‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 3)Chapitre 164 sur 223 · NARINES, OU VESTIBULE^ DES FOSSES NASALES · texte numérisé non relu

NARINES, OU VESTIBULE^ DES FOSSES NASALES

Les narines sont deux petites cavités situées dans l'épaisseur de la base (lu nez, au-dessous et au-devant des fosses nasales, avec lesquelles elles ont été confond\ies et dont elles sont cependant très-distinctes.

Les fosses nasales, en effet, se présentent sous l'aspect de deux excavations à parois anfractueuses, et les narines sous la forme de deux ampoules placées à l'entrée de chacune de ces fosses comme une sorte de vestibule.

Les fosses nasales sont tapissées par la pituitaire, organe essentiel de

Todorat; les narines sont tapissées par un repli de la peau. — Les fosses nasales sont immuables dans leurs parois entre lesquelles passe librement la colonne odorifère. Les narines, au contraire, varient dans leurs dimension; elles se dilatent et se resserrent tour à tour dans le but, tantôt de faciliter, tantôt d'entraver le passage de cette colonne, suivant que nous désirons en recevoir on en repousser l'impression.

S'il était permis d'établir une analogie entre deux sens aussi différents que celui de l'odorat et de la vue, je dirais que les narines sont aux fosses nasales ce que les paupières sont au globe de l'œil : les premières, ainsi que les secondes, représentent évidemment un organe de perfectionnement surajouté dans chacun de ces sens à l'organe fondamental, afin de modérer l'intensité de leur excitation en permettant à la volonté de mesu* rer en quelque sorte la quantité du principe excitant.

La cavité des narines affecte la forme d'un conduit extrêmement court, aplati dans le sens transversal, plus large à son centre qu'à ses extrémités, et assez semblable, ainsi que nous Tavons dit plus haut, à une ampoule. On peut lui considérer : deux parois, l'une interne, l'autre externe; deux extrémités, l'une antérieure, l'autre postérieure; et deux orifices, l'un supérieur, l'autre inférieur.

La paroi interne est formée en grande partie par la branche interne du cartilage de l'aile du nez à laquelle la peau adhère d'une manière intime, ti dont elle reproduit très-exactement la forme. Elle est concave dans ses leux tiers antérieurs, c*est-à-dire dans toute l'étendue qui répond au earilage, saillante au contraire à l'union de ses deux tiers antérieurs avec M>n tiers postérieur, où elle correspond à l'extrémité libre de celui-ci, et le nouveau concave au delà de cette saillie. La paroi interne de la cavité les narines ne s'arrête pas rependant au niveau du bord supérieur de la branche interne du cartilage de l'aile du nez ; elle s*élève un peu plus liaut en se déprimant de manière à former un sillon antéro-postérieur qui marque les limites respectives de la cloison et de la sous-cloison.

Sa hauteur moyenne est de 8 à 10 nullimètres ; en partageant celle-ci en trois parties, on trouve que son tiers supérieur répond au cartilage de la cloison, et ses deux tiers inférieurs à la branche interne du cartilage de l'aile du nez. Sur chacun de ces points, la peau présente des caractères différents : au niveau du cartilage de la cloison, elle est complètement dépourvue degliindes et de poils; au niveau du cartilage de l'aile du nez, elle est au contraire recouverte de poils longs et roides, infléchis en arc, aux follicules desquels se trouvent annexées^ une ou deux glandes sébacées.

Ia paroi externe a pour charpente et pour soutien la branche externe du cartilage de l'aile du nez, dont elle laisse en partie apercevoir le contour. Sa hauteur est de 15 millimètres. Vue dans son ensemble, elle représente une petite voûte dont la concavité regarde en bas et en dedans. Lors-

684 SENS DE L'ODOBAT.

qu'on l'examine dans .«cr détails, on y rem:irqiie d'avant en arrière : 1' une parlie concave, lilanehe, lisse, presque enliëremcnt dépourvue de poili, qui Torme ses deux liers antérieurs, et qui répoud au cartilage de l'aile rin nez; 2° à l'union deres deux tiers antérieurs avec son tiers postérieur, ane saillie en forme de lubercitle, dépendante aussi du carlilage de Tailedii nez, et plus ou moins prononcée suivant les sujets ; 3" en arriére de celle saillie, une dépression demi-circulaire ; 4° au-dessous de ces trois partiel, une surface triangulaire ombragée de poils.

En comparant cette paroi à la précédente, on voit que toutes deni sont conformées sur lu même type, et que cette analogie de conformation ut due à la présence dans leur épaisseur des branches correspondantes do cartilage de l'aile du nez, qui l'une et l'autre sont concaves du cOté de li cavité des narines, et qui l'une et l'autre aussi se terminent par une «ilrémiti: arrondie et saillante. Mais ces deux parois diffèrent par leur hauteur et aussi par le siège d'implantation des poils, puisque sur la paroi iotenie

Fig. fifij. — 1, I. Harino ilu crtlii droil. — 2. Sa pntai oïlfrnc. — 3, 3. Bord inférinir (|p ccUc [lanii. — 4, i. Sattlii- rormée par \e bnrd inrvrkur ilu cnrlilnftP lalértit du nei; dtc fail partie Je IViririo- »ii|<érieur de la narine, qu'oit'' nilrécil cii «'appliquant d'aiaol en .trrièro l'i In rhiisnn des fiissEs nasalra. — .'i. Sailliv du cartilage de l'ailo du net.

Fig. (liiTi. — 1, I. Ilofdaiilérrt-iiiriirieunlucartitagcdelacloisoii. — 2, 2, l'arlie mojwine rlii MrtitapB des aitcs du nm. — a, 3. Br.iiictio inlernu di- cps onrtîlagM. — 1, i. Leur brani:lif! exirrne dont un nf> vuit ict ([ue 1<' bord inrérieur.

Fig. (ifiT. — 1. Portion de In paroi externe qui reste constamment dépourvue de pmb. — S. lignn courbe ëtablistnul les limites ruspeclivi-s de la narine et da la fosse ninli rorreijiondanlc — 3. Partie nntérieurc *l« cette JiRne fornifio par la saillie du buri \utirh-w du cartilage lati'ral- du neï. -r*- Sa partie poiti'rieure, formfc par le bari îUiM'rieiir du cartilnt^e dit l'aile du nez. — 5. Portion déprimée de la paroi eilcrne, i b rnnstilutiun de laiiurlle Cf cartilage ne prend aucune part; clti" est comptrlenipnl recosverlP de poils. — <t. Saillie qui' pn'-sente ce même cartiLigc. — 7. EMrémîté antérieure de la cavité des nnrinrs.

; la narine gauclic dont une partie seulement e»l visible. Ite paroi et qui contribue à former l'orilice supéritur

Fig r.ftS. — 1. Paroi cuteri

Fodorat; les narines sont tapissées par un repli de la peau. — Les fosses nasales sont immuables dans leurs parois entre lesquelles passe librement la colonne odorifère. Les narines, au cgnlraire, varient dans leurs dimension; elles se dilatent et se resserrent tour à tour dans le bul, tantôt de faciliter, tantôt d'entraver le passage de cette colonne, suivant que nous désirons en recevoir on en repousser l'impression.

S'il était permis d'établir une analogie entre deux sens aussi différents que celui de l'odorat et de la vue, je dirais que les narines sont aux fosses nasales ce que les paupières sont au globe de l'œil : les premières, ainsi que les secondes, représentent évidemment un organe de perfectionnement sarajouté dans chacun de ces sens à l'organe fondamental, afin de modérer l'intensité de leur excitation en permettant à la volonté de mesurer en quelque sorte la quantité du principe excitant.

La cavité des narines affecte la forme d'un conduit extrêmement court, aplati dans le sens transversal, plus large à son centre qu'«à ses extrémités, et assez semblable, ainsi que nous l'avons dit plus haut, à une ampoule. On peut lui considérer : deux parois, l'une interne, l'autre externe; deux extrémités, l'une antérieure, l'autre postérieure; et deux orifices, l'un supérieur, l'autre inférieur.

La paroi interne est formée en grande partie par la branche interne du cartilage de l'aile du nez à laquelle la peau adhère d'une manière intime, et dont elle reproduit très-exactement la forme. Elle est concave dans ses deux tiers antérieurs, c'est-à-dire dans toute l'étendue qui répond au cartilage, saillante au contraire à l'union de ses deux tiers antérieurs avec son tiers postérieur, où elle correspond à l'extrémité libre de celui-ci, et de nouveau concave au delà de cette saillie. La paroi interne de la cavité des narines ne s'arrête pas cependant au niveau du bord supérieur de la branche interne du cartilage de l'aile du nez; elle s'élève un peu plus haut en se déprimant de manière à former un sillon antéro-postérieur qui marque les limites respectives de la cloison et de la sous-cloison.

Sa hauteur moyenne est de 8 à 10 millimètres ; en partageant celle-ci en trois parties, on trouve que son tiers supérieur répond au cartilage de la cloison, et ses deux tiers inférieurs à la branche interne du cartilage de l'aile du nez. Sur chacun de ces points, la peau présente des caractères différents : au niveau du cartilage de la cloison, elle est complètement dépourvue de glandes et de poils; au niveau du cartilage de l'aile du nez, elle est au contraire recouverte de poils longs et roides, infléchis en arc, aux follicules desquels se trouvent annexées^ une ou deux glandes sébacées.

La paroi externe a pour charpente et pour soutien la branche externe du cartilage de l'aile du nez, dont elle laisse en partie apercevoir le contour. Sa hauteur est de 15 millimètres. Vue dans son ensemble, elle représente une petite voiîte dont la concavité regarde en bas et en iledans. Lors-

qu'on l'examine ilans ses (télails, on yreniiirque d'avant en arrière : 1° him partie conrave, blanche, lisse, presque enlièrement dépourvue de poils, qui forme ses deux liers antérieur^ et qui répond au cartilage de l'aile du nez ; 2° à l'union de ces deux tiers antérieurs avec son tiers postérieur, uim saillie en forme de tubercule, dépendante aussi du cartilage de l'ailedo nez, et plus ou moins prononcée suivant les sujets ; 3" en arrière de telle saillie, une dépression demi-circulaire; 4* au-dessous de ces trois parties, une surface triangulaire ombragée de poils.

En comparant cette paroi à ta précédente, on voit que toutes deui saut conformées sur le même type, et que cette analogie de conformation est due à la présence dans leur épaisseur des branches correspondantes du cartilage de l'aile du nez, qui l'une et l'autre sont concaves du c&té de la cavité des narines, el qui l'une et l'autre aussi se terminent par une eilrémile arrondie et saillante. Mais ces deux parois diiïërenl par leur hautenr el aussi par le siège d'implantation des poils, puisque sur la paroi interne

(, mie par ia Fie. 66S. — Ce(l« même cavité el kt tutilaym qui contribuent à la former.

Fig. 065. — 1, L. Nîiriim rtu ciîlii droit. — 2. Sa paroi cMprne. — 3, 3. Bord mKritur de celle |iarol. — 4, 4. Sailli" fonnép par le boni inférieur du cartilnge laWrai du nei; nllo fait pnrtio do IVirilicn eupiirinur de la narino, qu'clli- rétrécit cii s'appiiquanl d'anal PII arriftrc à la cloison dus fosses nasale». — ■">. Sailli» du cartilage de l'aik du nci.

l'ig. IHil). ~ t, I, Bord anl£ri)-iiiri!rieurduearlLla|-c de la cloison. — i.i. Partie majnu du rarliiagn iir>s aili-s du npi. — 3, 3. Rranclie inlerne do ci-s cartilage». —4, J. Lmr branctic extprnc dnnl un n^ voit ici que le boni inférieur.

FIr. r>li7. — 1. Purtion de la paroi extnmo qui leste conslamment dépourvue de poili.

— S. Li(:ne rourbe étalilissant les limilcs rcspec(ivP4 de la narine et de la fo»sc nauk correspond aille. — 11. l'arlie antérieure de celle lifine formée par la saillie du bord iuféri-'iir dii carliLige laUiraL do nrz.-ri. Sa partie pMtéricure, fomrte par le ti«d supérieur du cartilai;e de l'aile du nnz. — !>. Portion déprimée de la paroi externe, i II cnnslilulion de laquelle ce carlilag" ne prend aucune part; ellt- est complélemenl recdsverte de poils. — fi. Saillie que pn-senle ce nifiine cartilnj.'e. — 7. Exlréniilé antériewe rie Li cavité des uarine.i.

Fit! (itiS. — 1. l'aroi externe i\e la narino gauelie dont une partie seulement eslviiiMe.

— 2, Lipne coiulie qui liuiile relie paroi el qui cunlribue à former l'orifice lupérinir

(.-eux-ci recouvrent toute la peau qui revêt le cartilage, tandis que sur l'externe ils occupent surtout les parties de la peau qui sont silui-es au-des< sous lie celui-ci.

L'extrémité antérieure de la cavité des narines présente une excavation profonde, creusée en quelque sorte dans l'épaisseur du lulie du nez, au point de réunion des deux brandies du cartilage correspondant : c'est la 4M€ité ou le ventricule du lobe du nez. Sur toute l'étendue de cette cavité, la peau est mince et garnie de poils.

h'extrémilé postérieure est régulièreincnl arrondie, oblique de baul en bas et d'arrière en avant, lisse et recouverte de poils de duvet.

L'orifice inférieur îles narines offre la figure d'unti elli|isc dont le grand

Fie. fîin. — Paroi fjrteme itts i - 3. Saillin i[uc fiirr

Fie. BfiS. — Paroi in

bor<i inr<^rieur <<ii i^artil;igp 1:iUral du aei. — 4. Saillii: liu eartilagr Ae l'aile du npi:. — 5. Déprrasion située au-Wsous <te excite saillie. — 6 Lîgnp courbe lâparant la porlion lisse tic la paroi oxlerne. dn cello qui fsl recoii- Kjrte de poili. — 7. Paroi iiUirnc Ue la narine JroiU-. — B. l-ortion ilc ccll« |«roi sur

aqiiclle sont iiii|ilanté» li-s |i..ils: c-ux-ei m- sunl rfprôsenl.'-s nan par U'i .nille.-s qui leur lonnnnl irassiij.-e. — 'J. Saillie flo la branche inlcmc «lu farlilago de l'ailp du nex. — lO Dépressi'iH sitiiw ou arriére de cette ■aillir. — H. Liiiiilc siipirieuru de la paroi

nxerni' rci-nl-smilOc liar liiir liifile irn-|(Ulière au iiiv In lac|ii.-ll.; la |..-aii «■ continue

ivuc lamuquniisi-. — Ii.('.artila(çelalcral Ju ne», rccnuv.rt piir la pUuilairc. — 13. Coupe lu carliliiKc de la cloison. — U. Coupe du fiarlilagc latéral droit. — 15. Coupe du car-

ilagc tU- l'aile du nez.

axe se dirige horizontalement d'avant en arrière et de dedans eu dehors. Son bord interne est rectiligne, et l'externe curviligne.

Uorifice supérieur diffère très-notablement du précédent. Le plan circonscrit par cet orifice n'est pas horizontal : il regarde en haut, en dedans et en arrière. Cette inclinaison s'explique par la différence de hauteur qu'on observe entre les parois interne et externe d'une part, les extrémités antérieure et postérieure de l'autre. Il revêt la figure d'un triangle à base arrondie dont le sommet se dirige en haut et en avant. — Son bord interne est représenté par une ligne droite qui établit les limites respectives de la peau et ^e la muqueuse et qui se dirige obliquement en bas et en arrière. — Son bord externe est formé par une ligne courbe mieux caractérisée que la précédente, et remplissant aussi l'office de limite. Sur le trajet de ce bord curviligne on observe deux saillies :

1° Ëii avant, une saillie horizontale formant avec la cloison des fosses nasales un angle aigu ouvert en arrière, c'est \a saillie du cartilage latéral.

!2° Kn arrière, une saillie arrondie déjà mentionnée et produite par la première des trois pièces qui sont situées sur le prolongement de la branche externe du cartilage de l'aile du nez. Je l'appellerai, par opposition à la précédente, saillie du cartilage de VaUe du nez. Cette seconde saillie beaucoup moins importante ne répoad pas toujours à l'orifice supérieur des narines ; elle est quelquefois située un peu au-dessous.

Telle est la conformation des narines. L'observation démontrant que ces cavités se resserrent et se dilatent, cherchons maintenant à pénétrer le mécanisme de leurs mouvements ; et d'abord établissons les faits suivants (]ue chacun pourra facilement constater sur soi-même :

l"* Le resserrement des narines n'est pas le résultat du rapprochement de leurs parois ; il a pour siège principal leur orifice supérieur.

"t II s'opère par la dépression du bord externe de cet orifice, qui se porte alors vers le bord interne, c'est-à-dire vers la cloison des fosses nasales, à laciuelle il s'applique graduellement d'avant en arrière.

3" Ce resserrement des narines est essentiellement actif et volontaire; leur dilatation est un phénomène en général passif.

La première proposition restera évidente pour tous les observateurs qui, à l'aide d'une glace, examineront la cavité de leurs narines pendant qu'elles se resserrent et se dilatent sous l'influence de la volonté.

La seconde ne l'est pas moins. Au moment où les narines se resserrent, ou voit toute l'aile du nez se déprimer. La dépression est surtout imprononcée au niveau du sillon naso-labial, c'est-à-dire au niveau du bord externe de l'orincc supérieur. Les divers points de ce bord se rapprorhenl d'autant plus de la cloison des fosses nasales qu'ils sont plus antérieurs. La saillie du cartilage latéral joue ici le rôle principal. Lorsque la constriclion est modérée, cette saillie se porte à la rencontre de la cloison en fai-

sanl avec elle un angle plus aigu ; si la conslriction devient plus grande, elle s'applique à la cloison par sa partie antérieure; si elle est trèsénergique, elle s'applique à cette cloison par toute son étendue. Dans ce cas, Torifice supérieur se trouvant fermé dans sa moitié antérieure, la colonne odorifère ne peut plus se porter directement en haut; elle se dirige en haut et en arrière ; mais, en se déviant ainsi, elle cesse d'impressionner les parties les plus sensibles du sens de Todorat.

La troisième proposition ne saurait être contestée. Évidemment la conslriction des narines est un phénomène actif et volontaire. Elle s^opère sous l'influence des muscles transverse et myrtiforme. Ces deu\ muscles réunis forment, ainsi que nous l'avons vu précédemment, un deniispfaincter dont l'action se fait sentir surtout à rorifice supérieur des narines. Au moment où il se contracte, ce sphincter agit d'une part sur le cartilage latéral, qu'il déprime, de l'autre sur la branche externe du cartilage de l'adle du nez, qu'il déprime également. Lorsque sa contraction cesse, ces deux lames se soulèvent à la manière d*un ressort. La dilatation des narines est donc un simple phénomène d'élasticité, au moins dans l'état ordinaire de la respiration ; car, dans l'action de flairer, dans les accès de suffocation, dans toutes les circonstances où la circulation s'accélère, la contraction musculaire vient ajouter ses effets à ceux de Télasticité^ et les mouvements de dépression et de soulèvement que présentent alors les ailes du nez sont beaucoup plus étendus.

Les poils des narines (vibrisscB, vibrisses) présentent le même usage que ;eux du bord libre des paupières et de l'entrée du conduit auditif externe; ïomme ceux-ci, ils ont pour destination d'arrêter au passage les corpuscules qui flottent dans l'atmosphère.

Si les cils étaient utiles aux paupières pour arrêter plus sûrement ces 'X>rpuscules dont le contact avec la surface du globe de l'œil devient uno *ause si rapide d'irritation, les vibrisses ne l'étaient pas moins aux narines ït aux fosses nasales, véritable détroit que le courant atmosphérique durait sans cesse parcourir, et à l'entrée duquel il importait dès lors qu'il >ùt se dépouiller de toute substance étrangère. Ces poils, circulairement mplantés, et opposés les uns aux autres par le sommet de leur tige, fornent au devant de la colonne d'aîr inspirée une sorte de tamis sur lo({ucl ie déposent les impuretés qu'elle entraîne. Dans l'état normal, les mouvements imprimés à la base du nez, le contact direct, l'éternument, l'action Je se moucher, etc., sont autant de causes qui viennent tour à tour ébranler ce tamis et en détacher les corps moléculaires arrêtés dans ses interstices. Mais lorsque toutes ces causes d ébranlement se suppriment à la fois, on le voit dans l'espace de quehpes jours se couvrir d'une sorte de [poussière qui d'abord entoure chaque poil, et qui plus tard remplit leurs intervalles en obstruant en partie l'entrée des narines. C'est cet état d'ob-

structioii qui a été décrit par les séiniologistes sous le nom de pulrérulence des narines. On ne Tobserve que chez les malades airectés d*une extrême faiblesse et en partie étrangers à tout ce qui les entoure. La pulvérulencc des narines, par conséquent, est toujours un symptôme assez grave; sous ce rapport elle mérite de fixer toute Tattention du médecin.

ARTICLE IH

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