I. — Articulations chondro-costales
Au nombre de douze pour chaque côté, ces articulations se disposent à droite et à gauche sur une ligne courbe à convexité antérieure. Les deux séries curvilignes se rapprochent au niveau des secondes côtes;
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elles ne sont séparées à cette hauteur que par une distance moyenne de 8 centimètres. A partir de ce point, soit qu’on remonte, soit qu’on descende, elles divergent. Si l’on remonte, elles divergent peu les deux courbes se terminant presque aussitôt; si l’on descend, elles divergent beaucoup, ces mêmes courbes parcourant au contraire un long trajet
Le mode d’union des cartilages costaux avec l’extrémité antérieure des côtes est du reste des plus simples. Au niveau de cette union, les côtes augmentent de hauteur et d’épaisseur, en sorte que leur surface articulaire devient plus étendue. Celte surface est inégale, un peu déprimée, et comparable à une fossette semi-ellipsoïde, dont le grand axe se dirige de haut en bas. — L’extrémité correspondante des cartilages présente une configuration inverse; elle se trouve reçue dans la dépression semiellipsoïde de la côte avec laquelle elle se continue. Il n’y a donc pas ici simple juxtaposition ou contiguïté des facettes articulaires; elles se soudent 1 une a l’autre. Cette soudure constitue leur véritable moven d’union.
On peut considérer comme un moyen d’union accessoire ou complémentaire le périoste qui se prolonge de l’os sur le cartilage, el qui embrasse leur soudure à la manière d’une virole.
IL — Articulations ciiondro-sternales.
Ces articulations, au nombre de sept de chaque côté, ont été classées parmi les arthrodies. Nous verrons cependant qu’elles doivent être rangées aussi au nombre des diarthro-amphiarthroses.
A. Sui faces articulaires. — Elles offrent une grande analogie de conformation avec celles des articulations costo-vertébrales. Comme ces dernières, elles sont formées: d’une part, par un angle rentrant; de l’autre, par un angle saillant. 7 -
Les angles rentrants occupent les bords du sternum sur lesquels ils se disposent aussi en série linéaire. La distance qui les sépare n’est pas égale ; ils se rapprochent en descendant, lentement d’abord, mais ensuite lapidement, de telle sorte que les plus inférieurs se trouvent presque superposés. Chacune de ces cavités angulaires résulte de la convergence de deux facettes ; la supérieure est située sur l’une des cinq pièces qui forment primitivement la poignée et le corps de l’os, et l’inférieure sur la pièce sous-jacente. L’angle de convergence des facettes répond à la soudure des deux pièces. Dans les premiers temps de la vie, ces facettes sont planes; l’angle quelles forment est aigu et régulier. Mais dans 1 âge adulte, celui-ci s émousse; les facettes se creusent légèrement, et aux angles rentrants on voit succéder des excavations plus ou moins arrondies. Une mince couche de fibro-cartilage recouvre leur surface.
Les angles saillants, constitués par l’extrémité interne des cartilages, sont reçus dans les angles rentrants du sternum, comme la tête des côtes dans les cavités anguleuses échelonnées sur les parties latérales de la colonne dorsale. — Ils offrent aussi une configuration d’abord très régulièrement cunéiforme; plus tard, ils s’arrondissent. — Dans le cours de l’existence, les surfaces des articulations chondro-sternales revêtent donc deux modes de conformation bien différents : anguleuses jusqu’au moment où les quatre pièces qui composent le corps du sternum ne sont pas soudées, elles représentent après cette soudure un petit segment de sphéroïde. — Un fibro-cartilage très mince les recouvre aussi.
B. Moyens d'union . — La gaine fibreuse, qui n’est qu’un moyen d’union accessoire pour les articulations chondro-costales, devient le principal moyen d’union des articulations chondro-sternales.
A la gaine fibreuse qui embrasse les articulations chondro-sternales se trouvent surajoutés en avant, pour chacune d’elles, un ligament rayonné et un ligament interosseux.
Les ligaments rayonnés s’insèrent par leur sommet sur la partie interne et antérieure des cartilages costaux, et par leur base sur la face antérieure du sternum. Leurs fibres supérieures et inférieures s’entrecroisent avec celles des ligaments voisins. Les autres s’entre-croisent sur la ligne médiane avec celles des ligaments du côté opposé ; elles s’entremêlent en outre avec les fibres tendineuses des muscles grands pectoraux. Le périoste de la face antérieure du sternum, ainsi renforcé parles ligaments rayonnés et par les fibres tendineuses des deux muscles, acquiert une remarquable épaisseur et une grande résistance.
Indépendamment des ligaments rayonnés antérieurs, la plupart des auteurs admettent des ligaments rayonnés postérieurs, qui ne différeraient des précédents que par leur moindre épaisseur. Quelques anatomistes admettent même des ligaments supérieurs et inférieurs. J’ai vainement cherché ces ligaments ; en arrière des articulations chondrosternales et dans l’intervalle qui les sépare, on n’observe que le périoste.
Le ligament interosseux , qu’on ne peut apercevoir que sur une coupe transversale, répond à la partie antérieure de l’articulation. Il est sousjacent à la gaine fibreuse. Des cellules de cartilage sont disséminées dans son épaisseur. Ses dimensions augmentent de haut en bas, et sont du reste très variables. Il n’existe quelquefois qu’à l’état de vestige. Chez certains individus, au contraire, il s’étend à toute la superficie des facettes articulaires ; les articulations chondro-sternales représentent alors des amphiarthroses parfaites. Cette dernière disposition est exceptionnelle. — Les articulations chondro-sternales ne possèdent pas de synoviales.