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LIQUIDE CÉPHALO-RACHIDIEN

volume comme tous les autres organes \ essentiellement loniposés de substances grasses, les tubes qui forment le substance médullaire en perdent aussi une partie d'autant plus importante que Témaciation générale est plus grande, et à mesure que la masse encéphalique diminue de volume, le liquide céphalo-rachidien devient plus abondant.

De Faction isolée ou combinée de toutes ces causes, il suit que sa quantité doit varier et varie en effet considérablement. Elle peut atteindre dans quelques cas 200, 250, 300 grammes, et peut monter même jusqu*à 372 grammes, ainsi que Fa constaté Magendie.

c. Composition chimiqtie. — Le liquide céphalo-rachidien offre la fluidité et la transparence des liquides séreux. Il est alcalin, de ss^veur salée, et présente, selon M. Lassaigne, la composition suivante :

Eau •. 98,r)0l

Albumine • 0,088

Chlorure de sodium et de potassium 0,801

Osmasome 0,47i

Matière animale et phosphate de chaux libre 0,03()

Carbonate de soude et phosphate de chaux 0,017

D'après M. Couerbe, i\ contiendrait en outre de lu cholcstériiie, de la cérébrote, des sels de potasse et de magnésie.

d. Source. — Quelques auteurs ont pensé (|ue le liquide céphalo-rachidien était exhalé par Tarachnoide. Selon Cotugno, Haller, Magendie, Longet, il aurait au contraire sa source dans la pie-mère. Je me range à celle dernière opinion, en faveur de lacpielle on peut invoquer à la fois l'anatomie, la physiologie et la pathologie. — \° I/analomie : car elle nous enseigne que Tarachnolde ne jiossède aucun vestige de vaisseaux ; or, tout liquide exhalé ou sécrété émane des capillaires, et puisque cette membrane en est dépourvue, elle ne peut être considérée comme la source du liquide sous-arachnoldien. — 2" La physiologie expérimentale a permis de reconnaître que chez Tanimal vivant, en mettant la pie-mère à découvert, il s*en exhale une certaine quantité de liquide. — 3" A la suite des fractures compliquées de Técoulement du liquide céphalo-rachidien ,* les malades perdent quelquefois des quantités excessives de ce liquide; or, ils ne peuvent en perdre autant que parce que celui-ci se renouvelle incessamment et avec rapidité ; cette rapide reproduction se comprend facilement si le liquide vient de la pie-irtère ; elle ne s'explique plus si Ton en place le point de départ dan^^ une membrane privée de vaisseaux.

e. Destination. — Le liquide céphalo-rachidien concourt avec les méninges à proléger Taxe encéphalo-médnllaire. La part qu'il prend à celte protection est considérable et se manifeste dans plusieurs conditions très* différentes, qui permettent de lui reconnaître ((uatre usages.

Si) NÉVKOLOGlb:.

Premier maye. — Ce li(|iiiile entoure l'axe cérébro-spinal comme les eaux de lamnios entourent le fœtus. 11 Téloigne ainsi des parois du crâne, diminue son poids, et le protège contre Tinfluence des contre-coups dont il prévient ou amortit les fâcheux effets.

Deuxième usage, — Lorsque rencéphale s'atrophie dans la vieillesse, lorsqu'il maigrit pendant le cours d'une longue maladie ou par toute autre cause, le liquide céphalo-rachidien comble le vide qui tend à se produire ; il protège alors cet organe en fîivorisant son libre retrait.

Troisième usage. — Il met l'encéphale à l'abri des compressions qm tendent à se produire lorsqu'une plus grande quantité de sang pénètre dans le crâne. Or, cette quantité augmente chaque fois que le ventricule gauche se contracte ; elle augmente également au moment de l'expiration. Voyons ce qui se passe dans l'un» et l'autre cas.

Pendant la systole ventriculaire, les artères se remplissent et tous les organes reçoivent une ondée sanguine; l'encéphale, qui est le plus volumineux, est aussi celui qui reçoit l'ondée la plus forte. Or, les liquides étant incompressibles et les parois du cn\ne étant d'ailleurs inextensibles, une plus grande abondance de sang ne pourrait |)énétrer dans cette cavité, si elle était hermétiquement close, qu'à la condition de comprimer l'encéphale et de réduire proportionnellement son volume. Mais la cavité est ouverte infèrieureinent ; le liquide sous-arachnoïdien s'échappe par cette issue, pour cèdeï* sa place à l'ondée sanguine : plus il entre de sang, plus il sort de sérosité. La somme de licjuide contenue dans la cavité osseuse ne varie donc pas. et l'encéphale, par conséquent, ne subit aucune compression. — Pendant la diastole, des phénomènes inverses se produisent. Il entre moins de sang dans la cavité crânienne ; un vide tend à se produire : par suite de cette tendance au vide, le liquide céphalo-rachidien remonte et reprend sa place primitive. Sous l'influence des contractions cardiaques, il se porte donc du crâne dans le rachis et du rachis dans le crâne, oscillant ainsi 70 à 75 fois par minute.

Pendant l'expiration , le sang reflue dans les veines. Ce mouvement de reflux s'étend de proche en proche jusqu'à l'encéphale, en sorte que le crâne contient alors une plus grande quantité de sang veineux. Celui-ci devenant plus abondant, la sérosité sous-arachnoïdienne lui cède également sa place en fuyant vers le rachis. — Pendant l'inspiration, le sang est aspiré par le thorax ; les veines se désemplissent, et une tendance au vide se produit dans la cavité crânienne. Sollicité par cette tendance, le li(|uide céphalo-rachidien remonte vers l'en^féphale qui reste ainsi soumis à une pression constante ou uniforme.

Deux causes impriment donc au liquide sous-arachnoïdien un mouvement d'oscillation : les contractions du cœur gauche d'une part, la dilatation et le resserrement' alternatif de la cavité thoracique de l'autre.

UQUIDE CÉPHALO-RACHIDIEN. :Yé

Ce roouvemeiU est plus faible dans le premier cas, plus arrusé dans le second. Il alteinl son maximum d'intensité lorsque les deux causes coïncident dans leur action.

En passant du crâne dans le canal rachidien, le liquide obéit à une force unique, la pression sanguine qui Tcxpulse d'une cavité devenue insuffisante. En refluant du rachis vers le crâne, il obéit à deux forces: à une force d'aspiration qui a son siège dans cette cavité, et a une force impulsive représentée par l'élasticité de la dure-mère spinale. Ce double mouvement du liquide sous-arachnoidien est démontré :

1* Chez le nouveau-né, par le jeu de la fontanelle antérieure, qui se soulèTe pendant la systole ventriculaire et l'expiration, la quantité de sang qui pénètre dans le crâne augmentant; qui se déprime au contraire pendant la diastole et l'inspiration, cette quantité diminuant.

2" Chez les individus affectés d'hydrorachis, des phénomènes analogues reproduisent : la tumeur présente un mouvement d'expansion lorsque la sérosité sous-arachnoïdienne descend dans le rachis, et un mouvement de retrait lorsqu'elle remonte dans le crâne.

3'E^fin la physiologie expérimentale complète la démontration : en mettant un tube qui contient une certaine quantité d'eau colorée en communication avec la sérosité sous-arachnoïdienne, au niveau de la colonne lombaire, on voit, au moment de la systole ventriculaire et de l'expiration, le liquide coloré s'élever dans le tube, la sérosité sous-arachnoïdienne refluant alors dans le rachis, et descendre au contraire pendant la diastole et l'inspiration, cette même sérosité remontant vers le crâne.

Par suite des variations alternatives d'^ sa masse sanguine, l'encéphali» semble s'élever et s'abaisser tour à tour. Un grand nombre d'auteurs ont admis ces mouvements d'élévation et d'abaissement comme réels. Pour d'autres, l'encéphale ne se meut pas; il éprouverait seulement une sorte de turgescence au moment où il est pénétré d'une jilus grande quantité de sang, et de retrait au moment où il en reçoit moins, l^onget a très-bien établi: 1** que les mouvements de locomotion sont seuh^ment apparents; t que les mouvements de turgescence et de retrait n'ont |)as leur siège dans la masse encéphalique, mais dans les vaisseaux qui rentourent, c'està-dire dans la pie-mère. Le centre nerveux, en effet, ne reçoit (jue des capillaires ; or, nous savons que dans ces vaisseaux le sang coule d'un mouvement uniforme ; leurs parois ne se comportent pas comme celles des ^-aisseaux plus considérables qui se» dilatent, puis se rétrécissent sous l'influence du mouvement saccadé du s|ng. L'encéphale ne peut donc présenter aucun phénomène d'ampliation et de retrait, phénomènes auxquels le liquide céphalo-rachidien est destiné à le soustraire, et auxquels d'ailleurs sa texture si délicate ne saurait se prêter ; ils se passent exclusivemcMit dans son enveloppe vasculaire, et ne sont du reste que la répétition, sur une plus grande échelle, de ce qui a lieu dans toutes les autres parties du

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rorps. Seulement dans celle-ci le mouvement d'expansion est en quelque sorte latent, par suite de la dissémination des vaisseaux dans les divers points de leur épaisseur, tandis qu'ici il est concentré sur la surface du centre nerveux et ainsi beaucoup plus accusé et plus évident.

Quatrième usage. — Enfin le liquide céphalo-rachidien a encore pour usage de proléger la moelle épinière. Il la protège comme Tencéphale, mais par un mécanisme un peu différent. Pour soustraire celui-ci à la compression dont il est menacé par l'afflux plus considérable du sang, il se précipite vers le rachis. Pour mettre la moelle à l'abri de la compression à laquelle elle se trouve exposée pendant les mouvements de la colonne vertébrale, il se dérobe aussi; seulement, au lieu de fuir dans une seule direction, il fuit dans tous les sens, en haut, en bas, en arrière, de manière à former une couche de plus en plus mince, à mesure que la moelle épinière se rapproche du centre de courbure.

ARTICLE V

GKAÎSIXATIONS MÉNINGIENNKS

Les granulations méningiennes, ou glandes de Pacchioni, sont des corpuscules situés dans Tépaisseur des enveloppes de l'encéphale ou dans leurs intervalles. C'est principalement sur le bord supérieur des hémisphères cérébraux, de chaque côté de la scissure interhémisphérique, qu'on les rencontre. Quelques-unes, beaucoup plus clair-semées et dont l'existence n'est pas constiuite, se voient à l'extrémité antérieure du cervelet, autour de l'embouchure des veines de Galien, sur le trajet des sinus latéraux et sur plusieurs autres points très-variabies de la périphérie du cerveau, chez les individus parvenus à un âge avancé.

La plupart de ces granulations offrent les dimensions d'un grain de millet. Mais il en est qui atteignent le volume d'une lentille, et même un diamètre plus considérable encore.

Leur forme est sphérique. Celles qui excèdent les dimensions ordinaires sont aplaties et limitées par un contour circulaire ou ovalaire.

Leur consistance est assez ferme. Saisies entre la pulpe des doigts et comprimées, elles offrent une certaine résistance à la pression. Quelquesunes résistent même complètement à cette pression et atteignent une dureté comparable à celle de la craie.

Leur couleur, d'un blanc grislltre et terne, rappelle celle de la substance grise du cerveau.

Leur nombre est fort difficile à déterminer par suite des variations trèsgrandes qu'il présente. Nous savons seulement qu'il augmente en raison directe de l'Age. Nulles chez le fœtus, à peine apparentes chez l'enfanl,

GRANULATIONS MÉNTN6IENNES. ;i9

elles prennent des dimensions plus considérables et commencent à se multiplier chez l'adulte ; puis deviennent plus volumineuses et plus abondantes encore chez le vieillard. M. Faivre, qui a tenté de faire le dénombrement des, granulations méningiennes, a pu en compter 250 chez un homme de trente ans, et plusieurs centaines chez un autre de quarante ans. Leur nombre total, chez les individus plus âgés, s'élèverait, en moyenne, à 500 ou 600, selon le même auteur.

En se développant et se multipliant elles se rappprochent et forment des groupes dont le diamètre peut atteindre jusqu'à 0 millimètres.

En même temps qu'elles augmentent de nombre et de volume, elles subissent une migration fort remarquable. Situées d'abord dans l'épaisseur du feuillet viscéral de l'arachnoïde, elles font saillie sur la surface libre de ce feuillet, s'appliquent alors à la dure-mère qui s'amincit et s'éraille sur le point correspondant, s'engagent plus tard dans cette éraillure et se comportent ensuite difTéremment. — Celles qui ré|)ondentau sinus longitudinal supérieur se logent dans l'épaisseur de ses parois, au-dessous de sa tunique interne; souvent elles soulèvent celle-ci pour s'en former un pédicule et flottent alors dans la cavité du sinus. — Celles qui répondent aux parois osseuses se creusent une sorte de nid dans la couche la plus externe de l'enveloppe fibreuse.

Mais le plus habituellement on remarque de chaque côté de la suture sagittale, sur la face externe de la dure-mère, des saillies veineuses arrondies ou ovoïdes dont le volume varie de celui d'une tète d'épingle à celui d'une amande; or, au niveau de ces saillies, les fibres de la dure-mère jîonl laidement dissociées et en grande partie détruites. Les granulations méningiennes , en vertu de la force ascensionnelle dont elles semblent douées, s'engagent donc sans difficulté aucune dans l'épaisseur de ces saillies veineuses lorsqu'elles les rencontrent sur leur trajet ; c'est pourquoi au centre de chacune il en existe souvent une ou plusieurs ; c'est pourquoi aussi ces saillies ont été considérées jusqu'à présent comme une dépendance des granulations méningiennes, ou plutôt comme ces granulations elles-mêmes parvenues à la dernière phase de leur développement : opinion bien erronée et cependant universellement acceptée.

Les granulations méningiennes et les saillies veineuses de la dure-mère sont en effet deux productions séniles de nature très-différente. — Les granulations se composent d'une trame de tissu conjonctif amorphe trèsserrée, à laquelle se mêle une assez grande quantité de matière inorganique constituée par du phosphate de chaux, du carbonate de chaux et de la silice; on n'y trouve aucun rudiment de vaisseaux. — Les saillies veineuses sont formées par des veinules dilatées, anastomosées, que relient entre elles les fibres dissociées de la dure-mère. Ces saillies, dans lesquelles s'ouvrent les veinules méningées environnantes et les canaux veineux des

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OS correspondants, communiquent soit avec les veines qui vont s'ouvrir dans le sinus longitudinal, soit directement avec le sinus. Ce sont elles surtout qui minent le tissu osseux, qui produisent sa résorption à des profondeurs plus ou moins grandes, et qui se creusent dans les parois du crâne une loge en rapport avec leur forme et leurs dimensions. Elles diffèrent donc des simples granulations par leur nature, par leur siège et par leur mode d'évolution. Elles n'en diffèrent pas moins par le volume considérable qu'elles peuvent prendre et par les graves conséquences qu'elles entraînent alors. Les granulations conservent toujours de très-petites dimensions. Les saillies veineuses, au contraire, ^tendent sans cesse à se développer ; elles sont le point de départ des tumeurs fongueuses de la dure-mère dont l'accroissement est indéfini.

Les unes et les autres, d'ailleurs, ne coïncident pas toujours. On observe assez souvent dans l'épaisseur des couches les plus externes de la dure-mère des granulations autour desquelles il n'existe aucun vaisseau. Plus souvent encore on voit des saillies veineuses qui ne contiennent aucune granulation ; c'est ce qui a lieu lorsqu'elles sont plus ou moins éloignées de la gouttière sagittale. Breschel, (\m a fait une étude spéciale de l'influence qu'exercent ces tumeurs sur les parois du crj\ne, avait déjà constaté qu'elles attaquent non-seulement les pariétaux, mais les frontaux, l'occipital, et même la portion pierreuse du temporal. Sur deux crânes qu'il avait recueillis pour cette étude, tous ces os sont comme criblés, sur leur face interne, d'excavations à contours irréguliers et taillées à pic. Sur tous deux, la plupart des sutures ont disparu et témoignent, par conséquent, de l'âge avaiué des individus auxquels ils ont appartenu.

De toutes ces considérations, nous pouvons donc conclure que les granulations méningiennes diffèrent essentiellement des tumeurs veineuses de la dure-mère. Elles n'offrent qu'un seul caractère qui leur soit commun avec ces dernières : c'est de déterminer aussi l'érosion des os dans la période ultime de leur développement.

L'origine de ces granulations est fort obscure. Elles ont été considérées par Ruysch comme un simple dépôt de molécules graisseuses, erreur que réfute l'examen microscopique ; par quelques auteurs, comme des ganglions lymphatiques, et par PaccJiioni comme des glandes dont le conduit excréteur allait s'ouvrir dans le sinus longitudinal: hypothèses qu'aucun fait ne justifie et qui méritent à peine d'être mentionnées.

M. Faivre rattache leur production au liquide céphalo-rachidien dont les principes inorganiques, en se précipitant, se mêleraient au tissu conjonctif. On pourrait admettre sans doute que les sels calcaires, en devenant plus abondants, par suite de la raréfaction troissante du tissu osseux, se déposent dans le tissu cellulaire, sous l'influence de ce grand mouvement de décomposition qui s'empare de tous nos organes vers le déclin de la vie, et que les granuhations méningiennes sont l'un des caractères ou plutôt

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l'un des résultais par lesquels se manifeste la (légénéresrence sénile. Mais alors pourquoi les granulatiQUs méningiennes se montrent-elles presque exclusivement sur le même point?

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