‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 2)Chapitre 45 sur 260 · SUBSTANCE MÉDULLAIRE · texte numérisé non relu

SUBSTANCE MÉDULLAIRE

lia

plus habituellement les vaisseaux sanguins; pris dans leur ensemble, ils forment une trame molle et délicate.

Des vaisseaux très nombreux se distribuent à la substance médullaire. Parmi les artères qu’elle reçoit, la plus importante est celle qui parcourt le conduit nourricier de la diaphyse des os longs. Parvenue à l’extrémité interne du conduit, cette artère se divise en deux branches, l’une ascendante, l’autre descendante. Celles-ci deviennent le point de départ d’une multitude de rameaux et de ramuscules qui s’anastomosent, soit entre eux, soit avec ceux des extrémités de l’os, soit avec les capillaires des canalicules de Havers, et qui forment ainsi un réseau délié renfermant dans ses mailles tous les autres éléments de la moelle. — Chaque cellule adipeuse est entourée par une maille de ce réseau. Suspendues aux dernières divisions de ces artères, elles constituent avec celles-ci des espèces de grappes à volume décroissant.

Les nerfs de la moelle accompagnent l’artère nourricière. Au tronc artériel se joint un rameau nerveux toujours unique, qui se divise, avant d’arriver dans le canal médullaire, en deux ou plusieurs rameaux. Arrivé sur la moelle, ces rameaux suivent les branches artérielles en s’anastomosant dans leur trajet. Mais les ramifications nerveuses ne s’étendent pas aussi loin que les ramifications vasculaires. Elles disparaissent lorsque celles-ci se dépouillent de leurs dernières fibres musculaires, en sorte qu’elles semblent appartenir beaucoup moins à la moelle qu’aux vaisseaux sanguins.

Les divers éléments qui composent la substance médullaire ne sont pas également répartis dans les trois espèces de moelle.

La moelle rouge ou sanguine se compose essentiellement de médullocelles et de vaisseaux sanguins auxquels elle est redevable de sa couleur. Elle contient aussi des myéloplaxes, mais en petit nombre, et un peu de matière amorphe. On n’y trouve ordinairement ni cellules adipeuses, ni libres de tissu conjonctif.

La moelle jaune est presque entièrement composée de cellules adipeuses, je dirais même exclusivement, si Ch. Robin n’affirmait y avoir rencontré aussi des médullocelles et des myéloplaxes. Les vaisseaux y sont moins abondants que dans la moelle rouge. Dans les os plats, les os courts et les extrémités des os longs, elle ne présente aucune trace de tissu conjonctif. Ce dernier élément ne se montre que dans celle des canaux médullaires.

La moelle grise ou gélatiniforme , qui se produit après de longues maladies, a pour siège les os longs. Elle est surtout remarquable par la grande quantité de matière amorphe qu’elle contient et qui semble avoir pris la place des vésicules adipeuses.

La moelle a pour destination principale de remplir les vides qui se

produisent dans les os lorsque le tissu osseux est résorbé. Elle se substitue alors aux molécules osseuses qui disparaissent ; sa quantité est toujours en raison directe de l’activité de cette résorption.

Dans les oiseaux, la plupart des os communiquent avec l’appareil respiratoire. Au lieu de moelle, ils contiennent de l’air. Considérés sous ce point de vue, ils se divisent en trois ordres : 1° ceux qui sont aérifères dans tous les oiseaux ; 2° ceux qui le sont dans un certain nombre ; 3° ceux qui ne le sont dans aucun.

Les os constamment aérifères sont les vertèbres cervicales et dorsales, le sternum et les humérus.

Au nombre des os qui sont aérifères dans un certain nombre d’oiseaux viennent se ranger la fourchette du sternum, les clavicules, les omoplates, les côtes, le sacrum, le coccyx et les fémurs.

Enfin les os qui ne deviennent jamais aérifères et qui constamment contiennent de la moelle sont ceux de l’avant-bras et de la main, ceux de la jambe et du pied. Ces derniers diffèrent peu des os des mammifères. — Les précédents, au contraire, en diffèrent beaucoup ; ils ont pour attributs communs une extrême dureté et une grande légèreté. Dans les os longs, le canal aérifère s’étend jusqu’au voisinage des surfaces articulaires ; il présente des parois unies et très minces. Dans les os larges, les deux tables sont remarquables aussi par leur minceur.

Tous les os chez l’oiseau sont remplis de moelle dans la première période de leur développement. Mais, en arrivant au terme de leur évolution, ils entrent en communication avec l’appareil respiratoire. La substance médullaire est alors peu à peu résorbée; sa disparition commence au niveau de l’orifice par lequel ils communiquent avec cet appareil ; elle s’étend ensuite de proche en proche jusqu’à l’extrémité opposée (1).

D. — Vaisseaux et nerfs des «s.

1° Artères. — Des artérioles très nombreuses pénètrent dans les os. Leur mode de distribution est un peu différent pour les os longs, les os larges et les os courts.

Les os longs reçoivent trois ordres de branches artérielles qui se distribuent, le premier à la moelle, le second au tissu compact, le troisième au tissu spongieux. — Une seule artère se rend ordinairement dans la substance médullaire : c’est Y artère nourricière. En se ramifiant, elle forme dans l’épaisseur de la moelle un réseau d’une extrême délicatesse. De ses dernières divisions naissent des vaisseaux capillaires qui, suivant

(1) Voyez mes Recherches sur l'appareil respiratoire des oiseaux , grand in-i-, avec planches, 1847, p. 37.

Page 1