DIMENSIONS DE LA FACE
nence du menton, mais la partie médiane de l’arcade dentaire supérieure. De ce point il fit partir deux lignes, l’une supérieure et antérieure ou faciale, qui venait se terminer en haut sur la bosse nasale ; l’autre, inférieure et postérieure ou auriculaire, qui se terminait à l’entrée du conduit auditif externe : l’espace compris entre ces deux lignes constitue Y angle facial. Le procédé de Camper, réduit à sa plus simple expression, consiste donc, en résumé, à appliquer l’extrémité de l’une des branches d’un compas sur les incisives supérieures, et l’autre tour à tour sur la partie saillante du front et l’entrée du conduit auditif. En passant des vertébrés supérieurs aux inférieurs, on voit les deux branches du compas se rapprocher ; elles s’écartent, au contraire, lorsqu’on remonte la série, et arrivent à leur maximum d’écartement dans l’espèce humaine. Selon les évaluations de Tanatomiste allemand, l’angle facial s’élève à 80 degrés dans la race caucasique ; il descend à 75 degrés dans la race mongole ; à 70 degrés dans la race nègre.
Ce procédé, d’une extrême simplicité, est expéditif et facilement applicable à l’homme et aux animaux, à la nature morte comme à la nature animée. Il fut accueilli avec faveur.
2° Angle facial de Cuvier et Geoffroy Saint-Hilaire. — r Pour côté antérieur de leur angle, ces auteurs adoptent la ligne faciale de Camper; le côté inférieur se porte du bord tranchant des incisives à la partie moyenne d’une ligne qui s’étendrait transversalement d’un conduit auditif à l’autre. Ce bord ne s’inclinant ni à droite ni à gauche, l’angle qu’il contribue à former se trouve compris dans le plan médian, et mieux situé par conséquent que celui de Camper pour mesurer les dimensions de la face. Mais comment l’évaluer? Sur une tête réduite à ses parties dures, il suffira de pratiquer une coupe médiane. Sur le vivant, la solution du problème devient plus compliquée. Cuvier et Geoffroy Saint- Hilaire construisaient graphiquement un triangle présentant un côté inférieur, un côté antérieur et un côté postérieur. — Pour obtenir le côté inférieur, ils mesuraient d’une part la distance qui sépare les deux orifices auriculaires, de l’autre celle qui se trouve comprise entre chacun de ces orifices et le tranchant des incisives médianes ; ils formaient ainsi un premier triangle isocèle, et abaissaient du sommet de celui-ci sur le milieu de sa base une perpendiculaire qui représentait le côté inférieur de leur triangle définitif. — Un second triangle isocèle était composé avec la ligne interauriculaire prise aussi comme base, et deux lignes obliquement tirées des conduits auditifs vers la bosse nasale ; la perpendiculaire abaissée du sommet de ce second triangle isocèle sur sa base leur donnait le côté postérieur du triangle définitif. — Pour avoir le troisième côté ou le côté antérieur, ils n’avaient qu’à mesurer la ligne qui se porte des incisives à la saillie du front.
L’angle facial ainsi déterminé exprime avec plus de précision le volume relatif de la face. Mais sa mensuration réclame tant de soins, qu’il serait sans doute tombé dans l’oubli, si l’on n’eût trouvé pour l’évaluer un procédé plus pratique. Ce procédé consiste dans l’emploi des goniomètres.
Goniomètres faciaux . — Ces instruments sont disposés de manière à mesurer l’angle facial de Cuvier et Geoffroy Saint-Hilaire, c’est-à-dire l’angle facial médian qui donne les meilleurs résultats, et qui seul mérite de rester dans la science. Leur application est à la fois plus facile, plus expéditive et plus sûre que celle du procédé de Camper, en sorte que ce dernier, malgré toute la popularité dont il a joui, n’olfre plus actuellement qu’une simple valeur historique. — Les goniomètres se composent de deux plans angulairement unis et mobiles l’un sur l’autre ; un demi-cercle gradué mesure l’angle qu’ils forment. Le premier qui ait été construit est celui de Morton; mais il présentait plusieurs imperfections que n’offre pas le goniomètre de Jacquart.
L’angle facial médian, déterminé à l’aide du goniomètre le plus perfectionné, donne-t-il la mesure rigoureusement exacte des dimensions respectives du crâne et de la face? Non, assurément. Les incisives et le bord alvéolaires qui occupent le sommet de cet angle présentent une inclinaison extrêmement variable suivant les individus. La bosse nasale, d’une autre part, ne répond pas à l’encéphale, mais aux sinus frontaux
Fig. 67. — 1. Plan inférieur ou horizontal du goniomètre. — 2. Partie mobile à laquelle se trouve adaptée une tige qui pénètre dans le conduit auditif. — 3. Partie antérieure ou transversale du plan inférieur, s’articulant en arrière avec le plan oblique. — 4. Cercle gradué fixé sur le côté droit du plan inférieur. — 5. Plan oblique articulé en bas avec le précédent et mobile sur celui-ci. — 6. Crémaillière fixée sur le côté droit de ce plan. — 7. Équerre dont la branche transversale s’applique sur la bosse nasale; celte équerre est mobile sur la crémaillère, afin de pouvoir s’appliquer toujours exactement sur la partie la plus saillante du front; sa branche verti-
Fig. 67. — Goniomètre facial de Jacquart.
Fig. 68. — Procédé de il/. Second pour mesurer les aires du crâne et de ta face.