C. Conjonctive
La conjonctive est une membrane muqueuse située entre les paupières et le globe de l'œil et destiiiéc à unir ces organes en leurs permettant de se mouvoir librement les uns sur les autres.
i** Disgosition qénérale de la conjonctive.
Sur le bord libre des paupières cette membrane se continue, ainsi que nous l'avons vu précédemment, avec la peau. Du pourtour de l'orifice palpébral, elle se porte sur la face postérieure des paupières, puis se réfléchit au devant du globe de l'œil en formant un cul-de-sac circulaire dont une moitié répond à la paupière supérieure et l'autre à l'inférieure. — En dehors, ce cul-de-sac est un peu moins profond qu'en haut et en bas. — En dedans, la conjonctive, après avoir recouvert la caroncule lacrymale, s'adosse elle-même pour former un pli de figure semi-lunaire.
La conjonctive nous offre donc à considérer deux surfaces, et quatre portions : une portion palpébrale, une portion oculaire, une portion caronculaire et le pli semi-lunaire.
La surface adhérente de la conjonctive contracte une adhésion intime avec la face postérieure des paupières. Mais elle n'est unie à la partie antérieure du globe de l'œil que par un tissu cellulaire lâche et très-accessible aux infiltrations séreuse et sanguine.
Dans l'intervalle qui sépare l'œil des paupières, elle répond au sillon circulaire que forment, d'une part les prolongements palpébraux, de Tautre le prolongement sous-conjonctival de l'aponévrose orbitaire en se séparant à angle aigu. Au niveau de ce sillon, Tadhérence de la conjonctive avec les parties fibreuses sous-jacentes est moins intime que sur les paupières, mais plus solide que sur le globe de l'œil.
On peut donc avancer d'une manière générale que la conjonctive adhère d'autant moins aux parties qu'elle revêt, quelle s'éloigne davantage de son point de départ, c'est à-dire du bord libre des paupières.
Sa surface libre est humectée par les larmes et par une petite quantité de mucus* Elle parait parfaitement unie. Cependant, en l'examinant avec plus d'attention, on y découvre des sailhes ou papilles visibles seulement au microscope*
aiToiiilic, purfois conique ou ii'régulièreinent pyramidulv. — Vu?! au uiicroscope, ettes ofTrent la structure et tous les altributs des glanb uu grappes.
Ces ghindes sécrËleiil un lj<|ui<ie plus consistant que le fluide lacrynial, un vcritubie mucus qui s'étale sur la conjonctive, et qui contribne à li protéger hu fiivorisaiil le jeu réciproque de ses diverses parties.
Chez les mitmniifêres, cette membrane est recouverte aussi d'une couclw de mucus. Mais les uns ne possèdent pour organe sécréteur de ce loucu» qu'un seul corps glati il ul eux, la glande de i/ardcr, située sur le cAtéiotenu du globe de l'œil, el dont les conduits excréteurs, au nombre de deiu, viennent s'ouvrir en dedans du pli semi-lunaire. Chez d'autres, le moutoo par exemple, les glandes mucipares sont irrégulièrement dissémiaées dans le tissu cellulaire sous-conjonctivaj, comme dans l'espèce humaÎDe, en sorte i|u'on peut les considérer comme les analogues de la glande de Hîirder. Il faut admettre, par conséquent, que cette glande existe chu l'homme comme chez les mammîTëres; seulement les lobules qui la cornimseni, au lieu d'être réunis en un seul corps, restent isolés el disséroiDét sur un plus large espace. .Mais que ces lobules soient groupés ou disséminés, qu'importe? ne voyons-nous pas les organes les plus identiques st fragmenter souvent et se m odiller jusqu'à l'inGnî dans leur conformation cxlérieure, en passant d'une espèce animale à une autre espèce^ Les
Kiu. 671. — /î'jiil/ié/iini de Kiu, 615. ~ Glande de la la conjonctive. iionjoncUw.
Fig. Gï4. — 1, 1. Couche Eiiperficiellc de l'épitliéliuiQ de la conjonctive, fonnée * vcllulei aplaties el li contour heia^onal. — !, 2. no;au de eei cellules, entouré dt pir nulations pigmcutaires. — 3, Cellules profondes, rie Tonne conique ou pjframidjlc. - \. Cellules ovoïdes élalilissant la transition entre les cellules conique* rt In cdlnla hi'ugooalei'.
Kig. r.75, — tiUiifte mvquruie hilobêe. — 1. Corps de la glande. — 2. Soo codAiI exctjleur, remarquable par son lar^ calibre. — 3. Êoiboncliure de celui-ci.
Fig. 67(1. — JloiU de tenniMitou da tube» Hervatx dan* ht papiOet ik la aajoHflire. — I, I. Tube nerveux s'enroulant parn |>.irlie teniiina le autour de la snbsluM ni-ncu»! venlnilo de U pa|illic. — i,!i. Substance iiiédullairu de te lubc. — 3,3. No.Hin de la giiliie de Scliwiintt. — 4. Subetaiicc nerreu«c centrale.
ixiérieure, en passant d'une espèce animale à une autre espèce ? Les [landes sous-conjonctivales se retrouvent donc à la fois chez Thomme (I la plupart des mammifères: chez Thomnie et quelques animaux sous ine forme fragmentée , chez les autres sous la forme agrégée.
Indépendamment des glandes qui précèdent, la conjonctive offrirait en mire, selon Henle, des glandes en tubes qui auraient plus particulièrement jioor siège la face postérieure des cartilages tarses. Ces gkndes seraient constituées par un canal central sur les côtés duquel tous les troncules se disposeraient à la manière des barbes d'une plume sur leur tige commune. Je tt*ai pu en découvrir aucune trace chez Thomme.
Les artères de la conjonctive sont très-nombreuses. Elles viennent des palpébrales et des ciliaires antérieures.
Les veines, par leurs radicules, forment un réseau à mailles sensées. Les troncules qui en partent se rendent, les supérieurs, plus importants, dans Tune des branches d'origine de la veine ophthalmique; les internes et inférieurs, dans la veine faciale.
ikes vaisseaux lymphatiques naissent de la conjonctive; ils forment à leur origine, ainsi que nous Tavons vu, un réseau d'une extrême ténuité; tes troncs qui en partent se rendent, les uns aux ganglions parotidiens, les autres aux ganglions sous-maxillaires.
Les nerfs de cette membrane, poursuivis par Krause, sont assez nombreaxy bien qu'elle soit peu sensible. Ils viennent, pour la portion oculaire, des nerfs ciliaires, dont douze à quinze ramuscules traversent la sclérotique &5 ou 6 millimètres au delà de la circonférence de la cornée, et pour la portion palpébrale, de la branche ophthalmique et du nerf sous-orbitaire* -* Après avoir parcouru un certain trajet, les filets destinés à la co^jonctÎTe lui abandonnent des ramifications composées de quelques tubes seulement, qui se séparent chemin faisant, pour se terminer dans ees corpuscules du tact rudimentaires auxquels Krause a attaché son nom. Beaucoup de ces tubes se divisent et même se subdivisent, soit avant de pénétrer dans les papilles dont ils dépendent, soit au moment où ils atteignent leur corpuscule terminal.
D. Glandes ilea paupiètes.
Les glandes annexées aux paupières sont extrêmement multipliées. Dans mon mémoire publié sur ces glandes en 1853, je m'attachais à démontrer qu'on peut les diviser en trois ordres :
Celles qui versent le produit de leur sécrétion sur la peau;
Celles qui déposent ce produit sur le pourtour de l'orifice paipébral, c*est-à-dire sur les limites respectives de la peau et de la muqueuse ;
Et celles qui le répandent sur la surface libre de la conjonctive. — Ces dernières ont été précédenmient décrites.
arrondit;, parTois coiiii{uc ou irréguliëreiiieiit |)yramî(lak>. — Vues an [iiieroscope, elleïj utTrcnt la structure et tous les attributs des gUndH eu grappes.
' l^es glandes sécrùteiil un lK|uidc plus consistant que le fluide lacryuid, uu véritable mucus qui s'étale sur la conjonctive, et qui contribue à li protéger en favorisant le jeu réciproque de ses diverses parties.
Ctiezies mammifères, cette membrane est recouverte aussi d'unetouclK de mucus. Mais tes uns ne possèdent pour organe sécréteur de ce louue qu'un seul corps glanduleux, ta glande de tarder, située surlevOté interne du globe de l'œil, et dont les conduits excréteurs, au nombre de deii, viennent s'ouvrir en dedans du pli semi-lunaire. Chez d'autres, le numlon par exemple, les glandes mucipares sont irrégulièrement disséminées dans le tissu cellulaire sous-conjonctiva), comme dans l'espèce hamaioe, en sorte qu'on peut les considérer comme les analogues de la glande de ■larder. Et faut admettre, par conséquent, que cette glande existe clm l'homme comme chez tes mammifères; seulemeiilies lobules qui la composent, au lieu d'être réunis en un seul corps, restent isolés et disséminés sur uu plus large espace. .Mais quu ces lobules soient groupés on disitininés, qu'importe? ne voyons-nous pas les organes les plus identiques se fragmenter souvent et se modifier jusqu'à l'inlini dans leur conronnition extérieure, en passant d'une espèce animale à une autre espèce? Les
I I — CUinde de la I onjonctii e
Pig Gi-1 — I 1 Couche snperllcielle if lepKhéLuni de la cooionclive, (onuie it tellules aplaties cl i contour hexagunal — 2 2 Snjau de ces cellules, enlouré de p»nulaUons pigmeiilaire» — 3 Cellules protondes de foniie clinique ou pyramidale. — 4 Cellules ovoïdes clabli ssmi la transition entre les cellules coniques «l les celtalti liixagonalcs
Fig 075 — lilan le maqueme bttobfe — I Corps t exciLteur roniarqudble par son large calibre -
Fig 6(6 — Voilt de Urinimiion den lubei nenfeite rfaii» la papille» lie U mjimctii e — 1 1 Tiilie nervpux s (.nrouUnt pai sa partie terniin.ile autour de la subiUaa nineu L (.entrik telipa|iilc — -*,â SubslaïKC lUL^ullDire de ce tube. — 3t3'Ni>lï>n ili la t iliK' •l'- !x-bw mil — i bnbetaïuc nerveuse uintrale.
sxiérieure, en passant d'une espèce animale à une autre espèce ? Les l^andes sous-conjonctivales se retrouvent donc à la fois chez l'homme *i la plupart des mammifères: chez T homme et quelques animaux sous me forme fragmentée , chez les autres sous la forme agrégée.
Indépendamment des glandes qui précèdent, la conjonctive offrirait en oulre, selon Henle, des glandes en tubes qui auraient plus particulièrement pour siège la face postérieure des cartilages tarses. Ces glandes seraient constituées par un canal central sur les côtés duquel tous les troncules se disposeraient à la manière des barbes d'une plume sur leur tige commune. Je n'ai pu en découvrir aucune trace chez l'homme.
Les artères de la conjonctive sont très-nombreuses. Elles viennent des palpébrales et des ciliaires antérieures.
Les veines, par leurs radicules, forment un réseau à mailles serrées. Les troncules qui en partent se rendent, les supérieurs, plus importants, dans l'une des branches d'origine de la veine ophthalmique; les internes et inférieurs, dans la veine faciale.
Des vaisseaux lymphatiques naissent de la conjonctive; ils forment à leur origine, ainsi que nous l'avons vu, un réseau d'une extrême ténuité; tes troncs qui en partent se rendent, les uns aux ganglions parotidiens, les autres aux ganglions sous-maxillaires.
Les nerfs de cette membrane, poursuivis par Krause, sont assez nombreux, bien qu*elle soit peu sensible. Ils viennent, pour la portion oculaire, des nerfs ciliaires, dont douze à quinze ramuscules traversent la sclérotique à5 ou 6 millimètres au delà de la circonférence de la cornée, et pour b portion palpébrale, de la branche ophthalmique et du nerf sous-orbitaire. — Après avoir parcouru un certain trajet, les filets destinés à la cofljonctiTe lui abandonnent des ramifications composées de quelques tubes seulement, qui se séparent chemin faisant, pour se terminer dans ees corpuscules du tact rudimentaires auxquels Krause a attaché son nom. Beaucoup de ces tubes se divisent et même se subdivisent, soit avant de pénétrer dans les papilles dont ils dépendent, soit au moment où ils atteignent leur corpuscule terminal.
D. Glandes d^a paupières.
Les glandes annexées aux paupières sont extrêmement multipliées. Dans mon mémoire publié sur ces glandes en 1853, je m'attachais à démontrer qu'on peut les diviser en trois ordres :
Celles qui versent le produit de leur sécrétion sur la peau;
Celles qui déposent ce produit sur le pourtour de l'orifice paipébral, c^est-à-dire sur les limites respectives de la peau et de la muqueuse ;
Et celles qui le répandent sur la surface libre de la conjonctive. — Ces dernières ont été précédemment décrites.
a. Glandes de la peau.
Deux espèces de glandes versent leur produit sur la peau des paupières : des glandes sudorifëres et des glandes sébacées.
Les glandes sudorîrères revêtent ici les caractirea qu'elles possèdent dans toutes les autres parties du corps. Elles sont nombreuses. J'ai élc souvent Trappe aussi de leur remarquable développement.
Les glandes sébacées des paupières se présentent également en grand nombre, mais restent en général rudirncntaîrus. Elles varient du reste i cet égard suivant les individus. Quelques-unes, relativement rares, sont lobulées et même nmltilobulées. La plupart se composent seulement de deux, trois ou quatro ulricules. On en rencontre qui se réduisent à un seul utricule. Certains Tollicules pileux possèdent deux ({landes, qui n'eiis-
A. t'jK glamte tébacée Irài-comiioièe lie la peau da paupièrei. — i, 1. Follicule pileux. — 2. Poil qu'il cuiitieiit. — 3, Glande sébacée bilobde, s'ouvrant dans la moitié inféricuTe du rallicule. — i. Son conduit excrCIcur.
B. Une glamU ani-ulricalaire.— l, 1. Follicule [lileux. — S. foil.— 3. Glaiidulc s'ouvrant. conuiio la préi.-ùdcnti>. dans la moilié iorérieure du follicule.
r,. Glawie rwlimtniaire s' navrant dirvclanent mr la lur face di la jieau. — if a«ita\e pileux annexé ù la Riandc. — i, i. Ulricules qui la composent. — 3. Son Ginboncliun.
D. Autre glande ruilimenlaire ilablaianl lu Iramilion entre celtes de la premierr et relies de la deuxièiue clatM. — 1. Follicule pileux. — 2, î. Glandule. — 3. Partie suprrieure du follicule, remarquable par les dimensions braucolip plu* grand?! de son
. Poil. — *. Folliculf re du follicule.
GLANDES DES PAUPIÈRES. 7ââ
lent alors qu'à Tétai de simple vestige. Lorsque celles-ci atteignent un certain degré de développement, elles sont uniques, et dans leur voisinage on observe des glandules de la plus extrême simplicité.
Parmi les glandes sébacées des paupières, les unes, en général plus abondantes, vont s'ouvrir dans un follicule pileux sur un point ordinairement très-rapproclié de son extrémité inférieure. D'autres vont s'aboucher directement sur la surface de la peau; elles sont alors, le plus habituellement, d'un très-minime volume; La proportion de ces deux classes de glandes est soumise, du reste, à de très-grandes variétés. Beaucoup de follicules pileux en sont totalement dépourvus.
b. Glandes situées sur le pourtour de Vorifice palpébral.
Extrêmement nombreuses. Toutes sécrètent une matière sébacée, et semblent ainsi former une seule et môme famille. Elles diffèrent cependant par leur siège et leur conformation extérieure.
Considérées sous ce double point de vue, elles se partagent en trois groupes bien distincts : celles qui occupent l'épaisseur des cartilages ikTseSy on glandes de Meibomim ; celles qui sont annexées aux follicules des cils, ou glandes ciliaires ; et enûn celles qui composent la caroncule lacrymale.
i"* Glandes de Meibomius.
Les glandes de Meibomius, plus nipprochées de la face postérieure que de la face antérieure des cartilages tarses, ne sont pas également nombreuses pour les deux paupières. Leur nombre varie de 25 à 30 pour la paupière supérieure, et de 20 à 25 pour la paupière inférieure.
La plupart suivent une direction perpendiculaire au bord libre des voiles palpébraux, et marchent en ligne droite par conséquent. Toutefois, dans le cartilage tarse supérieur, on en remarque plusieurs qui s'écartent de ce trajet rectiligne : quelques-unes décrivent de légères flexuosités; d'autres suivent d'abord une direction ascendante, puis se réfléchissent pour se porter verticalement en bas; d'autres marchent parallèlement au bord adhérent du cartilage, passent sur le sommet de plusieurs glandes, se courbent ensuite à angle droit, et descendent vers lé bord libre de la paupière. Toutes viennent s'ouvrir sur la lèvre postérieure de ce bord libre par un orifice bien apparent.
Ces glandes ont été considérées jusqu'à présent comme des follicules agrégés. \j\\e élude plus attentive de leur structure démontre qu'elles doivent être classées parmi les glandes en grappe. Sur le contour de leur conduit excréteur, en elfot, indépendamment de quelques follicules simples s'ouvrant directement dans la cavité de celui-ci, on observe des groupes de follicules qui s'abouchent dans le conduit principal par autant de conduits
seroudaires, de telle sorte que chacun de ceux-ci représenle un lobule, tt^ sur certains points, un véritable lobe. Lorsqu'après avoir soumis c^, glandes à l'action des réaclirs, on les examine à un Faible grossissement, on peut facilement constater :
1° Que le nombre des lobules s'élève à 30 ou 40 pour les glandes de moyennes dimensions ;
2° Qu'ils sont ccbelonnés sur toute la longueur et sur toute la ciroigrérenée du canal central, sans affecter aucuiie régularité ;
FiG. 67S. — 1, 1. Bord libre de la paupière. mplantés les cils. — 3, 3. Sn lùvrc poaléricui Ucs glandes de Meibomius, — .1. L'une de aorninet de deux autres, et qui descend en^iuii le portanl cl'alionl vcriicalnineiit en haul, ]
!,2. Sa lèvre antérieure, sur laquelle uoi . sur laquelle un rcpnarque l'emboucfaire -s glandes, qui passe obliquement lur le vers le bord libre. — ■'>. tjne autre glande : rënéchissant pour descendre v«rlL-
Fic. fî70. — 1, 1. Parlic inf<-ricurc d'une glande de Heibamius. — ?. 3. Lobules «cbBlonnts sur ta longueur cl s'mivrant par leur canalicule sur les divrrs points de m conduil excrélGur. -~ 'J, 3. Lobules pins pelils que les précédents. — i, i. Ulriculei iit» lés cl imniédiatemcnt appliqués sni' le conduit excréteur de la glande dans laquelle ili s'ouvrent par un orillee partitulicr. — 5. Partie terminale de ce cijnduil. — G. Ce attae conduit qui a été divisé un peu au-dessus de sa partie moyenne.
3* Qu'ils n*oirreiit pas un égal développement : les uns sonl simples e( les autres composés.
Les lobules simples sont des agglomérations d'utricules groupés autour d'un petit conduit qui reçoit le produit de leur sécrétion et qui le dépose ensuite dans le conduit principal.
Les lobules composés sont formés de deux ou plusieurs lobules, dont les conduits excréteurs, au lieu d*aller s'ouvrir directement dans le canal central, se réunissent entre eux pour donner naissance à un troncule qui vient s'aboucher ensuite dans ce canal. Qest surtout au voisinage du bord adhérent du cartilage tarse de la paupière supérieure qu'on observe ces lobules composés, ou plutôt ces lobes. Les utricules simples qui vont s'aboucher directement dans le conduit principal sont appliqués à celui-ci, iné^lcment répartis et peu nombreux.
Les glandes de Meibomius appartiennent à la classe des glandes sébacées; ce sont des glandes en grappe qui réalisent sous son type le plus par- Ut la variété des glandes en épi ou en chaîne d'oignons. Elles ont pour jsage de lubrifier le bord libre des paupières.
Ces glandes m participent pas en général aux inflammations dont le i>ord des paupières est si fréquemment le siège; et alors même qu'elles prennent part à ces phlegmasies, elles ne deviennent jamais la source de ces écoulements séro -purulents ou chassieux qui en sont la conséquence. La chassie provient exclusivement des glandes ciliaires.
S** Glandes ciliaires.
Les glandes annexées aux follicules des cils peuvent être distingnéés à l'œil nu, malgré leur extrême petitesse. Elles sont plus manifestes chez certains animaux, dans le bœuf et le monton, par exemple, non-seulement parce que leurs dimensions sont un peu plus considérables, mais surtout parce qu'elles ofl*rent une couleur d'un jaune vif qui contraste avec la couleur blanche du tissu cellulaire.
Deux glandes ciliaires sont attachées à ehaque follicule; el comme les cils, pour chaque paupière, sont au nombre de 100 à 130, l-iOet même 150, 90 voit, en prenant le chifl'reliS pour terme moyen, que la lèvre antérieure de l'ouverture palpébralc est munie de 500 glandes environ.
Leurs diniensions présentent beaucoup de variété. Chez certains individus, elles ont un volume double ou triple de celui qu'elles offrent chez i'autres. Ce volume varie aussi très-notablement chez le même individu, selon le follicule que Ion considère. La plupart de ces glandes se composent l'un seul lobule assez simple, formé seulement de quelques utricules; lien pxiste cependant de plus compliquées; mais elles sont en petit nombre. l'ai vu souvent des glandes ciliaires représentées par deux ou même par un seul utricule. Dans quelques cas rares, ces glandes font presque tota)^^
tm SENS DE LA VUE.
ment déraut. Elles sont, en général, plus développées chez l'enfant qu«
chez l'adulte.
C'est ordinairement sur un point assez rapproché ds l'e^itrémilé libre dei follicules des cils qu'elles viennent s'ouvrir. Le produit qu'elles sécrèlenl est une matière si^bacée, analogue à celui qui s'érhappe des |;:landes da Heibomius, dont elles se rapprochent par leurs fonctions et leur nature, bien (ju'elles en diffèrent beaucoup par leur forme, — Ce produit, en arrivut au dehors, se dépose autour des cils, en formant une petite couronne i leur base. Lorsqu'il est sécrété en plus grande abondance, comme on l'observe dans la blépharite ciiiaire, si fréquente chez les enfants scrofuleni, il se concrète sous la forme d'un petit anneau jaunâtre. Tant que cette sécrétion morbide reste modérée, les anneaux qui entourent la hase de chaque cil se montrent indépendants, et il n'existe pas encore de croùtu sur le bord libre des paupières. Mais si elle acquiert plus d'activité, tous ces petits anneaux, d'abord à peine visibles, s'étendent, puis se toudient par leur circonférence, finissent par se confondre, et donnent ainsi nais-
Frc. 680. — Glanda eiliaires.
A. Ctandes eiiiairei Irà-compoaéet. — i, 1. Follicule pileui. — 3. Cil donU'etWniilé libre a été excisée. — 3, 3. Glandes s'uuvrant dans b moitié supérieure du rallicule, lar DU point Irés-rupproelié de son embouchure.
B. Deux glanda ciliaires plia timplei qut les précédenten. — 1 . Cil et rollicule pileui, — t. Glandule composéa de cinq ulriculrs. — 3. tilandule formée de trois utricule*.
C. Deux glande» eiliairti trrii-inégalemenldéveloppéai. — 1. Follicule pileui. — S. Glande loiiulén assvz compotéc. ^ •)■ Claude uni-ulricuLiire.
D. Jhux glandes eiHaires rèiluile» l'une et Fautre à leur plut ample etpmiie». - ^. Follicule pileux, —i. Glande uni-ulriculairc.— 3. Glande semblable à la préc^enlc, mais plus petite.
stnce à ceK croûtes molles ou demi-molles qui recouvrent toute ou presque toute la partie antérieure de Touverture palpébrale.
C'est donc bien à tort que tous les auteurs ont placé jusqu'à présent le |>oint de départ de la chassie dans les glandes de Meiboraius. Depuis plus le quinze ans, j'ai rigoureusement démontré que ces dernières ne prennent Biucune part k sa formation. Il importe que les pathologistes se résignent înfin à en reconnaître la véritable source : car, mieux éclairés sur le siège réel du mal, on peut espérer que les agents thérapeutiques dont ils disposent prendront entre leurs mains une efficacité moins douteuse.
3* Caroncule lacrymale.
La caroncule lacrymale est un petit corps glanduleux, de forme ovoïde ou triangulaire, situé dans le grand angle de Tœil, et remarquable par sa couleur d'un blanc jaunâtre, ainsi que par les poils extrêmement fins qui hérissent sa surface.
Ce petit corps se compose de dix à douze glandes sébacées, contigtiës, l'ouvrant au dehors par autant d'orifices indépendants. Ces glandules sont en général plus volumineuses et plus compliquées que les glandes ciliaires. Cependant il n'est pas rare d'en rencontrer aussi de très-petites et de très-simples. Chacune d'elles est formée le plus habituellement de deux ou trois lobules, composés eux-mêmes de six à huit utricuies, et quelquefois plus nombreux.
Tous les lobules de la même glande convergent vers l'extrémité libre f on follicule pileux et s'ouvrent dans la cavité de celui-ci, très-près de son îipbouchure. Les glandules de la caroncule lacrymale offrent ainsi la plus ^nde analogie avec les glandes ciliaires; comme ces dernières, elles sécrètent une substance grasse ; comme élises aussi, elles s'abouchent dans m follicule pileux au voisinage de son embouchure. Seulement le follicule uleux et les glandules qui en dépendent affectent ici un développement inrerse : sur le bord libre des paupières, le follicule pileux est plus déveoppé et les glandules le sont très-peu ; dans la caroncule lacrymale, les oUicules pileux sont au contraire rudimentaires et les glandules plus voomineuses. D'un côté, c'est le cil qui prédomine, de l'autre ce sont les landes. Mais, de part et d'autre, l'organe, considéré daTis son ensemble, este le même ; ses proportions seules se modifient selon la destination [u*il est appelé à remplir.
La caroncule lacrymale, les glandes ciliaires et les glandes de Meibonius, sont donc trois ordres de glandes sébacées. Les glandes ciliaires et es glandes de Meibomius forment sur le bord libre des paupières une louble série linéaire que la caroncule relie l'une à l'autre, comme pour empiéter sur l'ouverture palpébrale deux anneaux glanduleux, qu'on peut^ distinguer, d'après leur situation relative, en postérieur et antérieur.
L'aaneau glanduleux postérieur, composé de glandes relativeraeni ir«slongues, irès-développécs et Irës-i^ompliquées, ne présente en géDénlqne des aiïecLions légères.
Vanmau glanduleux antérieur, constitué par des glandes de dimensiou moindres et très-simples pour la plupart, est au contraire le siège de nt. ladies à la fois plus fréquentes et plus fUcheuses.
La différence de structure des deux anneaux nous explique celte prédisposition inégale à rinOammation. —L'antérieur, situe au-dessous de La peau, reçoit >'cs ^'^t^ nerveux extrêmement multipliés ; les artères palpéliralçs le côloient dans toute son étendue, et lui abandonnent, chemin [lisant, un firand nombre de ramuscules qui s'épanouissent en pinceaa on n aigrette snr les follicules des cils et sur les glandes ciliaires. — L'aaneau glanduleux postérieur parait être entièrement dépourvu de filets nerveoi ; il reçoit des ramuscules artériels, mais incomparablement moins qot lo glandes ciliaires.
D'un c&té, nous trouvons donc une exquise sensibilité et uneeilrime vascularité ; de l'autre, une sensibilité presque nulle et une vascularité appauvrie. Or, l'observation a depuis longtemps établi que les organes lis
FiG . 083. — Une giaiult it la caronaUe gromt.
li -lunaire.
- 3, 3. PmrU
FiG. G8I. — Caroncule Fjc. Wi, -- Cinq glar lacrymale. i{« la carimciiU.
Fia. C81, — A, Lac laerijmal. — 1, Caroncule. lacrjrniaux. — i, l. Portion Ucrjmale du bord libre dei paupière!
B. Gtandulet de la caroncule, vue* à un groiiUiement dil diamètTe». ^ \ , I. Cet tilandulcs, qui se ilélaclient par h'ur opacité tur le Tond transparent de la caroncutt. t, !, â. Poils qui émergent du Tollicule pili7ux de chacune d'ellea.
Pic. G8Î. — Cinq glanâttla Irétsimplei de la caroncule, ruei à «n grottiumM lie 20 diamtlret. -~ I . Follieule pileux de l'une de rr% glandulei. — 2. Poil qoi énwir de ce roUirule. — 3, 3, 3. Giandulel convergeant autour du même rolltcule, et riroanl dans le voisinage do son embouchure une sorir' de couronne.
Fie. 083, ~~ Glande caroneulaire ptux compoièe que le* pricidenttu, — 1. Fellitnit , pileux, dans lequel les lobidea de celte glande viennent «'ouvrir.— 3,3. DrailotHiln simples, — 3, 3. Deux autres lobule) dont l'un est trèï-composi^.