‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 3)Chapitre 156 sur 223 · STRUCTURE DES POILS · texte numérisé non relu

STRUCTURE DES POILS

gnent leur complet développement, quelques-uns en sont privés aussi. Son diamètre représente le quart environ et quelquefois le tiers du diamètre total du poil. Elle est constituée par des cellules contenant un noyau et des granulations pigmentaires, tout à fait semblables à celles du bulbe et de la couche muqueuse de Tépiderme. Ces cellules se superposent de manière à former de trois h cinq colonnes parallèles et juxtaposées. Elles sont irrégulièrement cubiques. Vue à la lumière réfléchie, la substance médullaire est blanche ; vue à la lumière transmise, elle est noire. Mais cette dernière coloration, qu'on a longtemps attribuée, tantôt à des granulations pigmentaires, et tantôt à des gi:anulâtions graisseuses, reconnaît pour cause la présence de nombreuses bulles d'air qui pénètrent à travers Tépiderme et la substance corticale du poil jusque dans sa partie centrale. En traitant celui-ci par Télher ou Tessence de térébenthine, la substance centrale devient claire et transparente, puis reprend sa couleur normale lorsque le poil revient à son état de sécheresse habituelle. Chez un grand nombre de mammifères, elle est mieux caractérisée que chez rhomme ; les cellules conservent dans toute leur pureté et sur toute la longueur du poil leurs caractères primitifs.

La i^artle flbrcuMe OU subsumce corticale, est celle qui prend à la constitution des poils la part la plus importante. Elle leur est commune à tous ; elle en forme la charpente ; c'est à elle qu'ils sont redevables de leur couleur, de leur résistance, de leur élasticité, de la plupart de leurs propriétés en un mot. Cette substance fondamentale du poil est striée dans le sens de sa longueur. On remarque sur toute son étendue des taches noires ou brunes, irrégulièrement disséminées. Considérée dans son ensemble, elle représente un cylindre creux, à parois épaisses, contenant dans sa cavité la substance celluleuse, adhérant par sa surface externe à Tépiderme du poil. — Elle se compose aussi de cellules qui, sur la tète du poil, ne diffèrent pas de celles de la couche muqueuse. Au-dessus de cette tête les cellules s'allongent de bas en haut ; en même temps elles se rétrécissent et s'aplatissent. Vers la partie moyenne de la racine, elles sont déjà si allongées et si minces, qu'elles se transforment en écailles fusiformes, contenant chacune un rudiment de noyau allongé aussi; les granulations qui entourent celui-ci se sont rapprochées et lui donnent alors une coloration

de la gaine épidcrmiquc du poil, constituée par des écailles transversales dont le contour seul a pu être représenté.

Fig. 654. — 1, 1. Couche des fibres circulaires avec ses noyaux. — 2, 2. Couche transparente, amorphe, qui tapisse sa face interne. — 3, 3. Lame externe de la gaine épidermique formée en dehors de cellules allongées et perpendiculaires à la couche amorphe, et dans le reste de son épaisseur de cellules hexagonales; toutes ces cellules contiennent un noyau recouvert de granulations pignientaircs. — 4, A. Lame interne ou cornée de cette gaine composée de cellules sans noyau et sans granulations. — 5, 5. Lame externe de répiderme du poil. — 6, 6. Lame interne de cet épiderme; de même que la précéilente, elle est ici plus épaisse qu'elle ne devrait l'être. — l^VÀiupe du poil.

brune uniforme. Les taches de la substance corticale sont dues en partie à ces granulations, en partie aussi aux bulles d*air qui s'infiltrent dans son épaisseur et qui la traversent de part en part.

De la juxtaposition des écailles fusiformes résulte Taspect fibreux de la substance corticale. Bien qu'intimement unies, celles<ci peuvent être séparées en soumettant le poil à Faction de Tacide sulfurique. Sur les poils blancs elles sont incolores ; sur les autres elles oflrent une teinte qui varie du jaune clair au brun foncé, et qui a pour siège les granulations pigmentaires disséminées dans louliî leur épaisseur.

La partie périphérique OU l'éplderme dcs poilS est une pellicule

transparente et incolore, unie en dedans à la substance corticale. En dehors, elle adhère à la couche cornée de la tunique interne des follicules pileux. — Sa partie libre est recouverte çà et là de petits groupes d'écaillés qu'elle emporte en traversant Tembouchure de ceux-ci.

L'épiderme des poils ne comprendrait, suivant le plus grand nombre des auteurs, qu'une seule couche; mais il en comprend réellement deux, qui ont une commune origine. Toutes deux en effet proviennent, comme la substance médullaire et la substance corticale, de la masse celluleuse (|ui constitue la tête du poil ; toutes deux sont formées inférieuren/bnt par un plan de cellules pigmentaires. Mais lorsque les deux plans superposés arrivent au-dessus de la tête du poil, les cellules se modifient beaucoup^ et ne se comportent pas d'une manière identique pour l'un et l'autre.

Les cellules de la couche interne s'allongent dans le sens transvers«ti s'aplatissent de dehors en dedans, et ne tardent pas à se transformer écailles dans lesquelles on ne retrouve plus aucune trace de noyau et <:^a matière colorante. Ces écailles transversales se recouvrent de bas en Lorsque le poil a été seulement soumis à l'action de l'acide acétique, on distingue que le contour de leur partie supérieure, représenté par i: ensemble de petites lignes courbes dont la concavité regarde en bas. Si le traite par l'acide sulfurique ou par les alcalis, elles se désagrègent leur partie supérieure, en se renversant, donne aux bords du poil \lm aspect finement dentelé ; on les voit même, sur certains points, se rera verser complètement, et s'écarter les unes des autres.

Les cellules de la couche externe s'élargissent dans le même sens qvLM les précédentes, mais elles s'aplatissent beaucoup moins ; et en outre ell^ ï ' \ conservent leur noyau, qui s'allonge et qui prend aussi une direcUo^:>^'"^^ transversale. La lame résultant de leur union adhère en dedans à tt '^ couche écailleuse de l'épiderme du poil, et en dehors à la couche corné^^ ^^« de sa gaine épithéliale.

Composition chimique. — Incinérés et soumis à l'analyse, les poilC ^^"^ sont composés, d'après les recherches de Yauquelin, d'oxyde de fer, Am^^^ quelques traces de manganèse, dont l'existence est aujourd'hui contes--^ ^***"

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