II. - Seconde vertèbre cervicale ou axis
Les attributs propres à la seconde vertèbre du cou ne sont pas moins caractéristiques que ceux de la première.
Son corps est surmonté d’une apophyse volumineuse, verticale et cylindroïde, qui occupe l’anneau [ostéo-fibreux de l’atlas, et autour de laquelle cette vertèbre unie au crâne exécute ses mouvements de
DES VERTÈBRES
rotation ; elle a reçu le nom à’ apophyse odontoïde (de ôSoùç, dent ; sïâoç, forme). On Fa comparée aussi, et avec plus de raison, à un axe, d’où la dénomination sous laquelle la seconde vertèbre du cou est depuis longtemps connue.
Cette apophyse, dont la hauteur mesure 15 à 16 millimètres, dépasse un peu en général le bord supérieur de l’arc antérieur de l’atlas. — Sa face antérieure présente une facette elliptique convexe, qui s’articule avec la facette correspondante de cet arc. — Sur sa face postérieure, on voit une autre facette moins élevée que la précédente, et concave de haut en bas, qui répond à la partie fibreuse de l’anneau dans lequel l’apophyse odontoïde est reçue. — Sa base, très large, se continue avec la face supérieure du corps de l’axis. Immédiatement au-dessus de cette base, se trouve un rétrécissement circulaire qui constitue le col de l’apophyse odontoïde, et qui en représente la partie la plus faible et la plus fragile ; c’est sur ce col que repose la facette postérieure : il résulte de la concavité de celle-ci que l’apophyse déborde en haut non seulement la portion osseuse de l’anneau, mais aussi sa partie fibreuse et qu’elle se trouve ainsi immobilisée. — Son sommet arrondi et inégal donne attache aux ligaments odontoïdiens latéraux.
La face antérieure du corps offre sur la ligne médiane une saillie pyramidale et triangulaire, et de chaque côté une dépression à laquelle s’insèrent les muscles longs du cou. — La face inférieure ne diffère de celle des autres vertèbres que par la brièveté de son diamètre transverse, qui dépasse à peine le diamètre antéro-postérieur.
Fig. 96. — Axis, Fig. 97. — Atlas et axis,
vue poster o-supérieure. face antérieure.
Fig. 96. — 1. Face postérieure du corps. — 2. Apophyse odontoïde. — 3, 3. Apophyses articulaires supérieures. — 4, 4. Apophyses articulaires inférieures. — 5, 5. Apophyses transverses. — ' 6. Apophyse épineuse.
Fig. 97. — 1, 1. Masses latérales de l’atlas. — 2, 2. Arc antérieur de cette vertèbre, embrassant l’apophyse odontoïde qui dépasse son bord supérieur. — 3. Tubercule de l’arc antérieur. — 4, 4. Apophyses transverses de l’atlas. — 5, 5. Ses apophyses articulaires inférieures. — 6, 6. Apophyses articulaires supérieures de l’axis, séparées des apophyses correspondantes de l’atlas par un espace angulaire. — 7, 7. Apophyses articulaires inférieures de l’axis. — 8, 8. Ses apophyses transverses. — 9. Face antérieure de son corps. — 10. Sommet de son apophyse odontoïde.
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Le trou rachidien se distingue par ses grandes dimensions, en rapport avec l’étendue des mouvements de l’atlas ; et par sa figure, qu’on peut comparer, avec Boyer, à celle d’un cœur de cartes à jouer.
Les lames vertébrales sont plus longues, plus élevées et plus épaisses que celles des autres vertèbres de la même région.
L 'apophyse épineuse présente un volume très considérable qui suffirait à lui seul pour caractériser l’axis, et qui se trouve du reste en parfaite harmonie avec sa destination toute spéciale. Cette apophyse, en effet, donne attache de chaque côté au muscle grand oblique ou grand rotateur de la tête 5 et c’est pour offrir à ces muscles une plus large surface d’implantation quelle s’accroît en longueur et surtout en largeur.
Les apophyses articulaires supérieures reposent sur les parties latérales du corps, en sorte qu’elles se trouvent très rapprochées l’une de l’autre ; elles regardent en haut et en dehors et présentent un contour irrégulièrement circulaire. — Les apophyses articulaires inférieures , beaucoup plus petites que les précédentes, ne diffèrent pas de celles des vertèbres sous-jacentes.
Les apophyses transverses sont petites, triangulaires, dépourvues de gouttière, unituberculeuses, et percées à leur base d’un large trou dont la paroi interne se dirige obliquement en haut et en dehors.
Les pédicules s’étendent du corps et des apophyses articulaires supérieures vers les inférieures et les lames. O11 observe une échancrure sur leur partie inférieure ; mais leur partie supérieure n’en présente aucune trace.
Comparé aux vertèbres sous-jacentes de la même classe, l’axis en diffère donc : par le volume plus considérable de son corps, par l’apophyse qui surmonte celui-ci, par l’ampleur du trou rachidien, par le grand développement de ses lames et de son apophyse épineuse et par ses apophyses articulaires supérieures, horizontalement situées sur les parties latérales du corps.
Comparé à l’atlas, l’axis en diffère par des caractères diamétralement opposés. Nous avons vu, en effet, que cette vertèbre a pour attribut distinctif l’atrophie de ses parties médianes et l’hypertrophie de ses parties latérales. Or, sur l’axis, il y au contraire hypertrophie des premières et atrophie des secondes. L’atlas est un anneau monté sur deux colonnes latérales ; l’axis est un anneau monté sur une colonne unique et médiane. Cette unique colonne s’élève jusqu’au crâne pour constituer à l’anneau supérieur un axe de rotation. C’est sur elle que vient se centraliser tout le poids du crâne et de la face, après avoir subi à droite et à gauche une double décomposition, une première en se transmettant des condyles de l’occipital aux colonnes latérales de l’atlas, une seconde en se transmettant des colonnes latérales de l’allas à la colonne médiane de l’axis.
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