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DIMENSIONS DE LA FAÉE

mentonnier répond à la dernière petite molaire, et quelquefois à l’intervalle qui sépare celle-ci de la première grosse molaire.

Chez le vieillard, après la chute totale des dents, le bord alvéolaire est résorbé ; la hauteur de l’os diminue si notablement qu’elle redevient presque égale à son épaisseur. Le trou mentonnier s’élève et se trouve situé sur le bord supérieur. Celui-ci n’offre plus aucune trace d’alvéoles; il prend l’aspect d’une crête.

§2. — De la face en général.

La face est un groupe de petites cavités annexées à la grande cavité du crâne pour contenir des organes, qui 11e sont eux-mêmes que des annexes de l’organe de l’intelligence. Ces cavités représentent les derniers restes, la charpente, le squelette, en un mot, de la physionomie. Privée des parties molles qui la recouvraient, la face conserve encore une sorte d’expression; ses parties saillantes et rentrantes, jadis voilées par des organes mobiles qu’agitait le souffle de nos passions, maintenant nues et béantes, concourent surtout à lui donner cette expression étrange qui l’a fait considérer, dans tous les temps et chez tous les peuples, comme l’emblème le plus caractéristique de la mort.

Située au-dessous de la partie antérieure de la base du crâne, la face regarde presque directement en avant. Son grand diamètre croise perpendiculairement celui de cette cavité, dirigé en bas et en arrière.

Le squelette de la face nous offre à considérer : ses dimensions absolues et relatives, sa conformation extérieure, sa conformation intérieure, son développement et enfin son mécanisme et sa résistance.

À. — Dimensions de la face.

La face, beaucoup moins volumineuse que le crâne, forme le tiers environ du volume total de la tête. Pour prendre une notion exacte de ses dimensions, il importe d’avoir à sa disposition une tête entière et une autre divisée en deux moitiés symétriques.

a. Dimensions absolues. — De ses trois principaux diamètres le vertical est le plus long; vient ensuite le transversal, puis l’antéro-postérieur. L’étendue du premier est de 11 à 12 centimètres, celle du second de 10 à 11, et celle du troisième de 8 à 9.

Le diamètre vertical atteint sa plus grande longueur en avant, où il répond par son extrémité supérieure à l’échancrure nasale et par l’inférieure à l’éminence du menton ; il se réduit considérablement et brusquement en arrière de la symphyse, et diminue ensuite lentement â mesure qu’on se rapproche de l’ouverture postérieure des fosses nasales.

Le diamètre transversal le plus long' correspond aux os de la pommette; ;m-dessus de ces os la largeur de la face diminue, mais d’une manière à peine sensible; au-dessous elle se réduit notablement.

Le diamètre antéro-postérieur le plus considérable s’étend du bord inférieur des os propres du nez à la partie supérieure de l’ouverture postérieure des fosses nasales. En descendant, il diminue d’abord lentement et progressivement, puis d’une manière brusque et notable.

b. Dimensions relatives de la face et du crâne. — C’est surtout pour établir ces dimensions proportionnelles qu’une tête verticalement divisée en deux parties symétriques devient utile. En comparant sur cette coupe l’aire circonscrite par le contour du crâne à l’aire circonscrite par la face, on remarque que la première est considérable relativement à la seconde. La même comparaison répétée sur toute la série des vertébrés nous enseigne que plus la face s’allonge et plus aussi le crâne diminue de volume. On arrive ainsi à constater que les deux parties constituantes de l’extrémité céphalique présentent un développement inverse. Ce fait, du reste, n’avait pas échappé au génie observateur des grands naturalistes de l’antiquité. Les artistes, de leur côté, en ont fait l’application à la peinture et à la statuaire. Le crâne s’avançant sur la face et prenant à l’égard de celle-ci des proportions de plus en plus prédominantes, à mesure qu’on remonte des animaux à l’homme, ils virent dans cette prédominance le caractère de la dignité ; et lorsqu’ils eurent à représenter des héros et des dieux, ils affaiblirent encore les dimensions de l’une en augmentant, au contraire, celles de l’autre.

Les anatomistes du dix-huitième siècle et leurs successeurs pensèrent qu’il ne suffisait pas d’avoir démontré cet antagonisme des dimensions relatives du crâne et de la face, mais qu’il fallait suivre en quelque sorte pas à pas les modifications inverses qu’ils subissent en descendant ou remontant la série animale. Dans ce but, ils s’attachèrent à découvrir un procédé de mensuration qui permît d’évaluer leurs proportions respectives et applicable tout à la fois à l’homme et aux vertébrés. De ces recherches sont nés: l’angle facial de Camper; les divers goniomètres destinés à le faire connaître ; les aires comparatives de Cuvier et Geoffroy Saint-Hilaire; et le procédé de M. Segond, qui consiste à décomposer chacune de ces aires en plusieurs segments angulaires.

1° Angle facial de Camper. — Vue de côté, la tête s’allonge de haut en bas et d’arrière en avant : elle présente deux pôles ou deux extrémités : une extrémité supérieure et postérieure, volumineuse et arrondie ; une extrémité inférieure et antérieure, plus petite et angulaire. Comme elles varient en sens inverse, pour connaître leurs dimensions relatives il pouvait suffire, à la rigueur, de mesurer l’une d’elles ; Camper mesura l’extrémité angulaire. — Pour sommet de son angle, il prit non l’émi-

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