PAUPIÈRES
est constamment concave pour la supérieure. Aux auteurs qui pourraient conserver quelques doutes sur la réalité de ce mode de configuration, un simple regard jeté sur leurs paupières suffira pour leur montrer :
V Que la paupière inférieure correspond tout entière au globe de Tceil, sur lequel elle se moule exactement, de telle sorte que, vue en avant, elle est convexe dans tous les sens;
2* Que la supérieure répond au globe oculaire par sa moitié inférieure, qui est aussi convexe dans tous les sens, et aux parties molles de la cavité orbitaire par sa moitié supérieure, qui est au contraire concave, soit de haut en bas, soit transversalement : d'où il suit que, vue en avant, elle se compose de deux parties, lesquelles, en se réunissant à angle aigu, constituent une sorte de sillon demi-circulaire, parallèle au sourcil, et situé à 5 ou 6 millimètres au-dessous de celui-ci. Nous verrons plus loin que ce sillon correspond au cul-de-sac que forme la conjonctive en passant de la paupière sur le globe de Tœil ; il n'est donc pas moins digne de fixer l'attention des anatomistes que celle des artistes ; et comme il est dû surtout à la saillie de Tarcade orbitaire, je le désignerai sous le nom de sillon orbUo-palpébral supérieur.
Toute la partie de la pau|)ière qui est au-dessous de ce sillon correspond au globe de Fœil. Toute celle qui est au-dessus correspond aux parties molles intra-orbiculaires et plus particulièrement à une masse cellulo-adipeuse située au-devant du tendon du releveur.
Des deux parties que sépare le sillon orbito-palpébral supérieur, la première conserve invariablement sa forme dans tous les âges. Mais il n'en est pas ainsi de la seconde, dans laquelle pénètre la masse adipeuse sousjacente, et qui, se trouvant alors refoulée en avant, descend peu à peu sur la précédente, de manière à la recouvrir en partie on même en totalité. Dans ce dernier cas; un examen superficiel pourrait faire admettre que la paupière supérieure, prise dans son ensemble, est réellement convexe; une élude plus attentive démontrera que sa partie supérieure est superposée à l'inférieure, et que la première est séparée de la seconde par un sillon d'autant plus profond que la superposition est plus complète. Tous les auteurs se sont trompés par conséquent en avançant que les paupières n'étaient jamais envahies par le système adipeux. Lorsque ce système commence à prédominer sous l'influence de l'âge, la paupière supérieure est souvent une des premières parties dans lesquelles il se montre. A l'aspect d'une paupière qui, de concave qu'elle était, sera devenue convexe, même légèrement, un œil observateur pourra quelquefois entrevoir, au milieu des plus brillants attributs de la jeunesse, les premières atteintes de l'âge mûr.
Ldi face postérieure on conjondivale est conc3i\e. Elle a pour limite le cul-de-sac que forme la conjonctive en passant du globe de l'œil sur les paupières. Pour la paupière inférieure, sa hauteur est à peu près égale à
celle de la face antérieure. Pour la paupière supérieure, elle en représenU^ les deux tiers environ, la face conjonctivale de celte paupière ne se prolongeant pas au delà de son segment inférieur.
Le bord adhérent des paupières correspond à la base de Torbite. ^ Celui de la paupière supérieure se continue en avant avec la peau du sourcil, en arrière avec la conjonctive oculaire, et dans Tintervalle qui sépare ces deux membranes avec les parties molles intra-orbitaires. -^ Celui de la paupière inférieure se continue avec la peau de la face. Un sillon parallèle au bord antérieur du plancher de l'orbite l'indique très-exactement.
Ce sillon orbito-palpébral inférieur, bien observé et bien exprimé aussi dans ses mille variétés par les statuaires et les peintres, correspond au cul-dc-sac inférieur de la conjonctive. Un instrument piquant qui pénétrerait horizontalement dans l'orbite à son niveau passerait immédiatement au-dessous de ce cul-de-sac sans l'atteindre, de même qu'il raserait cette même membrane dans sa partie la plus élevée sans la blesser, en pénétrant par le sillon orbito-palpébral supérieur.
Le boni libre est concave lorsque les paupières sont écartées, rectiligoe lorsqu'elles sont rapprochées. Celui de la paupière supérieure recouvre une petite partie de la surface de la cornée, le cinquième environ ; cehi de la paupière inférieure répond à la circonférence de cette membrane.
Ce bord présente une épaisseur de 2 millimètres et une longueur qui varie, mais qui mesure en général 4 centimètres.
Il nous offre à considérer deux parties, Tune externe qui répond an globe de l'œil, Tautre interne que traverse l'appareil lacrymal. — La partie externe est recouverte par les cils; la partie interne, privée de cils, renferme dans son épaisseur les conduits lacrymaux : de là les noms de portion oculaire ou ciliaire ({ue je donnerai à la première,' et celui de portim lacrymale qui désignera la seconde.
La partie ciliaire du bord libre en comprend les 7huitièm'es environ. Elle offre l'aspect d'une petite surface plane qui regarde- en haut et un peu en avant sur la paupière inférieure, en bas et un peu en arrière sur la paupière supérieure. Dans l'état d'occlusion de l'orifice palpébral, ces surfaces s'appliquent l'une à l'autre et se superposent d'une manière si exacte, qu'il n'existe alors entre les deux paupières aucun interstice linéaire. On n'observe donc nul vestige de ce canal prismatique et triangulaire que Boerhaave, F. Petit, Winslow et Zinn avaient admis entre les paupières d'une part et le globe de l'œil de l'autre. Ces auteurs se sont égarés pour n'avoir pas assez remarqué que le bord libre des paupières est aplati. Ils lavaient cru légèrement arrondi; or de cette forme arrondie à l'existence d'un canal triangulaire destiné au passage des larmes il n'y avait qu'un pas. — La petite surface qui constitue la portion ciliaire du bord libre offre deux lèvres et un interstice.