DÉVELOPPEMENT DES POILS
tée, de sulfate, de phosphale et de carbonate de chaux. Ils contiennent en outre une certaine quantité de graisse qui provient sans doute des glandes sébacées et qui pénètre dans leur épaisseur par voied'imbibition. Les acides et les alcalis concentrés les dissolvent ; le chlore les blanchit ; divers sels métalliques les colorent comme ils colorent l'épiderme ; Tazotate d'argent les noircit. Exposés à la flamme d'une bougie, ils se consument et brûlent en exhalant une odeur de corne.
3" Développetnent des poils.
Les poils se développent au commencement du quatrième mois de la grossesse. Comme les glandes sudorifères, ils sont représentés d'abord par un simple prolongement de la couche muqueuse de l'épiderme, qui s'enfonce dans le derme. Ce prolongement, cylindrique et arrondi inférieurement, donnera naissance non-seulement au poil, mais aussi à la tunique interne ou épithéliale du follicule. La dépression dermique formera la couche externe ou fibreuse de celui-ci.
Le prolongement qui représente le bourgeon ou le germe du poil se rétrécit d'abord du côté de l'épiderme et s'élargit à son extrémité opposée ; en même temps on voit apparaître, sur le fond de la dépression du derme, le premier rudiment de la papille. — Aussitôt que celle-ci a paru, les cellules du bourçeon, jusque-là confondues en une seule masse, se partagent eu deux groupes : un groupe central qui prend la forme d'un cône plein, à base inférieure ; et un groupe périphérique qui prend celle d'un cône creux superposé au précédent. — Les cellules du cône plein ne tardent par à se partager elles-mêmes en deux groupes secondaires : celles qui répondent à son centre ou à son axe constituent le poil dans son état primitif; les plus superficielles, en se modifiant, forment la couche cornée de la tunique interne du follicule. Les cellules du cône creux ne se modifient pas; elles constituent la couche muqueuse de la même tunique.
Les poils et la gaine qui entoure leur racine ont donc pour commune et unique origine la couche profonde de l'épiderme. Dans la première période de son évolution, le système pileux est recouvert par la couche cornée de celui-ci; dans la seconde, il la traverse. Cette éruption commence vers le milieu de la vie intra-utérine. Les régions sur lesquelles il atteint ses plus grandes dimensions sont les premières envahies: ainsi les poils se montrent d'abord sur le cuir chevelu, puis sur les paupières, et un peu plus tard sur les parties recouvertes de poils de duvet ; — les plus tardifs font leur appiiritiou dans le courant du septième mois, en sorte qu'à la naissance ils ont pris possession de toutes les régions où on lés rencontre.
Devenus libres, les uns s'arrêtent presque aussitôt dans leur accroissement et restent indéfiniment ou momentanément h l'état embryonnaire,
(i48 SENS DU TACT.
lo^s autres continuent de croître jusqu^au moment où ils auront atteint lo terme complet de leur évolution.
Ainsi se développent les poils chez Thomme et les mammifères, et chez tous les oiseaux ; car ceux-ci possèdent aussi des poils.
Quant aux plumes, si différentes des poils lorsqu'elles ont acquis tout l(Mir accroissement, elles en diffèrent, en réalité, très-peu au début de celui-ci- De part et d'autre on observe un follicule du fond duquel s'élève une papille. Chez les mammifères, la papille est recouverte par un poil toujours unique; chez les oiseaux, elle est recouverte par un pinceau de poils. Chez les premiers, la couche cornée de la tunicjue interne du follicule s'arrête à la base du poil ; chez les seconds, elle remonte sur le pinceau de poils cl l'embrasse dans sa cavité, celle-ci estd'abord complétementclose; mais bientôt l'enveloppe cornée du pinceau s'entr'ouvre vers sa partie supérieure ; par cet orifice s'échappe alors tout le pinceau. Puis le contenant et le contenu croissent rapidement en longueur et en épaisseur. Pendant cet accroissement, les poils se disposent à droite et à gauche de la tige cornée pour constituer les barbes de la plume. En même temps leur extrémité profonde est résorbée, et la substance cornée, restée seule inférieuremcnl, affecte la forme d*un canal solide, flexible et transparent.
Les plumes, dans le cours de leur évolution, se comportent donc comme les poils. Si elles en difl'èren» à quelques égards, ces différences ne présentent qu'une importance secondaire : — d'un coté, le poil est unique, de l'autre il est multiple ; — d'un côté il n'est pas entouré par un prolongement de la couche cornée du follicule ; de l'autre il est entouré par ce prolongement, qui prend de grandes proportions, parce qu'il est destiné à jouer le rôle de support ; — d'un côté, le poil conserve indéfiniment ses rapports avec le follicule ; de l'autre, les poils s'en détachent pour rester implantés, en définitive, sur la lige cornée qui d'abord les emprisonnait, e.^ - | qu'à leur tour ils recouvrent en partie Les granulations pigmentaires qu'kV. ss renferment, et auxquelles les barbes de la plume empruntent leurs bri ^-' lantes couleurs, proviennent, comme celles-ci, exclusivement de la couc^ muqueuse de répiderme ; elles ne font pas défaut dans les plumes blanchi mais ne s'y montrent qu'à l'état latent on embryonnaire.
Si i. — Des oncles.
Les otigles sont des productions épidermoïdes dont la conformation » ^ ^^ les dimensions offrent de très-grandes variétés dans le règne animal, ma. .^^ ^'^ qui affectent chez l'homme la forme d'écaillés blanches, élastiques, tran.*^ ^'"^ parentes el comparables, par leur aspect ainsi que par l'ensemble de leur* •"^ propriétés, à des lames de corne.
Ces lames cornées sont enchAssées dans le derme qui revAl la face doi
DERME PÉRI-UNGUÉAL. fi49
sale de la dernière phalange des doigts et des orteils, d'où le nom de phalange tinguéale que lui ont donné quelques zoologistes. Elles ne répondent pas, cependant, à toute la longueur de cette phalange, mais seulement à ses quatre cinquièmes inférieurs, que nous avons vus s'aplatir d'avant en arrière, pour offrir une plus large surface d'appui à la pulpe des doigts. Dans toute cette étendue, la phalange unguéale est séparée de la peau, en avant, par un coussinet adipeux très-épais; mais en arrière, le derme la recouvre immédiatement, se moule sur elle et lui adhère d'une manière intime.
De même que les poils, les ongles nous présentent à étudier : une partie qui joue le rôle d'organe producteur, le derme péri-unguéal ; et une partie produite, ou Vongle proprement dit.
A. Derme péri-unguéaL
Le derme péri-unguéal revêt l'aspect d'une gouttière parabolique, h concavité inférieure, dont un côté descend sur toute la face antérieure de l'ongle, tandis que l'autre répond seulement à la partie la plus élevée de sa face postérieure. On peut lui considérer, par conséquent, trois portions : une antérieure ou longue, appelée aussi derme somunguéal; une postérieure ou courte, derme sm-iingnêal; et une périphérique, formant le fond de la gouttière.
Le derme sous-nnsnéai est vertical, rectilignc de haut en bas, convexe dans le sens transversal. Il remonte jusqu'au tendon par lequel Textédseur des doigts s'attache aux troisièmes phalanges, et répond, par conséquent, à presque toute la longueur de celles-ci.
Sa face antérieure adhère solidement au périoste de cette phalange et surtout à sa moitié inférieure. — Sa face postérieure adhère, d'une manière non moins intime, à la face concave de l'ongle. Elle est blanche dans son tiers supérieur, et rouge dans ses deux tiers inférieurs; une ligne courbe, dont la convexité regarde en bas, sépare ces deux parties, en sorte que la première revêt la figure d'une demi-lune, et la seconde celle d'un rectangle qyi serait échancré en haut pour recevoir la précédente. Cette face est surtout remarquable par la présence de crêtes longitudinales qui toutes naissent de la partie médiane de son extrémité supérieure, et qui s'écartent de ce centre ou de ce pôle commun comme autant de méridiens, suivant la comparaison très-exacte de Henle. Les crêtes médianes descendent verticalement; les autres décrivent d'abord un arc de cercle parallèle au fond de la gouttière du derme, et d'autant plus grand qu'elles sont plus latérales. — Au niveau de la portion blanche ou semi-lunaire, les crêtes font à peine saillie; mais, en arrivant sur la portion rouge et sur toute la longueur de celle-ci, elles offrent beaucoup plus de hauteur et de largeur.
puis se terminent brusquement au niveau du sillon qui sépare la pulp% des doigts du bord libre de l'ongle.
C'est sur le sommet de ces crêtes que sont implantées les papilles d .^^ derme sous-unguéal. Parmi ces saillies, les plus élevées sont toujou^^ ^ très-minimes; leur volume devient d'autant plus considérable, qu'elle . répondent à un point plus rapproché du bord libre.
Ce derme, par sa structure, diffère assez notablement de celai des très parties du corps; il ne contient ni glandes sébacées, ni glandes su rifères; son adhérence au périoste sous-jacent a pour effet de Timmobili
Les artères qu'il reçoit affectent leur mode de distribution habituel r" Mais les veines sont ici plus volumineuses, dilatées et comme v^^queuses sur certains points; c'est à elles que les ongles sont redeva|>/^ de leur coloration rouge ou rosée dans l'état normal, et de la lein^ bleuâtre qu'ils prennent sous l'influence de l'asphyxie.
Les nerfs, par leurs divisions terminales, forment un très-beau plerus sous-jacent aux crêtes du derme sous-unguéal et se prolongeant en partie dans leur épaisseur, mais ne donnent aucune ramification aux papilles, lesquelles, par conséquent, sont dépourvues de corpuscules du tact.
Le derme Mis-nngoéAi est un repli de la couche profonde de lapeauquï se forme de la manière suivante : Parvenu au niveau de Tongie, celle-cE s'avance sur lui pour le recouvrir, en haut dans une étendue de 5 on millimètres, et sur les côtés dans une étendue moindre, qui se réduit graduellement en descendant, en sorte qu'inférieurement elle n'excède ^ pas un millimètre. Après l'avoir ainsi recouvert, la couche profonde de peau se réfléchit en s'adossant à elle-même, et revient vers la périphérii de Fongle, où elle se continue avec le derme sous-unguéaL — Très-saillant en haut, terminé en pointes sur les côtés, ce repli revêt la figure d'un croissant. Il recouvre supérieurement la racine de l'ongle et un^» Mt grande partie de la portion semi-lunaire du derme sous-unguéal, dont W ^e tiers inférieur seulement reste apparent. — Sa face superficielle et sov ^o bord libre sont surmontés de papilles assez développées dans lesquelles o' ^mn remarque de petits corpuscules du tact. Sa face profonde adhère à l^Ba racine de l'ongle ; elle présente aussi des papilles, mais d'une extrén^^ne petitesse et sans corpuscules.
Du derme sus-unguéal partent un grand nombre de radicules lymphal^^Bi. ques qui le prédisposent aux irritations de tous genres.
La gonuière unsnéAie est profonde dans sa partie supérieure ou n. — nédiane, qui a été considérée par quelques auteurs comme la fMXfict de l'ongle. En se prolongeant et descendant de chaque côté, elle dimin ue
peu à peu de profondeur pour se terminer en pointe à ses deux extrémit- ;és.
— Le /b/id de la gouttière suit très- exactement le contour de Tongle et ^en
représente le moule; il est mince, presque transversal au niveau de ^=- son