PAUPIÈRES
Sur la lèvre postérieure on remarque une série linéaire d^orifices trèsrégulièrement espacés. Ces orifices représentent rembouchure des glandes de Meibomius.
La lèvre antérieure est recouverte de poils obliquement implantés dans son épaisseur, plus épais et plus roides que ceux des sourcils, plus longs à la partie moyenne des paupières qu*à leur extrémité, plus longs aussi à la paupière supérieure qu'à Tinférieure. Ces poils ou cils, d'une couleur souvent plus foncée que celle des cheveux, ne sont pas disposés en série linéaire de manière à former sur chaque bord palpébral deux ou trois rangées ; ils sont semés sans ordre sur la lèvre antérieure du bord libre, c'està-dire sur une surface qui offre 2 millimètres de hauteur et 3 centimètres de longueur. On en compte 100 à 120 et même 150 pour chaque paupière. Ceux de la paupière supérieure décrivent une légère courbure dont la concavité regarde en haut; et ceux de la paupière inférieure une courbure dont la concavité regarde en bas. Les cils, dans Tétat de rapprochement des voiles palpébraux, se touchent donc par leur convexité.
L'interstice de la portion ciliaire est remarquable par la continuité qu'il établit entre la peau et la muqueuse palpébrale. Le plus habituellemenf on retrouve au niveau de cette continuité une ligne de démarcation peu accusée, mais qui permet de distinguer cependant le point précis où finit l'une et où commence Tautre.
LdL partie interne ou lacrymale du bord libre diffère beaucoup de la précédente. Elle n'offre que 5 à 6 millimètres d'étendue. Elle n'est pas aplatie, mais arrondie; le relief qu'elle présente est dû aux conduits lacrymaux creusés dans son épaisseur. Celle de la paupière supérieure est un peu oblique de haut en bas et de dehors en dedans; celle qui dépend de la paupière inférieure est horizontale, quelquefois aussi très-légèrement oblique dans le même sens que la précédente. Un petit corps rougeàtre, de nature glanduleuse, la caroncule lacrymale, les sépare. Elles ne sont recouvertes que par des poils de duvet à peine visibles.
Sur chaque bord libre la portion plane ou ciliaire est séparée de la portion arrondie ou lacrymale par un tubercule, le tubercule lacrymal, au sommet duquel est creusé un orifice facilement visible à rœil nu : cet orifice, qui forme rentrée des conduits lacrymaux, porte le nom de point lacrymal. Les deux points lacrymaux diffèrent par leur situation, leur direction et leurs dimensions, ainsi que nous le verrons plus loin. Tous deux sont étroitement unis aux cartilages tarses qui forment la moitié interne de leur circonférence et qui les maintiennent béants.
En se réunissant par leurs extrémités correspondantes, les paupières constituent les commissures. — Une très-minime dépression placée sur le prolongement du grand axe de l'orifice palpébral répond ordinairement à la commissure externe. Au niveau de la commissure interne on observe
au contraire une légère saillie, quelquefois transversale, plus souTentun peu oblique en bas et en dedans, due à la présence du tendon de Torbirulairc des paupières.
De la réunion des bords libres résultent deux angles distingués en intm»» et externe, — Vangle externe, appelé aussi petit angle de Vœil {canthtu mmor)j est aigu. Un intervalle de 10 à il millimètres le sépare de la «irconférence de la cornée transparente, lorsque nos regards se fixent sur un objet placé en face de nous. Le plus externe et le plus considérable en général des conduits excréteurs de la glande lacrymale vient s*ouvrir sur sa partie postérieure, à 2 millimètres en dehors de son sommet. La conjonctive qui le revôt se prolonge en arrière sur toute la commissure correspondante des paupières et ne se réfléchit pour passer sur la sclérotique qu*au voisinage de la base de Torbite ; de là il résulte : 1* queTangle externe est simplement appliqué ou contigu au globe de ToRil sur lequel il se meut librement; 2** que le globe lui-même peut se mouvoir de dehors en dedans sans Tentrainer dans son mouvement de rotation. — La distance qui sépare cet angle du cul-de-sac de la conjonctive est de 8 millimètres.
Vangle iitternCy grand angle de Vœil (canthus major)^ est arrondi et situé un peu plus bas que le précédent. Une ligne horizontalement tiréede Tangle externe vers la racine du nez passerait à 2 millimètres au-dessus (le lui. Dans leur état de rapprochement, les bords libres sont donc légèrement inclinés de haut en bas et de dehors en dedans. L'intervalle compris entre le grand angle et le globe de l'œil est de 5 millimètres. Cet intervalle, qui est excavé, sert de confluent aux larmes : il porte le nom de hr lacrymal. Au fond de ce lac on observe la caroncule lacrymale et en dehors de celle-ci le repli semi-lunaire de la conjonctive.
B. Stnœture des paupières.
Les paupières sont constituées par un repli de la peau contenant dans son épaisseur : deux lames cartilagineuses, les cartilages tarses, qui soustendent son bord libre, et une lamo fibreuse, les ligaments larges, qui l'attachent ces cartilages à la circonférence de la base de l'orbite. Au deiant de cette couche fibro-cartilagineuse on observe une couche musculaire destinée à fermer Torifice palpébral ; en arrière, une couche musculaire à fibres lisses sur laquelle s'insère le releveur de la paupière : c'est le imiscle orbitO'palpébral, En procédant des parties superficielles vers les parties profondes, les paupières comprennent donc dans leur structure :
1" Une couche cutanée ;
2** Une couche musculaire, à fibres striées, le sphincter des paupières;
3* Une couche fibro-cartilagineuse ;
4*' Une couche musculaire, à fibres lisses, le muscle orbito-palpébral;