‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 2)Chapitre 77 sur 260 · I. — Cavités orbitaires · texte numérisé non relu

I. — Cavités orbitaires

Les orbites ou cavités orbitaires , situées entre le crâne et la face, présentent la forme d’une pyramide quadrangulaire dont la base regarde en avant et un peu en dehors, le sommet en arrière et un peu en dedans. Les axes des deux orbites, suffisamment prolongés, iraient se croiser au niveau de la protubérance occipitale interne.

CAVITÉS ORBITAIRES.

Fig. 71. — Cavités orbitaires.

Ainsi configurées, ces cavités nous offrent à étudier quatre parois : deux horizontales et deux verticales: quatre angles, deux supérieurs et deux inférieurs; une base et un sommet.

Des deux parois horizontales l’une est supérieure, l’autre inférieure; et des deux parois verticales l’une interne, l’autre externe.

a . — La paroi supérieure , ou voûte de V orbite, concave, de figure triangulaire, est formée en arrière par les petites ailes du sphénoïde et dans le reste de son étendue par le frontal. La suture qui unit ces deux parties répond à son extrémité postérieure. En arrière de cette suture, on voit le trou optique obliquement dirigé en avant et en dehors ; et audessous de celui-ci une très minime et irrégulière dépression pour l’attache du tendon de Zinn. — g Sa partie antérieure et externe est creusée

1. Suture des maxillaires supérieurs. — 2. Leur apophyse moulante, — 3. Leur apophyse pyramidale. ' — -4. Suture des os du nez. — 5, 5. Orifice antérieur des fosses nasales. — 6. Extrémité antérieure du cornet inférieur. — 7, 7. Os malaires. — 8. Suture unissant l’os malaire au maxillaire supérieur. — 9. Union du malaire avec l’apophyse externe du frontal. — 10. Union du malaire avec l’apophyse zygomatique. — 11, 11. Cavités orbitaires. — 12. Gouttière lacrymale, au fond de laquelle on remarque la ligne d’union de l’apophyse montante du maxillaire avec l’os inguis, — 13. Os planurn formant avec cet os la paroi interne de l’orbite. — 14. Trou optique, sur l’alignement et au-devant duquel se voient les deux trous orbitaires internes. — 15. Fente sphénoïdale. — 16. Fente sphéno-maxillaire, se continuant en arrière avec la précédente. — 17. Partie supérieure de la grande aile du sphénoïde. — 18. Portion écailleuse du temporal. — 19. Angle antéro-inférieur du pariétal. — 20. Partie du frontal qui contribue à former la fosse temporale. — 21. Apophyse mastoïde. — 22. Apophyse styloïde.

ÜSTÉOLÜÜiE.

d’une large fossette, la fossette lacrymale , destinée à loger la glande de ce nom.- — Sa partie antérieure et interne présente une petite dépression circulaire, souvent peu apparente, qui donne insertion à la poulie sur laquelle se réfléchit le tendon du muscle grand oblique de l’œil.

b. — La paroi inférieure, ou plancher de V orbite , est plane, un peu inclinée en dehors, triangulaire. Trois os contribuent à la former : le maxillaire supérieur, qui en constitue la presque totalité, la facette supérieure de l’apophyse orbitaire du palatin qui en représente la partie la plus reculée, et enfin l’os de la pommette qui répond à sa partie externe. — On voit sur son angle postérieur la suture unissant le palatin au maxillaire, et sur son angle externe celle beaucoup plus longue qui unit cet os au malaire. — Elle est traversée obliquement par la gouttière sous-orbitaire, et par une fissure qui se prolonge jusqu’à sou bord antérieur. Au-dessous de la fissure se trouve le canal sousorbitaire. — Cette paroi sépare l’orbite du sinus maxillaire.

c. — La paroi externe , plane et triangulaire comme les précédentes, se dirige très obliquement en arrière et en dedans. Elle est constituée en arrière par le sphénoïde, en avant par le malaire, en haut par le frontal. On voit sur son tiers antérieur une suture verticale qui unit le malaire au sphénoïde, et au-dessus de celle-ci une suture antéro-postérieure produite par l’union de ces os avec le frontal. Près de son bord antérieur se trouve l’orifice supérieur du conduit qui traverse l’os de la pommette. Cette paroi sépare l’orbite de la fosse temporale.

d. — La paroi interne est parallèle au plan médian, allongée d’avant en arrière, de figure triangulaire. L’os planum de Tethmoïde en compose la plus grande partie; l’unguis et le bord postérieur de l’apophyse montante du maxillaire la complètent en avant. — Elle offre trois sutures verticales et parallèles : une postérieure, qui unit l’os planum aux parties latérales du corps du sphénoïde; une moyenne, qui unit l’ethmoïde à l’unguis; une antérieure, qui unit l’unguis à l’apophyse montante. — On observe à sa partie antérieure la gouttière lacrymale, dont la concavité regarde en dehors. Cette gouttière est formée en arrière par l’unguis, en avant par l’apophyse montante du maxillaire supérieur. Elle se dirige un peu obliquement en bas, en dehors et en arrière. La suture qui unit l’unguis à l’apophyse montante occupe sa partie moyenne et la parcourt sur toute sa longueur. Son extrémité supérieure répond à l’apophyse orbitaire interne du frontal. En descendant, elle devient de plus en plus profonde, et se termine en bas par un orifice résultant du rapprochement de ses bords, orifice à la formation duquel le crochet de l’unguis prend la part principale.

A la gouttière lacrymale succède le canal nasal qui continue le trajet de celle-ci, pour aller s’ouvrir à la partie supérieure et antérieure du

CAVITES ORÜITAIRËS.

méat inférieur des fosses nasales. Ce canal est formé : en dehors par une large gouttière située sur la face interne du maxillaire, en dedans et en haut par la partie la plus inférieure de l’unguis, en dedans et en bas par l’apophyse unguéale du cornet inférieur. Sa longueur est de 11 millimètres, tandis que celle de la gouttière s’élève à 12. Il serait un peu plus étroit dans sa partie moyenne, selon la plupart des auteurs ; ce rétrécissement existe en effet quelquefois ; mais, en général, le canal s’élargit graduellement de haut en bas et affecte une configuration infundibuliforme. Son diamètre antéro-postérieur, un peu plus étendu que le transversal , est de 4 millimètres supérieurement, de 5 à 0 sur la partie moyenne, de 7 à 8 à son embouchure dans le méat inférieur. Sa paroi externe se continue avec celle de ce méat, qui semble le prolonger et qu’on peut considérer comme son épanouissement.

V angle supérieur et interne présente la suture qui unit l’ethmoïde et l’unguis au frontal. Sur cette suture, on remarque les trous orbitaires internes au nombre de deux. Ceux-ci, distingués en antérieur et postérieur, forment chacun le point de départ d’un canal qui va s’ouvrir dans la cavité du crâne, sur les bords de la fosse ethmoïdale. L’antérieur donne passage au filet ethmoïdaldu nerf nasal, à une artère et une veine; le postérieur est traversé par des vaisseaux.

L ’ angle supérieur et externe répond : en avant, à la fossette lacrymale située à la fois sur la paroi supérieure et sur la paroi externe ; au milieu, à la partie la plus reculée et la plus élevée de la suture sphénofrontale; et en arrière, à la fente sphénoïdale.

L 'angle inférieur et interne , horizontal et antéro-postérieur, présente : 1° en avant, l’orifice supérieur du canal nasal; 2° au milieu et sur la plus grande partie de son étendue, la suture résultant de l’union du bord supérieur du maxillaire avec l’unguis et l’ethmoïde ; 3° en arrière, une autre suture très courte produite par l’union de l’ethmoïde avec l’apophyse orbitaire du palatin.

L’angle inférieur et externe , horizontal aussi, mais obliquement dirigé d’avant en arrière et de dehors en dedans, est constitué dans son tiers antérieur par l’apophyse orbitaire du mal aire et par une très petite partie du maxillaire; la suture formée par l’union de ces os répond à ce tiers antérieur. — Sur sa partie moyenne on remarque la fente sphénomaxillaire, plus large en avant qu’en arrière, limitée en dehors par la grande aile du sphénoïde, en dedans par le maxillaire. A l’état physiologique, cette fente se trouve comblée par le périoste qui passe de la paroi externe sur la paroi inférieure et qui recouvre la gouttière ainsi que le nerf et les vaisseaux sous-orbitaires.

En arrière de la fente sphéno-maxillaire, se voit la partie la plus élevée de la fosse ptérvgo-maxillaire qui se continue avec elle ; un léger rétrécissement établit ordinairement leurs limites respectives.

La base de l’orbite, irrégulièrement quadrilatère, est circonscrite : en haut, par l’arcade orbitaire du frontal; en bas, par le malaire et par le maxillaire; en dedans, par le bord antérieur de la gouttière lacrymale el par l’apophyse orbitaire interne du frontal ; en dehors, par l’apophyse orbitaire externe de cet os et par la partie supérieure du bord concave du malaire. On observe sur le côté supérieur de cette base le trou susorbitaire, ou l’échancrure qui en tient la place; et sur le milieu des trois autres côtés la suture des deux os qui concourent à les former.

Le sommet répond à la partie la plus large de la fente sphénoïdale ; c’est par ce sommet et par le trou optique que les orbites se trouvent en communication avec la cavité du crâne, et que le sens de la vue se continue avec l’encéphale.

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