‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 3)Chapitre 149 sur 223 · KC · texte numérisé non relu

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GLANDES SÉBACÉES. ' 611

j)oils sont superposés, lustrés et brillants. Dans Tctat de maladie, ils deyienuent secs, ternes et se hérissent sur certains points.

Chez les oiseaux, ces î^landes font défaut à la base des plumes; mais elles sont rassemblées en un petit groupe au-dessus des vertèbres coccy- ^ennes ; et c'est là que lanimal puise la matière sébacée qu'il répartit ensuite avec son bec sur toute la surface du corps.

Kystes sébacés, — Lorsqu'un poil se détache, il s'en reproduit un autre ^ui ne tarde pas à franchir Torifice du follicule pileux. Mais il arrive «quelquefois qu'avant sa sortie la matière sébacée s'altère au niveau de cet orifice. Elle prend alors une couleur noire et une dureté qui lui permettent de jouer le rôle d'agent obturateur. Quelquefois aussi l'embouchure du follicule s'oblitère réellement. La sécrétion de la matière sébacée continuant, celle-ci s'accumule dans la glande, qui se dilate de plus en plus. Ainsi se forment ces tumeurs, ou kystes sébacés^ connues sous les noms de tumeurs foUiculeuseSy de tannes, de loupes, qu'on observe sur toutes les parties du corps, et particulièrement sur le cuir chevelu.

b. Glandes sébacées s ouvrant sur la surface de la peau et donnant

passage à un poil i-vdimentaire.

On ne trouve les glandes sébacées de la seconde classe que sur certaines régions, parmi lesquelles je dois surtout mentionner : le front, les ailes du nez, le pavillon deToreillo, les joues; en un mot, la plus grande partie de la face. A cette classe appartiennent également toutes celles de l'aréole du sein. Il en existe aussi quel({ues-unes, mais plus dair-semées, sur les membres, le tronc et les organes génitaux.

Si elles sont beaucoup moins répandues que les précédentes, par contre <?lles offrent en général un volume plus considérable. C'est à cette classe qu'appartiennent toutes les grosses glandes sébacées.

Plus volumineuses, elles sont aussi plus compliquées. On n'en ren- €:ontre qu'un petit nombre qui soient constituées par un simple utri- ^ule. Le plupart sont formées d'un ou plusieurs lobules : les plus considérables sont multilobées. Tous ces lobes et lobules convergent autour d'une cavité commune ({ui s'allonge à la manière d'un conduit excréteur, et qui s'ouvre à la surface de la peau en s'évasanl légèrement.

Les connexions des follicules pileux avec les glandes sébacées de la seconde classe diffèrent suivant qu'elles sont simples ou composées. — Sur les glandes imilobniées, le follicule répond au pourtour du conduit excréteur. Il décrit une petite courbe ascendante pour l'atteindre, s'ouvre alors dans sa cavité, et se termine en se continuant avec ses parois ; mais le poil de duvet poursuit son trajet, pénètre dans le conduit de la glande, puis en ressort presque aussitôt en traversant son embouchure.

SENS OU UCT.

Sur les ijlandes plus uoinpliquées le follicule pileux se trouve au&ii i|at-I- (]uerois i-ejeté À di-oite ou Ji (fauche du conduit excréteur ; il sGcomjwrte alors comme dans les glandes [iriicÉdcntes. Mais tu plus liabitiiellemçiit il est situé entre deux lobules <iui le dérobent ou partie k la vue. En écartant coux-ci, DU le voit mouler tantôt vcrticakment Inulét obIî(|uement, et s'ouvrir dans lo corps de la glande en se continuant avec Ivs paruis des lobules voisins.

Le Ibllicule pileux anuevé à ces glandes est quelquefoi" double, di.'4|iusitiuu fréquente surtout pour celles de liiréole du sein — Alors même qu'il est unique, leur c^ivîti^ peut cuiilcnir plusieurs poiU : j ai trouTii jus-

u. formé* ffun seul lobe (rrr ftrmplijmé. m e\ l'uKlre iiii cwlain doent de îttAofrp^ ■e, s'ouvrant dans 1h oatiLé du roUiculc pi- '

. I» 'liejiueJLJon d'uriu grappe.

GLANDES SÉBACÉES. 618

qu'à hait, dix et douze poils dans certaines frrosses prinndes do l'aile du

oez. Mais cette multiplicité des poils est un fait pathologique consécutif

à l'oblitération de la glande. Lorsqu'un premier poil est tombé dans sa

cavité, un autre se développe; et cette chute se répétant indéHniment, ils

aujonenlent peu à peu de nombre, au point de former une sorte de petit

pinceau.

De la description qui précède, il ne faudrait pas conclure qu'entre les glandes s'ouvrant dans un follicule et celles qui s'ouvrent sur la surface lie la peau, il existe une ligne de démarcation bien tranchée. Nous avons vu déjà qu'elles sont réunies sur certains points du corps. Or, sur ces mêmes points on trouve des glandes qui établissent une transition insensible des unes aux autres. La transition s'opère de la manière suivante : étant donné un follicule pileux dans lequel s'ouvrent une ou deux glandtiles, la portion qui est supérieure à celles-ci se dilate, tandis que la portion inférieure conserve ses dimensions primitives. La première prend ainsi une importance plus grande; elle tend de plus en plus à s'identifier avec les glandules sous-jacentes pour former avec elles un seul et même otfiàae. La seconde semble au contraire s'atrophier; elle n'est plus qu'un appendice c|^ la précédente. La nature passe ainsi graduellement des unes ^iix autres; et celles, assez nombreuses, qui établissent la transition deviennent souvent difficiles à classer. Bien (|ue la distinction que nous avons admise soit parfaitement fondée, il convient donc de ne pas en exagérer l*importance.

Usages, — En voyant les glandes de la seconde classe n'apparaître que

sur les points où 1.; système pileux se réduit à ses derniers vestiges et

n'existe plus pour ainsi dire, on comprend bien toute leur utilité. Sur ces

points, en effet, la peau reste livrée au contact des corps et aux irritations

de tout genre ; c'est pour la protéger que ces glandes versent Jeur produit

à S51 surface. Sur les régions recouvertes de poils, ceux-ci étant recouverts

eux-mêmes d'une couche de matière grasse suffisent pour les mettre à Tabri

des fâcheux effets de ce contact : aussi dans la plupart des mammifères

font-elles défaut ; ce n'est que sur les parties glabres du corps (ju'on en

découvre quelques-unes. Chez l'homme, elles deviennent plus abondantes,

pa.Tce que la peau est plus nue. Leur destination, au fond, diffère peu de

celles qui s'ouvrent dans les follicules : les unes et les autres protègent

Penveloppe cutanée, celles-ci par l'intermédiaire des poils, celles-là

•.l*wne manière plus directe. Mais pourquoi un poil rudimenlaire esl-ilcons-

B. Glatule sébacée moyenne de l'aile du ne*, composée de trois lobes. — I. FoHicuio pileux. — 2, t. Loho principal \\o lu ii:1andc. —3 et i. Deux autres lobes plus simples»

€. Gronxe glatule sébacée de l'aréole du sein. -- 1, 1. Deux follicules pileux à l'état do vestige. — 2,2. Gros lobe d'une structure tn'îs-complexe. — 3, 3. Autre lobe dont la «tisposition est un peu moins compliquée. — 4. Conduit excréteur de la glande.

D. Cinq glandes sébacées de la caroncule lacrymale. — 1. Follicule pileux de l'une de <?«« glandules. —2. Poil <|uVllo contient. — 3. petits lobubs qui la composent.

tamment annexé à ces glandes? quelle est son utilité? l'euWIre joiift-il le rMe de conducteur à l'égard de la matière sébacée ; peut-Atra ausfi sa présence dans le conduit et rembouchure de ces glandes a-t-elle pour but d'en prévenir l'oblitération ou de la rendre plus rare. On pourrait penser, en outre, qu'il ne figure ici qu'à titre d'indice, nous réTélaul le type commun d'après lequel ont été constituées toutes les glandes sébacées.

r. Glandes sébacées s'ourrant sur la surface delà peau et ne livrant passage à aucun poil.

On n'observe ce troisième ordre de glandes sébacées que sur quelque -^^ points IrèK-limilés : chez l'homme, sur la face interne du prépuce et «-^.^^ arrière de la couronne du gland ; chez la femme, sur toute la surface <^=--j mamelon et au devant de l'entrée du vagin, c'est-à-dire sur le vestibule les petites lèvres.

Celles du prépuce et de la couronne du gland se distinguent su^j^^^ tout par leur rareté et leur grande simplicité. — Sur le mami^lon, ^c^ glandes se rapprochent au point de se toncher, on sorte qu'elles forra ^gj une couche continue qui descend jusqu'à sa base. — Sv les petï, (,, lèvres, elles ne sont pas moins multipliées. Toutes représentent de peL5|„ grappes ; elles ne diffèrent que par le nombre des lobes et lobules c«n. tribuant à les former.

Leur usage est évidemment le même que celui des glandes de la s;, conde classe ; mais il oiïre un caractère plus spécial. Ces glandes versent sur les parties correspondantes de la pe.tu le produit de leur sécrétion,

Fie. 641 . — Claivles aébacéei île la troisiénie cloue.

(I.es tvois glandes que reprêiente c«Ue figure appartiennent au mameloa.}

1. 1. Surrace du mamelon, — 3. Glande sébacée composée de deux lobes, comprenu chacun plusienrt lobules. — 3. Autre glande, composée aussi de deux lobes d'une disposition assez compliquée. — .1. Glandule plus petite et beaucoup plus simple qu« Is précédentes. — 5, 5, b. Conduit par lequel les trois glandes viennent s'ouvrir i là iirface du maraeloa.

GLANDES SÉBACÉES. 615

Bfin (le ies protéger contre l'aclion irritante des liquides avec lesquels elles 56 trouvent le plus habituellement en contact. Ainsi celles du mamelon nrotégent cet organe contre l'action de la salive de Tenfant ; celles du prépuce, contre Faction deTurine; celles de la vulve, contre Taclion des liquides provenant deTutérus et du vagin, et aussi contre Tirritalion qui pourrait résulter de la contiguïté des grandes et des petites lèvres. En lubrifiant Torifice ^iilvaire au moment du coït et de Taccouchement, ces dernières contribuent en outre à faciliter Tunet Tautre.

d. Structure et déreloppement des glandes sébacées.

Les glandes sébacées diffèrent des glandes sudorifères et de presque toutes les autres glandes de l'économie par labseuce d'une men>brane propre. Leurs parois se composent seulement de deux couches ou tuniques : une tunique celluleuse et une tunique épithéliale.

La tunique celluleusey mince, est formée par des fibres de tissu conjonctif qui se groupent en faisceaux. Ces fibres se continuent sur les glandes de la première classe avec celles du follicule pileux, et sur loiites les autres avec celles du derme.

La tuniqtie épithéliale provient de la couche profonde de Tépiderme. Comme cette couche, elle a pour éléments des cellules à contour polyédriqueSy contenant un noyau et des granulations pigmentaires qui entourent celui-ci. A son point de départ, c'est*à-dire au niveau de Temboucjiure de la glande, les cellules, très-nombreuses, se disposent sur plusieurs plans; mais plus bas le nombre de ces plans diminue. La tunique interne, dans sa partie inférieure ou terminale, n'est plus formée que d'une seule couche de cellules. A mesure qu'elle s'camincit, on voit se produire encore une autre modification : aux granulations pigmentaires se mirent des granulations graisseuses, d'autant plus abondantes et plus larges que les cellules répondent à une partie plus voisine des culs-de-sac gla.ndulaires.

Ces glandes sont beaucoup moins vasculaires que celles qui sécrètent la sueur. On ne remarque dans l'épaisseur de leur tunique celluleuse que quelques rares capillaires émanés des vaisseaux voisins du derme, pour celles qui s'ouvrent directement sur la surface de la peau, et des vaisseaux du follicule pileux correspondant, pour toutes les autres.

Développement. — Ces glandes apparaissent vers le troisième ou le quatrième mois delà grossesse. Elles ont aussi pour origine un prolongement de la couche muqueuse de l'épiderme. Ce prolongement, qui pénètre dans le derme, représente un follicule pileux sous sa forme élémentaire ou primitive. Des parties latérales de celui-ci nait presque aussitôt une sorte de bourgeon, d*abord arrondi, lequel ne tarde pas à s'allonger pour ((«sve-

nir piriforme. Les cellules de sa partie centrale se ramollissent alors, s*in m-m wfiltrent de granulations graisseuses, et laissent à leur place une cavité qu mlv jov contient le premier produit de sécrétion de la glande. La cavité, s*allon — m- m «w géant de bas en haut, s'ouvre dans le follicule et se prolonge ensuite dr^ C:» de celui-ci jusqu'à la surface de la peau.

Tels sont les phénomènes qui se passent dans la première période df^ f ^ d leur développement. Dans les suivantes, elles s'accroissent par le méme^ fl^rxim mécanisme, c'est-à-dire par voie aussi de bourgeonnement, de nouveajivr m^^j prolongements partant du premier et se disposant de manière à constituer ^^ mjbt une petite grappe qui se complique plus ou moins, suivant le degré d'évo—<=^ solution auquel ces glandes s'arrêtent ou s'élèvent.

D. — ¥alMieaiix et nerUi dn derme.

a. Artères. — L'enveloppe cutanée reçoit un très-grand nombre d'ar--"^ rlères. Les injections permettent de constater :

!• Que les parties les plus éloignées du centre circulatoire sont aussi let -«^«s plus vasculaires.

2* Que les parties médianes sont en général plus riches en artères qu(^ ^^^ les parties latérales du corps. Cette observation est fondée surtout pour 1^ ' ^^ crâne, où nous voyons les deux occipitales en arrière, les deux frontaleîe «-r^es en avant, s'unir par d'innombrables anastomoses transversales ; elle Tesr ^s 'St aussi pour la face, où les deux faciales se comportent de la même manière. '^^'^• Elle l'est un peu moins pour la région antérieure du tronc, où nous retroii — -^^^^ vous cependant une disposition analogue dans les deux mammaires inter— •'^^ '^' nés d'une part, et les deux épigastriques de l'autre. Mais elle cesse de l'être*'* •**« pour la région postérieure du tronc, dans laquelle viennent se perdre de» -^^^ ^^ artères plus petites et moins nombreuses que celles des régions latérales r ^^s: de là sans doute, en partie, la fréquence des eschares qu'on observe yer^s"^ ^ la partie inférieure de cette région.

3* Autour des grandes articulations, la peau qui correspond au côté de^^ ^-"^ l'extension est beaucoup plus riche en artères et en veines que celle qui ^ ^^! correspond au côté de la flexion ; d*où il suit que le premier est celui qu'il & ^ " importe de choisir pour l'application des agents révulsifs.

4* Les parties les plus riches en papilles sont pourvues également d'un ^^^ plus grand nombre d'artères. A l'appui de cette proposition, il sufBl de ^ rappeler l'extrême vascularilé de la paume des mains, de la plante des ^ pieds, du gland, des lèvres, etc.

Parvenues à la face profonde de la peau, et déjà réduites à une grande Z

ténuité, les artères s'engagent dans les aréoles du derme, les parcourent de bas en haut en passant dans les intervalles des glandes sudorifères auxquelles elles abandonnent d'importantes divisions, mais ne fournissent que

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