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FOSSES NASALES

Les fosses nasales nous sont déjà en partie connues. Nous avons étudié dans Toslcologie les os qui les composent, ainsi que leur direction, leurs dimensions, leur mode de configuration et leurs nombreux prolongements ou diverlicules ; nous en avons vu, en un mot, la charpente ou le squelette. Celui-ci est recouvert : 1° d'une membrane fibreuse qui en représente le périoste et qui en relie les diverses pièces; 2" d'une membrane muqueuse, la pituitaire, qui adhère étroilement à la précédente, en sorte que les deux membranes, bien que d'une structure difTérente, semblent n'en former qu'une seule.

Cette membrane fibro-muqueuse s'applique assez exactement sur les pa- . rois des fosses nasales pour laisser voir les dépressions et presque toutes les siiillies qui en dépendent. Cependant, comme son épaisseur est trèsvariable, comme elle s'adosse à elle-même sur certains points de son Irajet ; comme, d'une autre part, elle ferme un grand nombre de trous et rétrécit tous ceux qu'elle ne bouche pas, il en résulte que l'aspect de m fosses, sur une tète revêtue de ses parties molles, difPère très-notablemenl de celui qu'elles présentent sur une tête sèche.

Après avoir montré la part que les os prennent à la constitution de leurs parois, il nous reste donc à déterminer celle qui appartient à la pituitaire. Dans ce but, nous suivrons la muqueuse olfactive sur chacune de ces parois el sur les deux orifices des fosses nasales ; nous prendrons en^uile connaissance des divers éléments qui entrent dans sa structure.

§ 1 . — Disposition générale de la pituitaire.

La pituitaire {muqueuse nasale, muqueuse olfactive^ membram de Schneider) présente une couleur rosée qui peut devenir rouge, rouge brun et mêuic rouge livide dans l'étal de congestion.

Sa surface libre est criblée d'un très-grand nombre d*orifice$, visibles à Tœil nu pour la plupart, et formant l'embouchure d'autant dé glandes. De chacun de ces oriiices s'échappe un nmcus liquide dans l'état normal, visqueux à Télat morbide, qui la recouvre à la manière d'un vernis, el qui

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la pr*lége contre rinfluence de l'air extérieur en prévenant les fâcheux elTeU de l'excessive ùvaporalion dont elle pourrail devenir le siège.

Sa Gonsislance est molle. La muqueuse nasale, sous ce rapport, peut être comparée à la muqueuse utérine; comme celle-ci, elle ne résiste que Irès-faiblement à l'inlluence des congestions sanguines, d'où la fréquence de l'épistaxis.

Son épaisseur s'élève sur certains points à près de 3 millimètres, et sur d'autres atteint à peine un quart de millimètre. On peut dire d'une manière générale que la pituitaire est d'autant plus épaisse qu'elle se trouve [dus en contact avec la colonne d'air inspirée, et d'nulant plus mince qu'elle a des rapports plus éloignés avec cette colonne. En ayant égard à cette donnée, on prévoit que sur les parois des fosses nasales proprement dites elle sera Irës-épaisse, ce qui a lieu en etTel; et que sur tous les prolongements plus ou moins anfractueux de ces p.irois elle sera au contraire

T leurt ilimeationii

1. Cloison dcïfoMi's nas.ile». — 2. Exlii'iiiilii iinlérieiiro liu cornât iiioiruii. — 3. Mésl (Mjen. — 4. (^mip ilu cornet iiiférifur, |iralii|iuic au niwaii de l'ernbuuchiin! du canal

nttt\ 5. Miat inriiricur. — fi. Sac larryiiiat. — T. Lrs ilriix conduits lacrymaux se

riuoiswnt pour s'ouïrir dam lu caïHé iti! celui-ci par un orillcc commun. — )i. Canal umI. — 9. Coupe du repli iiuc furnio li muc|ueuse de ce cunal en se conlinuant avM Mlle du méat intëriour. — 10. Sinus maxillaire.

assez milice. Ces variétés d'épaisseur sont dues surtout à finégal déve< ioppemenl de Télément glanduleux et de Télément vasculaire de la muqueuse ; sur les points où celle-ci subit en quelque sorte le frottement du courant atmosphérique, et où elle était plus exposée par conséquent aux dangers d'une évaporation surabondante, ses glandes sont citrèmement développées ainsi que ses vaisseaux sanguins ; sur ceux ou cette évaporation devenait presque nulle, les glandes, les vaisseaux et les autres éléments de la pituitaire s'atrophient en partie, d'où son extrême minceur.

a. Sur la paroi interne des fosses nasales, la muqueuse est très-rép* lièrement étalée, plus épaisse inférieurement que supérieurement. Elle adhère aux os et au cartilage qui forment la cloison; mais on l'en détache cependant assez facilement. Il n'est même pas très-rare de voir le 8ao|[ s'infiltrer sous sa face profonde, et former une bosse sanguine semblable à celles qui se développent sur le crâne à la suite des contusions.

b. Sur la paroi supérieure, ou voûte des fosses nasales, cette membrane n'offre qu'une médiocre épaisseur.

En avant, elle revêt les os propres du nez, les deux petites gouttières qu'on remarque sur l'épine nasale antérieure et supérieure, et plus bas l'angle que forme le cartilage du nez avec le cartilage de la cloison.

En haut, elle tapisse la lame criblée d^nt elle ferme tous les trous, de telle sorte que les divisions du nerf x)lfactif, après les avoir traversés, la pénètrent aussitôt par sa face adhérente |H)ur cheminer ensuite dans son épaisseur, les unes sur la paroi interne, les autres sur la paroi externe, en se rapprochant de plus en plus de sa surface libre.

En arrière, elle adhère à la face antérieure du corps du sphénoïde, puis pénètre dans l'intérieur du sinus sphénoïdal dont elle revêt très-exactement les parois. L'orifice qui fait communiquer ce sinus avec la cavité des fusses nasales est considérablement rétréci parla muqueuse; il est situé au devant du sinus, sur un point plus, rapproché de la paroi externe que de l'interne, au niveau d'une gouttière qui 'Sépare le sinus sphénoïdal du méat supérieur; son contour est circulaire.

r. La paroi externe est celle dont l'aspect se trouve le plus modifié par la pituitaire. En haut et en avant, cette membrane recouvre une surface unie qui répond aux cellules antérieures de Fethmolde. Au delà de cette surface, elle s'applique sur le cornet supérieur. En arrière de celui-ci, elle s'enfonce dans la gouttière qui le sépare du sinus sphénoïdal, et forme le trou sphcnopalalin. — Du cornet supérieur elle descend dans le uiéat supérieur, et passe de ce méat dans toutes les cellules postérieures de l'ethmoïde par un orifice situe à sa partie moyenne, orifice dont la figure et les dimensions varient beaucoup; il est quelquefois double.

Arrivée sur le cornet moyen, la muqueuse nasale tapisse sa face interne ou convexe en masquant ses aspérités, puis son bord libre qu'elle pro-

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longe un peu, chez quelijues individus, cl enrin sa face externe ou concave. Elle se replie ensuite ponr s'appliquer sur la paroi opposée du inéal mojen, où elle fournit trois prolongements dont l'un pénètre dans le sinus Vaxillaîre, un autre dans les cellules ethmo'idales antérieures, et le troiûime datis le sinus frontal. Les orilices par lesquels le méat communique avec ces sinus et ces cellules niérilent de nous arrêter un instant.

Lorsqu'on examine sur une têtu sèche le méat moyen des fosses nnsates, on constate que ce méat communique avec le sinus maxillaire par deux orifices : l'un, postérieur, extrêmement large, décrit par tous les auteurs; l'autre, untérie^r, plus étroit, qui a été passé sous silence. — Le premier de ces orifices est situé sur l'os maxillaire supérieur, au centre même de la base du sinus, et se trouve limité : en arrière par le palatin, en hant et en avant de l'ethmoide, ea bas par le cornet inférieur <)ui le ré-

Kic . 670. — l'tiroi externe des fou

r natalei et det arriêre-narinri.

1. Cornet »u[H:r[cur. — i. Màal supériciir. — 3. Ciimot niujeii. ^4. Méal miiyon. -~ 5. Gootlicre qui pr^iiile l'itirLindit)uluiri. — G. (triDcp de. communication dn cet infuridïbaluiii avec Ira celliitci iintitrirurci de l'cllimoïitc. — 7. OriHcR île commun irntion du même inftinJibuluni avpi' li; sinus fronl.il gauclie. — N. Siiins rroiilal gauche. — 9. Parlia ■apérieurc ilc 1» rloisnti o-uuniw' r[iii sf\uuv re Kinui ilr calui du cAt^ droit. ~ 10. Corncl iolérifur. — 11. Mù'l inf'Trii'ur. — li. Cnnal miml n^ilutt i «n purliuii mcnibraiicuii'. — 13. Orifiee inférinir rie n- caiiHl siÊBi-anl ici »ur h iiiifii pxtiTnc iln nient. — 14. Coupi! du cnrlilatp! latéral dmil. — Ifi. l'aroi exlernu do 1.1 narinu gauchr. — tU. OrillcR tApvriaur àr, tetla niiriite. — 17. Coiipo (lu rartitagr de l.i cluinun. — Itt. Ilranclii: interne du cirtilagc de l'ailo ilu nirz du rMi k^iii^Iii-. — 1!t. Sîmii Hpliénoîdal. — 30. Orincn ili^ ce sinus. —31. Sillon i[ui si-parc la [«iroi cxli'riie des tosstt n.iMlea de la paroi correapMidtuile dG« arritriMiariuus. — H- Drilicc iiilcnn; de lu truiii|io d'Eustuclii;,

Irccit notablement. La piluitaire, en arrivant dans le méat moyen, passe sur cet orifice et le ferme complètement dans la très-grande majorité des cas. Une fois seulement sur douze ou quinze on l'observe, et on le trouve alors vers la partie moyenne du méat, où il est facilement visible; son diamètre, rétréci déjà par les os qui le circonscrivent, rétréci encore par la moqueuse, se trouve réduit alors à une étendue de 2 millimètres. Rarement il est plus ^^rand, et quelquefois il est plus petit. Son contour est généralement circulaire. En Texaminant par Tintérieur du sinus maxillaire^ on voit qu'il est plus rapproché de sa paroi postérieure que de l'antérieure.

Le second orifice de communication du méat moyen avec ce sinus, ou Torifice antérieur, est situé à la partie inférieure de l'infundibulum de Tethmolde. Cet infundibulum est d'abord une simple gouttière qui bientôt devient un canal obliquement dirigé en haut et en avant. Par son extrémité supérieure, ce canal s'ouvre dans la partie la plus déclive du sinus frontal. Un autre orifice situé sur sa paroi externe le met en communication avec les cellules ethmoîdales antérieures. Un troisième, situé sur la même paroi, au-dessous du précédent, fait communiquer l'infundibulum avec le sinus maxillaire. Ce dernier, qbi est constant aussi, s'ouvre dans le sinus immédiatement au-dessous du plancher de Torbite. Pour en prendre une ' notion exacte, il faut abattre d'un trait de scie le sommet de la civile, et examiner ensuite par Tinlérieur du sinus l'orifice situé sur sa base; on peut alors constater que son contour est plus ou moins circulaire et son diamètre de 3 millimètres en moyenne.

La pituitaire, après avojr tapissé le méat moyen, ainsi que rinfundibulum et toutes les cavités qui en dépendent, recouvre la face interne ou convexe du cornet intérieur, dont elle voile aussi les aspérités, puis son bord inférieur, au delà duquel elle se prolonge. Elle revêt ensuite la face externe ou concave de ce cornet, et le méat inférieur. A la partie anlérieu.e de celui-ci elle se continue avec la muqueuse du canal nasal.

d. Sur le plancher des fosses nasales, cette membrane se comporte comme sur la paroi interne, c'est-à-dire qu'elle revêt les os correspondants, en régularisant leur surface. Au niveau du conduit palatin antérieur elle se déprime et présente une disposition iufundibuliforme qui ne dépasse pas en général la partie moyenne du conduit palatin.

e. V orifice antérieur des fosses nasales est représenté par Torifice supérieur des narines. Nous avons vu que cet orifice est ovalaire ; son contour établit les limites respectives de la peau et de la pituitaire.

f. V orifice postérieur de ces cavités estquadrilalère. — Au nive^iudeson bord inférieur la pituitaire se continue sans ligne de démçircation avecla muqueuse de la face supérieure du voile du palais. — SupérieuremenI, elle se continue avec celle qui revêt la voûte de Tarrière-cavité des fosses nasales. — En dedans, elle se continue avec la pituitaire du cùté opposé

en prolongeant un peu lo bord postérieur de la cloison des fosses nasales. — En dehors, eMe est limitée par un sillon vertical, très-superficiel, mais toujours cependant plus ou moins apparent, et d'une couleur blanche ou rosée : tout ce qui est au-devant de ce sillon appartient à la pituitaire ; tout ce qui est en arrière appartient jx la muqueuse de Tarrière-cavité des fosses nasales. Nous verrons plus loin que ces deux membranes diffèrent par l'ensemble de leurs caractères anatomiques et physiologiques.

§ 2. — Structure de la pituitaire.

Une trame fibreuse qui en forme la charpente ou le derme, une couche ipithéliale étalée à sa surface, des glandes en très-grand nombre logées dans son épaisseur, des vaisseaux et des nerfs, tels sont les éléments qui composent la pituitaire.

A. Derme,

Le derme, ou chorion muqueaXy est constitué dans cette membrane comme dans toutes celles du même genre par des fibres de tissu conjonctif. Sur les parois des fosses nasales ces fibres sont peu serrées et groupées par fascicules à direction curviligne, qui s'entre-croisent pour la plupart et qui circonscrivent des anneaux. Cette disposition fasciculée et annulaire est très*évidente sur les points où la muqueuse atteint sa plus grande épaisseur. On ne la retrouve plus sur ceux où elle cfst très-mince. Par sa face profonde le chorion muqueux adhère au périoste. Cette adhé^ rence est intime. Les deux couches, néanmoins, conservent chacune les caractères qui les distinguent.

La couche muqueuse a pour attribut les glandes situées dans son épais* seur, ainsi que le nombre, le volume et la disposition de ses vaisseaux.

Le périoste se compose de fibres de tissu conjonctif réunies en faisceaux, de cellules étoilées et de vaisseaux sanguins. — Les faisceaux de fibres lamineuses forment une trame réticulée dans laquelle on n'observe ni nerfs, ni fibres élastiques, ni tissu adipeux. — Les cellules étoilées existent en grand nombre. En s'unissant par leurs prolongements, elles constituent un riche et très-élégant réseau. — Les vaisseaux sont de simples capillaires, d'un calibre uniforme, variant de 0"",0i à O^^jOS.

Lorsqu*â Taide des réactifs on a fait disparaître les fibres lamineuses, le périoste des fosses nasales n'est plus représenté que par le réseau des cellules et le réseau des capillaires sanguins.

Ce périoste possède une très-grande aptitude à s'imprégner de sels calcaires. Deux fois j'ai pu constater la présence d'une mince lamelle osseuse dans son épaisseur. Cette ossification n'était qu'à son début; mais elle aurait pu atteindre des proportions plus grandes, ainsi que

Tattestent les faits mentionnés dans un travail important, communiqué à TÂcadémie de médecine par M. Dolbeau. Dans ce travail, Taateur a démontré : que les fosses nasales, et plus particulièrement les sinus et les cellules elhmoïdales, sont quelquefois le point de départ de tumeurs osseuses pouvant atteindre, chez certains individus, un développement considérable ; que ces tumeurs sont d'abord situées dans une cavité osseuse dont elles restent indépendantes; et que, pour procéder à leur extirpation, il suffit d'ouvrir assez largement la cavité dans laquelle elles se trouvent emprisonnées.

Ces faits pathologiques trouvent leur explication naturelle dans le mode de constitution du périoste qui recouvre les parois des fosses nasales et tous leurs diverticules. Ce périoste est ossifiable ; sous l'influence de certaines conditions morbides, il s'ossifie ; et, en s'ossifiant, il continue de rester indépendant de la paroi sous-jacente. Dans ces conditions, on comprend sans peine que la tumeur formée à ses dépens se laisse facilement détacher.

B. ÊpUhélium.

La couche épithéliale qui revêt la surface libre de la muqueuse olfaclive se compose de cellules allongées, coniques pour la plupart, ou pyramidales, tournées par leur sommet vers le chorion muqueux et par leur base vers la surface libre de la membrane. Sur cette base on observe des prolongements filiformes, au nombre de six à huit pour chaque cellule, recourbés en arc de cercle et doués de mouvements spontanés : d'où lo nom de cils vibratiles qui leur a été donné, et celui d*épithélium ribratUe appliqué à Tensemble des cellules qui en sont pourvues. — Chacune de ces cellules renferme un noyau occupant ordinairement sa partie moyenne.

Sur la portion de la muqueuse qui est plus spécialement afl^ectée à l'olfaction, les cils vibratiles font défaut. — Au-dessous et dans l'intervalle de ces cellules dépourvues de cils existent d'autres cellules, les cellules olfactives. Ces dernières sont fusiformes. Elles présentent un prolongement superficiel en forme de bâtonnet remontant jusqu'à la surface libre de la piluitaire, et un prolongement profond offrant des nodosités et se continuant, selon Schullze, avec les nerfs olfactifs. J'ai vu ces cellules olfactives ainsi que leurs prolongements; mais aucun fait ne démontre leur continuité avec les nerfs.

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