SYSTÈME OSSEUX
Envisagés d’une manière générale et indépendamment des connexions qu’ils présentent, les os nous offrent à considérer leur conformation extérieure, leur conformation intérieure, leur texture et leur développement.
§ 1er. — Conformation extérieure des os.
A l’étude de la conformation extérieure des os, nous rattacherons tout ce qui est relatif à leur situation, leur direction, leur volume et leur poids; à leur configuration, aux éminences et aux dépressions ou cavités qu’ils présentent.
A. — Situation des os.
Pour déterminer la situation des os, on les rapporte tantôt aux divers plans qui circonscrivent le corps et tantôt au plan médian; quelquefois on prend en considération leurs connexions.
Lorsqu’on les rapporte aux plans extérieurs ou limitatifs, on les distingue entre eux sous les noms de supérieur , inférieur , postérieur , etc. Ainsi, pour indiquer la position qu’occupe le frontal, nous dirons qu’il est situé à la partie antérieure et supérieure du crâne, c’est-à-dire sur cette partie de la cavité crânienne qui est la plus rapprochée des plans
OSTÉOLÜGJE.
antérieur et supérieur du corps; nous dirons dans le même sens que l’occipital se trouve placé à la partie inférieure et postérieure de cette cavité, que le sacrum répond à la partie postérieure du bassin. Ce langage semble annoncer que l’os est rapporté à la cavité dont il fait partie; mais n’oublions pas que les parois de cette cavité sont rapportées elles-mêmes aux six plans extérieurs.
Considérés dans leurs rapports avec le plan qui divise le corps en deux moitiés symétriques, les os, ainsi que tous nos organes, se distinguent en médians et latéraux, droits et gauches, internes et externes. Les os médians ou impairs sont au nombre de 34 et les pairs ou latéraux au nombre de 164. Le nombre total des os à étudier se réduit donc à 116. Sur les parties du squelette où il existe du même côté deux ou plusieurs pièces osseuses situées sur le même plan, les qualifications d’internes et externes font connaître leur situation relative, la première s’appliquant à l’os qui est le plus rapproché du plan médian , et la seconde à celui qui est le plus rapproché du plan latéral.
Etant donné un os impair ou médian, pour le mettre dans la situation qui lui est propre, il suffit de connaître les rapports qu’il affecte avec deux des plans extérieurs du corps. Mais celle d’un os pair ne peut être déterminée que ‘par la considération de trois de ces plans.
Les connexions sont invoquées surtout pour mieux préciser la situation des os des membres. On dit, en parlant de l’humérus, qu’il est situé entre l’épaule et l’avant-bras; en parlant du radius, qu’il est situé à la partie externe du cubitus.
IL Direction des os.
La direction des os se détermine par la situation qu’ils occupent relativement à l’axe et aux divers plans du corps, et quelquefois aussi d’après celle qu’ils occupent les uns à l’égard des autres.
Rapportés à l’axe du corps, ils sont parallèles, perpendiculaires ou obliques à cet axe. Ceux des membres suivent pour la plupart une direction parallèle; ceux du tronc et de la tête une direction oblique. Ces expressions toutefois ne doivent pas être prises dans un sens absolu, car il n’existerait alors que des os plus ou moins obliques. Ceux du bras et de l’avant-bras, de la cuisse et de la jambe, considérés comme parallèles au plan médian, ne sont jamais exactement verticaux; les os de l’avant-bras, par exemple, s’inclinent en dehors; le fémur au contraire s’incline en dedans. L’os hyoïde, la clavicule, la première côte, rangés au nombre des os perpendiculaires à ce plan, s’inclinent aussi chacun dans un sens différent. Mais, de même que les premiers se rapprochent beaucoup de la verticale, de même les seconds se rapprochent beaucoup de F horizontale.
Après avoir défini la direction générale d’un os ou de tout autre organe en le rapportant à l’axe du corps, si l’on veut exprimer celle-ci avec plus de précision, on la rapporte au plan médian et aux plans périphériques. En faisant intervenir cette nouvelle donnée on dira, à propos des clavicules, qu’elles se dirigent horizontalement du plan médian vers les plans latéraux, ou plus simplement de dedans en dehors; en parlant des métatarsiens, qu’ils se portent horizontalement du plan postérieur vers l’antérieur, ou d’arrière en avant; en parlant des côtes, qu’elles s’inclinent du plan postérieur vers l’antérieur et du supérieur vers l’inférieur, c’est-à-dire d’arrière en avant et de haut en bas.
On voit, parce dernier exemple, que lorsqu’un os ou tout autre organe présente une direction oblique, quatre plans au moins doivent être pris en considération pour indiquer le. sens de son obliquité. Quelquefois cette obliquité est triple; six plans alors interviennent pour sa définition. Dans rénumération de ces plans, on peut prendre pour point de départ l’une ou l’autre extrémité de l’organe; mais il importe de procéder toujours de l’extrémité par laquelle on a débuté vers l’extrémité opposée.
Comparés entre eux sous ce point de vue, les os s’inclinent diversement les uns sur les autres et tendent, lorsqu’ils sont fixes et multiples, à circonscrire des cavités : ainsi se constituent les cavités orbitaires, les fosses nasales et les trois cavités splanchniques.
Considérés en eux-mêmes, les os diffèrent beaucoup par la direction de leur axe ou de leurs surfaces. Il en est qui sont légèrement courbes, comme le fémur; ou arciformes, comme les côtes; ou fïexueux, comme les clavicules; ou tordus sur leur axe, comme certains os des membres; ou concaves d’un côté et convexes de l’autre, comme ceux du crâne ; ou irrégulièrement contournés, comme ceux du bassin, etc.