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CHAPITRE II

Le sens du goût est celui qui nous fait connaître les propriétés sapides des corps. Il a pour siège la muqueuse de la face dorsale de la langue.

Ce sens présente avec celui du tact la plus grande analogie : il recouvre le corps musculaire de la langue, comme l'enveloppe cutanée recouvre tous nos organes; les corps sapides, dissous par les li(iuides qu'une multitude de glandes versent dans la cavité buccale, agissent sur lui par voie de contact immédiat, comme les corps extérieurs agissent sur nos téguments. De même que la peau, la muqueuse linguale est remarquable : par le nombre et le volume considérable de ses papilles, p<ir son épaisseur et son adhérence^ aux parties sous-jacentes, et aussi par sa richesse vasculaire, qu'on ne peut comparer qu'à son exquise sensibilité.

La muqueuse linguale nous offre à étudier son épaisseur y sa consistancty sa couleur, sa surface libre ou papillaire, et sa structure,

§1. — Épaisseur, consistance, couleur pe la muqueuse linguale.

L'épaisseur de cette muqueuse varie presque autant que celle de h peau. Elle est beaucoup moins grande sur la face inférieure que sur la supérieure; et sur celle-ci elle est moins prononcée à ses deux extrémités que dans son tiers moyen. On remarque en outre, sur cette face, qu'elle diminue de sa partie médiane vers ses bords; qu'elle augmente un peu au niveau de ceux-ci, puis diminue de nouveau en passant des parties latérales de la langue sur sa face inférieure.

Sa consistance diffère aussi pour les divers points de sa surface. Elle est surtout très-prononcée au niveau du tiers moyen delà face supérieure de la langue. Gerdy, toutefois, l'a beaucoup exagérée en la comparant à celle des fibro-cartilages. Sur les bords, sur la pointe et sur la base de cet organe, la muqueuse linguale se laisse facilement diviser ou déchirer; elle devient plus dense et plus résistante sur sa face inférieure, qui offre cependant moins d'épaisseur.

Sa coloration générale est d'uu blanc rosé. Vers la pointe el sur les

MTds la langue prend une couleur rouge. Sur toute la partie médiane de

fiice supérieure, elle reste plus pâle.

La difTérence qu'on observe, sous ce rapport, entre la partie médiane et

partie périphérique, se modifie, du reste, suivant qu'on examine la lan- 16 chez l'enfant ou chez l'adulte, pendant la durée ou dans l'intervalle 5S repas, et dans l'état de santé ou dans l'état de maladie. — Chez l'en- Jily cette différence est presque nulle.

Chez l'adulte, elle est plus accusée, mais s'affaiblit, et peut même disiraltre vers la fin des repas. Plus l'appétit est développé, les repas rappochés, l'alimentation abondante, plus aussi la surface de la langue est un rouge vif et uniforme. Dans les conditions opposées, on voit cette irface blanchir de sa partie médiane vers ses bords, puis se couvrir d'une >uche d'apparence limoneuse qui-,;^dans les maladies graves, peut atteindre isqu'à 3 ou 4 millimètres d'épaisseur. La couleur de la muqueuse linuale Tarie donc avec l'état de la nutrition : rouge ou rosée, elle annonce me nutrition active; blanche ou grise, elle indique une nutrition languisante. Sous ce rapport, les médecins de toutes les époques ont attaché à on examen une juste importance.

§ 2. — Surface libre ou papillaire de la muqueuse linguale.

Le sens du goût est surtout remarquable par le nombre et le volume de i papilles. Celles-ci diffèrent beaucoup par leur forme, leurs dimensions leur disposition respective, suivant la situation qu'elles occupent. La face dorsale de la langue est celle sur laquelle le corps papillaire rive à son plus haut degré de développement. — Elle présente sur ses ux tiers antérieurs un sillon médian, plus ou moins accusé suivant les dividus. A l'extrémité postérieure de ce sillon, on observe une papille tourée d'un repli circulaire de la muqueuse qui la recouvre en partie ou

totalité. Cette papille est tantôt unique, tantôt double ou multiple. Dans premier cas, elle offre un volume plus considérable, et le repli qui Tenure la laisse à découvert. Dans le second, beaucoup plus fréquent, le >li la déborde en s'avançant sur sa circonférence, et forme alors une >èce de cul-de-sac que Morgagni avait déjà mentionné, c'est le foramen cum ou trau borgne de Morgagni. La profondeur de ce cul-de-sac et 1 diamètre, ainsi que la forme, le nombre et le volume des papilles 'il renferme, sont soumis à des variétés individuelles presque infinies. .elques auteurs anciens, qui n'avaient remarqué ni ces variétés, ni même

papilles qui occupent sa partie profonde, lui avaient attaché une imrtance bien exagérée, et surtout bien erronée, en le considérant, avec schwitz, comme remboucluire d'un conduit excréteur émané d'une inde salivaire.

3* ÉDiT. m — 42

De chaque côté du trou borgne, on voit partir une série de grosses pilles, ou papilles de premier ordrCy qui se dirigent obliquement en deho en formant une sorte de V ouvert en avant. Ces papilles, linéairement posées, n'arrivent pas jusqu'aux bords de la langue. Chacune d'elles entourée d'un repli circulaire qui a été comparé à un calice : d'où le n de papilles caliciformes, sous lequel elles sont depuis longtemps connu

Les ipapiiics caiiciiornies présentent ia forme d'un c6ne dont le sotn.

met tourné en bas se continue avec le fond du calice correspondant. L\xe ou la longueur de ces petits cônes égale la hauteur du repli qui les entoure, en sorte que leur base, toujours libre, se trouve exactement au niveau du bord supérieur des calices. Cette base est ordinairement plane et circulaire; cependant il n'est pas rare d'obse.rver au centre > de quelques-unes d'entre elles une légère dépression, et même une véritable fossette, qui donne aux papilles ainsi conformées l'aspect d'un calice plus petit, emboîté dans un calice plus grand. Bien qu'elles soient ordinairement solitaires, on en trouve assez fréquemment deux et même trois dans un même calice. Leur nombre total varie de dix à quatorze ; celui des calices ne s'élève qu'à huit ou dix.

Vues à Tœil nu, toutes ces papilles paraissent unies. — Vues à la loupe, leur surface et leur base offrent un aspect très-différent : leur surface est lisse ; mais leur base affecte une disposition granuleuse, due à la présence d'une multitude de petites saillies, régulièrement arrondies, de dimension«==r ^ égales et de forme hémisphérique. Ces saillies, au nombre de plusieurs cen ^^^ laines pour les plus petites et de 800 à 1000 pour les plus grosses, repré ^^^ sentent autant de papilles secondaires. Pour en prendre une nolion exacte^^^ il faut les observer sous l'eau, à un grossissement de 20 ou 25 diamètre^sr ^. aux rayons réfléchis'du soleil ou d'une lampe. Elles sont alors visibles sairrr^j aucune préparation préalable ; mais elles deviennent beaucoup pl^^^,^ manifestes lorsque la langue a macéré quelque temps dans l'aci^^^^ acétique, ou dans l'acide chlorhydrique étendu. — Les calices offres^ j^ une disposition analogue. Leurs parois sont unies comme la surface cft ^< papilles auxquelles ils correspondent, tandis que leur bord ou par^e libre se trouve recouvert aussi d'innombrables saillies microscopiques. CI ^ bords présentent, en outre, de légers sillons curvilignes, de telle sa »-fe qu'ils paraissent à la fois crevassés et finement granuleux.

En avant du V des papilles caliciformes et sur toute l'étendue de l'espace compris entre celles-ci et la pointe de la langue, on observe d'autres faapilles beaucoup moins volumineuses que les précédentes, mais extrêmement nmltipliéos, et serrées les unes contre les autres comme lesfilam^uLo nui hérissent la surface du velours. Ces papilles ne s'inclinent pas en arrière, ainsi que le pensait Malpighi; leur axe est perpendiculaire à la s^iirface de la muqueuse linguale. Sur le tiers moyen de la face dorsale à^ la

PAPILLES DE U, LANGUE. t)59

langue, elles sont disposées en séries linéaires et parallèles qui convergent vers le sillon médian à lu niiiniére des nervures d'une feuille vers leur tige commune.

Parmi ces papilles, les unes sont renflées à leur sommet et rétrécies k leur base, mode de courormation qui a permis de les comparer à un champignon, d'où le nom de papilles foiigiformes qui leur a été donné. Leur volume est supérieur â celui de toutes les papilles qui les entourent, mais

FiG. Ë5S. — Papitlex de h liau/ue.

1, I. Fibrilles railicirurJncH. ' •qu'elle remplit ici ou tiilnltU'.

fViniiM. — ■'i, .'i. i'Iis "l Unies de In lase il>' h épi(tlotlïiiuc mérlinn.

la„K,

i. l'upilli- ciilicifuriiut iiuiiliaiic, vcuupunt k Umu bonpiu - :t, 3, 3, 3. i>H|iillni> ruii)pruniiiw. — -i, 4. l'aiiilli» rorollî-

, »'rLii^ii\ ili's iHinls ili^ iii luiiKUi;. — 6. Ti, ti, 6. (iUu- II-. — 7, 7. Aiuïjidali's. ~ R. Eiii)!iulU.'. — 'J. Repli gloxto-

très-inférieur à celui des papilles caliciformes ; elles constituent les papilles du second ordre.

D'autres se composent d'une base et de prolongements qui, [tar leur ensemble, rappellent très-bien l'aspect d'une fleur plus ou moins épanouie ; je les désignerai par le terme générique de coroUiformea : elles représentent les papilles du troisième ordre.

D'autres enfin sont caractérisées par leur extrême petitesse et leur forme hémisphérique : ce sont les papilles du quatrième ordre.

Les papiues fonfiforBiM, OU papilles du second ordre, sont beaucoup plus nombreuses que celles munies d'un calice. On en compte assez facilement de 150 à 200; cependant elles sont infiniment moins multipliées que les papilles corolliformes dont le dénombrement ne saurait être tenté, même d'une manière approximative. Elles se trouvent irrégulièrement disséminées parmi ces dernières, au milieu desquelles elles forment par leur ensen^ble une sorte de quinconce. C'est sur la pointe et les bords de la langue qu'on les voit en plus grand nombre. On les distingue des papilles ambiantes non-seulement à leur forme pédiculée, qui est caractéristique, et à leur volume, qui est plus considérable, mais aussi à leur couleur, qui est d'un rouge plus vif.

Leur pédicule est court et assez gros. Le renflement qui surmonte celui-ci ofl're les dimensions et la forme arrondie d'un grain de millet. Vu à l'aide d'une bonne loupe, sa surface est finement granulée. Soumis à un grossissement de 20 diamètres et observé sous l'eau à la lumière réfléchie, chacune des saillies ou papilles secondaires qui le surmontent prend la forme d'un petit cône. Ces dernières, considérées dans leur ensemble, donnent au corps de la papille l'aspect d'une pomme de pin.

Les papilles coroiuiorniM, OU papilles du troisième ordre y papilles coniques, cylindriques, filiformes de la plupart des auteurs, sont plus petites que les précédentes. Elles forment, sur toute cette partie de la langue qui est située au devant du V des papilles caliciformes, une sorte de gazon touffu dans lequel s'infiltrent et serpentent les liquides chargés du principe sapide des corps.

Ces papilles affectent des dimensions très-variables. Comparées entre elles, on pourrait les distinguer en grandes, moyennes et petites; les plus grandes sont quatre ou cinq fois plus volumineuses que les petites.

Leur forme ne présente pas moins de variétés : un grand nombre offrent le même diamètre sur toute leur lonjrueur et méritent la dénomination de cylindriques ou filiformes, qui leur a été donnée; d'autres sont plus larges à la base, et de forme conique par conséquent; d'autres sont allongées dans un sens et comprimées dans le sens opposé, ou de forme ovalaire; d autres sont tout à fait aplaties et semblables à une petite crête ; quelquesunes sont prismatiques et triangulaires, ou de forme pyramidale, etc.

Considérées dans leur base, ces papilles se distinguent donc de toutes celles qui ont été précédemment décrites, par une très-grande diversité de forme : d*où l'impossibilité d'emprunter à cette partie inférieure une dénomination applicable à chacune d'elles.

Il n'en est pas ainsi de leur partie libre, qui, vue au microscope, sous l'eau, à la lumière réfléchie, rappelle l'image d'une fleur déjà éclose ou en voie de s'épanouir, et qui, présentant dans tontes les papilles de cet ordre une disposition analogue, constitue pour elles un caractère spécifique. C'est sur ce caractère qu'est fondée la dénomination nouvelle que j'ai cru devoir leur appliquer.

Les prolongements qui surmontent l'extrémité libre des papilles coroUiformes recouvrent toute cette extrémité; mais ils se comportent différemment à son centre et à sa périphérie. Ceux du centre sont en général trèscourts et peu apparents. Les périphériques sont au contraire plus ou moins longs ; sur certaines papilles ils s'élèvent verticalement, et circonscrivent alors une petite cavité dans laquelle les centraux sont renfermés à la manière des étamines d'une rosacée au centre de leur corolle. Sur d'autres ils s'infléchissent en dehors, et la cavité sus-papillaire s'évase alors en raison directe de leur renversement. Sur quelques-unes ils se renversent au contraire en dedans, de manière à se loucher par leur sommet. Tous sont aplatis et terminés en pointe à leur extrémité libre. Leur longueur est beaucoup plus considérable que celle de la papille qui les supporte. Chacun d'eux recouvre une papille secondaire.

Les papilles hémisphériques OU papilles dii quatrième ordre sont d une extrême petitesse. Leur volume ne dépasse pas celui des papilles du quatrième ordre de l'enveloppe cutanée. Leur nombre est considérable, mais ne saurait être déterminé. C'est dans I intervalle des papilles fongiformes et corolliformes qu'on les trouve.

En arrière du V des papilles caliciformes, c'est-à-dire sur le tiers postérieur de la face dorsale de la langue, on remarque : 1° des papilles corolliformes, plus petites que les antérieures, et disséminées sans ordre d'un bord à l'autre, sur une étendue anléro-postérieure d'un demi-centimètre environ; 2** en arrière de celles-ci, c'est-à-dire sur toute la partie unie et glanduleuse de la face dorsale, d'innombrables papilles hémisphériques, d'autant plus petites qu'on se rapproche davantage de l'épiglotte.

La face inférieure de la langue a paru dépourvue de papilles à tous les anatomistes. Elle ne possède pas, il est vrai, les papilles des trois premiers ordres ; mais elle est recouverte aussi, sur tous les points de son étendue, de papilles hémisphériques qu'on peut voir à l'œil nu après la chute de Fépiderme, et qu'on voit surtout très-facilement à l'aide d'une loupe. Ces papilles sont réparties irrégulièrement sur certains points et disposées sur d'autres en séries linéaires et parallèles.

662 SENS DU GOOT.

Sur les bords de la langue, la muqueuse ling^uale n'affecte pas la mèmi disposition en avant et en arrière. — En avant, elle est recouverte de pa pilles qui ne diffèrent nullement de celles de la face dorsale; on remarqa,,.,^^^ seulement que les papilles fongiformes s'y montrent en plus grande abon^^ ^ dance. — En arrière, elle présente des. plis verticalement dirigés, de 1 (^^ 2 millimètres d'épaisseur. Parmi ces plis, les plus reculés atteignent ju^^ qu*à un centimètre de longueur ; mai^ à mesure qu'on se rapproche de f^ pointe de la langue ils diminuent graduellement d'étendue et finissent j^ disparaître. Aux plis les plus longs on voit d'abord succéder des plis qa/ sont interrompus à leur partie moyenne, puis des plis interrompus sur deux points de leur longueur, et d'autres interrompus sur trois ou quatre points. Les plis ainsi coupés ne sont plus que de simples tubercules plus ou moins aplatis. A ces tubercules s*entremèlent un^peu plus loin des papilles corolliformes ; plus loin encore, les tubercules deviennent plus rares, puis enfin disparaissent totalement, tandis que les papilles, au contraire, augmentent de nombre. En les examinant avec une bonne loupe, et mieux encore à nn grossissement de 20 ou 25 diamètres, on reconnaît facilement qu'ils sont hérissés de papilles du quatrième ordre. Ces papilles se montrent nonseulement sur le sommet de tous les plis principaux et des plis secondaires, mais dans les sillons qui séparent ceux-ci.

Il suit de la description qui précède, que les quatre ordres de papilles, bien que mélangés, affectent cependant un siège de prédilection* — Ainsi les papilles caliciformes sont situées sur la face dorsale, à TuDion de sa portion horizontale avec sa portion verticale. — Les fongiformes, disséminées sur les deux tiers antérieurs de cette face dorsale, occnpenl plus spécialement la pointe et la moitié antérieure des bords de Torgane. — Les corolliformes nous offrent le même siège que les précédentes ; on ne les observe pas seulement au devant des papilles du premier ordre il en existe constamment un petit groupe en arrière de celles-ci. — Enfin les hémisphériques ont pour siège principal la face inférieure, les parti( latérales et le tiers postérieur de la face dorsale.

Historique. — Les papilles de la langue sont restées inaperçues jusqu'a.«^^u milieu du xvii" siècle. En 1005, Malpighi, dans une lettre adressée à

Borelli, signale leur existence et s'attache à décrire leurs principali^^ es variétés : « Ces papilles, dit-il, peuvent être divisées dans le bœuf, la chèvr- » la brebis, et dans l'homme lui-même, en trois ordres, d'après leur con » guration et leur volume (i). » Mais, après avoir lu la description qu'il m donne, on voit que celle-ci s'applique bien plus aux animaux qu'à Thomi Elle est du reste très-brève, incomplète et un peu confuse.

Ruysch, en 1721, crut devoir caractériser chacun de ces ordres de manière suivante : a Quelques-unes de ces papilles sont planes, creuse

(1) Exercit.y epist. de lingua (Bibliotheca anatom. Mangeti, t. Il, p. 320).

lu k leur centre et entourées d'un sillon circulaire ; d'autres préan contraire une figure conique ; d'autres sont terminées par une Dndie à la manière de petits champignons (1). > Cette distinction, rop concise, avait le mérite d'être exacte ; aussi a-t-elle été repro- B prés par tous les auteurs avec plus ou moins de détails. ;, 60 1754, fixa son attention sur le même sujet, dont l'étude ) que très-imparfaitement ébauchée par Malpighi et Buysch, et i description des papilles de la langue aussi exacte que complète, ordres déjà mentionnés par ces auteurs il en ajouta un quatrième, celles qui avaient été décrites par Ruysch sous la dénomination M étaient en réalité très-diversifiées dans leur configuration, il lassification de ses quatre ordres non plus sur la forme des aaîs sur leur volume relatif, en les distinguant entre elles sous de grandes, moyennes, petitex, très-petites {majores, medUB, ninimœ), qui correspondent, les premières aux caliciformes, les aux fongiformes, les troisièmes aux corolliformes, et les qua- IX hémisphériques. Il nous montre ces dernières s'insinuantdans

— Papille caliciforme de mnijmnex dimenàons.— 1. Papille propremenl bas« seule est ici apparente : on voit c|ue loulc celte base est recouverte de iifihériflues ou papilles du quatrième orilre, -~î. Sillon inlcrméiliairo à la I calice. — 3, 3. Calire recouvert aussi de papilles élémenlaires.

— Papilles fongiformes, eorolliformea rt bimîspltériqua. — 1, 1. Deux pft~ ormes dont on aperçoit seulement la tète ou exlrémitii libre: on voit que

recouverte de papille» secondaires. — S. 3, 3. Pupilles carollironnci el proqui les lermincnt. — 3. Une papille coroUirorme dont les prolongements se sn dehors. — i. Une antre papille corollifornie dont les prolongements licatement. — 5, .'i. Petites papilles corolliformes dont les prolongements te a dedans. — G. I). Papilles corolliformes, sur la base desquelles on remarque ;ries. — 7. 7. Papilles liémisphériqucs peu apparentes, situées dans l'inlerïllles fongiformes et coralliformes.

t. 2, n' 2, note 1

rintervalle de toutes les autres et s'étendant en arrière sur la partie glanduleuse de la face dorsale jusqu'à l'épiglotte, où elles avaient été déjà remarquées par Malpighi (i). Albinus signale aussi les plis qu'on observe sur les côtés de la langue, et les modifications que subissent ceux-ci en se portant d'arrière en avant. Soumettant toutes ces papilles à l'observation microscopique, il a vu aussi les saillies qui les surmontent. Ce dernier fait l'avait conduit à admettre que chaque papille est formée de filaments juxtaposés (stamina) , et à considérer ces filaments comme les organes spéciaux du goût. Mais nous avons vu déjà que les papilles composées ne sont pas des groupes de papilles secondaires; elles représentent une simple expansion du derme.

§3. — Structure de la muqueuse linguale.

La nluqueuse linguale, comme la peau, est formée d'une couche superficielle ou épithéliale, et d'une couche profonde ou chorion muqueux. Elle ^^=^6 nous présente aussi à étudier : les nerfs qui président à sa sensibilité, des «=» -is divisions artérielles très-niultipliées, auxquelles elle est redevable de sa .mts.^ teinte rosée, un petit système veineux qui lui est propre, et un grand # ^d nombre de vaisseaux lymphatiques.

Â. Cottche épithéliale.

L'épithélium de la langue {épiglotte de Ruysch, périglotte d' Albinus) ^ •«)

n'offre pas une épaisseur égale sur tous les points de sa surface. Très -»-

mince sur la face inférieure de l'organe et sur le tiers postérieur de sa .^:^^ facedorsale, il acquiert, sur les deux tiers antérieurs de cette même face, ^ '^y une épaisseur considérable, particulièrement au niveau de sa partie mé-^ — ''^" diane, épaisseur qui diminue graduellement à mesure qu'on se rapproche '^^ -® des bords ou de la pointe.

Cet épithélium se comporte différemment à Tégard des papilles calici- — ' *" formes et fongiformes d'une part, et corolliformes de l'autre.

Arrivé sur le pourtour des papilles caliciformes, il tapisse d'abord •*" leur partie périphérique (lu la base du cône creux qui les entoure, descend *^ ensuite sur les parois de celui-ci, puis remonte sur le cône plein ou la papille proprement dite et la recouvre entièrement, en affectant dans toute l'étendue de son trajet une épaisseur égale. — Aux papilles fongiformes il fournit aussi une enveloppe d'une épaisseur uniforme. — Aux papilles corolliformes il donne in férieurement une gaine cylindrique, puis se prolonge au-dessus de leur extrémité libre et entoure chacune des papilles secondaires qui en dépendent. Mais ces gaines des papilles de second ordre ont

ft'

(1) Albinus. Acad^m. annotât., t. F, lib. î, rap. xiiî.

pour attribut distinctif une longueur considérable, et en outre elles sont aplaties. Le plus habituellement elles s'écartent et représentent alors trèsbien les pétales d'une fleur; nous avons vu que quelquefois aussi elles montent verticalement, et que sur certaines papilles elles se renversent toales en dedans. — Ainsi recouvertes de longues languettes épithéliales, les papilles du troisième ordre ne présentent qu'une sensibilité obtuse.

L'épithélium de la langue adhère aux parties sous-jacentes d'une manière intime. Pour le détacher, quatre procédés peuvent être mis en usage : la putréfaction, l'ébullition, la macération dans l'eau simple et la vnacération dans l'eau additionnée d'acide acétique.

La putréfaction, qui altère beaucoup la couche muqueuse de l'épiderme c^utané, laisse presque intact répithélium lingual. — En le soumettant à l'action de l'eau bouillante Malpighi parvint à le décomposer en deux lames, l'une superficielle partout continue, l'autre profonde qui lui parut perforée au niveau de chaque papille : c'est à cette seconde lame qu'il donna le nom de corps réticulaire, corpus reticulare (1). Ainsi détaché Cît vu par sa face adhérente, l'épithélium lingual revêt en effet l'aspect d'un réseau. Mais les orifices signalés par cet anatomiste sont le résultat d'une déchirure.

Albinus, le premier, a parfaitement vu qu'en détachant la couche profonde, à l'aide d'une macération suffisamment prolongée, elle reste partout c^ontinue comme la couche superficielle : « Bien qu'on puisse l'enlever 3» facilement, dit-il, il arrive cependant que si l'on ne procède pas à cette :» séparation avec assez de ménagements, il se produit un petit trou ^ au niveau de chaque fossette ; ce trou est le résultat d'un déchirej» ment (2). »

Si à la simple macération dans l'eau froide on substitue l'acide acétique Irès-dilué, on divise l'épithélium de la langue en deux couches. — l,a plus superficielle n'est pas le prolongement de la couche correspondante de l'épiderme cutané. Pour montrer combien elle en diffère, en effet, il me suffira de rappeler que l'épiderme, parvenu au niveau des orifices du corps, se dédouble : sa lame cornée s'arrête sur les limites du tégument externe; sa lame muqueuse seule se prolonge sur le tégument interne. C'est celle lame muqueuse, déjà réduite à elle-même, qui recouvre le bord libre des lèvres; c'est elle qui vient tapisser les parois de la bouche; c'est elle aussi qui recouvre toute la surface de la langue.

L'épithélium lingual n'est donc autre chose que la couche muqueuse de l'épiderme cutané se prolongeant dans les voies digeslives. Comme cette couche, en effet, il comprend trois plans de cellules.

Le plan profond est formé de cellules allongées, perpendiculaires au

(!) Malpifçhi, Exercilat. anat. de lingua {Biblioth. analom. Mangeti, t. H, p. 320). (S) Albinus, Academ. annotât , t. I, p.' 67.

derme, prismatiques par pression réciproque, contenant chacune un giw .^ noyau, et des granulations pigmentaires, qui s'appliquent pour la piupa^^^^ à la surface de celui-ci.

Le plan moyen se compose de cellules aplaties, à contour polygoual, s^^ perposées en nombre variable suivant l'épaisseur de répithélium, rent^^. mant aussi un noyau et des granulations colorées.

Le plan superficiel diiîère suivant qu'il répond aux papilles eoroASl formes, ou à celles des premier, second et quatrième ordres. — Sur ces dernières, les cellules sont larges, très-aplaties, lamelliformes, à contour irrégulier; elles ne contiennent qu'un noyau rudimenlaire, comme atrophié, entouré aussi de cellules pigmentaires. — Au niveau des papilles corolliformes, on retrouve les mêmes cellules. Mais, sur leur sommet, elles s'allongent et deviennent de plus en plus fusifomies, leur noyau est si petit qu'il semble disparaître. Ce noyau existe cependant sur toutes.

Telle est la texture de l'épithélium lingual, non-seulement che^ l'homme, mais dans les trois premières classes des vertébrés. Chez les animaux les granulations pigmentaires des cellules se montrent dans toute leur cWidence. Dans l'espèce humaine elles ne sont ni moins développées ni moins constantes, mais se trouvent en partie masquées par des granulations graisseuses très-abondantes, entourant le noyau et flottant en grand nombre dans la cavité de la cellule.

En dédoublant l'épithélium de la langue, Malpighi et ses successeurs avaient donc simplement séparé le plan des cellules superficielles et moyennes du plan des cellules profondes. L'assimilation qu'il avait établi entre l'épithélium lingual ainsi dédoublé, et l'épiderme cutané, n'étai pas fondée. La couche cornée fait ici défaut, comme elle fait défaut sui toutes les membranes muqueuses.

B. Derme, nerfs, vaisseatix de la muqueuse linguale. '

Le derme ou chorion muqueux de la langue présente à peu près 1 mêmes variétés d'épaisseur que la couche épithéliale. Ainsi il est très mince sur la face inférieure, mince aussi sur le tiers postérieur delà fai dorsale, beaucoup plus épais sur les deux tiers antérieurs de cette fac surtout dans sa partie médiane. Ce derme est doué d'une remarquab résistance, même sur les points où il oiïre le moins d'épaisseur. — L donne attache par sa face profonde aux fibres musculaires, et se co pose, comme le derme cutané, de fibres lamineuses, réunies en faisceai entre-croisés, et de fibres élastiques ; mais ces dernières sont ici moica nombreuses et plus déliées.

Les papilles linguales sont formées des mêmes fibres. — C'est daur^ l'épaisseur de cette trame fibro-élastiqiïe que viennent se perdre les de-^

ières divisions des branches nerveuses et artérielles de la langue. Elle Il en outre le point de départ de nombreuses veinules et d'une prodi-

ieose quantité de vaisseaux lymphatiques.

a. Nerfs. — Trois paires de nerfs envoient des divisions à la muqueuse e la langue : les trijumeaux lui donnent le nerf lingual, branche volumieitse du maxillaire inférieur ; les glosso-pharyngiens lui fournissent leurs rancbes terminales; les pneumogastriques lui cèdent quelques ramuslies qui proviennent du laryngé supérieur. (Fig. 524 et 526.)

Le nerf lingual se distribue aux deux tiers antérieurs de l'enveloppe de la ingue. Les branches terminales du glosso-pharyngien se ramifient dans Hi tiers postérieur; elles s'étendent dans quelques cas exceptionnels jusa'à sa partie moyenne. Les ramuscules émanés du laryngé supérieur se fcpandent dans cette partie de la muqueuse qui se trouve située imméîalement au-devant de Tépiglotte et qui n'est pas douée de la propriété 'être impressionnée par les saveurs.

Le lingual et le glosso-pharyngien sont donc les nerfs qui communiquent lalangue sa sensibilité gustative. Le premier, après avoir traversé les musles, se divise dans le derme lingual en un grand nombre de ramuscules lui s'anastomosent. Du plexus qu'ils forment naissent des ramifications ni pénètrent dans les papilles situées au devant du V lingual. Le second, )rès avoir rampé sous la muqueuse, se termine dans les papilles calicinneset dans celles des autres classes qui en sont voisines. Tous deux, I outre, sont affectés à la sensibilité générale sur les points corresponlut à leur distribution.

Comment se terminent le lingual et le glosso-pharyngicn dans les pâlies? Ce mode de terminaison a été le sujet de nombreuses recherches ;

cependant il reste encore inconnu. L'observation nous montre seuleenl que ces nerfs, arrivés à la base des papilles des deux premiers ordres, mètrent dans leur épaisseur, en se divisant et s'anastomosant, et qu'ils «tnent par ces anastomoses un petit réseau à mailles très-serrées.

Chaque papille caliciforme possède un plexus central destiné à la paille proprement dite^ et un plexus périphérique ou circulaire destiné au ilicè ; ils sont l'un et l'autre d'une grande richesse.

Le plexus nerveux des papilles fongiformes est constitué par un gros rone central qui se divise, en pénétrant dans leur partie renflée, en un rès-grand nombre de ramifications; à celles-ci s'en joignent d'autres enues des parties latérales de la papille. Toutes s'unissent entre elles.

Quant aux papilles corolliformes, elles ne reçoivent que de rares ramiîcaiions; la plupart même semblent en être dépourvues. Elles conraslont étrangement à cet égard avec les précédentes.

Du plexus nerveux central des papilles du premier et du second ordre naissent des filaments formés de quelques tubes seulement, ou même

d*un seul, qui prennent une direction ascendante, se prolongent jnsqn'aQ sommet des papilles, en se dépouillant presque entièrement de leur myéline. Leur transparence et leur extrême ténuité ne permettent pas en général de les suivre jusqu'à leur extrémité terminale. SHonKrause ils se perdent dans un corpuscule rudimentaire du tact, corpuscule qui oecupait le sommet des papilles fongiformes, et qui serait moins élevé pour les papilles corolliformes et caliciformes.

b. Artères. — Les artères destinées à la muqueuse {^ustative proviennent, comme celles qui se rendent aux muscles sous-jaconts, de Fartère linguale. Un très-grand nombre de branches, à direction ascendante et plus ou moins flexueuse, naissent de celle-ci. L'une des premières qui s'en détache est l'artère dorsale de la langue, qui rampe sous la muqueuse pour se distribuer à tout son tiers postérieur, en s'étendant jusqu'aux papilles caliciformes. - Les autres cheminent d*abord dans l'épaisseur du corps charnu de la langue, auquel elles abandonnent leurs principales divisions. Arrivées sous la muqueuse, elles la traversent en se divisant de nouveau, puis pénètrent dans les papilles, où leurs ramifications forment un dernier plexus, très-compliqué. De celui*ci part, pour chaque papille secondaire, une anse vasculaire qui se prolonge jusqu'à son sommet.

c. Les reines sont indépendantes de celles des muscles, et se compor tent, à regard de ces dernières, comme les veines sous-cutanées de membres relativement aux veines profondes. Elles constituent trois groupes l'un supérieur ou médian, et deux inférieurs ou latéraux.

Le groupe supérieur comprend toutes les veines qui émanent des papill de la face dorsale de la langue. Leurs premières radicules, après avo parcouru les papilles secondaires, forment, dans le corps des papill principales, un réseau à mailles très-serrées. De ce réseau naissent auta de troncules qui suivent les sillons interpapillaires et qui convergent d' ^|. vant en arrière et de dehors eu dedans. Au niveau des papilles calm^r^j. formes, tous les troncules se réunissent à leur tour pour donner naissais ^f. à six ou huit troncs flexueux qui descendent parallèlement jusqu'à la b;^ se de la langue. Au devant de Tcpiglotte ceux-ci se réduisent de chaque cC^té à un ou deux troncs principaux, lesquels, transversalement dirigés, vci^nt se jeter dans la veine jugulaire interne, soit directement, soit eu s'unissaient à l'une des veines voisines. Ces veines dorsales sont fort difficiles à inj^scter par le procédé ordinaire; mais on les remplit facilement en piqn^aint avec un tube à injection lymphatique la muqueuse linguale.

Les groupes latéraux, distingués en droit et gauche, se composent p ^mwT chaque côté de douze à quinze veinules ; toutes se dirigent presque Xrsm^ nsversalement en dedans pour se terminer dans les veines ranines.

d. Les vaisseaux lymphatiques qui partent de tous les points de la ^cmuqueuse linguale sont extrêmement multipliés. Ils ont été précédemi^Hzieot

nières divisions des branches nerveuses et artérielles de la langue. Elle est en outre ie point de départ de nombreuses veinules jE^t d'une prodi-

Relise quantité de vaisseaux lymphatiques.

a. Nerfs. — Trois paires de nerfs envoient des divisions à la muqueuse de la lang;ue : les trijumeaux lui donnent le nerf lingual, branche volumineuse du maxillaire inférieur ; les glosso-pharyngiens lui fournissent leurs branches terminales; les pneumogastriques lui cèdent quelques ramusoules qui proviennent du laryngé supérieur. (Fig. 524 et 526.)

Le nerf lingual se distribue aux deux tiers antérieurs de Tenveloppe de la langue. Les branches terminales du glosso-pharyngien se ramifient dans son tiers postérieur; elles s^étendent dans quelques cas exceptionnels jusqu'à sa partie moyenne. Les ramuscules émanés du laryngé supérieur se répandent dans cette partie de la muqueuse qui se trouve située immédiatement au-devant de Tépiglotte et qui n'est pas douée de la propriété d'être impressionnée par les saveurs.

Le lingual et le glosso-pharyngien sont donc les nerfs qui communiquent st la langue sa sensibilité gustative. Le premier, après avoir traversé les muscleSy se divise dans le derme lingual en un grand nombre de ramuscules qui s'anastomosent. Du plexus qu'ils forment naissent des ramifications qui pénètrent dans les papilles situées au devant du Y lingual. Le second, après avoir rampé sous la muqueuse, se termine dans les papilles caliciformes et dans celles des autres classes qui en sont voisines. Tous deux, en outre, sont affectés à la sensibilité générale sur les points correspondant à leur distribution.

Comment se terminent le lingual et le glosso-pharyngien dans les papilles? Ce mode de terminaison a été le sujet de nombreuses recherches ; et cependant il reste encore inconnu. L'observation nous montre seulement que ces nerfs, arrivés à la base des papilles des deux premiers ordres, pénètrent dans leur épaisseur, en se divisant et s'anastomosant, et qu'ils forment par ces anastomoses un petit réseau à mailles très-serrées.

Chaque papille caliciforme possède un plexus central destiné à la papille proprement dile^ et un plexus périphérique ou circulaire destiné au calice ; ils sont l'un et l'autre d'une grande richesse.

Le plexus nerveux des papilles fongiformes est constitué par un gros tronc central qui se divise, en pénétrant dans leur partie renflée, en un très-grand nombre de ramifications; à celles-ci s'en joignent d'autres venues des parties latérales de la papille. Toutes s'unissent entre elles.

Quant aux papilles corolliformes, elles ne reçoivent que de rares ramificaîions; la plupart même semblent en être dépourvues. Elles contrastent étrangement à cet égard avec les précédentes.

Du plexus nerveux central des papilles du premier et du second ordre naissent des filaments formés de quelques tubes seulement, ou même

d*un seul, qui prennent une direction ascendante, se prolongent jusqu^m sommet des papilles, en se dépouillant presque entièrement de leor myéline. Leur transparence et leur extrême ténuité ne permettent pas en général de les suivre jusqu'à leur exirémité terminale. SolonKrause ils se perdent dans un corpuscule rudimentaire du tact, corpuscule qui occqpait le sommet des papilles fongiformes, et qui serait moins élevé pour les papilles corolliformes et caliciformes.

b. Artères, — Les artères destinées à la muqueuse gustative proviennent, comme celles qui se rendent aux muscles sous-jaccnts, de l'artère linguale. Un très-grand nombre de branches, à direction ascendante et plus ou moins flexueuse, naissent de celle-ci. L'une des premières qui s'en détache est l'artère dorsale de la langue, qui rampe sous la muqueuse pour se distribuer à tout son tiers postérieur, en s'étendant jusqu'aux papilles caliciformes. - Les autres cheminent d'abord dans l'épaisseur du corps charnu de la langue, auquel elles abandonnent leurs principales divisions. Arrivées sous la muqueuse, elles la traversent en se divisant de nouveau, puis pénètrent dans les papilles, où leurs ramifications forment un dernier plexus, très-compliqué. De celui-ci part, pour chaque papille secondaire, une anse vasculaire qui se prolonge jusqu'à son sommet.

V. Les veines sont indépendantes de celles des muscles, et se comportent, à regard de ces dernières, comme les veines sous-cutanées des membres relativement aux veines profondes. Elles constituent trois groupes: l'un supérieur ou médian, et deux inférieurs ou latéraux.

Le groupe supérieur comprend toutes les veines qui émanent des papilles de la face dorsale de la langue. Leurs premières radicules, après avoir parcouru les papilles secondaires, forment, dans le corps des papilles principales, un réseau à mailles très-serrées. De ce réseau naissent autant de troncules qui suivent les sillons interpapillaires et qui convergent d'avant en arrière et de dehors en dedans. Au niveau des papilles caliciformes, tous les troncules se réunissent à leur tour pour donner naissance à six ou huit troncs flexueux qui descendent parallèlement jusqu'à la base de la langue. Au devant de l'épiglotte ceux-ci se réduisent de chaque côté à un ou deux troncs principaux, lesquels, transversalement dirigés, vont se jeter dans la veine jugulaire interne, soit directement, soit en s'unissant à l'une des veines voisines. Ces veines dorsales sont fort difficiles à injecter par le procédé ordinaire; mais on les remplit facilement en piqaant avec un tube à injection lymphatique la muqueuse linguale.

Les groupes latéraux, distingués en droit et gauche, se composent pour chaque côté de douze à quinze veinules ; toutes se dirigent presque transversalement en dedans pour se terminer dans les veines ranines.

d. Les tmisseaux lymphatiques qui partent de tous les points de la muqueuse linguale sont extrêmement multipliés. Ils ont été précéderamenl

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