C. Conduits lacrymaux
Ces conduits s'étendent des points lacrymaux, par lesquels ils commencent, vers le sac lacrymal, dans lequel ils se terminent. Ils ont pour origine une petite ampoule pyriforme dont la base se dirige vers le bord adhérent des paupières, et dont le sommet, tourné vers le bord libre, est représenté par le point lacrymal correspondant. C'est dans l'épaisseur des tubercules lacrymaux que se trouve creusée cette ampoule, vaguement aperçue, e^ encore plus vaguement décrite par les auteurs. De la partie interne de celle-iû partent les conduits lacrymaux proprement dits, qui se dirigent en dedans et un peu en arrière, l'inférieur horizontalement, le supérieur!
CONDUITS LACRÏUAUX. 7^7
queiitent eu bas. Parvenus au niveau du tendon de l'orbiculaire, iiniiiédialement eu amère du point où ce tendu» se biiurque, les deux conduits se réunissent en un seul qui, continuant à se porter en dedans, vient s'ouvrir tlans le sac lacrymal, à l'union de son tiers ou de son quart supérieur, avec SCS deus tiers ou ses trois quarts inférieurs. Les conduits lacrymaux nous présentent donc à considérer deux portions, l'une qui est propre à chacun d'eux, l'autre qui leur est commune.
L> portion propre h chaque conduit comprend leur ampoule et le canal qui succède à celle-ci.
Le grand axe de l'ampoule présente i i'i millimètres d'étendue. Il est un peu oblique; le sommet des ampoules, dirigé en bas pour l'une, et en haut pour l'autre, s'incline en même temps en arrière pour chacune d'elles.
Le canal qui succède k l'ampoule est cylindrique. Il naît de la base de celle-ci, (|ui cependant le déborde un peu. Le diamètre du canal atteint et quelquefois dépasse un millimètre.
La portion commune s'étend de l'angle de bifurcation du lendou de l'or-
1, I. Iluiiiluiu lat-rymiiux. —i, i. .\nipoule« vonititu.iiii rorinincilecescuniiuiuelurillcei ou poinU tacryniaux pir lesquels li"B larnic* pénètiviil dan» ce» ampoule*.— 3, 'i. tarlilagei lanes supérieur «l hifi-riiïiir dont In jiartie înleniu a été niiw i nu puur laiitcr wrir les rapport» de» pointi Inerjnitinx awi; ce» carliliiiR»- - ■*> ■•- Portion otulaire ou aplatie du boni libre di-s paupières, oITrant sur son bord postérieur une série il'arillces qui reprûspnlcul le» emhoucliures ili's glauilea de Mi-ibomiu» rt sur leur boni antérieur rim plan ta lion des cil». — !i. Sac ]aer;in:d. — It. Tendon de l'orbiculaire drs paupières dont le boni inférii-ur coupe gi- sac à l'union dn son tiers supérieur avrt sn deux tiers inKrienn. — 7. l'oint dii btfurcalioii lic ce teniloii, correspondanl au point do réunion lies deux conduits lacrym.iu^. — H, H, Hranclie» iln birurraliiHi du ménv! tendon rormanl ■mtonr île chiiiiui^ mniUiil taci'}uiai uni' failli' llbreuw: i)ui n été c^iciséc ici en avant |Hiur inontrïT ci;» cuuduil».
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biculaire au sac lacrymal. Son calibre est tantôt égal et tantôt un peu supérieur à celui des deux portions qui convergent pour lui donner naissance. Son étendue varie de 2 à 3 millimètres.
Si j*en crois mes recherches qui portent sur quinze sujets examinés de l'im et de Tautre côté, son existence serait constante. Mais si nous consultons les auteurs, ils tiennent un autre langage : tous s'accordent, en effet, pour admettre que les conduits lacrymaux s'ouvrent dans le sac lacrymal chacun par un orifice distinct. Ils ne contestent pas cependant qu'on les voit aussi s'ouvrir quelquefois par un orifice commun ; seulement cette disposition serait exceptionnelle : Huschke a même tenté de formuler la loi de ces exceptions en avançant qu'une fois sur sept les deux conduits s'ouvrent dans le sac lacrymal par une embouchure commune. Peut-être en Allemagne en est-il ainsi ; mais, en France, je puis certilier que les conduits lacrymaux s'ouvrent dans le sac lacrymal par un canal commun, dans l'immense majorité des cas. (Fig. 090.)
Aux aiiatomistes qui ont émis une opinion opposée et qui voudraient s'assorer de la vérité à cet égard, je conseille de procéder de la manière suivante : IMncisez les conduits lacrymaux avec ménagement, et tous reconnaîtrez sans peine que ceux-ci se réunissent à leur terminaison; :2** après avoir fermé les points lacrymaux avec des serres-fines, injectez de bas en haut l'appareil conducteur des larmes avec un liquide coagulable, puis isolez cet appareil des parties molles ambiantes, et vous distinguerez, soit immédiatement après la dissection, soit mieux encore après dessiccation, la portion commune aux conduits lacrymaux.
Ces conduits se composent de deux tuniques étroitement unies. — La tunique interne ou muqueuse se continue par les points lacrymaux avec la conjonctive palpébrale; elle offre quelquefois, dans sa moitié externe, de très-petits plis perpendiculaires à l'axe du canal. — Son épithéliuin est constitué par des cellules cylindriques.
La tunique externe de nature fibreuse résulte de l'épanouissement des deux branches du tendon de Torbiculaire, lesquelles entourent les conduits lacrymaux en constituant à chacun d'eux une gaine complète pour aller s'insérer ensuite à rextrémilé correspondante des cartilages tarses. Cette gaine fibreuse donne attache : i"* par sa partie antérieure aux fibres inlra-palpébrales de l'orbiculaire; 2° par sa partie postérieure aux ligaments larges, et au muscle de Horncr.
La tunique fibreuse de la portion commune aux conduits lacrymaux est formée par le tendon de l'orbiculaire en avant, et par la portion réfléchie de ce môme tendon en arrière. 11 résulte de celte disposition que le muscle
orbiculairc en se contractant tend à redresser et à dilater les conduits lacn-
maux dans toute l'étendue de leur trajet. — Le muscle de Honier,siluéà la partie postérieure de ces conduits, attire en arrière, d'une parties
SAC LACRYMAU 7^9
linls lacrymaux, de Tautre re&trémité interne des cartilages tarses : ea vorisant Fabsorption des larmes il' contribue à maintenir la courbure ansversale in bord libre des paupières.
D. Sac lacryfnal.
Le sac lacrymal est un conduit situé à la partie antérieure de la paroi iteme de Torbite, en arrière du tendon de Torbiculaire.
La direction de ce conduit n*est pas verticale, mais légèrement oblique Q bas, en avant et en dehors.
Sa longueur varie de iâ à 14 millimètres, et son diamètre de 3 à 4. — a forme est celle d'nn cylindre un \\en aplati de dehors en dedans et 'avant en arrière, en sorte qu*on peut lui distinguer : une paroi antéroilerne, une paroi postéro-interne, et deux extrémités.
La paroi antéro-exierne répond : {''en avant, à la peau et au muscle rbiculaire des paupières, dont le tendon la croise perpendiculairement à union de son tiers supérieur avec ses deux tiers inférieurs ; 'l'* en dedans, là portion réfléchie du même tendon et au muscle de Horner; 3* en aut et en bas, à des expansions fibreuses qui proviennent également e ce tendon. Inférieurement, cette paroi répond, en outre, au muscle etit oblique de Tœil qui s'insère souvent sur le sac lacrjmal par ses bres les plus internes.
La paroi postéro-interne est en rapport avec la gouttière lacrymale, *6St-à-dire avec Fos unguis en arrière et Tapophyse montante du maxillire en avant. Cette gouttière correspond elle-même, en procédant de haut n bas : 1* à une surface unie et quadrilatère située au devant du méat su- •éricur des fosses nasales ; :2* au bord supérieur du cornet moyen ; 3* enin à la partie la plus élevée du méitt moyen. Lorsque, pour rétablir le ours des larmes, on perfore la paroi interne du sac lacrymal, c'est donc ar la moitié inférieure de celte paroi qu'il convient d'agir, car alors les nrmes trouveront dans le méat moyen un écoulement facile ; tandis |ue si la perforation est située plus haut, elles arriveront, non dans les [>sses nasales, mais dans les cellules antérieures de l'ethmolde.
Supérieurement le sac lacrymal se termine par un cul-de-sac arrondi. Ion extrémité inférieure se continue avec le canal nasal.
Vu intérieurement, il présente une couleur d*un blanc rosé. Sur sa paroi xterne, on observe, au niveau du tendon de Torbiculaire, un orifice cirulaire f]ui constitue reiubouchure de la portion commune des conduits acrymaux ; cet orifice est dépourvu de valvule.
Sur les deux tiers inférieurs de la paroi interne il existe parfois de légers «plis delà muqueuse, très-variables du reste. Tantôt, en effet, il en existe i peine un vestige; tantôt on en trouve plusieurs qui n'affectent aucune lirection déterminée. Dans quelques cas, on rencontre sur la partie
inférieure du sac un repli unique et d'une forme mieux accusée; j'ai vu ce repli prendre l'aspect d'un petit croissant à pointes ascendantes, qui « simulait très-bien une valvule. Plusieurs auteurs signalent, (lans ce même point intermédiaire au sac lacrymal et au canal nasal, un repli circulaire quUls considèrent comme normal et qu'ils comparent également à une valvule. Béraud, dans ces derniers temps, a plus particulièrement insisté sur cette disposition. Mais, après avoir examiné avec attention le sac lacrymal et le canal nasal chez un grand nombre de sujets, je crois pouvoir afj^rmer que le conduit lacrymo-nasal ne présente sur aucun point de son étendue des valvules proprement dites. On y remarque seulement des replis dont l'existence, l'étendue, la forme, la direction et la situation relative n'offrent rien de constant. Si dans quelques cas exceptionnels ces replis ont pu être comparés, en effet, à des valvules, on ne peut voir dans une semblable disposition qu'un jeu de la nature qui semble se complaire à multiplier les variétés.
Le sac lacrymal se compose : l"" D'une couche fibreuse très-forte, qui appartient seulement à la paroi antéro-externe et qui forme une dépendance du tendon de l'orbiculaire ;
S*" D'une tunique nmqueuse recouverte, comme la pituitaire, d'un épithélium vibratile. J'ai exploré les divers points de cette tunique muqueuse avec une grande attention, sur plusieurs sujets, pour découvrir les glandes qu'elle présente, selon quelques anatomistes ; j'ose dire qu'elle en est absolument et constamment dépourvue.
Ses artérioles, très-nombreuses, lui viennent de l'artère palpébrale inférieure et de l'artère nasale. — Ses filets nerveux, nombreux aussi, tirent leur origine du rameau nasal de la branche ophthalmique de Willis.
E. Canal nasal.
Le canal nasal succède au sac lacrymal. Réunis, ces deux conduits n'en constituent en réalité qu'un seul, creusé supérieurement dans l'épaisseur de la paroi interne de l'orbite, et inférieurement dans l'épaisseur de la paroi externe des fosses nasales.
La longueur de ce conduit est de 2G à 30 millimètres. Celle du canal nasal, mesurée sur dix sujets adultes de sexes différents, a varié de 12 à 16 millimètres; on peut donc dire d'une manière générale que ce canal el le sac lacrymal en représentent chacun une moitié.
Nous avons vu que le sac lacrymal se dirige obliquement de haut en bas, de dedans en dehors et d'arrière en avant. Le canal nasal suit d'abord la même direction ; mais presque aussitôt il s'infléchit pour se diriger en bas et en arrière, sans se rapprocher ni s'éloigner sensiblement du plan médian. Le conduit lacrymo-nasal décrit par conséquent une courbe dont Ja concavité regarde en arrière et en dedans. Pour bien observer sa direc-
CANAT. NASAL. "W
lion, ce n'est pas par ses côtés interne on antérieur qn'îl faut le considérer, mais par sa partie exiernc ; dans ce but il suflil d'enlever les parties molles de l'orbite et d'abattre par un Irait de scie la moitié externe du sinus maxillairiï. Celle conpe. en découvrant le ronduil lacnfmonasal dans toute son étendue, permet d'étudier non-seulement sa courbure, mais ses rapports soit avec le sinus maxillaire, soit avec le méat laférieur des fosses nasales ; on voit Irés-bien alor^ que ce méat n'est en quelque sorte que l'épanouissement des parois osseuses du conduit.
Fie. fiSS. — Portion commune aaxdeiu: conduUt taciijmaux. — MukU de Harntr. — Sot lacrymal. Saillie que forme le canal nasal lur la fiaroi interne du linui maxillaire.
I. Porlion commune des ronduils larrymaux s'iiiivriinl dans !•■ «ic tai'rjma] i l'union (le ton tien posléricur avec *cs deux tien antérieurs. — 3. Muself dr Horner inséré en dedans à la cr£te de l'os unguis, cl se divisant en dehors en deux branches qui correspondent aux deux conduits Ucrjmaui. — 3> 3. Conjonctive palpébrale, — 4. 4. Cartila)tei tarse* et glandes de Heibomius. — 5, S. Lèvre postérieure du bord libre des paupières et embouchures de ers glandea. — iî, R. LËvrc antérieure du même bord nipportanl les cils. — T. Sac lacrymal. — 8. Relier que forme le canal nasal sur la paroi interne du sinUK maiillaïre et renflement de ce relief au niveau du méat inférieur, qui semble n'être que l'épanouissement du canal. — 9. Orilice de communication du sinus maxillaire avec la partie antérieure ou inrundilutiforme du méat moyen. — 10. 10. Embouchure* des Klandea sébacées du nei.
Le canal nasal, assez régulièrement cylindrique, est d'un calibre un peu inférieur à celui du sac lacrymal, surtout dans sa partie supérieure, où il présente un diamètre de 2 1/2 à 3 millimètres ; dans le reste de son éten*. due, son calibre augmente, mais d'un demi-millimètre seulement.
Son extrémité inférieure s'ouvre dans le méat inférieur des fosses nasales, à l'union du quart antérieur de ce méat avec ses trois quarts postérieurs, à 27 millimètres en arrière de l'extrémité postérieure des narines. (Fig. 670, 13.)
L'orifice par lequel le canal s'ouvre dans ce méat correspond tantôt an sommet de celui-ci, tantôt à sa paroi externe. Dans ce dernier cas, qui est le plus fréquent, on le voit descendre au-dessous du sommet de 3, 4 et même 5 millimètres, pour se rapprocher de plus en plus du plancher des fosses nasales. Le diamètre et la forme de cet orifice sont subordonnés à son siège ; ils présentent avec celui-ci une corrélation constante et fort remarquable, qui ne paraît pas avoir fixé jusqu'à présent l'attention des anatomistes.
Lorsque cet orifice répond à la voûte du méat, il est toujours très-grand, arrondi et comme infundibuliforme, en sorte que les larmes tombent alors sur le plancher des fosses nasales sans difficulté aucune et par leur propre poids. Est-il situé sur la paroi externe du méat, lise montre beaucoup plus étroit, et perd sa figure arrondie pour prendre celle d'un ovale à grand diamètre vertical. Plus l'orifice s'abaisse, plus ses dimensions diminuent; de telle sorte que lorsqu'il descend à 4 ou 5 millimètres au-dessous de la voûte du méat, il n'est plus représenté que par une simple fente verticale que l'œil ne peut pas toujours apercevoir et que le stylet ne découvre parfois qu'après de longs tâtonnements (1). Il suit de cette disposition:
1"* Que le cathétérisme du canal nasal est facile lorsque l'embouchure de ce canal occupe le sommet du méat;
2" Qu'il devient très-difficile et souvent tout à fait impossible, sans un déchirement préalable de la muqueuse, lorsque cet orifice repose sur la paroi externe du méat.
Or, remarquons que, dans le premier cas, le cathétérisme doit être bien rarement nécessaire, car les larmes et les mucosités n'ont aucune tendance à s'accumuler dans le conduit lacrymo-nasal. Dans le second cas cette tendance existe au contraire, et l'introduction d'un cathéter pourrait
(1) Sur les différentes fosses nasales que j'ai examinées, il m*est arrivé quatre Tois, après avoir complètement séparé la paroi externe et l'avoir lavée et essuyée, de ne pouvoir découvrir Torince inférieur du canal, ni à la vue, ni à Taide du stylet. La première fois j'étais sur le point de conclure à une imperforation ; cependant, avant de m'arrêter à cette conclusion, j'imaginai d'introduire dans le point lacrymal inférieur la pointe d'un tube à injection lymphatique, et, laissant pénétrer le mercure, je vis aussitôt le métal pleuvoir sur le planclier des fosses nasales par un orifice régulier situé sur la partie moyenne de la paroi externe du méat. Cet orifice consistait en une simple fente verticale d'un millimètre et demi de hauteur. Dans les trois autres cas, la disposition de l'embouchnre du canal était exactement semblable."