‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 2)Chapitre 230 sur 260 · C. — Synoviales de l’articulation coxo-fémorale · texte numérisé non relu

C. — Synoviales de l’articulation coxo-fémorale

Il existe deux synoviales pour l’articulation coxo-fémorale : l’une très étendue, qui revêt la face interne du ligament capsulaire, et qui se réfléchit de celui-ci sur le col du fémur; l’autre, profonde, entourant le ligament intra-articulaire, et se prolongeant sur le coussinet adipeux.

La synoviale capsulaire prend naissance sur le sommet du bourrelet cotyloïdien. De ce bord, elle descend sur la face externe du bourrelet qu’elle recouvre au niveau des trois saillies sous-jacentes, tandis qu’au niveau des trois dépressions elle n’en revêt qu’une très minime partie. Ainsi disposée, elle forme en dehors du bourrelet trois culs-de-sac qui se distinguent, comme les trois saillies correspondantes, en supérieur ou iliaque, antérieur ou pubien, inférieur ou ischiatique.

Parvenue sur le ligament capsulaire, la synoviale tapisse sa face interne, à laquelle elle adhère de la manière la plus intime, puis se réfléchit autour de son insertion fémorale, pour se prolonger sur le col de dehors en dedans, et se terminer à l’union du col avec la tête, sur le pourtour du cartilage fémoral. En arrière du col, elle forme un culde-sac demi-circulaire à concavité interne, recouvert seulement par du tissu conjonctif, et très analogue h celui qui entoure le col du radius, dont il ne diffère que par sa moindre étendue. Sur toute cette partie postérieure du col, la séreuse s’applique très régulièrement au périoste. Il n’en est pas ainsi en avant, où elle offre des replis constants, mais très variables dans leurs dimensions et leur forme.

Ces replis figurent tantôt une sorte de pont membraneux plus ou moins large, et tantôt une sorte de petit mésentère. Ils sont redevables de leur existence aux vaisseaux qui traversent la capsule de part en part pour se porter de la base du col vers la tête du fémur. Tout repli suppose donc un ou plusieurs vaisseaux compris dans son épaisseur. L’état de vacuité de ceux-ci les rend peu apparents. Quelquefois cependant ils sont pleins; on peut juger alors du calibre souvent considérable qu’ils présentent.

La synoviale cotyloïdienne adhère au ligament rond, auquel elle forme une gaine complète ; après avoir recouvert le coussinet adipeux, elle se termine sur le pourtour de l’arrière-cavité. — Cette synoviale est séparée de la précédente par le cartilage, qui tapisse les parois de la

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cavité cotvloïde. et par la face correspondante du bourrelet. Au niveau de l’échancrure le bourrelet seul sépare les deux membranes.

D. — mécanisme de l’articulation coxo-fémorale.

Nous avons vu comment le bassin se meut sur les fémurs. Voyons comment le fémur se meut sur le bassin. Cet os exécute des mouvements de flexion et d’extension, d’abduction et d’adduction, de circumduction et de rotation. Pendant la durée de ces mouvements, et dans les diverses attitudes d’activité et de repos que présente le membre inférieur, la tête fémorale reste toujours en contact parfait avec la cavité cotyloïde. La cause qui assure la permanence de ce contact a été longtemps un objet de controverse. La science aujourd’hui est fixée à cet égard. G. et E. Weber ont démontré, par des expériences physiques d’une grande précision, que les deux surfaces articulaires sont appliquées l’une à l’autre par la pression de l’atmosphère, et que cette pression suffit à elle seule pour les maintenir en état de contiguïté.

Considérée au point de vue physiologique, l’articulation coxo-fémorale nous offre donc à étudier : 1° les divers mouvements qu’exécute le fémur sur l’os iliaque; 2° l’influence que la pression atmosphérique exerce sur les deux surfaces articulaires et sur la mobilité du membre inférieur.

1° Mouvements de l’articulation coxo-fémorale.

Dans les mouvements de flexion et d’extension, la tête du fémur tourne autour d’un axe horizontal et transversal, passant par son centre. L’extrémité interne de cet axe traverse l’intersection fémorale du ligament rond; prolongé en dehors, il passerait au-dessus du col et viendrait raser le sommet du grand trochanter.

a. Flexion. — Lorsque le fémur se fléchit, le bord supérieur du col, qui était inférieur à l’axe de rotation, lui devient postérieur. Le grand trochanter, se portant aussi en arrière, décrit un petit arc de cercle dont la concavité regarde en bas et en avant. L’extrémité inférieure du fémur, qui se porte au contraire en avant, décrit un grand arc de cercle dont la concavité regarde en arrière et dont il représente le rayon. — Les rapports des deux surfaces articulaires se modifient à peine dans la première moitié du mouvement. Mais dans la seconde, la partie postérieure de la tête fémorale, devenue inférieure, sort un peu de la cavité articulaire, et se trouve alors en contact avec le ligament capsuaire. Le ligament rond subit une légère torsion. Le faisceau inférieur de la capsule, ou ligament de Berlin, se relatrhe; le faisceau supérieur se tend.

b. Extension. — Elle est très limitée et caractérisée par des phénomènes opposés aux précédents. Le bord supérieur du col se porte au devant de l’axe de rotation de la tête. Le grand trochanter se meut aussi d’arrière en avant, tandis que l’extrémité tibiale du fémur parcourt son arc de cercle d’avant en 'arrière. La partie supérieure de la tête se porte en avant, et sort un peu de la cavité cotyloïde. Sa partie inférieure se dirige en arrière et s’enfonce dans cette cavité. Le ligament rond ne paraît pas se tordre; mais le ligament capsulaire devient le siège d’une torsion très prononcée qui a pour effet de le raccourcir et d’appliquer plus solidement les deux surfaces articulaires l’une à l’autre. Le ligament de Bertin se tend et limite l’extension. Nous avons vu qu’il supporte tout le poids du tronc, lorsque la verticale passant par le centre de gravité du corps tombe en arrière de l’axe de rotation du bassin.

Dans les mouvements d’abduction et d’adduction, la tête du fémur tourne autour d’un axe antéro-postérieur passant aussi par sa partie centrale. L’arc parcouru par l’extrémité inférieure de l’os, en oscillant de l’adduction extrême à l’abduction forcée, serait de 90 degrés, d’après les recherches des frères Weber ; il différerait peu par conséquent de celui que décrit le fémur dans la flexion. Mais ces auteurs me paraissent l’avoir un peu exagéré. La ligne étendue du centre de la tête fémorale à l’espace intercondylien représente le rayon de l’arc.

c. Abduction. — Dans ce mouvement, la tête glisse de haut en bas sur les parois de la cavité cotyloïde. Supérieurement, elle s’engage dans cette cavité ; inférieurement, elle en sort en partie pour s’appliquer au ligament capsulaire qu’elle soulève. Le ligament rond se relâche. Le bord supérieur du col se porte en haut et en dedans, puis s’applique au sommet du sourcil cotyloïdien,, et limite ainsi le mouvement. Si une cause violente vient alors l’exagérer, le fémur se transforme en un levier du premier genre qui prend son point d’appui sur ce bord ; le bras de la puissance, étendu de ce point aux condyles, est très long, tandis que celui de la résistance est extrêmement court.

d. Adduction. — Lorsque le fémur se porte en dedans, sa tête glisse de bas en haut sur la cavité cotyloïde. Le ligament intra-articulaire se tend ; une partie de la couche graisseuse extra-articulaire, avec laquelle le coussinet adipeux se continue, pénètre dans l’arrière-cavité. Le faisceau inférieur de l’éventail fibreux se relâche ; le supérieur se tend ; il supporte tout l’effort des violences qui pourraient exagérer le mouvement, et protège ainsi le ligament rond, qu’il couvre en quelque sorte de son énorme résistance.

e. Circumduction . — La courbe circulaire décrite par l’extrémité inférieure du fémur, ou la partie terminale du membre, dans ce mouve-

ARTICULATION COXO-FËMORALE.

ment, est beaucoup moins grande que celle parcourue par la partie terminale du membre thoracique dans le mouvement correspondant de l’épaule. Pour le membre supérieur, la base du cône regarde en dehors et en avant ; pour l’inférieur, elle se dirige en dehors, en avant et en bas. Pendant la durée de ce mouvement, la dépression à laquelle s’attache le ligament rond se meut circulairement sur le coussinet adipeux, en sens inverse de la partie inférieure du fémur, la première se portant en dedans lorsque la seconde se porte en dehors, ou en avant lorsqu’elle se dirige en arrière, etc.

f. Rotation. — Ce que le fémur perd du côté de la circumduction, il le rachète par la grande étendue de son mouvement de rotation. Ici encore l’os de la cuisse et l’os du bras diffèrent très notablement. Pour celui-ci, la circumduction est très ample, la rotation très limitée ; pour le fémur, c’est la première qui se réduit et la seconde qui s’accroît. Cette différence est due à l’inégale étendue des deux cols : l’extrême brièveté de l’un laissant à l’os toute liberté pour se mouvoir circulairement, mais ne lui permettant que des mouvements de rotation peu sensibles ; la longueur considérable de l’autre rendant le mouvement de circumduction plus difficile, mais facilitant, au contraire, le mouvement de rotation.

Ce mouvement s’opère autour d’une ligne verticale passant par le centre de la tête fémorale. — Chez l’homme, cette ligne croise la diaphyse du fémur au-dessous de sa partie moyenne, répond ensuite au condyle externe, puis au péroné, et traverse le pied. — Chez la femme, où le fémur est plus oblique, l’axe de rotation vient tomber sur la base de sustentation du corps, en dehors, mais très près du bord externe du pied.

La rotation a lieu de dedans en dehors et de dehors en dedans. — Dans la rotation en dehors, la tête du fémur glisse d’arrière en avant sur la cavité cotyloïde. Le grand trochanter se porte en arrière : le faisceau supérieur de la capsule se tend et limite la rotation. La pointe du pied se dirige en dehors. — Dans la rotation en dedans, la tête glisse sur la cavité d’avant en arrière. Le grand trochanter se meut d’arrière en avant. Toute la partie antéro-supérieure de la capsule se relâche. La pointe du pied se porte en dedans. — Les muscles qui président à la rotation en dehors sont beaucoup plus nombreux et plus puissants que les rotateurs en dedans.

Dans leurs mouvements, le fémur et l’humérus diffèrent sous un point de vue essentiel. Le premier se meut sur un point tixe ; le second, au contraire, s’appuie sur un os qui est lui-même mobile et suspendu à un levier horizontal plus mobile encore. Cet enchaînement de pièces mobiles les unes sur les autres nous montre que les mouvements de l’os du bras ne peuvent que rarement s’isoler. Presque toujours ils s’accompagnent de

ARTHR0L0G1E.

mouvements secondaires qui se passent dans l’articulation de l’omoplate avec la clavicule, et de la clavicule avec le sternum.

Dans l’articulation coxo-fémorale, l’os iliaque étant fixe, le fémur ne saurait se dérober avec autant de facilité à l’action des corps extérieurs. Mais une cavité plus profonde et un ligament plus épais permettent à la tète de cet os de résister à des efforts qui suffiraient pour déplacer celle de l’humérus. Aux violences du dehors, l’articulation de la hanche oppose donc sa solidité, tandis que l’articulation de l’épaule se dérobe aux fâcheuses conséquences qu’elles pourraient produire par sa mobilité. D’un côté, la profondeur de la cavité cotyloïde et l’épaisseur de la capsule rachètent la fixité de l’os iliaque; de l’autre, la mobilité de l’omoplate compense le peu de profondeur de la cavité glénoïde.

2° Influence de la pression atmosphérique sur les surfaces articulaires; avantages de cette pression.

Tous les corps plongés dans l’atmosphère supportent le poids d’une colonne d’air dont la base est représentée par leur surface et la hauteur par celle de l’atmosphère, équivalente à une colonne de mercure de Om,76. L’homme supporte donc un poids considérable. La pression que ce poids détermine se répartit de la manière la plus égale ; elle s’exerce avec la même intensité dans tous les sens. C’est cette pression qui rapproche les surfaces articulaires; c’est elle qui les maintient dans un état de contiguïté permanent. Les ligaments et les muscles lui viennent en aide: ils contribuent à affermir les rapports de surfaces ; mais la pression atmosphérique pourrait suffire à elle seule pour assurer leur contact. Elle l’assure si bien que, pour contre-balancer son influence, il faut user, même envers les petites articulations, d’un effort assez considérable ; et alors, au moment où cet effort triomphe de sa résistance, un petit bruit sec se fait entendre; mais à peine les deux facettes se sont-elles séparées qu’elles se réappliquent l’une à l’autre, si l’effort est suspendu, la pression atmosphérique, toujours active, reprenant aussitôt son empire. Pour les grandes articulations, où la pression à vaincre est relativement énorme, un semblable résultat ne pourrait être obtenu qu’à l’aide d’appareils puissants, comme ceux qu’on emploie pour la réduction des luxations.

Sur ces grandes articulations, on peut, du reste, facilement reconnaître que la contiguïté des surfaces n’est pas due à la présence des ligaments. Enlevez les muscles qui entourent le ligament capsulaire de l’épaule, en laissant ce ligament parfaitement intact, aussi longtemps que la cavité articulaire restera close, les surfaces resteront contiguës ; dès que l’air y pénétrera, elles s’abandonneront sans que la capsule oppose le moindre obstacle à leur séparation. Répétée sur d’autres articulations à ligaments

ARTICULATION COXO-FÉMORALE.

plus serrés, cette expérience donne des résultats analogues. Mais ces résultats sont surtout saisissants pour l’articulation de la hanche, dont les surfaces offrent plus de largeur et s’emboîtent très exactement.

Les frères Weber ont démontré, par une série d’expériences très concluantes, que ces surfaces ne sont redevables de leur contact, ni aux muscles, ni aux ligaments, ni au bourrelet cotyloïdien, mais à la pression atmosphérique, et à cette pression seule.

lre expérience. — Ce contact n'est pas dû à l'action des muscles. — Un cadavre étant couché horizontalement sur une table suffisamment élevée, de manière que le bassin dépasse le bord de la table, et que les jambes pendent librement, on coupe tous les muscles qui entourent l’ articulation de la hanche. Si la contiguïté des surfaces articulaires était le résultat de leur influence, la tête du fémur devrait s’abaisser; or cette tête ne s’abaisse pas ; elle reste très exactement appliquée à la cavité cotyloïde.

2e expérience. — Le contact des surf aces articulaires n'est pas dû à la résistance des ligaments. — Après avoir incisé les muscles, on incise circulairement aussi la capsule. La surface articulaire inférieure, sollicitée par le poids du membre, devrait abandonner alors la supérieure ; mais elle ne l’abandonne pas ; les deux surfaces se montrent aussi parfaitement contiguës après qu’avant l’incision.

3e expérience. — Le contact n'est pas dû à la résistance du bourrelet cotyloïdien. — Pour le démontrer, les frères Weber pratiquent un orifice sur l’arrière-fond de la cavité. Dès que l’air pénètre par cet orifice, la tête fémorale tombe dans la capsule. Donc ce n’est pas le bord ibre du bourrelet qui la maintient dans sa situation.

4e expérience. — Le contact est dû exclusivement à la pression atmosphérique. — Un trou étant pratiqué sur l’arrière-fond de la cavité cotyloïde, et donnant accès à l’air, le membre inférieur tombe à l’instant même. Si l’on réintroduit la tête du fémur de manière à expulser l’air qui avait pénétré, et si l’on applique la pulpe du doigt sur l’orifice, les deux surfaces resteront contiguës. On pourra ainsi ouvrir et fermer tour à tour cet orifice : chaque fois qu’on l’ouvrira, le membre tombera ; chaque fois qu’on fera le vide dans la cavité, il restera suspendu. Cette dernière expérience atteste très nettement que la pression atmosphérique préside essentiellement aux rapports de contiguïté des surfaces articulaires. Les ligaments et les muscles concourent à ce résultat, mais jouent le rôle de simples auxiliaires.

Après avoir bien établi ce fait important, les frères Weber en ont aussi donné la théorie, qui était, du reste, facile à déduire. Les corps sont

ARTHROLOGIE.

comprimés de tous côtés par l’air atmosphérique. Comme la pression est égale sur les points diamétralement opposés, elle se fait équilibre à elle-même, et ceux-ci restent immobiles. Mais, si l’on soustrait une partie de l’un de ces corps à la pression de l’atmosphère, l’équilibre sera détruit, et le corps se portera vers le côté sur lequel la pression cesse d’agir. Or, lorsque le membre abdominal est suspendu au tronc, il se trouve comprimé de toutes parts par l’air atmosphérique, à l’exception de la tête du fémur, que la cavité cotyloïde recouvre et soustrait à son contact. Cet air, dont la pression s’exerce sur toutes les autres parties du membre, lui imprime donc un mouvement ascensionnel, ou plutôt s’oppose au mouvement de descente qu’il tend à exécuter sous l’influence de son propre poids. La force par laquelle la jambe esl ainsi soulevée équivaut à une colonne de mercure de 0m,76 de hauteur, qui aurait pour base la surface de contact du fémur et de l’os iliaque. Les frères Weber estiment que le poids de cette colonne s’élève à 12 kilogrammes environ.

Le membre abdominal étant déchargé d’un poids aussi considérable, on voit combien le mode de conformation de l’articulation de la hanche est avantageux pour tous les mouvements dans lesquels il reste suspendu au tronc, et surtout pour la marche, où ces mouvements se répètent à chaque pas. Ainsi allégé, le membre est beaucoup plus mobile. Pour se mouvoir, il suffit qu’il s’écarte de la direction verticale; la gravitation intervient alors pour l’y ramener : or, pendant qu’elle agit, les muscles se reposent. Intermittence de l’action musculaire, économie considérable dans la force dépensée, tels sont donc les grands avantages qui découlent du mode de conformation de l’articulation coxo-fémorale.

§ 2. — Articulation du genou ou fémoro-tibiale.

Préparation. — 1° Inciser circulairement les téguments au-dessus et audessous du genou; réunir ces incisions circulaires par une incision longitudinale, antérieure, puis disséquer les deux lambeaux cutanés de haut en bas et d’avant en arrière, et les enlever. 2° Inciser circulairement et longitudinalement aussi l’aponévrose fémorale qui embrasse toute l’articulation, et la détacher avec ménagement. 3° Achever de mettre en évidence le ligament rotulien, ainsi que les ligaments latéraux, et découvrir ensuite le ligament postérieur en excisant toutes les parties molles qui le recouvrent. 4° Après avoir étudié les ligaments périphériques, faire sur le triceps deux incisions verticales, l’une en dedans, l’autre en dehors, et écarter les parties latérales du muscle pour observer le prolongement que la synoviale envoie au-dessous de son tendon. 5° En renversant en avant le tendon du triceps, ainsi que la rotule et le ligament rotulien, un autre prolongement de la synoviale, le ligament adipeux, deviendra manifeste. 6° Diviser le fémur au-dessus des condyles, et séparer ceux-ci par un trait de scie appliqué sur la partie moyenne de l’espace intercondylien. Cette section aura pour avantage de montrer les liga* ments croisés et les fibro-cartilages interarticulaires.

ARTICULATION FÉMORO-TIBIALE.

L’articulation fémoro-tibiale est une articulation bitrochléenne. Parmi les diarthroses, il n’en est aucune qui présente des surfaces aussi étendues, une conformation aussi compliquée, des maladies aussi fréquentes et aussi graves.

Trois os concourent à la former : le fémur, le tibia, la rotule. Le fémur et la rotule se correspondent. Mais le fémur et le tibia ne se correspondent pas. Sur les condyles du premier, on voit se dérouler deux longues surfaces demi-circulaires, l’une et l’autre très convexes, tandis que sur les tubérosités du second il existe deux larges surfaces à peine concaves. Pour rétablir la correspondance et l’emboîtement des surfaces supérieure et inférieure, deux fibro-cartilages s’interposent à celles-ci. — Cinq ligaments unissent les condyles au tibia; un sixième unit cet os à la rotule. Deux synoviales favorisent le jeu réciproque de toutes les parties qui précèdent.

L’articulation du genou nous offre à considérer, en un mot, trois surfaces articulaires, deux fibro-cartilages, six ligaments, deux synoviales, et enfin les mouvements qu’elle exécute.

A. — Surfaces articulaires et fihro-cartilages.

a. Surfaces articulaires. — Ces surfaces ont été précédemment décrites. Je me bornerai donc à en rappeler les principaux caractères.

Du côté du fémur, une poulie ou trochlée, dont le bord interne est moins saillant que l’externe. — Au-dessous de la poulie, les condyles, à chacun desquels on distingue trois faces : une face inférieure ou articulaire, s’enroulant à la manière d’une volute; une face profonde, qui répond à l’échancrure intercondylienne, et qui donne attache aux ligaments croisés; une face superficielle ou cutanée, surmontée d’une tubérosité destinée à l’insertion des ligaments latéraux.

Du côté du tibia, les deux cavités glénoïdes, très superficielles, sur lesquelles reposent les condyles du fémur. Entre ces cavités, l’épine du tibia et les dépressions angulaires, situées en avant et en arrière de celle-ci.

Du côté de la rotule, une surface allongée dans le sens transversal, et subdivisée en deux facettes inégales par une crête mousse qui répond à la gorge de la poulie fémorale : la facette externe, plus grande, s’applique très exactement au condyle externe; la facette interne, notablement plus petite, ne s’applique qu’imparfaitement au condyle interne.

L’articulation du genou est celle où les cartilages d’encroûtement atteignent la plus grande épaisseur, variable cependant pour les diverses parties de leur étendue. — Le cartilage qui revêt la poulie fémorale est un peu moins épais au niveau de sa gorge qu’au voisinage de ses bords.

ARTHRGLUC1E

Celui des condyles, plus mince au contraire sur les bords, olîre une épaisseur de d millimètres sur leur partie moyenne et inférieure, siège principal des efforts que supporte l’articulation dans la station verticale. — Les cartilages des cavités glénoïdes modifient très notablement leur aspect. La cavité interne reste concave dans ses trois quarts antérieurs ; elle est plane dans son quart postérieur. — La cavité externe conserve une légère concavité dans le sens transversal, mais devient très convexe d’avant en arrière. Son cartilage, qui n’a pas moins de 4 à 5 millimètres d’épaisseur dans sa partie centrale, a pour effet de transformer cette concavité en une convexité.

La lame cartilagineuse de la rotule est remarquable aussi par son épaisseur, très considérable surtout au niveau de la crête. Recouverte de cette lame, sa face postérieure présente, le plus habituellement, trois

Fig. 258.

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Fig. 260.

Surfaces articulaires des condijles et de la rotule.

Fig. 258. — 1. Poulie fémorale.' — 2. Bord externe de cette poulie. — 3. Son bord interne, moins élevé que le précédent. — 4. Condyle externe. — 5. Coupe du ligament latéral externe. — 6. Coupe du tendon du muscle poplité, obliquement dirigé en bas et en dedans, recouvert par le ligament latéral externe. — 7. Condyle interne. — 8. Coupe du ligament latéral interne. — 9. Espace intercondylien. — 10. Coupe du ligament croisé antérieur s’attachant à la partie postérieure de la face profonde du condyle externe. — 11. Coupe du ligament croisé postérieur s’insérant à la partie antérieure de la face profonde du condyle interne.

Fig. 259. — Surface articulaire de la rotule. — 1. Facette répondant au condyle interne du fémur. — 2. Facette qui répond au condyle externe. — 3. Crète mousse

ARTICULATION FEMORO-TIBIALE»

facettes bien distinctes : une facette externe, très large; une facette moyenne, beaucoup plus petite ; une facette interne, plus petite encore. Ces deux dernières s’appliquent au condyle interne; mais la moyenne seule repose sur le condyle. L’interne forme avec celui-ci un angle aigu ; elle ne repose sur lui que lorsque la rotule glisse sur la poulie de dedans en dehors; sa destination est de faciliter les mouvements qu’exécute cet os dans le sens transversal.

b. Fibro-cartilages inter articulaires. — Ces fibro-cartilages, appelés aussi semi-lunaires et falcif ormes , ont été distingués, comme les cavités qu’ils sont destinés à agrandir, en interne et externe.

Tous deux présentent la forme d’un prisme triangulaire et curviligne, dont le sommet se dirige vers le centre de la cavité glénoïde correspondante. Le fibro-cartilage interne est demi-circulaire. Le fibro-cartilage externe décrit une circonférence presque complète, et d’un rayon beaucoup plus court. Le premier, très large en arrière, devient de plus en plus étroit à mesure qu’on se rapproche de son extrémité antérieure. Le second, d’une largeur égale sur toute son étendue, recouvre la plus grande partie de la surface convexe, improprement appelée cavité glénoïde externe.

Le mode de configuration des fibro-cartilages interarticulaires permet de leur considérer trois faces, trois bords et deux extrémités.

Par leur base ou face cutanée, ils répondent à la périphérie de P articulation.— Sur les côtés, ils sont en rapport avec les ligaments latéraux auxquels ils adhèrent. — En avant, ils sont unis par une bandelette fibreuse, qui se porte transversalement de l’un à l’autre. Une masse ceL lulo-adipeuse, très considérable, les recouvre et les sépare du ligament rotulien.

Leur face supérieure, qui se moule sur les condyles du fémur, est concave. Leur face inférieure, qui repose sur le pourtour des cavités glénoïdes, est presque plane. Ces faces présentent une largeur moyenne de 8 à 10 millimètres.

Des trois bords, le profond ou sommet du prisme est libre, extrêmement mince, très régulier, demi-transparent. Le supérieur donne attache à la synoviale fémorale, et l’inférieur à la synoviale tibiale, qui l’une et

et verticale qui s’applique à la poulie fémo. ale. — 4. Base de la rotule. — 5. Son sommet, sur lequel s’attache le ligament rotulien.

Fig. 260. — Coupe transversale de la l rochlée fémoro-rotulienne. — 1, 1. Trochlée fémorale. — 2. Saillie mousse par laquelle la rotule s’applique à cette poulie.

Fig. 261. — Coupe verticale et transversale du condyle externe du fémur, de la tubérosité externe du tibia , et du fibro-cartilage correspondant. — 1, 1. Tubérosité externe du libia. — 2. Son cartilage très épais et convexe d’avant en arrière. — 3j 3. Coupe du condyle externe. — 4. Son cartilage très épais aussi. — 5, 5. Coupe du Fibro-cartilage intermédiaire aux deux surfaces.

l’autre s’avancent de 2 ou 3 millimètres sur les faces correspondantes.

Par leurs extrémités, les fibro-cartilages interarticulaires s’attachent au tibia, dont ils suivent tous les mouvements. Ces extrémités, beaucoup moins denses, et de nature simplement fibreuse, sont constituées par des faisceaux parallèles très distincts.

Le fibro-cartilage interarticulaire externe se fixe par l’une de ses extrémités, en dehors du ligament croisé antérieur, immédiatement au-devant de l’épine du tibia ; et par son extrémité opposée, à la partie postérieure des deux tubercules de cette épine. L’extrémité antérieure ne se trouve donc séparée de la postérieure que par un très petit intervalle, d’où la figure circulaire qu’il présente. La première est indépendante du ligament croisé antérieur, avec lequel elle se continue quelquefois cependant par un faisceau horizontal qui adhère au tibia. La seconde est unie au ligament croisé postérieur par un faisceau arrondi et assez volumineux, obliquement étendu du fibro-cartilage au ligament.

Le fibro-cartilage interarticulaire interne s’insère par une de ses. extrémités sur la base de la dépression angulaire antérieure, à 12 ou 15 millimètres au-devant de l’extrémité correspondante du fibro-cartilage interarticulaire externe, et par l’autre à la base de la dépression antérieure.

Les fibro-cartilages interarticulaires, essentiellement composés de

Fig. 262. Fig. 263.

Surfaces articulaires du tibia et fibro-cartilages qui les recouvrent.

Fig. 262. — Surfaces articulaires du tibia. — 1. Surface articulaire externe, recouverte de son cartilage; de concave qu’elle était à l’état sec, cette surface devient convexe d'avant en arrière à l’état frais. — 2. Surface articulaire interne. — 3. Attache du ligament croisé antérieur. — 4. Attache du ligament croisé postérieur. — 5,5. Les deux extrémités du fibro-cartilage interarticulairc interne. - — 6, 6. Les deux extrémités du fibro-cartilage interarticulaire externe. — 7. Tendon du biceps fémoral, — 8. Ligament latéral externe. — 9. Attache de l’aponévrose fémorale à la tubérosité externe du tibia. — 10. Ligament rotulien. — 11. Bourse séreuse sous-jacente.

Fig. 263. — 1. Fibro-cartilage interarticulaire interne. — 2. Partie postérieure de ce fibro-cartilage. — 3. Sa partie antérieure, moins large que la précédente. — 4. Partie fibreuse par laquelle il s’attache à la base de la dépression située en arrière de l’épine du tibia. — 5. Partie fibreuse par laquelle il s’attache à la base de la

ARTICULATION FÉMORO-TIBIALE.

fibres de tissu conjonctif, de cellules, de fibres de cellules et de fibres élastiques, reçoivent des vaisseaux et des nerfs qui se ramifient en grand nombre dans leur épaisseur.

B. — Moyens d’union de l'articulation du genou.

L’articulation fémoro-tibiale possède, pour moyens d’union, quatre ligaments périphériques et deux ligaments intra-articulaires, appelés aussi ligaments croisés .

La situation relative des ligaments périphériques permet de les distinguer en antérieur , latéraux et postérieur.

Sur ces six ligaments, cinq sont destinés à unir le fémur au tibia. Un seul, le ligament antérieur, s’étend de cet osa la rotule.

1° Ligament antérieur ou rotulien. — Ce' ligament est situé sur le prolongement du tendon du triceps fémoral dont il faisait primitivement partie.

Oblique de haut en bas et d’avant en arrière, le ligament rotulien forme avec ce tendon un angle obtus, dont le sommet répond à la rotule.

La longueur de ce ligament est de 6 à 7 centimètres; sa largeur, de 30 millimètres supérieurement, de 20 à 22 inférieurement; et son épaisseur, de 5 à 6.

Il se présente sous l’aspect d’un large faisceau triangulaire, à sommet tronqué, dirigé en bas, en sorte qu’on peut lui considérer deux faces, deux bords, et deux extrémités.

Sa face antérieure ou cutanée est recouverte par un prolongement de l’aponévrose fémorale qui le sépare de la peau. — Sa face postérieure répond supérieurement à une masse cellulo-adipeuse très considérable, située au-devant de l’espace intercondylien et des fibro-cartilages interarticulaires. Plus bas, elle adhère à une bourse séreuse qui revêt toute sa moitié inférieure, et qui lui permet de glisser : d’une part, sur

dépression antérieure. — 6. Partie de la cavité glénoïde interne qui n’est pas recouverte par le fibro-cartilage. — 7. Fibro-cartilage interarticulaire externe. — 8. Son attache à la partie postérieure de l’épine du tibia. — 9. Son attache au-devant de cette épine, en dehors du ligament croisé antérieur. — 10. Partie de la cavité glénoïde externe qui n’est pas recouverte par le fibro-cartilage. — 11. Faisceau fibreux unissant en avant les deux fibro-cartilages. — 12, 12. Coupe du ligament rotulien. — 13, 1*3. Coupe de la bourse séreuse sous-jacente à ce ligament. — 14. Insertion tibiale du ligament croisé antérieur. — 15. Insertion tibiale du ligament croisé postérieur. — 16. Faisceau fibreux qui unit le fibro-cartilage interarticulaire externe au ligament croisé postérieur. — 17. Coupe du tendon du biceps fémoral. — 18. Coupe du ligament latéral externe de l’articulation du genou. — 19. Coulisse sur laquelle glisse le tendon du muscle poplité. — 20. Orifice par lequel la synoviale située au-dessus des fibro-cartilages interarticulaires communique avec la synoviale située au-dessous de ceux-ci. — 21. Orifice par lequel l’articulation péronéo-tibiale supérieure communique quelquefois avec celle du genou.

A RT UROLOGIE.

la partie unie de la tubérosité antérieure du tibia; de l’autre, sur la partie médiane de la surface triangulaire commune aux deux tubérosités de cet os. — Les bords sont arrondis et moins épais que la partie comprise dans leur intervalle.

L’extrémité supérieure, ou la base du ligament, s’insère au sommet de la rotule. En avant, elle se continue avec une épaisse couche fibreuse qui va se continuer elle-même avec le tendon du triceps. Sur les côtés, elle se continue avec ce même tendon ; en arrière, elle recouvre la moitié environ de la surface triangulaire, qu’on observe au-dessous des trois facettes articulaires. — Par son extrémité inférieure ou sommet, il s’attache sur la partie rugueuse de la tubérosité antérieure du tibia.

Le ligament rotulien se compose de faisceaux longitudinaux unis entre eux par un tissu conjonctif, dont les mailles renferment une notable proportion de cellules adipeuses. — Un très grand nombre de vaisseaux et de nerfs se ramifient dans son épaisseur. — Chargé de transmettre au tibia l’effort résultant de la contraction du plus puissant des extenseurs, il possède une résistance considérable, en rapport avec ses attributions.

Des annexes du ligament rotulien. — On peut considérer comme autant d’annexes du ligament rotulien : 1° le prolongement que l’aponévrose fémorale envoie à la partie antérieure du genou; 2° une lame aponévrotique très épaisse, qui se détache de la partie inférieure du vaste interne du triceps; 3° deux lamelles plus profondes qui, nées des bords de la rotule, se portent presque transversalement, Pu ne en dedans, l’autre en dehors.

a. Prolongement de V aponévrose fémorale. — Il descend jusqu’au tibia, en passant au-devant du ligament rotulien, et se comporte différemment en dedans et en dehors. — En dedans, il recouvre le ligament latéral interne, et tout l’espace qui sépare celui-ci du ligament rotulien. Parvenue au niveau du couturier, l’aponévrose fémorale se divise pour l’embrasser dans son dédoublement, puis se continue avec l’aponévrose jambière. Sur toute cette partie interne de son prolongement elle est très mince. — En dehors, l’aponévrose, épaisse, très dense et très résistante , passe au-devant du ligament latéral externe, comble tout l’intervalle qui le sépare du ligament antérieur, et va s’attacher au tubercule de la tubérosité externe du tibia.

b. Lame aponéorotique émanée du vaste interne. — Nous avons vu que le prolongement de l’aponévrose fémorale sur le côté interne de l’articulation du genou est extrêmement mince, tandis qu’il offre au contraire en dehors une remarquable épaisseur. Mais la lame fibreuse qui vient du vaste interne compense en quelque sorte celte inégalité par sa résistance. Elle s’étend dans le sens transversal du ligament latéra. interne au ligament rotulien, avec lesquels elle semble se confondre, es

ARTICULATION FÉMORO-TIBIALE.

faisceaux qui la composent se dirigeant aussi de haut en bas. Inférieurement, cette large lame aponévrotique se fixe à la partie supérieure de la face interne du tibia, en arrière des tendons qui forment la patte d’oie. Quelques-unes de ces fibres s’attachent à la partie antérieure de la tubérosité interne.

d. Lamelles naissant des bords de la rotule. — De la moitié supérieure des bords de la rotule, on voit partir deux lamelles transversales qui se terminent d’une manière très différente. La lamelle émanée du bord externe se perd presque aussitôt dans la partie correspondante du prolongement de l’aponévrose fémorale, prolongement qu’elle rattache à la rotule. — La lamelle émanée du bord interne, plus mince, mais beaucoup plus longue et plus profonde, s’applique sur la synoviale du genou, et va s’attacher à la tubérosité du condyle interne du fémur; elle offre une largeur de 2 à 3 centimètres.

2° Ligament latéral interne . — C’est le plus long de tous les ligaments du genou. Sa longeur varie de 10 à 12 centimètres. Sa largeur, qui mesure plus de 3 centimètres supérieurement, se réduit à 2 inférieurement. Il est très mince en haut, et d’une épaisseur à peu près double au niveau de son insertion tibiale. Ce ligament revêt la figure d’un triangle peu régulier, dont le sommet tronqué se dirige en bas.

Son extrémité supérieure s’attache : 1° à la tubérosité du condyle interne du fémur, au-dessous du tendon du grand adducteur; 2° à la partie postérieure du fibro-cartilage interarticulaire interne. De cette double origine, il se porte en bas, en se rétrécissant et s’épaississanl, puis se fixe à la partie la plus élevée de la face interne du tibia.

La face superficielle du ligament latéral interne est recouverte : en haut, par le prolongement de l’aponévrose fémorale et par la peau ; en bas, par les tendons du couturier, du demi-tendineux et du droit interne, qui glissent sur elle à l’aide d’une bourse séreuse. — La face interne répond de haut en bas : 1° à une bourse séreuse signalée par M. Poirier; 2° à la synoviale du genou qui la sépare, comme cette bourse, du condyle interne; 3° au fibro-cartilage interarticulaire interne; 4° à la portion réfléchie du tendon du muscle demi-membraneux; 5° et enfin à la tubérosité interne du tibia, dont la sépare aussi une bourse séreuse découverte par le même auteur.

3° Ligament latéral externe. — Ce ligament revêt la forme d’un cordon de 5 à 6 centimètres de longueur, et de 4 ou 5 millimètres d’épaisseur. Comme celui du côté opposé, il se porte presque verticalement en bas. Cependant les deux ligaments latéraux ne sont pas parallèles; l’interne, par son extrémité inférieure, s’incline un peu en avant, tandis que l’externe s’incline au contraire en arrière.

Son extrémité supérieure s’attache à la tubérosité du condyle externe

ARTHR0L0G1E.

du fémur, au-dessus d'une fossette qui donne insertion au tendon du muscle poplité. Cette extrémité est située au niveau de celle du ligament latéral interne; comme celle-ci, elle répond à l’union du tiers postérieur avec les deux tiers antérieurs des condyles. — L’extrémité inférieure s’insère sur la partie externe de la tête du péroné, au-devant du tendon du biceps, lequel se fixe à l’apophyse stylo'ide de cet os.

Fig. 264. — Ligament antérieur Fig. 265. — Ligament postérieur

du genou. du genou.

Fig. 264. — 1. Ligament rotulien. — 2. Son attache à la rotule. — 3. Son attache à la tubérosité antérieure du tibia. — 4. Tendon du triceps crural. — 5. Ligament latéral externe. — 6. Attache de ce ligament au péroné. — 7. Tendon du muscle poplité. — 8, 8. Ligament latéral interne. — 9. Tendon de la longue portion du troisième ou grand adducteur. — 10. Tendons qui forment la patte d’oie. — 11. Tendon du couturier. — 12. Tendon du droit interne. — 13. Tendon du demi-tendineux. — 14. Fibro-cartilage interarticulaire interne. — 15. Synoviale supérieure de l’articulation du genou. — 16. Synoviale inférieure, séparée de la précédente par les fibrocartilages, sur la base desquels elles viennent se terminer l’une et l’autre.

Fig. 265. — 1, 1. Ligament latéral interne. — 2. Tendon du muscle demi-membraneux. — 3. Sa portion antérieure ou réfléchie. — 4. Sa portion moyenne par laquelle ce muscle s’attache à la partie postérieure de la tubérosité interne du tibia. De cette portion moyenne se détachent deux expansions, l’une qui se prolonge jusqu’à la

ARTICULATION FÉMORO-TIIHALE.

Le ligament latéral externe répond, par son bord postérieur, au tendon du biceps, qui en reste séparé par un espace angulaire très petit dans l’état d’extension, plus ou moins grand dans l’état de flexion. Inférieurement, ce tendon se bifurque et lui forme une gaine demicylindrique qui le recouvre. Dans le reste de son étendue, c’est-à-dire sur presque toute sa longueur, le ligament est en rapport avec le prolongement de l’aponévrose fémorale. — Par sa face profonde, il s’applique au tendon du muscle poplité, qui le sépare du fibro-cartilage interarticulaire correspondant, et dont elle est séparée par une bourse séreuse mentionnée par M. Poirier (1). — Ce ligament se compose de fibres verticales et parallèles. Un faisceau se détache de sa partie antérieure pour aller se continuer avec l’aponévrose jambière. Comme tous ceux du genou, il reçoit un très grand nombre de nerfs et de vaisseaux.

4° Ligament postérieur. — Il comprend trois parties, deux latérales accessoires, et une partie moyenne ou principale.

Les parties latérales, en rapport avec les condyles, représentent des segments de sphère à concavité antérieure. Par leur face convexe, ces segments ou capsules fibreuses sont en rapport avec les muscles jumeaux. — La capsule qui recouvre le condyle interne est très mince. Elle offre souvent un orifice circulaire, au niveau duquel le tendon du jumeau interne repose immédiatement sur le condyle. Cette capsule se continue en dedans avec le ligament latéral interne. — Celle qui repose sur le condyle opposé donne insertion à quelques fibres du jumeau externe, et surtout au plantaire grêle ; elle se continue en dehors avec le ligament latéral externe. On remarque quelquefois, sur sa partie centrale, un noyau fibro-cartilagineux et plus rarement un os sésamoïde.

La portion moyenne ou le ligament postérieur proprement dit est constituée par une expansion rubanée du tendon du demi-membraneux. Cette expansion, d’une largeur de 8 à 10 millimètres, se détache du tendon au niveau de la tubérosité interne du tibia; elle se dirige obliquement en haut et en dehors vers le condyle externe, sur lequel elle

partie inférieure de la tubérosité interne, l’autre qui se continue avec l'aponévrose du muscle poplité. — 5. Portion postérieure du tendon du demi-membraneux; elle représente le faisceau principal du ligament postérieur ; ce faisceau principal se dirige obliquement en haut et en dehors pour s’insérer sur la capsule du condyle externe, et sur ce condyle lui-même. — 6, 7. Fibres qui partent du même faisceau pour aller se fixer, les plus internes, à la capsule du condyle interne, et les autres à la partie inférieure du fémur. — 8. Tendon de la longue portion du grand adducteur. — 9. Tendon du jumeau interne. — 10. Orifice que présente très souvent la capsule fibreuse du condyle interne. — 11. Ligament latéral externe. — 12. Tendon du muscle poplité. — 13. Tendon du biceps fémoral. — 14. Tendon du jumeau externe. — 15. Ligament postérieur de l’articulation péronéo-tibiale supérieure.

(1) Poirier, Bourses séreuses du genou, 1886, p. 16, 17 et 22.

ARTIIROLOGIE.

s’attache par sa partie supérieure, eu se continuant par l’inférieure avec la capsule fibreuse qui le recouvre. Une autre expansion du même tendon, constante aussi, bien qu’elle n’ait pas été mentionnée, se porte verticalement en haut pour se perdre sur la capsule fibreuse du condyle interne qu’elle contribue à former, Deux faisceaux membra-

I'iG. 266. — Ligament latéral interne Fig. 267. — Ligament latéral externe du genou. du genou.

Fig. 266. — 1, 1. Ligament latéral interne. — 2. Son attache à la tubérosité du condyle interne. — 3. Son attache au fibro-cartilage interarticulaire interne. — 4. Son attache a l’extrémité supérieure de la face interne du tibia. — 5. Bourse séreuse située entre ce ligament et les tendons de la patte d’oie. — 6. Tendon du couturier. — ' • Tendon du Ldroit interne. — 8. Tendon du demi-tendineux. — 9. Ligament rotulien. — 10. Bourse séreuse sous-jacente à sa moitié inférieure. — 11. Masse adipeuse sous-jacente ;à sa moitié supérieure. — 12. Synoviale supérieure ou fémorale. — 13. Tendon du triceps crural. — 14. Partie supérieure de îa synoviale fémorale. — 15. Tendon de la longue portion du grand adducteur. — 16. Tendon du demi-membraneux. — 17. [Portion antérieure de ce tendon. — 18. Sa portion moyenne. — 19. Tendon du jumeau interne. — 20. Muscle poplité.

Fig. 267. — - 1. Ligament latéral externe. — 2. Son attache à la tubérosité du condyle externe. — 3. Son attache à la partie externe de la tête du péroné. — 4. Tendon du muscle

ARTICULATION FÉMORO-TIBIALE.

lieux, l’un descendant émané du fémur et l’autre ascendant venu du tibia, renforcent ce ligament, auquel viennent s’adjoindre en outre des expansions émanées du tendon des jumeaux, ainsi que l’a très bien constaté M. Poirier. Cet auteur, qui a fait du ligament postérieur une étude approfondie, pense cependant qu’il ne remplit pas le rôle de moyen d’union; il s’appuie pour justifier son opinion : 1° sur son indépendance complète de la synoviale; 2° sur son mode de constitution; 3° sur l’expérimentation (1).

Le ligament postérieur n’offre en effet aucun rapport avec la synoviale du genou ; mais le ligament rotulien mériterait le même reproche. — Il est formé de faisceaux multiples provenant de sources très différentes; mais si ces faisceaux contribuent à unir le fémur au tibia, en ne saurait refuser au plan fibreux qu’ils constituent le nom de ligament. — Le troisième argument de M. Poirier est plus important; ce plan fibreux ne concourt pas à limiter le mouvement d’extension. Des expériences faites sur dix sujets l’ont conduit à penser que son rôle sous ce rapport est absolument nul; et en conséquence il le repousse résolument de la classe des ligaments. J’inclinais fortement vers cette conclusion ; cependant, avant de l’adopter, j’ai cru devoir recourir aussi à l’expérience. Sur le membre droit d’un homme de quarante-deux ans, j’enlevais toutes les parties molles postérieures du genou, disséquant avec soin le ligament postérieur, et le mettant en complète évidence. Fixant ensuite la cuisse sur le bord de la table, et abandonnant le pied et la jambe à leur propre poids qui tendait à exagérer le mouvement d’extension, je vis aussitôt le plan fibreux se tendre et prendre la résistance d’une lame de carton. Evidemment il contribuait à limiter l’extension.

Sur le genou gauche, je procédais autrement et de manière à obtenir un résultat plus probant encore : je détachais toutes les parties molles antérieures et latérales du genou ; je divisais ensuite transversalement le ligament rotulien, les deux ligaments latéraux et les deux ligaments croisés; puis, plaçant le membre comme dans l’expérience précédente,

poplité. — 5. Tendon du biceps. — 6. Son attache à l’apophyse styloïde du péroné. — 7. Partie antérieure ou réfléchie de ce tendon, s’engageant sous le ligament latéral externe pour aller se fixer à la partie antérieure de la tubérosité interne du tibia, audessus du ligament antérieur de l’articulation péronéo-tibiale supérieure. — 8. Tendon du jumeau externe. — 9. Ligament antérieur de l’articulation péronéo-tibiale supérieure. — 10. Ligament rotulien. — 11. Bourse séreuse qui le sépare du tibia. — 12. Masse adipeuse qui remplit la partie antérieure de l’espace intercondylien ; elle déborde de chaque côté le ligament antérieur. — 13. Fibro-cartilage interarticulaire externe. — 14. Synoviale supérieure dont une partie a été excisée pour montrer comment elle se termine sur le bord supérieur du fibro-cartilage. — 15. Synoviale inférieure dont une partie a été excisée aussi afin de laisser voir ses connexions avec le même fibro-cartilage. — 16. Prolongement sous-tricipital de la synoviale.

(1) Contributions à l'anatomie du qenou , 1886, p. 18 et suiv.

ARTHROLOGIE.

je pus constater qu’il restait étendu, et que l’extension ne dépassait pas ses limites ordinaires. Mais on pouvait imputer ce résultat à l’ensemble des parties molles de la région poplitée. Pour faire la part du ligament postérieur, j’enlevais toutes ces parties molles, ainsi que les deux jumeaux, laissant intact le ligament postérieur. Le membre étant replacé dans la position précédemment mentionnée, le ligament postérieur, réduit à ses seules forces, suffit pour maintenir la jambe en extension; j’appuyais alors sur le pied pour forcer le mouvement d’extension à dépasser ses limites habituelles, le ligament résista; usant d’une force de plus en plus grande, il finit par se déchirer; c’est au niveau des capsules fibreuses que la rupture se produisit d’abord; un nouvel effort fut nécessaire pour rompre sa partie médiane.

Cette seconde expérience, bientôt suivie d’une troisième, identique dans ses résultats, démentait toutes mes prévisions. J’étais disposé à croire, avec M. Poirier, que le plan fibreux situé à la partie postérieure du genou était un faux ligament; j’allais affirmer aussi qu’il ne se tend pas ou se tend à peine dans l’extension de la jambe; et je me vois contraint de reconnaître qu’il se tend, qu’il joue le rôle d’un vrai ligament, et qu’il convient par conséquent de lui conserver sa place et son rang dans la grande famille des liens articulaires. 11 a, en outre, pour attribution, de niveler l’espace intercondylien, et de protéger ainsi l’artère poplitée, qui en son absence aurait pu être pincée dans l’interligne articulaire au moment où la jambe se fléchit.

5° Ligaments croisés ou intr ci-articulaires . — Ces ligaments, situés dans l’espace intercondylien, ont été distingués en antérieur et postérieur. Ils se présentent sous l’aspect de deux gros faisceaux arrondis qui se dirigent obliquement : l’antérieur en bas, en avant et en dedans; le postérieur en bas, en arrière et en dehors. Leur double obliquité a pour conséquence un double entre-croisement : 1° un entre-croisement antéro-postérieur; 2° un entre-croisement transversal. Le premier est très prononcé. Le second, peu sensible dans l’état le plus habituel de l’articulation, s’accuse davantage lorsque la jambe, après avoirété fléchie, est portée dans la rotation en dedans; il disparaît, au contraire, si l’on imprime à la jambe un mouvement de rotation en dehors.

Le ligament croisé antérieur s’attache en haut à la moitié postérieure de la face profonde du condyle externe. — Son extrémité inférieure s’insère au-devant de l’épine du tibia. Elle se continue en dedans avec le cartilage de la cavité gléno'ide interne, à peu près comme le ligament intra-articulaire de la hanche se continue avec celui de la tête du fémur. En dehors, elle répond à l’extrémité antérieure du fibro-cartilage semilunaire externe, dont un ou deux fascicules viennent quelquefois se 'oindre au ligament.

ARTICULATION FÉMORO-TIBIALE. 7Q|

Le ligament croisé postérieur s’attache supérieurement à la moitié anterieure de la face profonde du condyle interne, et inférieurement à la base de la fossette triangulaire, située en arrière de l’épine du tibia Il reçoit, au niveau de sa partie moyenne, un faisceau considérable émané de 1 extrémité postérieure du flbro-carlilage semi-lunaire externe Les insertions nous montrent que les ligaments croisés ne sont 'antérieur et postérieur qu’inférieurement ; en haut, l’antérieur est postérieur et le postérieur antérieur. On peut donc les comparer aux deux branches d’un X, dont le point d’entre-croisement serait très rapproché de leur

Fie. 268. — Ligaments croisés vvs par Fie . 263. — Coupe médiane et verticale leur partie antérieure . de V articulation du genou.

Fig. 268. — 1. Poulie fémorale. — 2. Condyle interne. — 3. Condyle externe. — 4. Ligament croisé antérieur. — 5. Ligament croisé postérieur. — 6, 6. Ligament latéral interne. — 7, 7. Ligament latéral externe. — 8. Tendon du biceps fémoral.

J. Attache de la partie latérale externe de l’aponévrose fémorale. — 10. Fibrocartilage interarticulaire interne. — 11. Fibro-cartilage interarticulaire externe. — Ligament rotulien incisé sur sa partie moyenne et renversé en avant pour montrer la bourse séreuse sous-jacente. — 13. Cette bourse séreuse. — 14. Tibia — lo. Péroné.

Fémur. 2. Son condyle interne. — 3. Ligament croisé postérieur. fi o°^C ^£amcnt croisé antérieur. — 5. Fibro-cartilage interarticulaire interne.

' b’ o. Tendon du muscle demi-membraneux. — 7. Coupe de ce tendon. — 8. Tibia. ~ ^ Rotule- — 10. Tendon du triceps fémoral. — 11. Ligament rotulien. —

. oui se séreuse sous-rotulienne. — 13. Masse adipeuse sous-rotulienne. — 14 Ligament adipeux.

aîit urologie.

insertion condylienne. Celte insertion n’est pas située exactement sur la même ligne que celle des ligaments latéraux ; mais elle s’en trouve extrêmement rapprochée. Or, il importe de remarquer :

1° Que celte ligne transversale, commune aux quatre ligaments, constitue le plus grand diamètre de l'articulation;

2° Qu’elle représente l’axe idéal autour duquel se meuvent le fémur et le tibia, axe bien connu dans l’art de la squelettopée, où on le réalise par une tige métallique d’où partent les liens destinés à suppléer les ligaments croisés et latéraux.

Les insertions respectives des ligaments croisés se fixent difficilement dans l’esprit. En considérant que l’antérieur s’attache au condyle externe, et le postérieur à l’interne, si l’on rassemble les initiales des quatre adjectifs, antérieur externe, postérieur interne, on formera le mot AEPI, dans lequel on trouvera un moyen mnémotechnique simple et sùr pour dissiper les incertitudes de la mémoire.

Ces ligaments sont entourés par la synoviale fémorale en avant et sur leurs parties latérales. — Ils se composent de faisceaux volumineux, et parallèles pour la plupart. Des cellules de cartilages en grand nombre, et des libres de cellules très multipliées aussi, se rencontrent dans leur épaisseur. On remarque, en outre, dans la trame fibreuse qui les constitue, une multitude de ramifications vasculaires et de blets nerveux ramifiés et anastomosés.

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