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RÉSISTANCE DU CRANE

antérieurs, par conséquent, sont les premiers qui s’arrêtent dans leur développement. Je n’ai pas observé les modifications qui se produisent à cet âge dans la race nègre. Mais dans la race blanche il me paraît hors de toute contestation que la soudure des os du crâne débute le plus habituellement par la région pariétale et s’étend ensuite de proche en proche vers les régions frontale et occipitale.

Cette soudure commence constamment par la table interne ; elle s’opère de dedans en dehors. Dans l’étude qui a pour but de déterminer l’ordre suivant lequel s’ossifient les sutures, il importe donc d’avoir à sa disposition des crânes ouverts et de les examiner surtout par leur surface interne.

Les os du crâne sont soudés, pour la plupart, de soixante-quinze à quatre-vingts ans. A cet âge, on les voit se continuer presque tous par leur face interne. Mais beaucoup de sutures restent encore très distinctes sur la face externe ; elles s’effacent peu à peu de quatre-vingts à quatrevingt-dix ou quatre-vingt-quinze ans. Les pièces très multipliées qui composaient l’enveloppe osseuse de l’encéphale au début de la vie se trouvent ainsi ramenées à l’unité dans l’extrême vieillesse.

Lorsque le crâne n’est plus formé que d’une seule pièce, ses parois s’amincissent, par suite de la tendance de ses deux tables à se rapprocher. La table interne devient plus dense, plus dure, plus fragile. Une couche plus épaisse de liquide encéphalo-rachidien la séparant du cerveau, les impressions digitales se comblent, les éminences mamellaires s’affaissent, et la voûte du crâne reprend l’aspect uni qu’elle offrait au début de sa formation. Les sillons vasculaires persistent; ils se creusent de plus en plus, au point de se convertir, sur certains points, en véritables conduits. — Les canaux veineux du diploé augmentent de calibre; ils s’étendent à travers les soudures des divers os et s’anastomosent entre eux. C’est alors aussi que se produisent sur la surface adhérente de la dure-mère de petites tumeurs variqueuses, qui minent çà et là les parois du crâne pour se loger dans leur épaisseur.

H. — Résistance du crâne.

Les os qui composent le crâne sont si admirablement agencés qu’un ébranlement, quelque violent qu’il soit, ne saurait les désunir. Le premier effet de cet ébranlement est toujours de les rapprocher et de les solidariser dans la résistance qu’ils opposent aux violences extérieures. Les annales de la science ne renferment aucun fait attestant que ces violences peuvent les séparer. L’écartement des sutures a lieu quelquefois; mais il est toujours consécutif à une fracture.

Le mode de résistance des parois du crâne a été, du reste, très bien exposé en 1730 par Hunauld. Cet auteur compare avec raison la voûte

crânienne aux voûtes architecturales, et les temporaux aux murs boutants qui les soutiennent.

1° Résistance du crâne aux chocs dirigés de haut en bas.

Lorsqu’un fardeau est posé sur le vertex, ou un coup violent appliqué sur cette région, le bord supérieur des pariétaux tend à se déprimer, et leur bord inférieur à se porter en dehors. Mais deux causes s’opposent à ce mouvement de bascule : d’une part, les dentelures dont le premier bord est armé ; de l’autre, l’écaille du temporal qui, taillée en biseau aux dépens de sa face interne, s’applique contre le biseau du pariétal, pris au contraire sur la face externe. Les pariétaux 11e pourraient donc s’écarter inférieurement qu’à la condition de renverser en dehors les murs boutants représentés par les temporaux et les grandes ailes du sphénoïde; or ces grandes ailes sont très solidement soudées au corps de l’os; les temporaux eux-mêmes sont complètement immobilisés. Ils le sont par un mécanisme très simple, qu’aucun observateur, jusqu’à présent, ne me paraît avoir signalé.

Le bord par lequel ces os s’articulent avec la grande aile du sphénoïde est taillé en biseau aux dépens de la face interne supérieurement, et aux dépens de l’externe inférieurement, d’où il suit qu’ils s’appuient en bas sur cette aile. — - Le bord par lequel ils s’articulent avec l’occipital présente aussi dans sa partie supérieure un biseau qui est pris sur la face interne, et dans sa partie inférieure un autre biseau pris sur la face externe, en sorte qu’en arrière et en bas les deux temporaux s’appuient également sur cet os. Ainsi soutenus, en avant par le sphénoïde, en arrière par l’occipital, ils se trouvent immobilisés dans le sens vertical

Transversalement, ils sont fixés dans leur position d’une manière non moins solide parles connexions qu’ils affectent avec l’apophyse basilaire. De chaque côté, cette apophyse est coupée si obliquement en biseau aux dépens de sa partie inférieure, qu’elle se termine par une crête. Or cette crête est reçue dans une rainure anguleuse du sommet du rocher. De là il suit que ce sommet 11e peut ni s’élever ni s’abaisser; il est fixe et complète par sa fixité l’immobilisation du temporal. E11 prenant des os séparés et articulant le temporal avec l’occipital, on voit très bien comment les bords de l’apophyse basilaire sont reçùs dans la rainure du sommet des rochers, et comment, par suite de cette pénétration, ceux-ci se trouvent fixés transversalement, de manière à ne pouvoir basculer ni de bas en haut, ni de haut en bas. Les deux rochers sont donc aussi solidement immobilisés par leur sommet que par leur base. Leur partie moyenne seule reste libre de toute connexion osseuse.

Ces faits anatomiques connus, voyons comment l’ébranlement communiqué au vertex se transmettra de la voûte à la base du crâne.

RÉSISTANCE Dü CRANE.

Les deux pariétaux, se soutenant mutuellement en haut et se trouvant outenus en bas, résisteront, à la manière des voûtes, et l’ébranlement era transmis au temporal, qu’il tend à faire basculer en dehors et en )as. — Une partie de l’effort suit le trajet de l’apophyse zygomatique et dent se perdre dans les os de la face. Cette apophyse représente, par conséquent, pour la portion écailleuse, un arc-boutant très grêle et assez aible, il est vrai, mais dont l’influence, cependant, ne saurait être conestée. — L’effort, après s’être décomposé et avoir subi une réduction lans son intensité, arrive jusqu’à la base du rocher, tendant toujours à aire basculer le temporal, de manière à porter la base du rocher en )as, et son sommet directement en haut. Mais la base du rocher ne )eut s’abaisser; et comme son sommet est fixé à droite et à gauche nir les bords de l’apophyse basilaire; comme, d’autre part, il est épais ît compact, il résiste aussi. La partie moyenne de la pyramide, qui est creusée de cavités multiples, et qui, en outre, ne prend aucun appui sur es os voisins, résiste avec moins d’efficacité; c’est pourquoi la fracture i généralement pour siège cette partie excavée du rocher.

Une partie de l’ébranlement communiqué au verlex est donc transmise iux os de la face par l’apophyse zygomatique; une seconde partie est ransmise à l’apophyse basilaire par la portion pierreuse des temporaux; me. troisième, au corps du sphénoïde, par la grande aile; une quatrième, i l’occipital.

On voit, par conséquent, que l’effort ne se concentre pas sur le point liamétralement opposé au point percuté, ainsi que l’ont pensé un grand nombre d’auteurs. Il se propage à la base du crâne par six voies différentes, qui ont pour centre commun une colonne médiane et horizontale, formée en avant par le corps du sphénoïde, au milieu par l’apophyse basilaire de l’occipital, en arrière par les condvles de cet os.

Le corps du sphénoïde n’en reçoit que la plus faible partie : disposition heureuse, qui nous explique la rareté de ses fractures; car, profondément excavé et constitué par des parois très minces, il était moins résistant encore que la partie moyenne des rochers. — La plus grande partie de l’effort se transmet, en définitive, à l’apophyse basilaire et aux condyles de l’occipital, c’est-à-dire à la colonne vertébrale, dans laquelle il subit des décompositions qui l’épuisent rapidement.

2° Piésislance du crâne aux chocs dirigés de bas en haut.

Lorsque le choc est communiqué à la partie inférieure de la boîte osseuse, l’impulsion, s’irradiant en sens inverse et se transmettant de la base à la voûte, vient s’épuiser sur toute l’étendue de la suture sagittale. C’est à la suite d’une chute sur les talons, les genoux, ou les ischions, que la base du crâne est violemment ébranlée. Pendant la

OSTÈOLOGIE.

chute, toutes les parties du corps sont animées de la même vitesse; les plus déclives s’arrêtent brusquement; celles qui les surmontent s’immobilisent à leur tour; et l’immobilisation s’effectuant de bas en haut, les plus élevées s’arrêtent les dernières.

La colonne vertébrale se trouve donc déjà immobilisée, lorsque la tète continue à descendre d’un mouvement uniformément accéléré. De là, une impulsion qui tend à refouler la colonne de haut en bas, avec une puissance proportionnelle à la hauteur de la chute et au poids de l’extrémité céphalique; mais, rigide, verticale et assise sur une base résistante, la colonne renvoie l’impulsion à la base du crâne, dans lequel elle se propage de bas en haut.

L’occipital, auquel cette impulsion se transmet d’abord, est fixé en avant, par sa continuité avec le corps du sphénoïde; en arrière, par les pariétaux ; en dehors, par la portion mastoïdienne des temporaux, par la base des rochers et par le sommet de ces apophyses. Immuable dans sa position, il ne peut aussi que transmettre aux os voisins l’effort tendant à le repousser vers la voûte. Cet effort se propage en effet par l’apophyse basilaire au sphénoïde, et vient se perdre antérieurement dans le squelette de la face; postérieurement, il passe de l’écaille de l’occipital dans es pariétaux; latéralement, il se communique aux temporaux, et comme le bord supérieur de ceux-ci présente un biseau, qui est pris alternativement sur leur face interne et sur leur face externe ; comme, par suite d’une disposition inverse, le bord inférieur des pariétaux se trouve, en quelque sorte, à cheval sur le précédent, les os de la tempe ne peuvent ni s’élever, ni s’écarter en dehors, ni s’écarter en dedans; immobilisés aussi, ils transmettent l’impulsion qu’ils ont reçue aux pariétaux. L’ébranlement, continuant à diminuer d’intensité, arrive donc au sommet de la voûte et vient expirer en définitive dans la suture sagittale, en poussant l’un vers l’autre les deux bords correspondants.

Ainsi les violences communiquées à la partie inférieure de la boite osseuse tendent également, en se propageant de la base à la voûte, à resserrer toutes les sutures. Elles ne peuvent désunir les os du crâne; mais elles peuvent avoir pour résultat de les briser sur un point. C’est alors sur la base de la cavité osseuse que siège la fracture, et, le plus souvent aussi, c’est sur la partie moyenne du rocher qu’on l’observe.

Sa prédilection pour cette partie moyenne de l’os se rattache, du reste, aux causes précédemment signalées. En effet, l’impulsion partie des condyles de l’occipital s’irradie dans quatre directions principales; mais les irradiations antérieures et postérieures ne sont pas animées d’une intensité égale à celles qui cheminent sur les côtés; c’est surtout par les parties latérales que l’ébranlement se transmet de la base à la voûte. Or, parmi ces parties latérales, la première qu’il rencontre est la portion pierreuse du temporal, qu’il prend en travers, en se transmettant simul-

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