‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 2)Chapitre 150 sur 260 · DES OS DU PIED · texte numérisé non relu

DES OS DU PIED

ses deux tiers antérieurs. Cette face, de même que la précédente, s’élargit graduellement d’arrière en avant, en sorte que l’une et l’autre revêtent une figure irrégulièrement triangulaire.

Le bord interne est si épais, surtout dans sa moitié postérieure, qu’on pourrait le considérer comme une face. Ses extrémités reposent sur le plan de sustentation du corps ; sa partie moyenne décrit une courbe concavité inférieure.

Le bord externe, beaucoup moins large que le précédent, répond au plan de sustentation par toute son étendue. Une saillie sous-cutanée et très prononcée le partage en deux parties à peu près égales : l’une postérieure, l’autre antérieure, plus étroite.

L 'extrémité postérieure du pied constitue le talon. Rétrécie transversalement, elle s’allonge de haut en bas pour offrir à l’effort qui pèse sur elle une plus grande somme de résistance. Le tendon d’Achille s’attache à sa partie la plus reculée.

lï extrémité antérieure s’élargit dans le sens transversal, et s’aplatit au contraire de haut en bas. Elle est limitée par une ligne courbe dont la convexité regarde en avant et en dehors.

Le pied, ainsi que la main, comprend trois parties dans sa composition : une partie postérieure, qui constitue le tarse; une partie moyenne, appelée métatarse , et une partie antérieure, formée par les orteils.

Le tarse répond au carpe, et le métatarse au métacarpe ; les orteils correspondent aux doigts. Mais les proportions relatives de ces trois parties sont ici renversées.

Le carpe ne prend qu’une faible part à la formation de la main, les os qui le composent sont les plus courts de l’économie : le métacarpe, qui en forme le centre, est beaucoup plus étalé et plus allongé; les doigts, auxquels appartient le rôle principal, le sont plus encore. Les trois parties constituantes de la main offrent donc un développement d’autanUplus considérable, qu’elles se trouvent plus rapprochées de sa partie terminale. Destinées à s’appliquer à la surface des corps, à les toucher, à les saisir, leur importance dérive surtout de l’étendue et de la variété de leurs mouvements : la mobilité est ici l’attribut qui domine tous les autres.

Au pied, c’est à la solidité que tout est subordonné. Aussi voyonsnous le tarse atteindre d’énormes dimensions, le métatarse offrir un volume relatif beaucoup moindre, et les orteils se présenter sous l’aspect de doigts rudimentaires. D’un côté, la partie initiale se réduit, tandis que la partie terminale s’allonge; de l’autre, la partie initiale, au contraire, s’accroît dans tous les sens pour acquérir une résistance en harmonie avec le poids qu’elle supporte, tandis que la partie terminale diminue de longueur et s’atrophie de plus en plus.

Nous étudierons successivement les trois parties constituantes du pied : le tarse , le métatarse et les orteils.

Le tarse constitue la partie la plus volumineuse et la plus résistante du pied. Sa moitié postérieure a pour attribut distinctif la prédominance de ses dimensions verticales sur les transversales.

Le plus long diamètre vertical du tarse mesure 7 centimètres. Le diamètre transversal est de 3 centimètres en arrière, de 4 au niveau de la partie moyenne, de 5 à 6 au voisinage du métatarse. Le diamètre longitudinal varie de 11 à 12 centimètres; il équivaut à la moitié environ de la longueur du pied.

Le tarse se compose de sept os, disposés comme ceux du carpe sur deux rangées, Lune postérieure, l’autre antérieure.

La rangée postérieure est formée de deux os seulement : Y astragale et le calcanéum. La rangée antérieure en comprend cinq : le cuboïde , le scaphoïde et les trois cunéiformes.

Les deux os de la première rangée sont superposés, d’où la hauteur si considérable du tarse en arrière. Ceux de la seconde rangée se disposent au contraire en série transversale, d’où sa largeur de plus en plus grande en avant.

Fig. 1 82. — 1. Poulie de l’astragale. — 2, 2. Bord externe de cette poulie. — 3, 3. Son bord interne. — 4. Partie postérieure de l’astragale, creusée d’une gouttière qu reçoit le tendon du muscle long fléchisseur propre du gros orteil. — 5, 5. Tête de l’astragale. — 6. Surface par laquelle cette tête s'articule avec le scaphoïde. — 7. Col de l’astragale. — 8. Facette latérale interne. — 9. Facette latérale externe.

Fig. 183. — 1. Facette postérieure ou concave de la face inférieure de l’astragale. — 2. Facette antérieure ou convexe de la même face. — 3, 3. Rainure séparant ces deux facettes. — 4, 4. Tête de l’astragale. — 5. Partie de cette tète qui répond au ligament calcanéo-scaphoïdien inférieur.

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