LES TROIS CUNÉIFORMES
La base, tournée en bas, esl allongée d’avant en arrière, convexe transversalement. Elle donne attache à des ligaments. — Le sommet. dirigé en haut, présente deux facettes : l’une, postérieure, et obliquement ascendante, qui répond au petit cunéiforme; l’autre, antérieure, plus petite, qui répond au second métatarsien.
Second ou petit cunéiforme. — Os court, situé à la partie antérieure du tarse, au-devant du scaphoïde, en arrière du second métatarsien ; offrant la forme d’un coin antéro-postérieur.
On lui considère quatre faces, une base et un sommet. — Pour le mettre en position, il faut placer sa base en haut, tourner en dedans celle des faces qui présente une facette en équerre, et placer en arrière la branche verticale de cette facette.
La face postérieure , triangulaire, concave de haut en bas, s’unit au scaphoïde. — La face antérieure , triangulaire aussi, est plane ou légèrement convexe ; elle s’unit au second métatarsien.
La face interne a pour attribut une facette en équerre, dont la branche horizontale répond à la base de l’os, et la branche verticale, plus courte, à sa face postérieure. Au-devant et au-dessous de cette facette, on voit une surface rugueuse qui donne attache à des ligaments,
La face externe est constituée dans son tiers postérieur par une facette plus large supérieurement qu’inférieurement, qui s’articule avec une facette semblable du troisième cunéiforme. Au-devant de celle-ci, se trouve une surface inégale destinée aussi à des insertions ligamenteuses.
Fig. 193. — A. Grand cunéiforme. — 1, 1. Face postérieure. — 2. Sa face interne-
— 3, 3. Sa base ou face inférieure. — • 4. Son sommet. — B. Petit cunéiforme. — 1. Sa face postérieure. — 2, 2. Sa base. — 3. Son sommet. — C. Moyen cunéiforme.
— I. Sa face postérieure. — 2, 2. Sa base. — 3. Son sommet.
Fig. 194. — A. Grand cunéiforme. — 1, 1. Sa face antérieure. — 2, 2. Sa base. — 3. Son sommet. — 4. Facette par laquelle il s’unit au second métatarsien. — B. Second ou petit cunéiforme. — 1. Sa face postérieure. — 2, 2. Sa base. — 3. Facette par laquelle il s’articule avec le grand cunéiforme. — C. Troisième ou moyen cunéiforme. — 1. Sa face postérieure. — 2, 2. Sa base. — 3 Son sommet.
Fig. 193. — Les trois cunéiformes , face postérieure.
Fig. 194. — Les trois cunéiformes, face antérieure.
La base, tournée en haut, est rugueuse et quadrilatère. — Le sommet. mince, rectiligne et antéro-postérieur, répond à la voûte du pied.
Troisième ou moyen cunéiforme. — Os court, situé à la partie antérieure du tarse, entre le scaphoïde et le troisième métatarsien, en dehors du petit cunéiforme, en dedans du cuboïde; offrant la forme d’un coin dirigé d’arrière en avant.
On lui considère quatre faces, une base et un sommet. Pour le mettre en position, il faut placer sa base en haut, tourner en dehors celle des deux faces latérales qui présente la facette la plus grande, et en avant celle des deux faces transversales qui est triangulaire.
La face postérieure, plane et inclinée en dedans, présente une figure ovalaire; elle s’articule avec le scaphoïde. — La face antérieure est plane aussi, mais triangulaire ; elle s’unit au troisième métatarsien.
La face interne offre, d’arrière en avant : 1° une facette, large en haut, étroite en bas, par laquelle le troisième cunéiforme s’articule avec le second ; 2° au-devant de celle-ci, une surface inégale qui forme la plus grande partie de la face interne, et qui donne insertion à des ligaments ; 3° tout à fait en avant, une facette étroite et longue qui répond au second métatarsien. Cette facette contribue à former, avec les deux premiers cunéiformes, une sorte de mortaise qui reçoit l’extrémité postérieure du second os du métatarse ; son étendue varie ; quelquefois elle n’existe pas.
La face externe présente, en arrière, une large facette, circulaire ou ovalaire, qui répond à une facette semblable du cuboïde. Au-devant de celle-ci est une surface inégale destinée à des insertions ligamenteuses. Sur son angle antéro-supérieur, on observe une très petite facette qui s’unit au quatrième métatarsien et qui fait aussi quelquefois défaut.
La base regarde en haut et un peu en dehors ; elle est plane, rectangulaire et rugueuse. — Le sommet, tourné en bas, est arrondi et inégal.
C. — Conformation intérieure et développement des os du tarse.
Les os du tarse sont formés de tissu spongieux. La densité de ce tissu diffère beaucoup, du reste, suivant les individus. Chez quelques-uns, il est constitué par des trabécules épaisses et très résistantes ; chez d’autres, celles-ci sont plus déliées et circonscrivent des aréoles plus larges. La masse de substance osseuse qui entre dans sa composition varie donc, et varie dans de très grandes proportions. Lorsqu’elle devient considérable, le tissu celluleux est serré, très résistant, la moelle moins abondante, et la vascularité de l’os moins grande. Lorsqu’elle diminue, le tissu spongieux se raréfie, la moelle augmente de quantité ; les vaisseaux se multiplient également. De là, sans doute, des prédispositions individuelles très différentes aussi aux lésions inflammatoires: prédispositions
MÉTATARSE. 461
toujours plus accusées dans le jeune âge. où le tissu spongieux présente son minimum de densité, et son maximum de vascularité.
Développement. — Le calcanéum se développe par deux points d’ossification. L’astragale et les cinq os de la rangée antérieure du tarse ont chacun pour origine un seul point osseux.
Des deux points d’ossification du calcanéum, l’un est primitif et donne naissance à la presque totalité de l’os. L’autre est une épiphyse qui complète son extrémité postérieure. — Le point primitif paraît vers le sixième mois de la vie intra-utérine, et s’allonge rapidement d’avant en arrière. A la naissance, il se présente sous la forme d’un ovoïde, ou d’un petit cylindre antéro-postérieur, dont les extrémités sont arrondies. — Le point complémentaire naît de sept à huit ans. Il répond, au début de sa formation, à la moitié inférieure de la face postérieure. En s’étendant, il prend la forme d’une lamelle qui recouvre toute cette moitié inférieure. Plus tard, la lamelle épiphysaire se prolonge sur la face inférieure du calcanéum pour constituer ses deux tubérosités. Dans la dernière période de son développement, on la voit se prolonger aussi de bas en haut, et remonter jusqu’à la face supérieure ; mais sa moitié supérieure reste toujours très mince. Cette épiphyse se soude, en général, à seize ans ; quelquefois à dix-sept ou dix-huit ans.
Le point osseux qui occupe le centre de l’astragale paraît dans les derniers jours de la grossesse : on en trouve déjà un vestige chez la plupart des nouveau-nés. — Celui du cuboïde se montre à six mois. — Celui du troisième cunéiforme, à un an. -- Celui du second, à trois ans. — Ceux du premier cunéiforme et du scaphoïde naissent de trois à quatre ans ; quelquefois le scaphoïde n’apparaît qu’à cinq ans.
Tous ces noyaux osseux sont arrondis dans les premiers temps de leur développement. Celui de l’astragale, de même que celui du calcanéum, 11e tarde pas à s’allonger dans le sens antéro-postérieur ; il s’aplatit ensuite de haut en bas. Les autres conservent la forme sphéroïde jusqu’au moment où ils se rencontrent. Leurs facettes s’étendant, chacun d’eux prend alors peu à peu le mode de configuration qui lui est propre.