TEXTURE DE LA DURE-MÈRE CRANIENNE
au nombre de deux. Le premier, plus gros, se perd ckins celle partie de la dure-mère qui répond au trou borgne. Le second traverse la paroi postérieure des sinus frontaux pour aller se ramifier dans la muqueuse qui les tapisse. La distribution de ces nerfs méningiens antérieurs est donc extrêmement limitée. Toute la partie de la dure-mère qui revêt les bosses orbitaires et toute celle qui recouvre la face |)ostérieurc du frontal sont complètement* privées de ramifications nerveuses.
Les moyens sont les plus volumineux. Ils accompagnent l'artère méningée qu'ils enlacent de leurs anastomoses. Mais les auteurs ne sont pas d*accord sur leur point de départ. M. Cruveilhier et M. Froment les font naître du ganglion de Casser, et plus particulièrement de sa branche inférieure. Quelques anatomistes avancent qu'ils proviennent en partie du trijumeau et en partie du grand sympathique. Pour reconnaître leur véritable origine, il importait de les étudier comparativement sur Tartère sphéno-épineuse avant et après son entrée dans le crùne. Or, en procédant à cette comparaison, j'ai constaté que l'artère, avant son entrée dans le crâne, est entourée d'un plexus nerveux jiarfaitement send)lahlc à celui qu'on observe sur sa partie méningienne. Les nerfs moyens de la dure-mère sont donc le prolongement du plexus qui enlace l'artère méningée moyenne avant son entrée dans le crâne, lequel est lui-même une dépendance du plexus beaucoup plus important qui end)rasse l'artère maxillaire interne.
Les filets constituant ce plexus se divisent comme l'artère pour suivre ses principales branches ; ils deviennent de plus en plus grêles, mais restent toujours accolés aux divisions artérielles. Les tubes dont ils sont composés présenteiU pour la plupart un moyen calibre et restent très-manifostes jusqu'à la partie moyenne du pariétal. Parvenus à celte hauteur, ils se dépouillent de leur myéline, et deviennent alors d'une telle ténuité qu'on ne peut les suivre jusqu'au sinus longitudinal supérieur.
Les nerfs postérieurs de la dure-mère, signalés et n»|)résenlés par Arnold, naissent de la branche ophlhalmic|ue de Willis avant son entrée dans l'orbite. Au nombre de deux, l'un droit et l'autre gauche, ils croisent à leur origine le nerf pathétique (jui leur est accolé, ce (jui a d'abord fait supposer qu'ils provenaient de celui-ci. (les nerfs cheminent ensuite d'avant en arrière dans l'épaisseur de la tenle du cervelet, où ils se jiartagent en ra- » nieaux internes et rameaux externes. — Les rameaux internes s'inclinent vers le sinus droit, où ils se terminent pour la plupart. Quelques divisions très-gréles remontent sur la partie correspondante de la faux du cerveau, à une hauteur de 3 ou 4 centimètres, puis disparaissent. J'ai vu une de ces divisions se porter vers les veines de (îalien, sur lesquelles elle se prolongeait. — Les rameaux externes s'étendent jusqu'aux jjinus latéraux, et se perdent sur leurs parois.
Indépendamment de ces nerfs postérieurs destinés à la lente du cervelet,
i^ NÉVROLOGIE.
il en exislorail aussi sur colle partie de la dure-mère qui revêt les fosses cérébelleuses inférieures. Ils naîtraient, selon Luschka et Budin^^er, d'un filament fort j^rèle dépendant de rhypo{i:losse.
Les divers éléments dont se compose la dure-mére crânienne nous étant connus, nous pouvons aborder une question qui est encore un sujet de controverse parmi les anatomistes et les chirugiens. Celte membrane peut-elle être considérée comme une sorte de périoste? Presque tous les auteurs répondent par Taflirmative. Mais Tanatomie et la chirurjrie s'accordent pour protester contre une semblable opinion.
L'anatomie nous montre, en effet, que la dure-mère crânienne ne présente aucun des attributs essentiels du périoste. — Celui-ci est composé en égale proportion de fibres de tissu lamineux et de fibres élastiques; Fenveloppe fibreuse de Tencéphale est exclusivement formée par les premières. — Le périoste est de toutes les membranes fibreuses la plus riche en vaisseaux; la dure-mère est au contraire la moins vasculaire. - L'un possède une foule de nerfs qui constituent sur toute son étendue des plexus à mailles serrées; l'autre ne présente des nerfs que sur quelques points très-limités. - - Le premier nous offre, sur sa face adhérente, une couche de noyaux et de cellules qui jouent le rôle principal dans la reproduction de Tos; (»n n'observe rien de semblable sur la surface adhérente de la seconde. Le mode de constitution des deux membranes est donc très-différent.
Que nous enseigne la chii'urgie ? Klle nous apprend (juc lorsqu'une partie des parois dn crâne a été détachée par une cause quelconque, cette perte de substance n'est pas cond)léepardu tissu osseux, mais uniquement par du tissu fibreux ; c'est ce qui a lieu après lapplication d'une couronne de trépan che»z l'homme ou sur les animaux, à la suite des fractures avec esquilles, ou d'une nécrose plus ou moins étendue. Les simples solutions de continuité peuvent se consolider, il est vrai; mais alors c'est le diploé qui fait tous les frais du travail de consolidation; la dure-mère n'y prend aucune part; c'est |)ourquoi on ne voit jamais se produire sur la face interne du crâne la saillie (pii accompagne ailleurs la formation du cal provisoire, cette saillie étant due à la part que prend le périoste à la soudure des deux fragments osseux.
La chirurgie et l'anatomie nous démontrent donc que ces deux membranes fibreuses ne diffèrent pas moins par leurs propriétés que par leur organisation, d'où nous pouvons conclure, en définitive, que Iîh dure-mére crAnienne ne saurait être assimilée au périoste.
La dure-mère crimienne remplit trois usages principaux et très-différents mais qui ont pour résultat commun de protéger l'encéphale en mettant cet organe à Tabri de toute compression. Elle le protège : l" par ses cloisons, en séparant les unes des autres les différentes parties qui le composent;
DUr^E-MÈRR RACHIDIFNNK. lt^\
i* par s<*s sinus, qui constituent pour la circulation en retour des canaux à parois inextensibles; 3" par son feuillet épilhélial, qui contribue à fonner la cavité de l'arachnoïde, c'est-à-dire à isoler le feuillet viscéral de celle séreuse, lequel, ainsi isolé, peut se soulever et s'abaisser tour à tour, suivant que le liquide céphalo-rachidien remonte vers le crAne ou reflue vers le rachis. — Otte membrane a aussi pour attribution de transmettre aux parois du crâne une partie du sang nécessaire à leur nulritiou.
Si.— DlRK-MKHK RACnmiK.NNK.
Préparation. — i* Détacher des gouttières vertébrales, sur toule leur longueur, les muscles qui s*y insèrent.
1» Diviser de chaque côté les lames des vertèbres, à leur union avec les apophyses arliculnires, en faisant usage : soit du racliilome tranchant, sorte de hune quadrilatère à dos concave* se prolongeant sous forme de manche, et assez épais pour supporter le choc d*un marteau ordinaire ; soit, ce <|ui est préférable, d'un rachitome a scie; soit enfin, à défaut de cet instrument, d'une scie anatomîque ou d'une scie ù amputation. De ces trois procédés, le premier est srtr, mais long el laborieux. Le second est beaucoup plus expéditif et donne une coupe très-régulière; il exige seulement un bon instnmient el un peu d'habitude. Le troisième, comme le premier, est d'une exécution un peu lente ; en remployant, on est plus esposé à léser la dure-mère et la moelle épinière; néanmoins il est fréquemment mis en usage dans les salles de dissection, et en jfênéral avec succès.
^ lip canal rachidien étant ouvert, enlever la graisse diflluenle el les veines qui recouvrent la dure-mère, puis isoler d'un côté toute la série des gaines (|ui entourent les nerfs spinaux en se portant vers les trous de conjugaison.
!• Enlever ces gaines du côté opposé pour mettre en évidenc»' les prolongements qui unissent la dure-mère au ligament vertébral comnum postérieur.
.V Enfin inciser celte enveloppe en arrièn* sur sa longueur pour rêtudier dans 5i»s rapports avec la moelle épinière.
La dure-mère rachidienne, enveloppe Jibreuse de la moelle épinière, se prolonge , à la manière d'une gaine, (hi pourtour du trou occipitnl à Textrémité inférieure du canal sacré et s'élentl par conséquent bien au delà des limites de l'axe cérébro-spinal.
Sa /briik» est cylindrique. Cependant cette gaine n'ofl're |)as une capacité égale sur tous les )>oinls de s<'i longueur. Elle se dilate au niveau i\vs lombes, atteint son plus grand diamètre au-dessus du canal sacré, el se termine en se rétrécissant comme ce canal.
Sa capacité est moins grande que celle du canal rachidien, et plus considérable que le volume de la moelle épinière.* Le diamètre de la moelle mesure la moitié environ de celui du canal. Entre la moelle, située aii centre du canal ei les parois de ce dernier il existe donc un intervalle; la duremère partage cet intervalle en deux espaces à |)eu près égaux.
a. ftarlaccfl. — La surface externe de l'enveloppe fibreuse de la moelle épinière ne présente en arrière aucune connexion avec le canal rachidien, dont la séparent une graisse molle, presque diffliiente, el les veines inlra-
24 NÉVROLOGIE.
racliitlioniios posU^rieuros. — En av«iiU, cette surface adhère au lijçamenl vertébral commun antérieur par des prolongements filamenteux qui se portent obliquement de celui-ci vers sa partie médiane. Ces prolongements cellulo-fibreux sont rares et faibles dans la région dorsale où Ton n'en trouve souvent aucune trace; plus nombreux et plus résistants dans la région cervicale, et surtout dans la région lombaire où ils se montrent •d'autant |)lus longs qu'ils deviennent plus inférieurs. — Sur les cotés, la dure-mère fournit aux nerfs spinaux autant de gaines qui les accompagnent jusqu'à leur sortie des trous de conjugaison.
La surface interne de la dure-mère présente dans le rachis comme dans le crâne un aspect poli et humide dû aussi à la couche épithéliale qui la recouvre. En avant et en arrière, elle est unie à l'enveloppe immédiate de la. moelle, par des lilaments cellulo-fibreux, très-gréles, d'une longueur de 3 à 4 millimètres, transparents, résistants et assez nombreux, tous entourés par un prolongement du feuillet viscéral de l'arachnoïde. Sur les côtés, elle est unie à la pie-mère spinale par les ligaments dentelés; entre les dents de ces ligaments on remaniue au niveau de chaque paire rachidienne deux orifices séparés jiar une sorte de pont vertical; ils livrent passage, l'un au faisceau des racines jmstérieures, l'autre au faisceau des racines antérieures.
b. Extrémités. — Supérieurement la dure-mère rachidienne se continue avec la dure-mère crânienne, sur le pourtour occipital, auquel l'une et l'autre adhèrent de la manière la plus intime. Au-dessous de cet orifice elle est traversée de chaque cùté par l'artère vertébrale, et s'unit en arrière au feuillet profond du ligament occipito-altoïdien postérieur.
Son extrémité inférieure entoure les cordons nerveux qui forment la qu£iie de chevalj cordons dont elle reste séparée par un large espace que remplit le liquide céphalo-rachidien. En parcourant le canal sacré elle se rétrécit, sans contracter aucune adhérence avec ses parois, et se termine en cul-de-sac au niveau de la base du coccvx.
c. Structure. — La dure-mère rachidienne diffère par sa stnicture de la dure-mère crânienne. Elle n'est pas constituée exclusivement par des fibres de tissu lamineux. A celles-ci se mêlent de nombreuses fibres élastiques, qui forment avec les précédentes une tranle rétiforme à mailles extrêmement serrées.
Ses artères proviennent : au cou, des branches spinales des vertébrales; au dos, des branches postérieures des intercostales; inférieurement , des lombaires et des sacrées latérales. Elles se montrent plus déliées encore et plus espacées que celles de la portion crânienne. L'enveloppe fibreuse de la moelle est donc moins vasculaire que celle de l'encéphale, qui l'est cependant 'très-peu. Les veinules succédant à ces artérioles se jettent <Lins les veines intra-rachidiennes.
ARACHNOÏDE. i^i
On n'observe dans celle enveloppe aucun veslij^e de vaisseaux lymphaliques. Je serais tenlé d*ajouler qu'elle ne présente également aucune trace de filets nerveux ; telle est, du moins, la conclusion de toutes nies recherches, et de celles de Purkinje et de Kôlliker. Mais Rudinger, qui a repris récemment leur étude, dit avoir vu des nerfs dont les uns étaient accolés aux vaisseaux artériels tandis que les autres suivaient un trajet tout à fait indépendant. De nouvelles observations seraient donc nécessaires pour fixer la science sur ce point.
En comparant les deux portions de la dure-mère on constate, en résumé, que rinférieure diffère de la supérieure par son élasticité, par sii vascularité moindre, et peut-être aussi |)ar l'absence de tubes neneux.
d. Umiscs. — Nous avons vu que la dure-mère crânienne a pour usage de soustraire l'encéphale à l'action des causes qui pourraient le comprimer. La dure-mère rachidienne remplit une destination analogue à l'égard de la moelle épinière. Elle la protège en Timmobilisant au centre de son canal osseux. Cette fixité est réalisée, d'une part par les prolongements qui s*étendent de la périphérie de la moelle à la siirface interne de la duremère, de l'autre par ceux qui se portent de la surface externe de celle-ci vers les parois du canal osseux. Ainsi immobilisée, la moelle épinière occupe le centre de son étui fibreux, de même que celui-ci occupe le centre du canal rachidien. Elle peut donc se prêter sans danger à tous les mouvements de flexion et d'extension du rachis. Si iKMidant ces mouvements elle se rapproche un peu de l'une des parois osseuses, le liquide qui l'entoure se déplace aussitôt, et toute tendance à la compression se trouve annulée.
AniICLE 11
ARACHNOii)K
L'arachnoïde, intermédiaire à la dure-nièn» et à la pie-mère, est une membrane séreuse, c'est-à-dire un sac sans ouverhire,qui recouvre tout le système nerveux central, sans le contenir dans sa cavité, dette séreuse, conformée sur le même type que toutes les autres, se dislingue de celles-ci cependant par quelques attributs qui lui sont propres. Elle en diffère |)arsii ténuité plus grande qui l'a fait comparer par les anciens à une toile d'araignée, et par sa transparence si parfaite qu'on ne rajierçoit que lorsqu'elle a été préalablement soulevée et tendue.
Mais Tarachnolde diffère surtout des autres séreuses par ses connexions; tandis que la plèvre, le péricarde, le péritoine, etc., sont unis de la manière la plus intime aux organes correspondants, la séreuse encéphalo-méduUaire adhère à peine à celui (|u'elle entoure. Elle occupe donc parmi les membranes de cet ordre une |)lace à |)art.
:20 NKVROLOOÏE.
On considtTe aussi à l*arîichiioïde une portion crânienne on encéphalique et une portion rachidienne on spinale.
i i, — Aracilnoïdk ck.vmkm.nr.
I/arachnoïde crânienne se déploie autour de Tencéphale, à la manière d'une sphère creuse, dont h»s deux parois juxl<iposées se prolongeraient sur les irradiations qui en partent ou qui s'y rendent. De ces deux parois Tune répoiul à la pie-mère, c'est le feuilM viscéral : Taiitre s'applique à la dur(»-mère, c'est le feuillet pariétal,
A. Feuillet Ylseémi. — Ce feuillet présente dans sa disposition des caractères qui sont comnuins à toutes les parties qui le composent, et d'autres qui sont propres à queh|ues-unes d'entre elles.
a. Caractères communs. — Les diverses dépendances du feuillet viscéral ont pour caractères comnmns: 1* d'être séparés de la pie-mère par le liquide céphîilo-rachidien : cependant elles ne sont pas sans connexions avec cette membrane ; mais elles ne lui adhèrent que |)ar un tissu conjonctif très-lAche, et sur quelques points, particulièrement sur la partie inférieure du cerveau, par des fdamenls cellnlo-fd)reux ; :2* lorsque ce feuillet s'étend d'une circonvolution à une autre, il |)asse à la manière d'un pont sur le sillon qui les sépare et transforme celui-ci en un canal prismatique et triangulaire; autant d'anfractuoi^tés, par conséquent, autant de canaux prismatiques et sinueux que renqilit le liquide céphalo-rachidien : tous ces canaux convergent de haut en bas pour se jeter dans quelques principaux affluents qui vont eux-nn*mes s'ouvrir dans un lac ou réservoir central ; 8* sur la ligne médiane, le feuillet pariét;il contribue à former avec les parties qu'ils recouvrent, non plus de simples canaux, mais des cavités irrégulières, pinson moins larges, remplies du nu»me liquide, et dans lesquelles viennent se jeter tous les affluents précédents. On peut désigner ces cavités, avec Magendie, sous le nom de confluents, Ceux-ci, an nombre de quatre, se distingnenl en supérieurs et inférieurs.
Les premiers, ou supérieurs, se voient, l'un au-devant du corps calleux, l'autre immédiatement en arrière. — Les seconds répondent, l'antérieur à la partie centrale de la bas<* de l'encéphale, le postérieur au bulbe rachidien et à la partie correspondante du cervelet.
Les confluents supérieurs se déversent dans le confluent nntéro-inférieur ou central qui comnninique avec le postéro-inférieur, lequel se trouve lui-même en communiccition, d'une part avec les cavités ventriculaires, de l'autre avec l'espace sous-arachnoïdien de la moelle épinière.
b. Caractères propres, - -Os faits généraux conmis, suivons maintenant le feuillet viscéral dans son trajet, (m procédant de haut en bas. Celte étude
arachnoïde CRANIENNE. Ht
nous permettra de passeren revue toutes les particularités qui se rallacheul à sa disposition.
Sur la surface externe des hémisphères cérébraux, l'araciuioïde se couiporte à peu près comme la partie correspondante de la dure-mère. VÀ\v s'étend de leur extrémité antérieure à la postérieure, et de leur bord inférieur au supérieur, sans former aucun repli, recouvrant toutes les circonvolutions, transformant toutes les anfractuosités en canaux prismatiques trian^rulaires et sinueux qui se dirigent pour la plupart vers la scissure de Sjlvius. Arrivée au voisinage du sinus longitudinal supérieur, auquel se rendent de nombreuses veines, elle fournit à chacune de celles-ci une gaine qui les accompagne jusqu'à leur entrée dans le sinus, puis se réfléchit sur la dure-mère pour concourir à la formation du feuillet pariétal.
Du bord supérieur des hémisphères elle descend sur leur face interne et la recouvre complètement en avant et en arrière ; mais incomplètement dans leur tiers moyen où celle de droite se continue avec celle de gauche, en formant un pont membraneux, sous-jacent au bord inférieur de la faux du cerveau, et se dirigeant comme celui-ci en bas et en arrière, de telle sorleque Textrémité postérieure du pont repose sur le corps calleux, tandis que Tantérieure en reste séparée par un espace de 5 à 0 millimètres. — Cet espace, au niveau duquel les circonvolutions opposées sont en contact immédiat, présente une figure triangulaire; il se continue en avant, c'est-à-dire par sa partie la plus large, avec le confluent antérieur dont il C4)nstitue une dépendance, et reçoit tous les canaux prismatiques (jui répondent au tiers moyen de la face interne des hémisphères.
De la face supérieure du cerveau, le feuillet viscéral s'étend à sa face inférieure. — Sa disposition diffère selon (jue l'on considère les parties • jalérales ou la partie médiane de celle-ci.
Sur les parties latérales, i( recouvre d'abord la face inférieure-du lobe frontal, en se continuant, en dehors avec celui ({ui lapisy^e la face externe des hémisphères, en dedans avec celui qui revél leur face interne, et transforme ses anfractuosités en canaux qui se dirigent vers la scissure de Sylvius. — Vax arrière, il passe horizontalement sur le tronc du nerf olfactif; mais en avant il entoure son bulbe d'une |;aine qui l'accompagne jusqu'à la lame criblée de rethmoïde et qui, là, se décompose en plusieurs gaines secondaires destinées à ses principales divisions. — En passant du lobe frontal» sur le lobe sphénoidal il convertit la scissure de Sylvius en un large canal triangulaire et transversal, dans lequel viennent se déverser, en dehors les canaux de la face externe des hémisphères, en bas ceux de la face inférieure du lobe frontal. Ce canal s'ouvre par son extrémité interne dans le confluent antéro-inférieur ou confluent central de la base de Tencéphale. — Au delà de la scissure de Sylvius, le feuillet viscéral recouvre les circonvolutions et les anfractuosités du lobe postérieur. Les canaux qui serpentent à la surface de ce lobe convergent vers
:28 NÉVROLÔGIE.
rextrémilé posiérieuro du corps calleux et vont s'ouvrir dans le confliienl postéro'supérieur.
Sur la partie médiane el en avant, le feuillet viscéral s'étend transversalement du lobe frontal droit au lobe frontal {gauche, en formant au-devant el au-dessous du corps calleux un pont membraneux qui en reste séparé par un intervalle de 8 à 10 millimètres, et qui se prolonge en bas jusqu'au chiasma des nerfs optiques. Entre Taracbuoide et le corps calleux, on remarque donc sur ce point un espace limité en bas et en arrière par le chiasma, contournant en avant le corps calleux : c'est cet espace cuniligne qui constitue le confluent antéro-supérienr. Il reçoit les canaux prismatiques des deux tiers antérieurs de la face interne des hémisphères^ Inférieurement il communique avec le confluent central.
Du chiasma des nerfs optiques l'arachnoïde s'étend sur le tuber cinereum, ou corps cendré^ rencontre alors la tige pituitaire et l'entoure d'une gaine infundibuliforme. Le feuillet viscéral, franchissant ensuite une large et profonde excavation, se prolonge en arrière jusque sur la protubérance annulaire, et latéralement sur les lobes sphénoïclaux ; il contribue ainsi à limiter un grand espace qui représente le principal réservoir du liquide céphalo-rachidien : c'est le confluent antéro-infêrieur (|ue nous désignerons aussi sous le nom de confluent central. Ce confluent est traversé : 1° par les nerfs de la troisième, de la quatrième, de la cinquième el de la sixième paire, lesquels sont entourés par le feuillet viscéral au moment où ils s'engagent dans le canal fibreux que leur présente la dure-mère ; 2** par des filaments résistants et verticalement dirigés, qui unissent solidement l'arachnoïde à la pie-mère. Le confluent central communique en arrière, par ses parties latérales, d'une part avec le confluent posléro-supérieur, de Tantre avec le confluent postéro-inférieur,
Au delà du confluent central, l'arachnoïde répond à la protubérance, aux pédoncules cérébelleux moyens, jmis au bulbe rachidien et aux nerfs qui en parlent. A chacun de ceux-ci elle fournit une gaîne. La plus remarquable est celle qui entoure les nerfs de la septième et de la huitième jjaires; celle gaîne se prolonge jusqu'au fond du conduit auditif interne ; elle est souvent déchirée dans la fracture transversale du rocher, et donne alors issue îiu liquide céphalo-rachidien. On a vu le même jïhénomène se produire, mais plus rarement, à la suite des fractures intéressant la lame criblée de l'ethmoïde, ou le corps du sphénoïde.
Sur la ligne médiane, en arrière du corps calleux, le feuillet viscéral se réfléchit, dans le sens transversal, de l'un à l'autre hémisphère, et dans le sens anléro-postérieur du cerveau sur la face supérieure du cervelet : de là un nouveau pont membraneux (ju'un certain intervalle sépan; des parties correspondantes ; de là aussi un nouveau résen'oir limité, en arrière j>ar l'arachnoïde, en avant par le bourrelet du corps calleux, en bas par les tubercules quadrijumeaux : c'est le confluent postéro-Hupérieur , Il commu-
arachnoïde CRANIENNE. i\^
nique, en bas, |»ar ses prlies latérales, avec le coniluent ceiitial et revoit: i* tous les canaux prismatiques du tiers postérieur de la face interne des héniisphères ; â*" tous ceux qui partent des deux tiers postérieurs de leur face inférieure. Ce confluent est traversé par les veines de Galien que Tarachnolde rencontre au moment où elles vont s'ouvrir dans le sinus droit, et auxquelles elle donne une gaine cylindrique de 5 à 0 millimètres de longueur. Bichat ayant cru remanfuer que cette gaine se prolonge jusque dans le ventricule moyen, la considérait comme un canal destiné à établir une libre communication entre les cavités venlriculaires et la cavité arachnoldienne. Mais aucun fait ne démontre ce canal arachnoUlien dont Texistence, du reste, a été depuis longtemps réfutée.
Du corps calleux et des veiiuîs de Galien le feuillet viscéral se prolonge sur toute la face supérieure du cervelet, puis se réfléchit de haut en bas sur sa circonférence, et se comporte ensuite diiïérenunent sur les cùtés et en arrière. — Sur les côtés, il chemine de dehors en dedans, revêt les hémisphères cérébelleux et passe de ceux-ci sur le bulbe rachidien où il se continue avec celui de la partie médiane du cerveau. — Kn arrière il s'étend de Fun à l'autre hémisphère, et de ceux-ci sur la partie postérieure (lu bulbe, en comblant une excavation que limitent, en haut, la scissure du cen'elet, et en bas le bulbe rachidien. Celte excavation rejjrésente le confluent postér(hin fer ietir, Klle répond au tronc occipital.
B. Feuillet pariétal. — Jusqu'à la fm du xviiT siècle, rarachnoide avait été considérée comme constituée par un seul feuillet, intenuédiaire à la dure-mère et à la piiMuère, et à |)eu près indépcuidaul de Tune et de l'autre. Bichat, le premier, s'attacha à démontrer qu'elle devait rire rangée dans la classe des membranes séreuses, (pi'elle élail conformée sur le même type que toutes ces membranes; el (pi'elle présentait, connue cellesci, un feuillet viscéral el un feuillet pariétal. Son opinion élail basée sur iïe^ considérations à la fois si solides et si brillantes, qu'elle fut universellement acceptée ; elle nu'»rilail de l'être, en eiïel. Il faut avouer cependiint que le feuillet pariétîil, si manifeste pour toutes les autres séreuses, semble ici plus théorique que réel ; on ne saurait méconnaître (|u'il est au moins très-rudimeiitaire. Ce feuillet n'est représenté, en réalit:»'', que par une simple couche d'épithélium pavimenteux se continuant sur tout son contour avec celui (]ui recouvre le feuillet viscéral. • La continuité des deux feuillets est ét^iblie aussi par les gaines qui s'étendent de l'encéphale à la dure-mère et qui se réfléchissent sur celle-ci en formant un cul-de-sac circulaire. Au moment où l'on renverse l'encéphale en arrière, on voit toutes ces gaines s'allonger et se tendre ; elle» deviennent alors très-apparentes.
Texture de rarachnoide» — Elle est très-simple. Tne couche de tissu coujonctif condensé et rétiforme, sur cette couche un épithélium pavimen-
;{(! KÉVROLOGIE.
teux : tels sont les seuls éléments qui conipusenl celte séreuse. On n'ohserve dans son épaisseur ni artères, ni veines, ni vaisseaux lymphatiques; elle ne présente éj,%ilement aucune trace de tubes nerveux.
Usages, — I/arachnoïde a pour destination de répartir d'une manière plus uniforme le liquide céphalo-rachidien, de régulariser les mouvements oscillatoires qui lui sont imprimés, ei de favoriser par conséquent la turgescence et le retrait alternatifs de la masse encéphalique. Elle prend donc une part importante â la protection du centre nerveux.
§ 4. — Arachnoïde rachidiennk.
A raraclinoïde rachidienne ou spinale, comme à rarachnoide crânienne, on considère un feuillet viscéral et un feuillet pariétal dont la disposition générale est, du reste, très-analogue.
1*» Feuillet viscéral, — H entoure la moelle épinière à la manière d'une gaine cylindrique qui se prolonge sur toute sa longueur, et jusque sur les nerfs de la queue de cheval, au niveau desquels elle se dilate pour former une sorte de réservoir où le liquide céphalo-rachidien s'accumule en plu.s grande abondance. En haut, celle gaine se continue avec celle de Tarachnoïde crânienne au niveau du bulbe rachidien. En bas, c'est-à-dire dans le canal du sacrum, elle se continue avec le feuillet pariétal en formant un cul-de-sac qui répond et qui adhère à celui de la dure-mère.
Cette gaine a pour attributs son extrême minceur et sa parfaite transparence ; il faut aussi la soulever et la tendre pour la distinguer. Elle est remarquable encore par sa capacité égale à celle de la dure-mère, et très-supérieure, par conséquent, au volume de la moelle épinière. Entre celle-ci et le feuillet viscéral il existe un grand espace circulaire, rempli par le liquide céphalo-rachidien. Cet espace communique très-largement en haut avec le confluent postérieur de raraclinoïde crânienne et par l'intermédiaire de celui-ci avec tous les autres , et avec les cavités ventriculaires. Il est traversé en avant et en arrière par des (ilaments cellulofibreux, très-nmltipliés, qui s'étendent de la pie-mère à la dure-mère, et sur lesquels le feuillet viscéral se jirolonge pour aller se continuer sur cette membrane avec le feuillet pariétal.
De chaque côté de la moelle, le feuillet viscéral donne aux racines antérieures et postérieures d'autres prolongements plus importants, de forme' conoïde, qui les accompagnent également jusqu'à la dure-mère.
:2* Le feuillet pariétal ne dillére pas de celui de l'arachnoïde crânienne. Constitué aussi par une simple couche d'épithélium pavimenteux, il se continue avec le feuillet viscéral, d'une part par cet épithélium qui se prolonge de l'un sur l'autre, de l'autre par les gaines qui entourent les lilaments c<'llulo-libreu\ et les racines des nerfs rachidiens.
Lamchiioldi' s|Hiiale, siiiipU^ prolougiMiieiil {\v rararliiioide nuêplialique, présente la iiièuie structure que celle-ci. KHe remplit aussi les mêmes usages.
AKTICLK III
La pie-mère est la plus profonde des trois membranes qui entourent le centre encéphalo-médullaire. Elle représente Tenveloppe la plus iunnédiate, la plus étendue et la plus importante de ce centre. Essentiellement constituée par des vaisseaux qui s'en détachent |M)ur pénétrer dans son épaisseur, elle joue à son égard le rôle de mend)rane nourricière.
Les caractères que présente cette enveloppe sur Tencépliale et la moelle êpbiière diffèrent assez notablement. Il y a donc lieu de reproduire ici la division que nous avons déjà adoptée pour Tétude de la dure-mère et de Tarachnoîde. Mais la pie-mère crânienne ou encéphalique fixera seule notre attention pour le moment. La pie-nu're spinale ou médullaire sera décrite avec la moelle dont elle fait en quelque sorte partie.
La pie-mère crânienne ne se comporte pas dans son trajet connue Taracbnoîde. Nous avons vu que cette membrane s'applique aux parties sailUntes, et passe à la manière d'un pont sur les parties rentrantes. La |)ie-mère, après avoir recouvert les premières, desce!ul dans les scissures, dans les anfractuosités, dans les sillons, en un nutt dans toutes les dépressions qu'elle rencontre. Cette disposition nous montre : 1° qu'elle suit très-exactement les ondulations de rencéphale, avec lequel elle affecte ainsi des rapports beaucoup plus étendus et plus intimes que l'arachnoïde; i^ qu'elle répond à l'arachnoïde au niveau des parties saillantes; mais s'en écarte au niveau des parties rentrantes, et s'en éloigne d'autant plus que celles-ci sont plus |n*ofondes ; 3^* (|ue dans les parties rentrantes elle se trouve en contact avec elle-inénn», en >orle (jue ces deriiières se trouvent séparées par un double feuillet; 4' enfin que l'enveloppe vasrnlaire de l'encéphale est beaucoup plus étendue que son enveloppe séreuse.
En étudiant la conformation intérieure du cerveau, nous verrons que la pie-mère envoie dans son épaisseur des prolongements (|ui viennent encore accroître sa vaste éteiulue.
La surface externe de la |)ie-mère répoiul an liquide céphalo-rachidien et au feuillet viscéral de l'arachnoïde. Elle est unie à ce feuillet par un tissu cellulaire très-lAche dans la plus grande );artie de son étendue, plus dense sur la face inférieure de rencéphtile où il prend l'aspect de filanuMits grisâtres s'étendant perpendiculairement de Tune à Taulre membrane.
Au niveau du point d'émergeiu'e des cordons nerveux, la pie-mère se prolonge sur leurs racines, entoure étroitement* leur tronc, et leur forme
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une jj^aîiie cellulo-libreiise, résislaiilc, qui ne se réilécliil pas sur la tlureluère comme Farachnolde, mais qui la traverse pour les accompa^çner jusqu'à leur terminaison. Cette g:aîne, que nous étudierons plus loin, constitue le nâvrilème.
En descendant dans les dépressions qu'elle rencontre, nous avons vu que l'enveloppe vasculaire s'applique à elle-même et que chacune de ces dépressions renferme ainsi un double feuillet. Telle est, en effet, sa disposition à l'égard des anfr^ctuosités du cerveau, bien que les deux feuillets sur quelques points soient unis entre eux par du tissu cellulaire et des vaisseaux qui ne permettent pas toujours de les séparer. Telle. est celle aussi qu'elle nous offre sur le cervelet, au moment où elle |)énètre entre ses principaux segments. Mais dans les sillons qui séparent les segments de second ordre, ainsi que les lames et lamelles, ils se confondent et se réduisent à l'état d'une simple pellicule dont le bord adhérent est représenté par des capillaires qui plongent dans la substance nerveuse.
Par sa surface interne, la pie-mère est en rapport immédiat avec l'encéphale. Elle lui adhère, soit par les artérioles extrêmement multipliées qu'elle lui abandonne et par les gahies qui entourent ces artérioles, soit par les veinules qui en proviennent. Cette adhérence n'est pas telle cependant qu'on ne puisse très-facilement l'en détacher. On voit alors tous les liens vasculaires s'allonger, i)uis se rompre et rester appendus à l'enveloppe dont ils dépendent. Sur certains points de la substance médullaire, chaque ramuscule sanguin (ju'on arrache laisse à sa place un pertuis; lorsque les pertuis sont nombreux, la surface qu'ils occupent revêt l'aspect d'un petit crible et prend le nom de substance perforée.
Structure, — La pie-mère est constituée par une trame de tissu conjonctif , dans laquelle se répandent une prodigieuse quantité de vaisseaux anastomosés. L'un et l'autre de ces deux principaux éléments varient suivant la région que recouvre la membrane.
Sur la périphérie du cerveau et du cervelet, l'élément celluleux est rare, très-délié, d'une extrême mollesse, en sorte que la membrane emprunte aux vaisseaux toute sa résistance, d'ailleurs très-faible. — Sur les pédoncules cérébraux et cérébelleux moyens, sur la protubérance annulaire il devient plus dense, membraneux et cellulo-fibreux , caractèrei> qu'il conserve sur la pie-mère spinale.
L'élément vasculaire est représenté par des divisions artérielles et veineuses anastomosées entre elles. Sur la partie supérieure de l'encéphale, le réseau sanguin de la pie-mère est si développé , qu'il masque presque entièrement le tissu conjonctif ; celui-ci ne peut être distingué s'il n'a été préalablement insufflé. Inférieurement, au contraire, et surtout en arrière, le réseau perd une grande partie de son importance ; ici c'est l'élément lamineux condensé en meudn'ane qui devient prédominant.
LIQUIDE CËPHALO-KAGHIDIËN. SS
Les artères et les veines ne concourent pus dans une proportion égale à la formation de la pie-mère. Les veines sont plus nombreuses et plus volumineuses. Elles n'accompagnent pas les artères dans leur trajet. Celles-ci s'appliquent à la surface de rencéphale, dont elles suivent toutes ks ondulations. Il en est de même pour quelques veines. Mais les plus importantes, en général rectilignes, ne répondent qu'aux parties saillantes : telles sont celles, par exemple, qui rampent sur les hémisphères cérébraux au voisinage du sinus longitudinal supérieur.
La pie-mère est dépourvue de vaisseaux lymphatiques. Parmi les faits invoqués pour démontrer l'existence de ces vaisseaux, aucun ne peut être accepté comme réellement concluant.
Cette membrane possède des nerfs assez nombreux, qui suivent le trajet des artères en s'anastomosant et en formant des plexus. Ils tirent leur origine de la portion céphalique du grand sympathique, et plus spécialement
du plexus carotidien. Leur mode de terminaison est encore inconnu.
Quelques divisions ont pu être suivies jusque sur les ramuscules qut
pénètrent dans l'encéphale.
La pie-mère remplit deux usages très-diiïérents : 1" elle distribue au
centre encéphalo-médullaire le sang nécessaire à sa nutrition et au libre
exercice de ses fonctions, en le tamisant en quelque sorte, de manière
à ne le laisser pénétrer dans son épaisseur ((u'à l'état de courant capillaire ;
i* elle préside à la sécrétion du li((uidc céphalo-rachidien.
AiniCLE IV
LIQUIDE CÉPHALO-RACniDlEN
Le volume de Taxe cérébro-spinal est moins considérable que la capacité de son enveloppe fibreuse. Entre le centre encéphalo-médullaire et la dure-mère, il existe donc un intervalle. Cet iiitenalle est rempli par le liquide céphalo-rachidien (jui forme une couche plus épaisse sur certains points, plus mince sur d'autres, mais partout continue, s'étendant de la voûte da cn\ne à rexlrémité inférieure du rachis.
Ce liquide a été découvert en 1764 par Cotugno, qui l'a envisîigé sous ses divers aspects et qui a réuni dans un long et très-intéressant travail tous les faits relatifs à son étude (1). C'est sur le cadavre humain (fu'il a constaté son existence. On pouvait lui objecter ({u'il se produit après la mort. Cependant, de l'ensemble de ses observations et des savantes considérations auxquelles il se livre, Cotugno n'hésite pas à conclure qu'il existe normalement. Mais il ne put le démontrer d'une manière explicite, et laissa
(i) Cotugno, Ùe iêchiade nervo$a commenlarius. Neapoli, i7dl. Ci» mémoire est rcproémiin extenso dans Touvrage de Sandifort, Thés, disserl.y t. H, 1767, p. 407 et suiv.
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M NÉVROLOGIE.
ainsi dans sa découverte une lacune que Magendie condda en 1825. Cet auteur institua alors une série d'expériences faites sur des mammifères et plus particulièrement sur des chiens ; elles lui permirent de reconnaître que le liquide céphalo-rachidien existe autour de Tencéphale et de la moelle, non-seulement après la mort, mais pendant toute la durée de la vie.
a. Siège. — Nous avons vu que ce liquide est situé entre la pie-mère et le feuillet viscéral de Farachnoïde. Les ventricules de Tencéphale en contiennent aussi, mais une très-minime quantité.
Le liquide sous-arachnoïdien communique avec le liquide intra-ventriculaire par un orifice très-manifeste, qui répond à la partie la plus élevée du confluent postéro-inférieur, au point le plus déclive du quatrième ventricule. Pour obsener cet orifice, il suffit de soulever le bulbe rachidien ; on le voit alors s'ouvrir largement, et Ton remarque qu'il est limité : en avant, par le bec du calamus scriptorius; en arrière par le vermh infe- {'10 r ; de chaque côté, par une lamelle fibreuse qui s'étend du bulbe rachidien au cervelet et qui forme une dépendance de la pie-mère. Dans cet état de dilatation extrême, il est formé de deux moitiés angulaires qui s'écartent à la manière des mandibules d'un oiseau.
Le confluent postéro-inférieur forme donc le trait d'union, non-seulement des liquides périencéphaliques et périmédullaires, mais aussi des liquides iiilra- et extra-venlriculaires : que le licpiide céplialo-rachidien oscille de haut en bas et de bas en haut, ou bien de dehors en dedans et de dedans en dehors , dans l'un et l'autre cas c'est ce confluent qui repréî:ente en quelque sorte le centre du mouvement.
/>. QuaniiUK — Ce licpiide n'est pas également abondant chez tous les sujets. Sur vingt cadavres chez lesquels Cotugno l'a recueilli, sa (luantité a varié de quatre à cinq onces (1:25 à 150 grammes)* Elle s'élèverait par conséquent en moyenne à UO graimnes, mais serait moins considérable selon Magendie, qui l'estime à 03 grammes seulement.
Le liijuide céphalo-rachidien est soumis, du reste, dans son exhalation, ji l'influence d'un très-grand nombre de causes qui viennent en modifier les proportions. Si l'encéphale s'hypertrofdiie, il est en partie résorbé ; si cet oi^ane s'atrophie, il est exhalé au contraire en plus grande abondance. Aussi remarquc-t-on que sa quantité est en raison directe de l'àgo. J'ai vu, chez quelques vieillards, le liquide intra-cr;\nien former une couche si épaisse, qu'après son écoulement il existait entre le cerveau et la voûte crânienne un intenalle d'un centimètre, un centimètre et demi, et même plus considérable encore.
Mais ce n'est pas seulement à la suite de l'atrophie sénile ou morbide que ce licpiide augmente de quantité. II s'accroît également à la suite de toutes les maladies aiguës ou chronicjues assez longues pour produire un amaigrissement notable. L'encéphale alors participe à cette réduction de