‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 3)Chapitre 159 sur 223 · DES ONGLES · texte numérisé non relu

DES ONGLES

de la manière suivante : itirivée sur le liord libre du rejili sus-unguéal, elle se rénécliirait pour tapisser sa l'ace adhérente, rerouvrirnit ensuite le fond (le la gouttière dans laquelle l'ongle est reçu, puis tout le derme sous-un- {Tuéal, et viendrait se continuer inféricurament avec la couche miifiueuse de la pulpe des doigts. Cette couche, en un mol, suivrait très-exactement Ifi trajet du derme péri-unguéal ; elle formerait la couche profonde de Tongle, et la couche cunice formerait sa couche superficielle. Telle est

Fig. 1156. — 1, 1. ColicIlc supernciclle flu corps de l'ongle, compo^ûc de cellules iMunucs cliacune d'itn noyau et Je granulations pîgnièntairea. — 3. Sa couclie proronUe. ~~ 3, 3. Coupe des sillons il^ins lesiiiiels »)nt retiics les d'étés du ilcrme sous-unguial. — 4, 4. Coupe des crtlcs do l'ongle. — 5, 5. Prolongemenls par lesnatls la coucbs superficielle se continue avec la partie cenli'alc îles crêtes, — li, 11. Li((iic sombre qui Kpare les deux couclies de l'ongle et qui masque le plus habituellement ces prolonge-

Fie. 65". — A. Cellules <lu corps de l'ongle, isolées H vues par leur circonrérence; elles contiennent chacune un noyau et des granuliilions pigmculaires. — B. Ces mêmes crilulet, vues pur leurs Tace*. — C. Cellules de l:i concilia profonde, constiluëcs eommc les précédentes, dont elles ne diderciit <(ue par leur lonuc allongée et leur direction

perpendiculaire au corps de l'ongle.

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ropiniouuniverscUeincntadoptée. Longtemps je Tai partagée. Mais Texaiiiei^^ microscopique nous nionlre qu*ellc n*est pas fondée. La couche rouqueus4^^^^^^ (le répiderme ne constitue pas seulement une partie de Tongle, elle vm ^^ constitue la totalité. Les ongles, comme les poils, sont une dépendance d^.^ ** cette couche. Nous avons vu comment elle se modifie pour donner nai .^^ ^ sance aux poils ; voyons comment elle se modifie pour produire les ongle:^^^

c. stmetar« des ongles. — Pour observer cette structnre, le ineille?^^

moyen à mettre en usage est encore Pimmersion dans une solution d'ac^^ . acétique au centième. De Fongle détaché par la macération on enlëv^^ des tranches minces, transversales, qui seront ensuite examinées à ^ grossissement de 400 diamètres. Cet examen permettra de constater (^(^^yy comprend dans sa composition deux plans de cellules : Tun profa^i^ creusé de sillons longitudinaux; l'autre superficiel, plus épais, plus d^n^^ et stratifié. De ces deux plans, le premier est formé par les cellules infé. rieures de la couche muqueuse, le second par les cellules moyennes ei les cellules superficielles de cette même couche. (Fîg. 656.)

Le plan profond se continue par sa face postérieure avec le plan superficiel, et lui adhère étroitement. Mais il peut en être nettement détaché. Le chirurgien qui procède à Tarrachement de l'ongle n'enlève qu son plan superficiel, le plan profond reste en place; c'est pourquoi 1 douleur, extrêmement vive au moment de l'opération, s'éteint très-rapide ment lorsqu'elle est terminée. J'ai eu l'occasion d'observer un jeune homni qui avait imprudemment engagé les quatre derniers doigts de la main droi sous un rouleau mis en mouvement par une machine à vapeur. Bien qu'i l'eût vivement retirée, les quatre ongles furent entraînés, et cependant Is, douleur était absolument nulle : le plan superficiel des ongles seul avav été emporté; le plan profond, intact, continuait de protéger les crêtes d derme sous -unguéal et les papilles qui en recouvrent le sommet.

La face antérieure de ce plan adhère donc d'une manière exlrêmeme intime au derme sous-ungéal, dont elle prend l'empreinte. Sur les coup transversales, elle est limitée par une ligne alternativement saillante rentrante. Les parties saillantes répondent aux sillons du derme, et I parties rentrantes aux crêtes et aux papilles de celui-ci. (Fig. 656.)

Le plan profond se compose de cellules ellipsoïdes, perpendiculaii^^vs au plan superficiel, contenant chacune un noyau allongé dans le mêir^ le sens. Sur la base des crêtes, les cellules s'inclinent et se disposent deux plans divergents qui se continuent avec celles du plan superficiel, observe bien sur des ongles frais cette dernière disposition.

Le plan superficiel, d'une épaisseur double ou triple du précédent^ se distingue très-nettement de celui-ci dans toute son étendue. La limite ^qui sépare les deux plans est représentée, sur les coupes : d'une part, par mjMnt ligne sombre; de l'autre, par la direction des cellules qui les constitu^^nt.

DËVELOPPEIIENT DBS ONGLES. 655

ious avons vu que celles du plan profomi sont perpendiculaires à Tongle; :sUes du plan superficiel lui sont au contraire parallèles. Ces dernières ^flrent un aspect lamellirorme; toutes renferment un petit noyau, aplati de a face libre vers la face adhérente de Tongle et recouvert de granulations ligmentaires.

Les cellules du plan superficiel ne diffèrent donc de celles du plan probnd que par leur direction parallèle aux surfaces de Fongle et par leur Vinne aplatie. Mais, dans les deux plans, elles ont pour attribut commun la présence constante d*un noyau autour duquel se groupent des granulations très-évidentes. Or, ce double attribut n appartient qu*aux cellules de la couche muqueuse ; et puisque toutes le possèdent, il faut bien admettre qae ces deux plans en sont Tun et Tautre une dépendance.

d-Béwcl^fniMft et •ccflaawift ûeVmmgÊe. — Le plan profond de roogle ne s*arréte pas au niveau de son bord supérieur ; il le contourne poar aller recouvrir aussi la moitié supérieure de la face convexe de la racine. Les cellules les plus élevées de ce plan affectent ainsi une disposition Fijonnée. Et comme elles se détachent toutes du derme, pour céder leur place à des cellules nouvelles, elles ont^^our effet commun de chasser indéfiniment Tongle de la gouttière qu'il occupe. La partie moyenne de la fminore unguéale, ou la matrice de l'ongle^ joue donc, à Tégard de celui-ci, le même rôle que la papille des follicules à Tégard des poils.

Mais le dermf sous-unguéal, par la portion qui répond au corps de Tongle, prend part aussi à son développement et à son accroissement. Dès le début de sa formation, il donne naissance à une première couche de cellules qui le recouvre dans toute son étendue. A cette première couche sn succède bientôt une seconde qui la soulève, puis une troisième, une quatrième ; en un mot, toute une série dont la dernière soulève les précédentes, en même temps que celles-ci sont poussées de haut en bas par les cellales nouvelles de la racine. Ce mode d'accroissement nous explique : Pourquoi Tongle est si mince à la racine et beaucoup plus épais dans le reste de sa longueur.

Pourquoi il présente des stries transversales analogues aux stries circulaires des cornes des ruminants, et une stratification qui s*accuse sur les coupes transversales par des lignes très-déliées et irrégulièrement brisées. Pourquoi son extrémité libre s'infléchit naturellement vers la pulpe des doigts et des orteils.

Pourquoi enfin cette partie libre se laisse déchirer dans le sens transversal, mais nullement, ou très-difficilement, dans le sens longitudinal.

Le développement des ongles commence vers la fin du troisième mois de la vie intra-utérine. Du sixième an septième, ils débordent le derme sous-unguéal, et l'on voit alors leur portion libre s'allonger progressivement. En même temps ils s'épaississent peu à |>eu par Taddition de couches

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nouvelles. A la naissance, les onjçles présentent la l'orme qui leur est propre. — Lorsqu'ils tombent par suite d'une inflammation ou d'une altéi*ation du derme, ils se reproduisent, en passant par les mêmes phénomènes qui président à leur évolution, et n'arrivent au terme de leur accroissement qu'après une durée de deux mois et demi à trois mois.

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