‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 2)Chapitre 183 sur 260 · ART H RO LO GIE · texte numérisé non relu

ART H RO LO GIE

1° Ligaments atloïdo-axoïdiens.

Le ligam ent atloïdo-axoïdien antérieur est une dépendance du grand ligament vertébral commun antérieur. Il s’attache : en haut, au bord inférieur de l’arc antérieur de l’atlas et à son tubercule; en bas, à la partie antérieure et médiane du corps de l’axis. Vertical, extrêmement résistant, ce ligament se compose de plusieurs couches de fibres : les superficielles, plus longues, se continuent avec le ligament vertébral commun antérieur ; les profondes se continuent de chaque côté avec la capsule qui entoure les apophyses articulaires des deux vertèbres.

Les ligaments atloïdo-axoïdiens postérieurs ont peu fixé l’attention des auteurs, qui se bornent à mentionner une couche cellulo-fibreuse étendue de l’arc postérieur de l’allas aux deux lames et à l’apophyse épineuse de l’axis. Cette couche existe en effet; mais au-dessous on en trouve une seconde. Il y a donc ici deux ligaments dont l’existence est constante. Ces ligaments correspondent à ceux qu’on observe entre les lames et les apophyses épineuses des vertèbres suivantes. — Le superficiel est l’analogue des ligaments interépineux du cou ; — le profond est l’analogue des ligaments jaunes.

Le ligament atloïdo-axoïdien postérieur et superficiel , ou ligament interépineux des deux premières vertèbres, se présente en effet sous l’aspect d’une couche cellulo-fibreuse, très mince et très peu résistante. Il s’étend du bord inférieur de l’arc postérieur de l’atlas au bord supérieur des lames de l’axis.

! Le ligament atloïdo-axoïdien postérieur et profond , ou ligament jaune des deux premières vertèbres , se voit immédiatement au-dessous du précédent, dont il diffère par sa couleur d’un blanc jaunâtre. Il est aussi beaucoup moins large; sa largeur ne dépasse pas en général un centimètre. Son extrémité supérieure se fixe à la partie médiane et inférieure de l’arc postérieur, et son extrémité opposée à la base de l’apophyse épineuse de l’axis. Sa face postérieure répond au ligament superficiel, l’antérieure à la dure-mère. L’une et l’autre restent libres de toute adhérence, en sorte que ce petit ligament peut être facilement isolé. Comme tous ceux du même ordre, il se compose de très belles fibres élastiques.

2° Articulation atloïdo-odontoïdienne.

C’est une articulation pivotante. Elle représente le type le plus parlait de ce genre de diarthrose, désigné par les anciens sous les noms de troclioïde et de ginglyme latéral.

ARTICULATION ATLOIDO-ODONTOIDIENNE. 565

A. Surfaces articulaires . — Du côté de l’atlas, un anneau, en partie osseux, en partie fibreux; du côté de l’axis, l’apophyse odontoïde.

L anneau qui reçoit cette apophyse est formé : en avant, par l’arc antérieur de l’atlas ; latéralement par les apophyses articulaires de cette vertèbre ; en arrière par le ligament transverse. Cet anneau comprend tout le tieis antérieur du trou rachidien de la vertèbre. Sa figure diffère beaucoup, suivant qu’on l’examine par sa partie supérieure ou sa partie inférieure. Vu supérieurement, il est elliptique ; son grand axe, transversalement dirigé, mesure de 16 à 18 millimètres ; son petit axe, antéro-postérieur, n excède pas 12 millimètres. Vu inférieurement, il est circulaire; son diamètre égale aussi 12 millimètres (fîg. 215).

L’arc antérieur présente, pour cette articulation, une facette légèrement concave, qui occupe sa partie postérieure et médiane. Cette facette est revêtue d’une mince couche de cartilage.

Les parties latérales de 1 anneau ne sont pas parallèles, mais obliquement dirigées de haut en bas et de dehors en dedans, d’où la figure elliptique que présente sa partie supérieure.

Le ligament transverse s’insère, par ses extrémités, à un tubercule

Fig. 221. — Ligament occipito-axoïdien , lame superficielle.

Fig. 222. — Ligaments odontoïdiens et transverse.

Iig. 22t. — 1. Apophyse basilaire. —2, 2. Coupe de l’occipital. — 3, 3. Apophyses transverses de l’atlas. — 4. Partie postérieure de l’axis dont la portion médiane a été enlevee. — 5. Couche superficielle du ligament occipito-axoïclien. — 6, 6. Ligaments occipi to-atloïdi e ns latéraux. — 7, 7. Ligaments capsulaires unissant les apophvses articulaires inférieures de l’atlas aux apophyses articulaires supérieures de l’axis.

Fig. 222. — 1. Ligament occipito-axoïdien incisé au niveau de son attache supérieure et enlevé pour laisser voir les ligaments sous-jacents. — 2. Ligament transverse plus large à sa partie moyenne qu’à ses extrémités. — 3. Couche profonde du ligament occipito-axoïdien, constituée par une simple bandelette qui s’insère en haut sur a partie antérieure du trou occipital, et en bas sur la partie médiane du ligament tiansverse. 4. Bandelette fibreuse semblable à la précédente, mais plus courte, se continuant en haut avec le bord inférieur du ligament transverse, s’attachant en bas a la partie médiane ei supérieure du corps de l’axis. Située sur le prolongement de a bandelette supérieure, elle forme avec celle-ci et le ligament transverse le ligament croisé ou cruciforme de quelques auteurs. — 5, 5. Ligaments odontoïdiens."— >. Ligaments occipito-atloïcliens latéraux. — 7. Capsule unissant les apophvses articulaires de l’atlas à celles de l’axis.

ARTHROLOGIE.

situé sur le côté interne des masses latérales de l’atlas, immédiatement au-devant d’une fossette triangulaire qu’on remarque sur la partie moyenne de ces masses latérales. En se portant de l’une à l’autre apophyse, il décrit une courbe à concavité antérieure très prononcée, qui l’a fait désigner sous les noms de ligaments s emi- annulaire, semi-circulaire. — Sa face postérieure, convexe transversalement, et convexe aussi de haut en bas, est recouverte par le ligament occipito-axoïdien.— Sa face antérieure, concave dans tous les sens, se trouve en rapport avec l’apophyse odontoïde ; de même que la précédente, elle est notablement plus large sur la ligne médiane qu’à ses extrémités. — Son bord supérieur. convexe et uni, donne attache à la lame profonde du ligament occipito-axoïdien. — Son bord inférieur, demi-circulaire, embrasse le collet de l’apophyse odontoïde, sans cependant la fixer dans l’anneau ; car après avoir coupé les ligaments odontoïdiens, elle peut sortir et rentrer dans cet anneau sans la moindre difficulté. De la partie médiane de ce bord, on voit naître une bandelette qui vient se fixer à la partie la plus élevée du corps de l’axis , et qui s’oppose à l’élévation du ligament, de même que la bandelette supérieure s’oppose à son abaissement. Quelques auteurs, attachant à ces bandelettes étroites et minces une importance un peu trop grande, ont considéré le ligament transverse comme formé de deux parties réciproquement perpendiculaires, d’où les noms de ligament croisé et ligament cruciforme , sous lesquels il est aussi connu.

Ce ligament est épais, très dense, extrêmement résistant. Il se compose de faisceaux fibreux parallèles et transversalement dirigés.

L’apophyse odontoïde, pivot de l’articulation, présente, en avant, une facette ovalaire, légèrement convexe, qui s’applique à la facette concave de l’arc antérieur de l’atlas ; une lame très mince de cartilage la recouvre. Sa face postérieure est convexe supérieurement, concave inférieurement, et revêtue aussi, sur toute sa hauteur, d’une couche de cartilage; la parlie supérieure ou convexe répond à la face concave du ligament transverse, et l’inférieure au bord demi-circulaire de celui-ci.

B. Moyens d’union. — Deux lamelles fibreuses, très minces, étendues des parties latérales de la facette de l’atlas aux parties latérales de la facette correspondante de l’apophvse odontoïde, sont les seuls ligaments intrinsèques qui unissent cette apophyse à l’anneau environnant. Ses véritables moyens d’union sont situés ici en dehors de l’articulation et représentés par les ligaments odontoïdiens et le ligament occipitoaxoïdien.

C. Moyens de glissement. — U existe pour cette articulation deux synoviales, distinguées en antérieure et postérieure.

La synoviale antérieure s’étend de l’arc de l’atlas à l’apophyse odon-

Page 1