativement à celui du corps. Pour arriver à ce résultat, deux modes principaux d’évaluation ont été mis en usage; d’une part, on a extrait le sang d’un animal le plus complètement possible, puis on a estimé son poids relatif; de l’autre, on a recueilli ce liquide chez les individus morts d’hémorrhagies et l’on a aussi comparé son poids à celui de l’organisation entière.

De très nombreuses observations ont été faites par ces deux procédés. Mais elles ne sont pas aussi concluantes qu’on aurait pu le désirer. Fréd. Hoffmann évaluait la masse totale de ce liquide à 28 livres chez un homme de poids ordinaire, et Quesnay à 27, c’est-à-dire à la cinquième partie environ de ce poids. Haller se range à leur avis (1). P. Bérard, s’appuyant sur l’ensemble des faits observés, estime que sa quantité s’élève à la huitième partie environ du poids total (2). Malgaigne, qui a soumis ces mêmes faits à une très judicieuee critique, en conclut que la masse sanguine serait de 5 kilogrammes dans ïe sexe masculin, de 4 1/2 dans le sexe féminin, et ne représenterait que la quatorzième partie du poids du corps, estimation plus rigoureusement déduite que la précédente, mais elle est un peu trop faible, le poids moyen du corps étant de 62 kilogrammes chez l’homme et de 55 chez la femme; dans l’un et l’autre sexe, elle en représente donc en réalité la douzième partie, évaluation plus approximative que les précédentes.

Or, si le sang, duquel partent tous les liquides sécrétés et exhalés, dans lequel viennent se déverser le chyle et la lymphe, ainsi que tous les liquides absorbés, si le sang, qui surpasse de beaucoup à lui seul toutes les autres humeurs, ne représente en moyenne que la douzième partie

(1) Haller, ELcmenta pkysiol., t. II, p. 5.

(2) P. Bérard, Traité cle physiologie, t. III. p. 18.

DU CORPS HUMAIN EN GÉNÉRAL

du poids du corps, il faut admettre eu définitive que les parties liquides sont en très petite minorité dans l’économie animale, et que celle-ci est essentiellement constituée par des parties solides.

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