ÉTENDUE ET LIMITES DE LA PEAU
Hos peintres et nos statuaires n'ont pas toujours été assez lieureux pour temr compte de cette différence ; et parmi les plus grands artistes de l'antiquité, il n'en est aucun peut-être qui soit tout à fait exempt de ce reproche.
La grande difficulté, du reste, n'est pas d'exprimer la conformation extérieure du corps telle que le cadavre nous la présente, mais de la reprodoire avec toutes les variétés que lui impriment nos diverses attitodes. Or, pour une attitude donnée, il n'y a jamais qu'un certain nombre de muscles qui se contractent et qui viennent alors se dessiner sous la peau ; les autres s'effacent plus ou moins. Nos formes, par conséquent, 5e modifient dans leur contour, presque autant que la physionomie dans son expression, et par le même mécanisme, c'est-4i-dire par le jeu des organes cachés sous l'enveloppe tégumentaire.
2* tâ^mém^ ■■perflelcUe 4e la pcM. — Elle est un peu plus grande que la3ur&ce du corps. Sur plusieurs points, en effet, la peau se prolonge au delà des parties qu'elle [ecouvre, puis se réfléchit et s'applique alors àelle- 0iéme. Telle est sa disposition sur la périphérie du pavillon de l'oreille dont elle accroît ainsi le plissement et la surface ; telle est sa disposition également à l'entrée des narines, où elle forme un repli circulaire ; à l'entrée du vagin, où elle décrit un double repli angulaire qui constitue les grandes elles petites lèvres; sur le glandy qu'elle protège en le couvrant d'un repli cyh'ndrique ou conolde, et sur la racine des ongles, qu'elle entoure d'un repli parabolique. Des replis analogues se trouvent chez la plupart des vertébrés, où on les voit se diversifier à l'infini. Ils peuvent être considérés, pour le sens du tact, comme autant de moyens de perfectionnement. Leur existence dérive de cette loi générale, déjà signalée, en vertu de laquelle la nature multiplie d'autant plus les sources de la sensibilité dans un organe, que celui-ci est plus éloigné du centre de l'économie et plus exposé à l'injure des corps extérieurs.
Au niveau de la racine des doigts et des orteils la peau ne se replie pas, nisàîs se prolonge simplement dans leur intervalle, celle de la face dorsale s*a.dos8ant à celle de la face opposée, pour les unir à leur base, comme elle les unit chez les palmipèdes dans toute leur longueur. Ce second mode d'agrandissement atteint sa plus haute expression chez la chauvesouris, dont les membres thoraciques, essentiellement membraneux, représentent chacun une large rame, et chez les galéopithèques, qui, en rapprochant ces deux rames, s'en forment une sorte de parachute.
Chez l'homme la superficie de l'enveloppe tégumentaire a été jus-
qvt^ki assez vaguement déterminée. Deux procédés bien différents peuvent
conduire à cette détermination. Dans l'un, on compare la tête à une
splière; le cou, le tronc et les membres à autant de cylindres; et l'on
évalue leur étendue superficielle d'après les données de la géométrie.
Dans l'autre y on détache le tégument externe, on le cloue sur une table en lui conservant exactement sa longueur et sa largeur ; puis, après sa complète dessiccation, on le découpe et l'on en rassemble toutes les pièces sur un pian d*un mètre carré. Désirant connaître la valeur relative de ces deux procédés, j'ai mis en usage l'un et l'autre sur le même individu, et j'ai pu constater qu'ils donnent des résultats à peu près identiques. Le procédé géométrique étant le plus expéditif et suffisamment approximatif, on peut lui donner la préférence. Je l'ai appliqué sur six sujets du sexe masculin et de corpulence moyenne, dont la taille a varié de 1 -,60 à 1 ",65.
La tête représentant un sphéroïde irrégulier, je me suis d'abord attaché à déterminer la circonférence de l'un de ses cercles de moyenne grandeur, que j'ai trouvé égal à 0"',63 ; en prenant le tiers de cette circonférence, j'avais le diamètre moyen de la tète ; et comme la surface d'une sphère a pour mesure son diamètre multiplié par la circonférence de l'un de ses grands cercles, il ne me restait plus qu'à multiplier ces deux termes l'un par l'autre pour évaluer la superficie de l'extrcmité céphalique en centimètres carrés. — Passant ensuite au cou, au tronc, aux membres, aux orteils et aux doigts, j'ai successivement mesuré leur hauteur et leucr* circonférence ; or, chacune de ces parties étant comparable à un cylindre ^^set la surface convexe de celui-ci étant égale à sa hauteur multipliée par Is circonférence de l'une de ses bases, je procédai avec la même facilité i l'évaluation de leur étendue. J'ai ainsi obtenu pour Texpression de la su perficie moyenne :
r.car.
De la iôte '. 1323
Du cou 340
Du tronc 4346
Du membre inférieur 2758 X 2 ou 5516
Du membre supérieur 1779 x 2 ou 3558
Du scrotum, du périnée et du pénis 214
Des deux pavillons de l'oreille 62
Total 15359
La superficie totale de l'enveloppe cutanée chez l'homme de stature e de corpulence moyennes s'élève donc à 15000 centimètres carrés, e dépasse même un peu cette étendue. Étalée et découpée de manière i for mer une surface régulière, la peau recouvre en d'autres termes un plai — *^ d'un mètre de largeur et d'un mètre et demi de longueur. Ea ayant éganc— ^ aux anciennes mesures, elle représenterait une surface de quatone pied^^ ^^ carrés environ. Lorsque la taille est plus élevée et le système musculaires^"''** ou le système adipeux plus développé, cette surface peut atteindre 2 m carrés, et s'étendre bien au delà de cette limite chez certains individus d'u embonpoint exceptionnel. — Dans le sexe féminin, d'après les que j'ai prises sur trois femmes de taille moyenne, elle serait de 11