ARTICULATION DES APOPHYSES ARTICULAIRES
toïde; souvent elle déborde en haut la facette odonto'ïdienne pour recouvrir la partie médiane du bord supérieur de l’arc antérieur.
La synoviale postérieure , beaucoup plus étendue et plus lâche que la précédente, est située entre le ligament transverse et l’apophyse odontoïde. Elle recouvre la plus grande partie de la face concave du ligament et de son bord supérieur, sur lequel elle s’adosse de chaque côté à la synoviale des articulations occipito-atloïdiennes ; elle revêt aussi son bord inférieur dans toute sa longueur. Du côté de l’apophvse odontoïde, cette synoviale, après avoir tapissé sa face postérieure, s’étend sur ses faces latérales, et s applique inférieurement à la synoviale antérieure En général, elle reste indépendante de celle-ci ; il n’est pas très rare cependant de les voir communiquer entre elles.
o° Articulation des apophyses articulaires.
Cette articulation constitue à elle seule le troisième genre du second ordre des diarthroses. Ici, en d’autres termes, les surfaces articulaires ne se correspondent pas; et par une exception unique dans l’économie, la correspondance n’est pas rétablie par un fîbro-cartilage.
A. Surfaces articulaires. — Celles de l’atlas, à peu près circulaires, regardent en bas et un peu en dedans. Elles diffèrent beaucoup selon qu’on les considère à l’état sec ou à l’état frais. A l’état sec elles sont concaves ; à l’état frais elles sont convexes d’avant en arrière.
Les apophyses articulaires supérieures de l’axis, recouvertes de leur cartilage, regardent en haut et un peu en dehors ; elles sont aussi très manifestement convexes d’avant en arrière.
Il résulte de cette configuration que les surfaces superposées se touchent par leur partie moyenne et transversale, et qu’elles s’écartent au contraire en avant et en arrière. En les examinant par leur partie antérieure et postérieure, on voit très bien cet écartement ; on voit aussi qu’il est en général plus prononcé en arrière qu’en avant, et que les deux surfaces ne sont en contact dans le sens transversal que sur une étendue linéaire.
Après avoir observé les deux surfaces superposées dans l’étaf de repos, si on les considère pendant la rotation de la première vertèbre sur la seconde, il devient facile de constater que, lorsque la rotation se fait de gauche à droite, l’apophyse articulaire gauche de l’atlas glisse de haut en lias sur la partie antérieure de l’apophyse correspondante de l’axis; qu’un phénomène inverse se produit à droite, et que les deux surfaces supérieures s’abaissent. Si l’on imprime à l’atlas un mouvement de rotation opposé, les mêmes surfaces remontent d’abord ; puis, parvenues à leur point culminant, elles descendent de nouveau.
ARTJIROLOGIE.
L’observation nous montre, en un mot, que la tête repose sur l’axis dans un état d’équilibre instable. Son centre de gravité monte et descend tour à tour. Il atteint sa plus grande hauteur lorsque les surfaces articulaires de l’atlas recouvrent exactement celles de l’axis, ce qui a lieu au moment où nous regardons en face de nous ; il s’abaisse lorsque les premières se portent en avant et en arrière des secondes, c’est-à-dire lorsque nous regardons à droite ou à gauche, et s’abaisse alors d’autant plus que le mouvement de rotation est plus prononcé.
La stature par conséquent se modifie à chaque instant. Les différences qu’elle présente par suite du mouvement de rotation peuvent s’élever chez certains individus jusqu’à 3 millimètres; mais en général elles ne dépassent pas 1 millimètre et demi à 2 millimètres. Les adolescents et les jeunes filles, qui rivalisent de stature, semblent avoir la conscience de ces différences; car alors rivaux et rivales regardent toujours bien exactement en face, comme s’ils craignaient, en détournant la tête, de perdre une ligne de leur taille; et en effet ils la perdraient.
Pour démontrer expérimentalement que la tête monte et descend pendant son mouvement de rotation, je fais la préparation suivante que
Pendant son mouvement de rotation, la tête monte et descend : démonstration anatomique et expérimentale de ce fait.
Fig. 223. — Vue latérale des deux premières vertèbres dans la situation relative qu'elles présentent au moment où nous regardons la face. — 1. Atlas dont la partie supérieure a été détachée par un trait de scie horizontal. — 2. Son arc postérieur. — 3. Épingle enfoncée dans le tissu spongieux de son arc antérieur. — 4. Deux autres épingles enfoncées dans le tissu spongieux de l’apophyse odontoïde. — 5. Lame rectangulaire de carton traversée par ces deux épingles et horizontalement dirigée. Dans cette situation où l’atlas et la tète sont à leur maximum d’élévation, l’épingle 3 touche la lame horizontale; lorsque l’atlas tourne de l’un ou de l’autre côté, elle s’en éloigne, ainsi qu’on peut Je remarquer sur la figure 225. — 6, 6. Apophyses articulaires inférieures de cette vertèbre. — 7, 7. Apophyses articulaires supérieures de l’axis. On voit que les deux apophyses superposées se touchent par leur partie moyenne dans le sens transversal, et qu’elles s’écartent en ava it et en arrière. — 8. Apophyses articulaires inférieures de l’axis. — 9, Son apophyse épineuse.
Fig. 224. — Vue antérieure des mêmes vertèbres dans leur situation relative au moment où nous regardons en face. — 1,1. Atlas. — 2, 2. Ses apophyses transverses.