‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 2)Chapitre 56 sur 260 · C. — - Capacité du crâne · texte numérisé non relu

C. — - Capacité du crâne

Ici encore deux procédés d’évaluation se présentent. Dans l’un, on ferme toutes les issues du crâne et on le remplit avec un liquide, ou avec des grains de millet, ainsi que l’a fait Tiedmann, ou, ce qui est préférable, avec des grains de plomb; puis on vide ensuite le contenu dans un vase gradué, et on l’estime à un centilitre près. L’emploi des liquides est d’un usage difficile; celui du millet est défectueux, parce qu’en le tassant on peut en faire pénétrer plus ou moins. Celui des grains de plomb est plus

rpécis, sans être tout à fait exempt de ce dernier inconvénient. Il a été mis en usage par le célèbre Morton qui, au moment de sa mort, avait déterminé la capacité de 623 crânes. J’emprunte au travail de Broca, sur le volume et la forme du cerveau, dans les différentes races, les chiffres suivants qu’il a tirés de la collection de ce naturaliste :

Races. Nombre des crânes. Capacité moyenne.

Germanique 38 1534 c. c.

Nègre.. 64 1371

Australienne 8 1228

On voit par ces résultats que la capacité du crâne se réduit très notablement en passant des races européennes à la race nègre, et de celle-ci à la race australienne. Si on la suppose représentée par 100 chez l’Australien, elle s’élèvera à 111 chez le nègre et à 122 chez l’Européen.

Le second procédé consiste à mesurer les trois principaux diamètres intérieurs du crâne. C’est lui que j’ai employé pour déterminer la capacité relative du crâne dans les deux sexes. Le diamètre antéro-postérieur interne s’étend de la partie inférieure et médiane du frontal à la protubérance occipitale interne. Le transversal, situé au-dessus du conduit auditif externe, s’étend du temporal droit au temporal gauche; le vertical interne ne diffère de l’externe que de l’épaisseur des pariétaux. Les chiffres qui suivent expriment leur étendue moyenne.

Diamètre Diamètre Diamètre

ant.-post. interne. transversal interne. vertical interne.

mm m

Hommes 0,150 0,1316 0,126

Femmes 0,146 0,1270 0,120

Différ. en faveur de l’homme. 0,004 0,0046 0,006

Tous les diamètres internes, de même que les externes, sont donc plus longs chez l’homme que chez la femme. Il faut admettre, par conséquent, que la capacité du crâne est plus grande dans le sexe masculin.

D. — Conformation extérieure du crâne.

Considéré extérieurement, le crâne nous offre à étudier quatre faces: une face supérieure, une face inférieure et deux faces latérales. Les faces supérieure et inférieure sont ovalaires, les latérales triangulaires.

1° Face supérieure. — Elle est limitée en avant par la bosse nasale et les arcades orbitaires; en arrière par la protubérance occipitale externe et les lignes demi-circulaires supérieures; à droite et à gauche parla ligne courbe qui circonscrit la fosse temporale. — Le muscle occipilofrontal la recouvre dans toute son étendue.

Cette face présente sur la ligne médiane, et d’avant en arrière, la bosse nasale et la soudure des deux moitiés du frontal, soudure dont les

derniers vestiges ont disparu sur les têtes d’adultes. — Plus haut se trouve la suture fronto-pariétale transversalement dirigée; puis la suture longitudinale , ou sagittale, mieux nommée suture bipariétale; de chaque côté de celle-ci on remarque le trou pariétal, très variable dans son existence, son siège, sa direction et ses dimensions.

Par son extrémité postérieure, la suture bipariétale se continue avec les sutures occipito-pariétales qui semblent résulter de sa division et qui ont été comparées aux deux branches du lambda (X) de l’alphabet grec, d’où le nom de suture lambdoïde qui leur a été donné. Cette suture est remarquable: 1° par le grand développement des dentelures qu’elle présente; 2° par le mode de configuration de ces dentelures, dont la plupart se partagent en deux ou plusieurs branches à direction divergente et sinueuse; 3° par la fréquence des os wormiens qu’on y rencontre. Inférieurement la suture lambdoïde se continue d’une part avec la suture temporo-pariétale, de l’autre avec la suture temporo-occipitale. — Audessous de cette suture et entre ses deux branches se voit l’angle supérieur de l’occipital.

Sur les côtés de la ligne médiane, on observe, d’avant en arrière, l’arcade orbitaire et l’arcade sourcilière; plus haut la bosse frontale, puis la suture fronto-pariétale. — En arrière de cette suture se trouve la bosse pariétale et plus bas la suture lambdoïde.

La face supérieure répond par tonte son étendue aux hémisphères cérébraux, dont elle reproduit la convexité et la forme générale.

2° Face inférieure. — Obliquement dirigée de haut en bas et d’avant en arrière, elle a pour limite postérieure la protubérance occipitale externe et les lignes demi-circulaires supérieures; pour limite antérieure l’échancrure nasale et les arcades orbitaires; pour limites latérales deux lignes horizontales et irrégulièrement brisées, constituées d’arrière en avant: par l’apophyse mastoïde, la partie rugueuse de l’entrée du conduit auditif, la base de l’apophyse zygomatique, la crête qu’on remarque sur les grandes ailes du sphénoïde, le bord dentelé par lequel cet os s’articule avec le malaire, et l’apophyse orbitaire externe.

Cette face comprend deux portions très différentes : l’une qui répond aux parties molles du cou, portion cervicale; l’autre qui s’articule avec la face, portion faciale. Chacune de ces portions peut être décomposée elle-même en deux régions. La première se subdivise en région postérieure ou occipitale, et région antérieure ou gutturale; la seconde en région sphénoïdale et région orbito-etbmoïdale.

Une ligne transversale étendue du bord antérieur de l’apophyse mastoïde d’un côté, au bord antérieur de l’apophyse mastoïde du côté opposé, sépare la région occipitale de la région gutturale; une autre ligne tirée du tubercule de l’apophyse zygomatique du côté droit au tubercule

correspondant du côté gauche, sépare la région gutturale de la région sphénoïdale; une troisième ligne passant au-devant des apophyses ptérygoïdes, sépare la région sphénoïdale de la région orbito-ethmoïdale.

a. Région occipitale. — Convexe et demi-circulaire. Elle présente : jo sur ia ligne médiane : la protubérance occipitale externe, la crête de ce nom, et plus bas le trou occipital; 2° sur les côtés: la ligne demicirculaire supérieure se continuant en dehors avec celle de la portion mastoïdienne du temporal, et formant ainsi une grande courbe qui limite très régulièrement en arrière la face inférieure du crâne.

Au-dessous de cette courbe sont les empreintes musculaires auxquelles s’attachent le grand complexus, le splenius de la tête et le petit oblique; plus bas la ligne demi-circulaire inférieure ; et dans l’intervalle qui la sépare du trou occipital, d’autres empreintes musculaires pour les grand et petit droits postérieurs de la t Ate.

Fig. 35. — - Crâne , face supérieure. Fig. 36. — Crâne , face inférieure.

Fig. 35. — 1,[1. Frontal. — 2, >2. Suture fronto-pariétale. — 3, 3. fPariétaux. — 4. Suture sagittale ou bipariétale. — 5. Trou pariétal. — 6, 6. Ligne courbe limitant supérieurement la fosse temporale. — 7, 7. Occipital. — 8, 8. Suture lambdoïde.

Fig. 36. — 1, 1. Voûte palatine. — 2. Orifice inférieur du conduit palatin antérieur. — 3. Orifice du conduit palatin postérieur. — 4. Bord postérieur de la voûte palatine, épine nasale postérieure. — 5. Bord postérieur du vomer. — 6. Aile interne de l’apophyse ptérygoïde. — 7. Fossette scaphoïde. — 8. Aile externe de l’apophyse ptérygoïde. — 9. Fosse zygomatique. - — 10. Apophyse basilaire. — 11. Trou occipital. — 12. Trou ovale ou maxillaire inférieur. — 13. Trou petit rond ou sphéno-épineux. — 14. Cavité glénoïde. — 15. Fosse temporale. — 16. Trou déchiré antérieur. — 17. Canal carotidien. — 18. Trou stylo-mastoïdien. — 19. Racine transverse de l’apophyse zygomatique. — 20. Suture formée par l’union de l’occipital avec la portion mastoïdienne du temporal. — [21. Apophyse mastoïde. — 22. Condyle de l’occipital. — 23. Fosse condyloïdienne' postérieure.

XE VmLU ID'É'ii

Sur les parties latérales du trou occipital, ou remarque les condyles de ce nom rapprochés en avant et divergents en arrière ; la ligne transversale qui rase le bord antérieur des apophyses mastoïdes passe sur ces condyles et les croise obliquement en se rapprochant un peu plus de leur extrémité antérieure que de la postérieure.

En arrière des condyles se trouve la fosse condyloïdienne postérieure, et au fond de celle-ci le trou condyloïdien postérieur, dont l’existence n’est pas constante ; en avant et en dehors le trou condyloïdien antérieur, et l’évasement qui le précède, ou fosse condyloïdienne antérieure. — Entre ces deux fosses, on voit une surface inégale qui répond à l’apophyse jugulaire et qui donne attache au droit latéral, v- En dehors de celle-ci, existe une suture demi-circulaire se dirigeant en haut et en arrière, pour aller se continuer avec les sutures lambdoïde et temporopariétale. Cette suture est formée par l’union de l’occipital avec la portion mastoïdienne du temporal; le trou mastoïdien est situé sur son trajet ou immédiatement en dehors. — Au delà de la suture occipitotemporale, on observe la rainure digastrique, puis l’apophyse mastoïde qui la limite en dehors.

b. Région gutturale. — Extrêmement inégale et anfractueuse, elle offre la figure d’un rectangle transversalement dirigé, dont les bords postérieur et antérieur nous sont déjà connus. A droite et à gauche, ce rectangle est limité par la partie rugueuse de l’entrée du conduit auditif externe, par le rameau descendant de la branche horizontale de l’apophyse zygomatique, et par le tubercule de celte apophyse.

Sur sa partie médiane, celte région présente l’apophyse basilaire; et en avant de celle-ci la suture sphéno-occipitale , chez les individus dont l’àge ne dépasse pas quatorze ou quinze ans. Chez ceux qui sont plus âgés, la suture est ordinairement remplacée par une soudure.

De chaque côté de l’apophyse basilaire on remarque la suture pélrooccipitale , oblique en avant et en dedans. Très écartées en arrière, les deux sutures ne sont séparées en avant que par le sommet tronqué de l’apophyse. Chacune d’elles décrit une courbe dont la concavité regarde en avant et en dehors. — A leur extrémité externe on voit le trou déchiré postérieur, plus grand en général à droite, quelquefois de dimensions égales pour les deux côtés, rarement plus grand à gauche. Une languette osseuse tend à le diviser en deux parties : l’une postérieure, beaucoup plus importante, qui loge le golfe de la veine jugulaire; l’autre antérieure, très petite et triangulaire, qui donne passage aux nerfs pneumogastrique, glosso-pharyngien et spinal. — A l’extrémité opposée ou convergente on observe le trou déchiré antérieur, plus petit que le précédent, irrégulièrement triangulaire, borné en dedans par l’apophyse basilaire, en dehors par le sommet du rocher, en avant par le sphénoïde. Ce trou, à l’état frais, est comblé par du tissu fibreux.

Au-devant de la suture pétro-occipilale se trouve la face inférieure du rocher, très inégale, sur laquelle on aperçoit : 1° immédiatement en dehors du trou déchiré postérieur, l’orifice inférieur de l’aqueduc de Fallope, l’apophyse styloïde et sou apophyse vaginale ; 2° en avant du trou déchiré postérieur , l’orifice inférieur du canal carotidien , et en dedans de celui-ci une surface inégale qui donne attache à des parties fibreuses.

Sur un plan antérieur à toutes les parties qui précèdent, existe la cavité glénoïde, creusée en partie sur la face inférieure du rocher, en

Fig. 37. — Régions occipitale et guiluralè de la face inférieure du crâne.

1. Suture médiane de la voûte palatine. — 2. Orifice inférieur des conduits palatins antérieurs. — 3, 3. Orifice inférieur des conduits palatins postérieurs. — 4. Bord postérieur de la voûte palatine, épine nasale postérieure. — 5. Bord postérieur de la cloison des fosses nasales..— 6. Crochet de l’aile interne de l’apophyse ptérygoïde. — 7. Aile interne de cette apophyse. — 8. Son aile externe. — 9. Fossette scaphoïde, sur laquelle s’attache le muscle péristaphylin externe. — 10. Trou ovale ou maxillaire inférieur. — 11. Trou petit rond ou sphéno-épineux. — - 12. Trou déchiré antérieur. — 13. Arcade zygomatique. — 14. Suture sphéno-occipitale. — 15. Cavité glénoïde. — 16. Entrée du conduit auditif externe. — 17. Apophyse mastoïde. — 18. Trou stylo-mastoïdien. — 19. Orifice inférieur du canal carotidien. — 20. Trou déchiré postérieur. — 21, 21. Condyles de l’occipital. — 22. Apophyse basilaire. — 23. Trou occipital. — 24. Crête occipitale externe. — 25, 25. Lignes courbes inférieures de l’occipital.

OSTEOLOGIË.

partie sur la portion écailleuse du temporal. De ces deux parties, la postérieure forme la paroi inférieure du conduit auditif externe; l’antérieure, seule articulaire, reçoit le condyle de la mâchoire inférieure : elle est séparée de ia précédente par la scissure de Glaser.

Au-devant de la cavité glénoïde se trouve la racine transversale de l’apophyse zygomatique; et, en dedans de celle-ci, l’angle rentrant inférieur du temporal, articulé avec l’angle inférieur et postérieur des grandes ailes du sphénoïde. — Le côté externe de l’angle rentrant forme, en s’unissant au côté externe de l’angle saillant, le commencement de la suture sphéno-temporale. — Les côtés internes représentent une gouttière qui donne attache à la portion cartilagineuse de la trompe d’Eustache et qui se continue en dehors avec la portion osseuse de ce conduit. — Au sommet des deux angles on voit l’épine du sphénoïde, et sur la base de celle-ci le trou sphéno-épineux.

c. Région sphénoïdale. — Cette troisième région est limitée : en arrière, par la ligne transversale qui passe sur la suture sphéno-occipitale; en avant, par une autre ligne transversale beaucoup plus courte, rasant le bec du sphénoïde; à droite et à gauche, par la crête des faces latérales de cet os, laquelle s’étend en arrière sur la portion écailleuse des temporaux jusqu’à la racine des apophyses zygomatiques. Ainsi circonscrite, cette région présente la figure d’un trapèze, et se trouve constituée en totalité par la face inférieure du sphénoïde.

On observe sur sa partie médiane la grande échancrure quadrilatère qui répond à l’ouverture postérieure des fosses nasales; et sur la paroi supérieure de cette échancrure la crête de la face inférieure du sphénoïde, dont la partie antérieure ou le bec s’articule avec la lame perpendiculaire de l’ethmoïde. - — A droite et à gauche de la crête sphénoïdale, se trouve la gouttière qui reçoit le bord correspondant de la base duvomer; plus en dehors, la gouttière qui contribue à former le conduit ptérygo-palatin ; et au delà de celle-ci l’apophyse ptérygoïde. — Au-dessus et au devant de cette apophyse on voit le trou maxillaire supérieur; un peu plus bas et plus en dedans, l’orifice antérieur du conduit vidien; au-dessus et en arrière l’orifice postérieur de ce conduit ; et plus en dehors le trou maxillaire inférieur. - — Sur le côté externe de la même apophyse se présente une surface irrégulièrement quadrilatère, formée par la partie inférieure des faces latérales du sphénoïde, et accessoirement par une facette triangulaire dépendante de la portion écailleuse du temporal. Cette surface est traversée d’arrière en avant par la suture sphéno-temporale.

à. Région orbi to-ethm o ïdale. — Elle revêt la figure d’un triangle, dont la base, tournée en avant, est représentée par l’échancrure nasale et les arcades orbitaires, et dont le sommet tronqué répond à la ligne transver-

sale qui passe sur le bec du sphénoïde. Ses limites latérales sont constituées par deux bords dentelés s’étendant des apophyses orbitaires externes vers les apophyses ptérygoïdes.

Sur sa partie médiane on remarque l’épine nasale antérieure et supérieure, et la lame perpendiculaire de l’ethmoïde qui s’articule en avant avec cette épine et en arrière avec la crête verticale du sphénoïde.

De chaque côté existe une gouttière antéro-postérieure étroite et profonde : c’est la voûte des fosses nasales , formée en avant et en haut par la gouttière située à droite et à gauche de l’épine nasale, plus loin par la lame criblée de l’ethmoïde, et en arrière par la face antérieure du corps du sphénoïde; sur cette dernière portion siège l’orifice des sinus sphénoïdaux, qui répond à la partie la plus élevée des gouttières ethmoïdales.

Fig. 38. — Crâne, face latérale.

1. Frontal. — 2. Pariétal. — 3. Occipital. — 4. Temporal. — 5. Grande aile du sphénoïde. — 6. Suture lambdoïde. — 7. Suture fronto-pariétale. — 8. Suture formée par l’union du bord inférieur du pariétal avec la portion écailleuse du temporal. — 9. Union de l’angle inférieur et postérieur du pariétal avec le bord supérieur delà portion mastoïdienne du temporal. —10. Suture sphéno -pariétale. — 11. Suture sphénotemporale. — 12. Suture sphéno-frontale. — 13, 13. Ligne courbe limitant la fosse temporale. — 14. Os malaire. — 15. Union de l’angle supérieur de cet os avec l’apophyse orbitaire externe du frontal. — 16. Union de l’angle postérieur du même os avec le sommet de l’apophyse zygomatique. — 17. Union du malaire avec l’os maxillaire supérieur. — 18. Os maxillaire supérieur. — 19. Trou sous-orbitaire. — 20. Os du nez. — 21. Union de ces mêmes os avec l’apophyse montante du maxillaire. — 22. Leur union avec l’échancrure nasale du frontal. — 23. Gouttière lacrymale, au fond de laquelle on remarque la suture formée par l’union de l’os unguis avec le maxillaire supérieur. — 24. Bosse nasale. — 25. Os maxillaire inférieur. — 26. Trou mentonnier. — 27. Angle de la mâchoire. — 28. Apophyse coronoïde. — 29. Condyle. — — 30. Col du condyle. — 31. Conduit auditif externe. — 32. Apophyse styloïde. — 33. Apophyse mastoïde. — 34. Union de l’occipital avec la portion mastoïdienne du temporal.

OSTÉULOGJE.

En dehors de ces gouttières se trouvent les masses latérales de l’ethmoïde, articulées en arrière avec le corps du sphénoïde.

Sur les parties latérales de l’ethmoïde on voit deux excavations profondes, qui font partie des cavités orbitaires et que nous étudierons après avoir pris connaissance des os de la face.

3° Faces latérales. — Ces faces sont limitées : en haut, par la ligne qui circonscrit la fosse temporale; en bas et d’arrière en avant, par le sommet de l’apophyse mastoïde, le bord externe de la cavité glénoïde, la hase de l’apophyse zygomatique, une ligne horizontale qui part de l’extrémité antérieure de cette hase, et la crête des grandes ailes du sphénoïde qui fait suite à la ligne précédente. En arrière, elles sont bornées par l’empreinte demi-circulaire de la portion mastoïdienne du temporal; en avant, par l’apophyse orbitaire externe du frontal, le bord postérieur de l’os malaire, et son apophyse orbitaire.

Ainsi délimitées, les faces latérales se divisent en deux portions très distinctes : l’une qui répond au pavillon de l’oreille, portion auriculaire ; l’autre, beaucoup plus étendue, qui constitue la fosse temporale.

La portion auriculaire , comprise entre l’empreinte demi-circulaire du temporal et la branche horizontale de l’apophyse zygomatique, présente pour limite inférieure le sommet de l’apophyse mastoïde et le bord externe de la cavité glénoïde, pour limite supérieure la suture lemporopariétale. — Dans cet espace irrégulièrement quadrilatère, on remarque une surface unie et légèrement concave, à laquelle s’attache le muscle auriculaire postérieur ; au-dessous et en avant de cette surface se trouve l’entrée du conduit auditif externe ; au-dessus et un peu en arrière, l’angle rentrant supérieur, par lequel la circonférence du temporal s’unit à l’angle postérieur et inférieur du pariétal.

La fosse temporale présente une figure ovalaire. Concave en avant, elle devient plane dans sa partie moyenne et convexe en arrière. — Son étendue et sa profondeur sont en raison directe du développement des muscles élévateurs de la mâchoire inférieure. Elle offre des variétés assez remarquables chez l’homme. Mais elle diffère surtout beaucoup chez les mammifères, suivant qu’ils empruntent leur nourriture au règne végétal ou au règne animal. Peu développée chez les herbivores, elle acquiert chez les carnassiers d’énormes dimensions. Chez eux les deux fosses s’avancent, en haut jusque sur la ligne médiane, et en arrière jusque sur l’occipital ; mais comme ce large emplacement est encore trop étroit pour loger leurs puissants crotaphites, une crête antéro-postérieure s’élève sur la partie médiane du vertex, et en même temps les lignes demi-circulaires supérieures de l’occipital se soulèvent pour former une crête transversale. Ces deux crêtes, tombant perpendiculairement l’une sur l’autre, circonscrivent deux vastes fosses, qui embrassent la plus

grande partie de la surface du crâne ; elles suffisent pour dénoter au premier aspect la nature des aliments dont l’animal se nourrit et la classe à laquelle il appartient.

Chez l’homme, la fosse temporale est constituée par cinq os disposés sur deux rangées : la rangée supérieure comprend le pariétal et le frontal ; la rangée inférieure, le temporal, la grande aile du sphénoïde et l’os malaire. - — Une longue suture antéro-postérieure répond à l’union des deux rangées. Cette suture décrit une courbe à concavité inférieure: elle se compose de quatre sutures plus petites, qui sont, d’arrière en avant : la suture temporo-pariétale, la suture sphéno-pariétale, la suture sphéno-frontale, et enfin la suture fronto-màlaire. — A la suture des deux rangées viennent se rallier : 1° une suture descendante résultant de l’union des deux os de la rangée supérieure, c’est la suture frontopariétale ; 2° deux sutures ascendantes, produites par l’union des trois os de la rangée inférieure, ce sont les sutures sphéno-temporale et sphénomalaire.

E. — Conformation intérieure du crâne.

Par sa conformation intérieure, le crâne reproduit fidèlement la forme de l’encéphale ; et comme celui-ci est convexe et très régulier supérieurement, d’une extrême inégalité inférieurement, il en résulte que la partie supérieure de la cavité crânienne est remarquable aussi par la régularité de. sa forme concave, par l’aspect uni de sa surface, par la simplicité de sa configuration, et l’inférieure par les saillies, lés crêtes, les dépressions, les irrégularités multipliées qu’elle présente. Un plan transversal étendu de la bosse nasale à la protubérance occipitale externe sépare ces deux parties. A cette première coupe, d’une absolue nécessité pour l’étude de la conformation intérieure du crâne, il sera utile d’enjoindre deux autres : l’une verticale et antéro-postérieure, qui partage la cavité en deux moitiés symétriques, l’autre verticale et transversale passant en avant ou en arrière des rochers.

1° Partie supérieure ou voûte du crâne. Elle offre Sur la ligne

médiane, et d’avant en arrière : la partie supérieure de la crête coronale ; et au-dessus de celle-ci, la gouttière longitudinale qui répond successivement au frontal, au bord supérieur des pariétaux et au tiers supérieur de l’occipital. Cette gouttière, étroite et triangulaire à son origine, large dans sa partie moyenne, se rétrécit et se dévie quelquefois de l’un ou de l’autre côté dans sa partie terminale, qui se bifurque pour se continuer avec les gouttières latérales de l’occipital. Sur sa partie moyenne, on remarque la suture bipariétale, et souvent aussi les trous pariétaux. Elle répond au sinus longitudinal supérieur.

Sur les côtés, se présentent les fosses coronales ou frontales ; audessus de ces fosses, la suture fronto-pariétale ; plus loin, les fosses pariétales ; la suture lambdoïde ; puis entre cette suture et la fin de la gouttière longitudinale, les fosses occipitales supérieures plus profondes et mieux limitées que les précédentes.

Les six fosses de la voûte du crâne sont creusées en partie aux dépens du diploé, et en partie aux dépens du tissu compact, dont les deux tables s’amincissent à leur niveau. Il suit de cette disposition que leur profondeur est plus grande que la saillie des bosses correspondantes.

Les sutures qu’on voit sur la face concave de la voûte diffèrent aussi beaucoup de celles qui répondent à sa face convexe. Sur celles-ci, les os se pénètrent réciproquement ; ils s’entrelacent par leurs bords ; on distingue leurs dentelures et les intervalles qui les séparent. Sur la face interne, ces dentelures disparaissent en partie ; les bords ne sont pas entrelacés, mais plutôt juxtaposés; chaque suture est représentée par une ligne tremblée et déliée, qui semble avoir été tracée avec la pointe d’une aiguille.

Sur la voûte du crâne, on observe en outre des impressions digitales, des éminences mamillaires peu apparentes, et des sillons artériels et veineux. Pour prendre une notion complète de ceux-ci, il convient de les étudier sur une tête qui a été divisée en deux moitiés symétriques ; on voit alors qu’ils ont pour commune origine un sillon partant du trou sphéno-épineux et se divisant presque aussitôt en deux branches très inégales ; la plus petite, située d’abord sur la portion écailleuse du temporal, se porte très obliquement en arrière, pour se ramifier sur le tiers postérieur du pariétal ; l’autre, beaucoup plus considérable, se dirige vers l’angle sphénoïdal de cet os et se ramifie sur ses deux tiers antérieurs ; de cette seconde branche naissent un ou plusieurs rameaux, qui se prolongent sur les parties latérales du frontal. — Ce sillon, ainsi que ses branches, ses rameaux et toutes ses ramifications logent l’artère méningée moyenne et les deux veines qui raccompagnent.

2° Partie inférieure ou base du crâne. — Très irrégulière, elle Se

divise en trois régions étagées d’avant en arrière. Chacune de ces régions se subdivise en trois fosses, une moyenne et deux latérales.

a. Région antérieure . — Elle est formée : sur la ligne médiane, par la lame criblée de l’ethmoïde ; sur les côtés, par la partie horizontale du frontal ; en arrière, par les petites ailes du sphénoïde.

La fosse antérieure et moyenne, appelée aussi fosse cthmoidale, est étroite, allongée d’avant en arrière. Elle présente à son extrémité antérieure une échancrure angulaire, et, au fond de cette échancrure, le trou borgne ou épineux. — Au-dessus de ce trou, on voit la crête coronale ; au-dessous et en arrière, l’apophyse crista-galli, qui partage la losse

ethmoïdale en deux moitiés. Sur chacune de ces moitiés, on remarque : 1° en avant et en dedans, la fente qui donne passage au filet ethmoïdal du rameau nasal de la branche ophthalmique de Willis ; 2° les trous de la lame criblée ; 3° en dehors de ceux-ci, la suture fronto-ethmo'idale ; 4° sur la partie moyenne de cette suture, ou un peu en avant, le trou orbitaire interne antérieur, souvent difficile à reconnaître, mais qu’on parvient toujours à découvrir, en y passant un crin ; il reçoit le filet ethmoïdal du rameau nasal et l’artère ethmoïdale antérieure, pour les transmettre à la fente précédemment mentionnée ; 5° en arrière des trous de la lame criblée, la suture sphéno-ethmoïdale transversalement diri-

Fig. 39. — Base du crâne.

1, 1. Fosses latérales antérieures. — 2. Fosse médiane antérieure ou ethmoïdale. — 3. Trou borgne. — 4. Crête coronalè. — 5, 5, Fosses latérales moyennes. —

6, 6, Bord qui sépare les fosses latérales antérieures des fosses latérales moyennes.—

7. Apophyse clinoïde antérieure. — 8- Fente sphénoïdale. — 9. Trou maxillaire supérieur. — 10. Trou maxillaire inférieur. — 11. Trou sphéno-épineux. — 12. Trou déchiré antérieur. — 13. Face antérieure du rocher. — - 14. Bord supérieur du rocher et gouttière qu’on remarque sur ce bord. — 15. Fosse médiane centrale ou pituitaire. — 16. Gouttière et trous optiques. — ■ 17. Lame perpendiculaire du sphénoïde et apophyses clinoïdes postérieures. — 18 et 19. Fosses latérales postérieures. — 20. Face postérieure du rocher. — 21. Conduit auditif interne. — 22. Trou déchiré postérieur. ' — 23. Gouttière destinée à loger les sinus latéraux. — 24. Trou occipital. — 25, 25. Trous condyloïdiens antérieurs. — 28. Gouttière basilaire.

gée; et à ses extrémités, les trous orbitaires internes postérieurs, plus apparents que les antérieurs; ils donnent passage à l'artère ethmoïdale postérieure; 6° au delà de la suture sphéno-ethmoïdale, une surface quadrilatère, dépendante du sphénoïde.

Les fosses antérieures et latérales, plus larges que la précédente, de figure triangulaire, sont essentiellement formées par les bosses orbitaires ; elles ne méritent le nom de fosses que parce qu’elles sont circonscrites en avant et en dehors par la partie verticale du frontal. On remarque sur la plus grande partie de leur étendue des impressions digitales et des éminences mamillaires très accusées ; en arrière de celle-ci, la suture sphéno-frontale transversalement dirigée; et à leur extrême limite, une crête demi-circulaire constituée, en dedans par le bord postérieur des petites ailes du sphénoïde, en dehors par l’extrémité supérieure du bord interne des grandes ailes. Cette crête, très saillante, sépare les fosses antéro-latérales des fosses latérales et moyennes.

b. Région moyenne. — Elle diffère beaucoup de la précédente. Ses parties latérales, très larges et profondément excavées, constituent de véritables fosses ; sa partie moyenne, très rétrécie, représente plutôt une sorte de détroit, destiné à les relier l’une à l’autre.

Celle partie moyenne, ou fosse centrale de la base du crâne, répond à la face supérieure du corps du sphénoïde. Elle offre d’avant en arrière : la gouttière optique, la selle turcique ou fosse pituitaire, et la lame quadrilatère du sphénoïde. Sur le bord supérieur de cette lame, on voit à droite et à gauche l’apophyse clinoïde postérieure, et au-dessous de celleci une échancrure pour le passage des nerfs de la troisième paire. — Sur les côtés de la fosse centrale, se trouvent les trous optiques, les apophyses clinoïdes antérieures et les gouttières caverneuses.

Les fosses latérales moyennes sont formées par les grandes ailes du sphénoïde en avant, par la portion pierreuse du temporal en arrière, par la portion écailleuse du temporal en bas et en dehors. — Elles sont limitées en avant par le bord postérieur des apophyses d’Ingrassias et la suture sphéno-frontale; en arrière, par le bord supérieur du rocher, creusé d’une gouttière qui reçoit le sinus pétreux supérieur ; elles ont pour limite interne la gouttière caverneuse, occupée par le sinus de ce nom, et pour limite externe la suture sphéno-pariétale en avant et la suture temporo-pariétale en arrière.

Ces fosses, destinées à loger le lobe moyen ou sphénoïdal des hémisphères cérébraux, sont recouvertes d’impressions digitales et d’éminences mamillaires. Elles présentent sur leur partie interne et d’avant en arrière, la fente sphénoïdale, large en bas et en dedans, étroite et comme effilée en haut et en dehors; en arrière de celle-ci, le trou grand rond ou maxillaire supérieur et la gouttière qui le précède.

Sur un plan plus reculé et plus rapproché de la ligne médiane, on aperçoit Y orifice interne du canal carotidien , situé immédiatement audessus du trou déchiré antérieur ; c’est par cet orifice que l’artère carotide interne pénètre dans le sinus caverneux.

En dehors de l’orifice interne du canal carotidien, se présente le trou ovale ou maxillaire inférieur; et en dehors de celui-ci, le trou petit rond ou sphéno-épineux, duquel part un sillon qui se divise presque aussitôt en deux branches, l’une postérieure et l’autre antérieure beaucoup plus

1. Sinus maxillaire. — 2, 2. Crêtes avec lesquelles s’articule le bord supérieur du cornet inférieur. — 3. Orifice inférieur du canal nasal. — 4. Face interne de l’os unguis. — 5. Infundibulum de l’ethmoïde ou canal par lequel le sinus frontal communique avec le sinus maxillaire et le méat moyen des fosses nasales. — 6^ Orifice qui fait communiquer Tinfundibulum avec le sinus maxillaire. — 7. Orifice qui met cet infundibulum en communication avec les cellules antérieures de l’ethmoïde. — 8. Sinus frontal. — 9. Orifice inférieur de ce sinus, répondant à la partie la plus élevée de l’infundibulum. — 10. Voûte orbitaire. — 11. Bord qui limite en arrière les fosses antéro-latérales de la base du crâne et qui les sépare des fosses latérales moyennes. — 12. Bord supérieur du rocher séparant les fosses latérales moyennes des fosses latérales postérieures. — 13. Fosse latérale moyenne. — 14. Fosse latérale postérieure. — 15. Partie supérieure ou horizontale des gouttières qui logent les sinus latéraux. — 16. Partie inférieure ou demi-circulaire de ces gouttières. — 17. Lame quadrilatère du sphénoïde. — 18. Gouttière basilaire. — 19. Trou condyloïdien antérieur.— 20. Condyle de l’occipital. — 21. Suture occipito-pariétale. — 22. Suture fronto-pariétale. — 23. Suture temporo-pariétale. — 24, 24. Bord supérieur du pariétal. — 25. Sillon destiné à loger l’artère méningée moyenne et ses divisions.

Fig. 40. — Moitié latérale gauche de la cavité crânienne.

large. — De la partie antérieure du trou sphéno-épineux, naît une suture se dirigeant en dehors, et décrivant une courbe à concavité postérieure : c’est la suture sphéno-temporale. — En arrière du trou sphéno-épineux et du trou ovale, on observe la suture pétro-sphénoïdale ; à l’extrémité externe de celle-ci, l’hiatus de Fallope et la gouttière qui le précède; en dedans, une dépression qui répond au ganglion de Gasser.

c. Région postérieure. — Beaucoup plus considérable que l’antérieure et la moyenne, cette région est formée: sur la ligne médiane, par l’occipital qui en compose la plus grande partie; sur les côtés et en avant, par la portion mastoïdienne des temporaux et la face postérieure de leur portion pierreuse. Elle a pour limite antérieure la lame quadrilatère du sphénoïde et le bord supérieur des rochers, pour limite postérieure la protubérance occipitale interne et les gouttières latérales.

La fosse postérieure et moyenne est infundibuliforme. Elle présente de haut en bas : la face postérieure de la lame quadrilatère du sphénoïde ; la suture spbéno-occipitale chezTenfant, et, après la puberté, une soudure, dont les derniers vestiges disparaissent de vingt à vingt-cinq ans. — Audessous se trouve la gouttière basilaire, oblique en bas et en arrière, étroite et presque plane supérieurement, plus large et plus profonde inférieurement ; cette gouttière supporte la protubérance annulaire et l’extrémité supérieure du bulbe rachidien. Sur chacune de ses parties latérales, on voit une très petite gouttière qui répond à la suture pétrooccipitale, et qui loge le sinus pétreux inférieur; plus bas, une saillie osseuse; au-dessous de cette saillie, le trou condylo'idien antérieur; et sur un plan plus inférieur, le trou occipital, représentant la partie la plus déclive de la base du crâne.

Les fosses postérieures et latérales, essentiellement constituées parla portion cérébelleuse de l’occipital, sont, séparées l’une de l’autre par le trou occipital, la crête occipitale interne et la protubérance du même nom. Elles offrent d’avant en arrière : le conduit auditif interne; en arrière de celui-ci, l’orifice externe de l’aqueduc du vestibule ; et, plus en dehors, la partie descendante ou antérieure des gouttières latérales. Cette partie descendante est formée elle-même de deux parties : l’une externe, en général très large, qui répond à la portion mastoïdienne du temporal, et qui reçoit ordinairement dans son trajet le trou mastoïdien; l’autre interne, horizontale et transversale, située sur l’occipital, en arrière de l’apophyse jugulaire. Au-devant de cette partie terminale des gouttières latérales, on remarque le trou déchiré postérieur plus large en arrière qu’en avant, et divisé par une saillie osseuse en deux parties : la partie antérieure est triangulaire; la postérieure, plus grande, se continue avec la fin des gouttières latérales. — En arrière de celles-ci se voient les fosses occipitales inférieures.

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