VOLUME DU CRANE
D’autres différences sont relatives au sexe. Le crâne de l’homme présente plus de hauteur que celui de la femme, et une forme plus arrondie; moins élevé dans le sexe féminin, il paraît plus allongé d’avant en arrière. Étant donné un crâne, on peut assez facilement, à l’aide de ce caractère, distinguer le sexe auquel il appartient; il suffit alors de l’examiner par ses parties latérales : à l’étendue du diamètre vertical, à la brièveté comparative du diamètre antéro-postérieur on reconnaîtra le crâne de l’homme; la longueur un peu moins grande du premier, l’allongement relatif du second, feront reconnaître celui de la femme.
A toutes ces variétés naturelles viennent se joindre des déformations artificielles en rapport avec le type de beauté adopté par certaines peuplades. M. Gosse, qui s’est livré sur ce sujet à des recherches étendues, a pu constater qu’il n’existe pas moins de seize principaux modes de déformation du crâne (1).
B. — Volume du crâne.
Deux procédés peuvent être mis en usage pour évaluer le volume du crâne. Dans le premier, on mesure les trois principales courbes qui circonscrivent cette cavité ; dans le second, on mesure ses trois principaux diamètres. Afin d’arriver à une approximation plus grande, j’ai employé l’un et l’autre (2).
1° Étendue des trois principales courbes. — Elles se distinguent d’après leur direction : en courbe horizontale, courbe verticale antéropostérieure, courbe verticale transversale.
La courbe horizontale répond en avant à la partie moyenne de la bosse nasale, et en arrière au sommet de la protubérance occipitale externe. C’est la plus grande de toutes celles qui circonscrivent la cavité crânienne; elle suit assez régulièrement le contour de la base des hémisphères cérébraux.
La courbe verticale antéro-postérieure s’étend du centre de la bosse nasale à la protubérance occipitale, parallèlement au bord supérieur des hémisphères du cerveau ; elle mesure le crâne dans sa plus grande longueur et sa plus grande hauteur.
La courbe verticale et transversale s’étend de l’un à l’autre conduit auditif, en passant par le vertex; elle mesure la cavité crânienne dans sa plus grande hauteur et sa plus grande largeur.
Les mesures que j’ai prises ont porté sur 32 individus, 16 hommes et
(1) Gosse, Essais sur les déf. artif. du crâne {Ann. d'hyg., 1855,2e série, t. I et II).
(2) Voyez mes Recherches sur le volume et la capacité du crâne ( Mèm . de la Soc. de biologie, t. III de la 3e série, 1862, p. 109).
16 femmes, âgés pour la plupart de vingt-deux à soixante ans. Je donnerai seulement la moyenne des résultats que j’ai obtenus.
Courbe Courbe verticale Courbe verticale
horizontale. antéro-postérieure. transversale.
ni m m
Hommes 0,522 0,307 0,351
Femmes 0,505 0,297 0,338
Différ. en faveur de l’homme. 0,017 0,010 0,013
Les trois principales courbes du crâne sont donc toutes les trois plus grandes chez l’homme que chez la femme.
2° Étendue des trois principaux diamètres du crâne . — De ces trois diamètres, l’un est antéro-postérieur, le second transversal, le troisième vertical. Les deux premiers se trouvent compris dans le plan circonscrit par la courbe horizontale, dont ils représentent le grand axe et le petit axe. Le diamètre vertical correspond par son extrémité supérieure au sommet du verlex, et par l’inférieure à la partie antérieure du trou occipital. Voici les moyennes auxquelles je suis arrivé :
Diamètre Diamètre Diamètre
antéro-postérieur. transversal. vertical.
Hommes 0,176 0,1355 0,1336
Femmes 0,168 0,1330 0,1250
Différ. en faveur de l’homme. 0,008 0,0025 0,0086
Ainsi tous les diamètres du crâne sont plus grands chez l’homme que chez la femme. La différence est très minime pour le diamètre transversal; mais elle s’élève à 8 millimètres pour l’antéro-postérieur, et à 8 et demi pour le vertical. Le dernier est donc celui qui diffère le plus d’un sexe â l’autre. Cette différence méritait d’autant plus d’être signalée qu’elle porte sur le plus petit diamètre.
Soit qu’on prenne en considération les grandes courbes du crâne, soit qu’on mesure ses diamètres extérieurs, on arrive donc à la même conclusion: le crâne, ainsi que l’avait déjà reconnu Aristote, est plus volumineux chez l’homme que chez la femme.