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ÉTENDUE ET LIMITES DE LA PEAU

centimètres carrés en chiffre rond : d'où il suit qu'elle varie d'un sexe à l'autre dans la proportion d'un quart.

Une aussi vaste surface suffirait pour nous rendre compte des déperditions abondantes qui se font par la peau. Ces pertes, il est vrai, sont extrêmement variables, comme celles du reste qui ont lieu par la muqueuse respiratoire et par les reins. Mais l'observation nous a appris que dans l'espace de vingt-quatre heures elles s'élèvent en moyenne à 2700 grammes. Or, sur ces 2700 grammes de liquide, 1200 environ sont éliminés par les reins, 1000 par la surface cutanée et 500 par les poumons ; l'appareil urinaire et le tégument externe sont donc les deux grands émonctoires de l'économie. En hiver et dans les climats froids, c'est l'action du premier qui l'emporte ; en été et dans les climats chauds, celle du second devient prédominante ; la quantité d'eau qui n'est pas rejetée par l'un est rejetée par l'autre. Liés entre eux par la plus étroite solidarité, ils se suppléent et se complètent réciproquement.

lilaOtM de la pean. — Elles n'ont été que très-imparfaitement dé- C erminées. Les anatomistes se contentent d'avancer que le tégument externe, SLVL niveau des orifices du corps, se continue avec l'interne.

Hais la ligne de démarcation peut être précisée davantage. Dans ce but, il convient de diviser les orifices du corps en deux groupes, dont l'un <iomprend : l'orifice buccal et l'orifice uréthral; l'autre l'orifice palpébral, l*orifice nasal, l'orifice vulvaire et l'orifice anal.

Or, les orifices du premier groupe sont revêtus exclusivement par la ^^uqueuse correspondante. La peau ne prend jamais aucune part à leur ~ Constitution. C'est ce qui a lieu surtout pour la muqueuse uréthrale, qui ciéborde l'orifice de l'urèthre et qui s'avance jusque sur la couronne du ^land, en arrière duquel elle se continue avec son enveloppe cutanée : t-oute la partie des téguments qui répond au gland appartient donc au Système muqueux; toute celle qui revêt la face interne du prépuce appartient à la peau, et le nom de muqueuse prépuHale que lui donnent beaucoup d'anatomistes ne saurait lui convenir.

Les orifices du second groupe sont recouverts au contraire en totalité par la peau, qui se déprime pour se porter à la rencontre du système mu* t|ueux. Déjà nous avons constaté qu'elle se comporte ainsi à l'entrée des Marines; elle se comporte de même sur l'orifice anal et sur la vulve> où le t^ggument externe se prolonge jusqu'à l'extrémité antérieure du vagin. Le txom de muqueuse vulvaire, sous lequel la plupart des auteurs désignent les téguments qui recouvrent les grandes et les petites lèvres, n'est donc plus acceptable; il rappelle une erreur que Tanatomie réfute très-nettenient : par leurs papilles, par leurs glandes sébacées et sudorifères, par le^ur derme ces téguments se distinguent de toutes les muqueuses et ne diffèrent nullement des autres dépendances de l'enveloppe cutanée.

§ 2. — Épaisseur, résistance, élasticité de la peau.

1* ÉpaiMenr. — L'épaisseur de la peau diffère beaucoup pour les divers points de son étendue. C'est dans la partie profonde du conduit auditif externe qu'elle se réduit à sa plus simple expression ; sur la membrane du tympan, la peau n'est même plus représentée que par sa couche épidermique. Elle reste extrêmement mince aussi sur les paupières. Elle l'est un peu moins sur le pénis, et moins encore sur le pavillon de l'oreille.— Les régions les plus exposées aux pressions et aux violences extérieures sont celles sur lesquelles elle offre la plus grande épaisseur. Pour constater ce fait, il suffit de comparer la peau de la plante des pieds et de la paume des mains à celle de leur face dorsale, la peau de la partie postérieure du cou et du thorax à celle de leur partie antérieure, les téguments du crâne à ceux de la face, etc. Les points qui donnent attache à de nombreuses fibres musculaires sont remarquables également sous ce rapport ; ainsi s'explique la plus grande épaisseur de la peau du sourcil, de l'aile du nez et de la lèvre supérieure. — Selon la plupart des auteurs, le tégument externe sur les membres serait plus épais aussi en. dehors qu'en dedans, et du côté de l'extension que du côté de la flexion ; mais ces dernières différences sont peu sensibles.

Considérée sous un point de vue absolu, l'épaisseur de la peau varie d 1/3 de millimètre à 4 millimètres. C'est seulement sur la partie posté rieure du cou et supérieure du dos qu'elle atteint cette dernière limite chez quelques individus fortement constitués. Sur la plus grande parti du corps elle oscille, suivant les régions, de 1 à 3 millimètres.

2^ B^lstanee, éiantieifé. — Ces deux propriétés sont Tune et l'autr extrêmement développées dans le tégument externe. Aucun tissu ne 1 réunit à un degré aussi remarquable.

La résistance de la peau peut être comparée à celle des aponévroses^ Pour en apprécier toute l'étendue, il importe de l'isoler, c'est-à-dire de Is. séparer de l'élasticité qui la masque en partie. Le procédé à mettre en usage pour atteindre ce résultat consiste à la découper en bandelettes* d'une longueur déterminée et d'une largeur variable. Celles sur lesquelles j'ai fait mes expériences avaient une longueur de 3 centimètres et une hrgeur de 2 à 10 millimètres ; elles se perdaient par chacune de leurs extrémités dans un lambeau d'une certaine étendue que je flxais en le pinçant fortement entre les deux mâchoires d'un élau ; à l'autre, je suspendais un poids progressivement croissant, qui a pour premier résultat d'allonger la bandelette jusqu'aux limites extrêmes de son élasticité, et de la transformer en une sorte de petit tendon. Mise alors en pleine lumière, la résistance de l'enveloppe cutanée peut être mesurée avec précision.

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