‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 3)Chapitre 185 sur 223 · PS · texte numérisé non relu

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En comparaut les rcsullals énonpé.s dans ce tableau, on se trouve conduit aux conclusions suivantes :

1° L'œil de la femme est pins petit que celui de l'homme. Ce fait général

lAH SENS DE LA VUE.

comp(»rlo cependant (Fassez nombreuses exceptions. Parmi les yeux de femme qui offrent un volume exceptionnel, je citerai surtout celui qui porte le n° 8. Cet œil, parfaitement sain, appartenait «^ une femme de soixantesix ans ; il m'a présenté 2G,4 millimètres pour son diamètre antéro-postérieur et 27, i pour son diamètre transverse, tandis que dans le sexe masculin l'œil le plus volumineux que j'aie rencontré offrait 26,3 pour le premier diamètre et 25,4 pour le second.

2" Le diamètre antéro-postérieur dans les deux sexes l'emporte sur tous les autres, et il diffère d'un sexe à l'autre de près de 4 millimètre.

3° Ce même diamètre perd une partie de sa prédominance avec l'âge, de telle sorte que chez quelques vieillards il «ne diffère pas «sensiblement du diamètre transverse. Les individus âgés chez lesquels cette différence est encore sensible sont ceux probablement chez lesquels elle se trouTait primitivement très-prononcée.

4^* Le diamètre vertical est le plus petit de tous. L'œil le plus remarquable que j'aie rencontré sous ce rapport est encore celui qui porte le n' 8 dans le premier groupe. On voit en effet que Taxe vertical de cet œil est inférieur de 3 millimèlres à l'anléro-postérieur et de près de 4 au transverse. Cet œil présentait une forme ovoïde très-accusée.

iV Les diamètres obliques, qui correspondent à l'intervalle des muscles droits, l'emportent sur les diamètres transverse et vertical, qui correspondent aux tendons de ces muscles.

<)° La distance comprise entre le côté interne du nerf optique et le côté interne de la cornée s'élève en moyenne à 27 millimètres, et celle qui s'étend du côté externe de ce nerf au côté externe de la cornée à 34. La différence entre les deux distances est donc de 7 millimètres; d'où il suit que le nerf optique, en pénétrant dans le globe de Tœil, se rapproche du côté interne de la cornée de 3 millimètres et demi, et que la ligne étendue du centre de la cornée au centre du nerf forme avec l'axe antéro-postérienr un angle qui a pour mesure un arc de 5 millimètres, l'entrée du nerf optique occupant une surface de 3 millimètres.

La ligne courbe qui se porte de la partie supérieure du nerf optique à la partie supérieure de la cornée est aussi un peu plus grande que la courbe étendue de la partie inférieure de l'un à la partie inférieure de l'autre. La différence moyenne est de 2 millimètres. Par conséquent, en même temps que le nerf optique se déplace de 3 millimètres pour se rapprocher du côté interne de la cornée, il se déplace de i millimètre pour se rapprocher de la partie inférieiire de cette même membrane.

Dans les premières années qui suivent la naissance, les divers diamètres du globe oculaire ne diffèrent pas d'une manière bien sensible, et atteignent déjà une longueur commune de 20 à 21 millimètres, longueur qu'ils conservent jusqu'à l'époque de la puberté, c'est-à-dire jusqu'à quatorze ou quinze ans. Le volume de l'œil s'accroît alors et arrive rapidement à ses

CONSTITUTION DU GLOBE DE L'tElL. 749

tlitnensions définitives. Chez quelques individus de cet âge, son diamètre moyen dépasse à peine 20 millimètres; chez d'autres, ii s'élève à 22, ou même atteint déjà les dimensions de Tàge adulte.

Le poids du globe de l'œil est de 7 à 8 grammes. Selon Petit, il varie de 432 à 143 grains, ce qui donne pour moyenne 137 grains, ou 7 grammes 650 milligrammes, résultat semblable à celui que j'ai obtenu. Krauseévalue le poids de l'œil de 404 à 128 grains ou de G à 7 grammes, chiffre trop petit/ qui représente le poids moyen de l'œil lorsqu'on le pèse trente-six ou quarante-huit heures après la mort.

Les deux yeux ne paraissent pas avoir un poids tout à fait identique. Petit rapporte que sur un adulte de vingt-deux ans l'un des yeux pesait 132 grains et l'autre 133; sur un homme de cinquante ans dont il put étudier les yeux six heures après la mort, l'un de ceux-ci pesait U2 grains et l'autre 143. Une différence si minime constatée un ou deux jours, ou même quelques heures après le décès, est plus illusoire que réelle ; car il suffii que ceux-ci soient inégalement recouverts par les paupières pour que les pertes dues à l'évaporation soient inégales aussi.

Parties coBstltnaaics du «lolie de l'oeil. — Le globe de l'œil est essentiellement constitué par la rétiney membrane hémisphéri(|ue, sur laquelle vient se peindre l'image du monde extérieur.

En dehors de cette membrane on en trouve une seconde, de couleur sombre, la choroidey destinée surtout à absorber les rayons lumineux qui viennent de traverser la rétine; et au delà de celle-ci une troisième, forte et résistanle, la sclérotique transparente en avant, opaque en arrière.

Au dedans et en avant de la rétine, on observe le corps ritré, sur lequel elle se moule en partie; — au devant de celui-ci, le crhtnlUny lentille biconvexe qui est comme enchâssée dans la partie antérieure de ce corps; — et au devant de cette lentille, V humeur aqueuse^ qui occupe tout l'espace compris entre le cristallin et la cornée transparente.

Une membrane circulaire, l'irix, perforée dans son centre à la manière des diaphragmes, partage cet espace en deux autres appelés chambres de fan/, les(|uelles ont été distinguées, en antérieure et postérieure. — La chambre antérieure, de forme hémisphérique, comprend tout l'espace qui s'étend de l'iris à la cornée. Quant à la chambre postérieure, considérée comme espace elle n'existe pas, l'iris s'appliquant immédiatement au cristallin; mais elle existe à l'état virtuel, comme la cavité des séreuses et des svnoviales.

Ainsi constitué, l'œil nous présente à étudier deux ordres d'organes : des membranes et des milieux ou parties transparentes.

Les membranes, considérées de dehors en dedans, sont ainsi superposées :. 1" la scléroti(pic et la cornée ; 2** la choroïde et Tiris; 3" la rétine.

Les milieux, ou parties transparentes, considérés d'arrière en avant, $e succèdent dans l'ordre suivant : 1* Thumeur vitrée, 2* le cristallin, 3" rhumeur aqueuse, 4° la cornée transparente, qui forme dans tous le» animaux à respiration aérienne le milieu le plus réfringent de l'œil, mais ({ui sera étudiée cependant avec les membranes dont elle fait aussi partie.

§ 3. — Sclérotique.

Préparation. — A laide d'une pince à dissection, faites un petit pli antéropostéripur à la sclérotique, puis avec des ciseaux mousses à leur extrémité divisez perpeudiculaircment ce pli dans toute son épaisseur, et d'un seul coop, sans crainte de léser la choroïde. Par cette solution de continuité, introduisez Tune des branches de vos ciseaux, et coupez circulai renient toute la sclérotique de manière à partager l'enveloppe extérieure de l'œil en deux hémisphères, ran antérieur et l'autre postérieur. Soulevez ensuite le bord de l'hémisphère antérieur en le renversant du côté de la cornée, et lorsque vous serez arrivé au point d'union des deux membranes, séparez-les avec l'extrémité du manche d un scalpe], après avoir plongé l'œil dans l'eau, afin de ne pas déchirer les membranes sous-jacentes, qui pourront être étudiées plus tard. L'hémisphère aotérieur ainsi enlevé, on isole de même le postérieur, en procédant de sa circonférence vers le nerf optique, auquel il convient de le laisser adhérer.

La sdérotiqm (de <yx/r/oo;, dur), cornée opaque des auteurs anciens, est la plus extérieure, la plus épaisse et la plus résistante des membranes de l'œil, pour lequel elle constitue un appareil de protection. Percée en arrière pour livrer passage au nerf optique, elle présente en avant une ouverture plus grande dans laquelle la cornée transparente se trouve enchâssée. C'est sur cette membrane qne viennent s'attacher tous les muscles qui meuvent le globe oculaire autour de ses divers axes.

Sa couleur varie un peu avec Tôge. Chez l'enfant et parfois aussi chez l'adulte, elle se laisse traverser par quelques rayons lumineux qui vont se perdre dans la choroïde et qui permettent d'entrevoir vaguement celle membrane, d'oii la couleur d'un blanc azuré propre aux yeux de cet âge. Chez la plupart des individus d'un âge mur et chez tous les vieillards, son tissu devenant plus dense et plus réfractaire aux rayons lumineux, sa couleur passe du blanc azuré au blanc de craie plus ou moins terne.

Son épaisseur est plus considérable chez l'adulte que chez l'enfant Elle m'a paru aussi un peu plus grande chez l'homme que chez la femme. Elle diffère en outre selon les individus; et ces différences peuvent être portées au point que chez l'un elle se montre quelquefois double de celle qu'on observe chez l'autre; mais elles atteignent rarement cette limite extrême. Faisant usage, pour déterminer cette épaisseur, de l'instrument que j'avais employé pour évaluer les divers diamètres du globe de l'œil, j'ai pu constater que l'épaisseur de la sclérotique s'élève eil moyenne : à 1 millimètre au voisinage du nerf optique; à 0,6 de millimètre au voisinage de la CDr-

née; à 0,4 OU 0,5 de millimètre sur la partie moyenne du globe de l'œil dus l'intervalle des muscles droits ; et enlin à 0,3 de millimètre dans les points qui correspondent aux tendons de ces muscles. (Kig. H'H.)

Le poids de la sclérotique serait à celui de l'œil entier : : 1 : 4, d'après M. Huschke. Ce résultat m'a paru empreint d'une si grande exagération, que j'ai voulu le vérifier. L'œil que j'ai pesé était dans un état parlait de conservation : son poids s'est élevé à l-",S'3i, et celui de la scléroliqne séparée de la cornée et du nerf optique, à U'J',850. En divisant le premier de ces chiffres par le second^ on trouve que le poids de la sclérotique représente non pas le quart, mais la neuvième partie du poids total «Te l'œil.

L^ surface externe de la sclérotique est lonliguè à l'aponévrose orbi taire,

1. Nerf optique. — i. Parlîc mojcime di; la selérotiiue. — 3. Partie postérieure Je cette membrane, plus épaisse f|iM la pri'cédenlc. — 4. Tunique externe du nerf a|ilîque le conlinuaut avec lii couche exti'rnc de la aclérolique. — S, Tunii]uc interne de co nerf allant «e continuer avec la couclie interne Je la mémo membrane. — G. Partie Je la ■dérotiquc qui eit lous-jacenle nu lenJon Jii muscle Jroit supérieur ; on voit qu'elle est trèf-mince. — 7. l*ar(iu Je cette membrane qui eil antérieure au même lenJon. ^ 8, 8. Muscles Jruits supérieur el iiiréricur. — 9. Cornée Iraniparcnte. — 10. Partie centrale Je celte membrane un peu moins épaisse que la partie périphérique. — 11. Membrane de l'humeur aqueuse. — 13. Union île la scléroliquc et Je la cornée à leur partie nipérieure.— 13. Union de ces mêmes membrane» à leur partie inrérieure. — ti, 14. Canal de Schlemm. — l'i. Cliunjïde. — 10. Zuno choroïJicmie, remarquable par sa couleur •ombre et le boni festonné qui h limile en arriére.^ 17. Muscle eilinire. — IB. Corps cUiaire. — 19. Rétine. — 30. Origine do la rétine. — 3t. Limite antérieure de cette membrane. — 33. Artère cenlrulu Je lu rétine. — 33. Divisions Je celte artère centrale. — 3i. Membrane hvaloïJe. - 3ô. Zone Je Zinn, confondue J.itis sa nicilié postérieure avec cette menibi'anc, dont elle se trouve séparée en avant par le canal Kodronné, ~ 9S. Paroi postérieure Ju canal godronué formée par U membrane liyaleïde. — i7. Paroi antérieure du même canal formée jiar b lojie Je Zinn. — 38. Cristallin. —39. Iris. — M. Pupille. — Jl. Cliaintirc postérieure n'eiigtanl ipi'i l'état virtuel. ~- 33. Chambre antérieure.

H laquelle 1 unit un tissu cellulaire extrêmement fin, hkhe et séreux, de telle sorte que ces deux membranes fibreuses se laissent trfts-facilenient séparer Tune de l'autre : d'où la possibilité d'énucléer le globe de Tœil dans certaines maladies de cet organe sans léser aucune des parties molles contenues dans Torbitc.

Cette surface donne attache aux tendons des deux muscles obliques et des quatre muscles droits. — Les tendons des deux obliques s'insèrent à sa partie postérieure et externe, l'un au-dessus de l'autre, à une distance qui varie, suivant les sujets, de 4 à 8 millimètres. — Les muscles droits se fixent à sa partie antérieure. Mais ils ne sont pas tous également rapprochés de la «ornée. D'une autre part, leur insertion n'est pas parallèle à la circonférence de celte membrane; elle est ordinairement un peu oblique, de telle sorte ([ue, pour évaluer l'intervalle compris entre la cornée et l'attache de chacun de ces tendons, il faut adopter pour point de départ la partie moyenne de ceux-ci. J'ai pris ces mesures sur dix individus adultes, et j'ai obtenu pour la distance moyenne :

Du muscle droit supérieur à la cornée 8,5 millimètre:!.

Du muscle droit externe.* 7,2 —

Du muscle droit inférieur 0,7 —

Du muscle droit interne 5,5 —

On voit, d'après ces chiffres^ que la dislance comprise entre le point d'attache des muscles et la circonférence de la cornée diminue de haut en bas et de dehors en dedans : les muscles, en d'autres termes, prennent leur insertion sur une ligne spirale qui, d'abord assez éloignée de la cornée, s'en rapproche de plus en plus jusqu'à sa terminaison. On peut dire, d'une manière générale, que la distance de ces insertions à la cornée varie: pour le tendon du droit supérieur, de 8 à 0 millimètres; pour le tendon du droit externe, de 7 à 8; pour celui du droit inférieur, de G à 7 ; et pour celui du droit interne, de Ti à G. Ce dernier est constamment celui qui s'approche le plus de la cornée, de même que le tendon du droit supérieur est constamment celui qui s'en approche le moins. (Fig. G94.)

Au niveau du tendon de chacun des quatre muscles droits, la sclérotique j)résente une légère dépression dirigée d'avant en arrière, comme ces tendons, dont elle représente Tomprcint^'. Ces dépressions sont d'autant plus accusées que le muscle auquel elles correspondent s'attache plus près de la cornée. Celle qui répond au droit supérieur est en général à peine sensible. Celles sous-jacentes aux droits externe et inférieur sont plus apparentes, mais beaucoup moins prononcées que celle du muscle droit interne. Elles sont du reste plus marquées chez r.idulte que chez l'enfant, et j)lus encore chez le vieillard que chez l'adulte, de telle sorte que leur développement est en raison directe de l'Age. Chaque tendon est séparé de rmiprcinle ronespundante par une [H^litc synoviale rudiment^tire.

Tous les vaisseaux et les nerfs qui péDètreiil dans le globe de l'œil, ou qui en sortent, traversetillasclérolique, les uns perpendicuUirementà cette membrane, ia plupart obliquement et en se creusant une sorte de canal dans son épaisseur : de là des oriftces extrémementnombreux qui peuvent être distingues en postérieurs, antérieurs et moyens. — Les postérieurs sont groupés autour de l'entrée du nerf optique ; on en compte 15 a 20 ; ils livrent passage aux artères ciliaires postérieures courtes et aux nerfs ciliaires. A 5 millimètres en avant de ceux-ci, il en existe deux autres plus considérables, l'un en dedans et l'autre en dehors, qui sont destinés aux artères ciliaires postérieures longues. — Les orifices antérieurs donnent passage aux divisions des iirtëres ciliaires antérieures. — Les orifices situés sur la partie moyenne de la srclérotique sont ordinairement au nombre de quatre, deux supérieurs, l'un interne et l'autre externe, et deux inférieurs, disposés comme les précédents; ils donnent passage aux Iroiics des veines cboroidienues ou vasa vortkosa.

Pig. 693, — 1. Hert optique. — i. Artère cciitrale de la rétine a'engageanl rlan nerf i un cenlimétre ilu kIoIic "^^ '''^■l' — 3. Arlèrea ciltiirei courtes, poitërieurei et estenici. — 4. Artères ciliairci courlti, postérieures et interne*. — 5, 5, G, 6, 6. Artère» ciliaires |HMt£rieures exlirnci et internes pénétrant dans l'épaisseur de la sclérotique pv des orillces très-rapprochéi de l'entrée du nerroplique; entre les artères d'un et celles de l'autre un aperfoit les nerfs ciliairei qui i'entremâlent en partie ave branches artérielles. - 7. Artère eiliaire postérieure Icingue du calé externe et iirr raccampagnc. — 8. L'iirtère et 1p nerT correspondants du cOté opposé. — 9. Veine choroîdienne supérieure et eiteme. — 10. Veine choroidiennc supérieure et interne. — 11, 13. Veines clioroïili';niii.'s iiirérieures. — 13. Attache du muscle petit oblique. — 14. Tendon du muscle grand oblique.

Pig. 69i. — I. Tendon du muscle droit supérieur, s'insënint sur la sclérotique à 8 millimèlrei de la circuaférence de la cornée. — 3. Tendon du niuacle droit interne un peu uioins éloigné de la cornéi'. ^;i. Tendon du muscle droit inférieur plus rapproché d' Il cornée. — 1. Tendon du muscle dmit interne plus r.ipproehé encore de cette nierii' brano, dont il reste séparé |>ar un intervalle de ô à 6 millimètres seulement.

3* ÉOIT. UI — 48

La surface interne de la sclérotique répond à la choroïde et aux nerfs ciiiaires. Elle est remarquable par sa couleur brune, qui dégénère en avant en une teinte d'un blanc sale. Cotte surface interne, moins unie que rexterne, présente en arrière, au point d'émergence des nerfs ciliaires^de très-petits sillons plus ou moins apparents. Un tissu cellulaire fllamenteux et très-làche l'unit à la choroïde. Les artères et veines qui vont se ramifier dans l'enveloppe sous-jacente, ou qui en proviennent, constituent pour les deux membranes un second moyen d'union ; et comme ces vaisseaux répondent surtout à leur extrémité antérieure et postérieure, il en résulte que c'est à leur partie moyenne qu'elles sont le plus faiblement unies: d'où le précepte, lorsqu'on se propose d'enlever la sclérotique, de l'inciser circulairement au niveau de son diamètre transversal.

Vouverture postérieure de la sclérotique, située, ainsi que nous l'avons déjà constaté, à 3 millimètres en dedans de l'axe optique et à 1 millimètre au-dessous, est taillée un peu obliquement aux dépens de la face externe ; elle se rétrécit, en d'autres termes, d'arrière en avant; en sorte qu'elle représente un canal très-court, d'aspect infundibulifornie. Le diamètre de l'extrémité antérieure de ce canal est de 1 millimètre et demi, et celui de l'extrémité postérieure de 3 à 3 et demi. (Fig. 692.)

Lorsqu'on coupe le nerf optique à son entrée dans le globe de J'œil, on observe au niveau de la section une membrane mince, circulaire et criblée de très-petits trous, à travers lesquels s'expriment les filets médullaires du tronc nerveux. Cette membrane a été considérée par quelques anatomistes comme une dépendance de la sclérotique, et par d'autres comme une partie du névrilème. La seconde opinion est la plus exacte; car si l'on détache du tronc nerveux une tranche mince, perpendiculaire à sa direction, et si l'on projette sur cette tranche un filet d'eau, on obtient une membrane représentant une sorte de crible, dont l'aspect rappelle parfaitement celui de la précédente.

Les connexions du nerf optique avec le globe oculaire ont été du reste l'objet de nombreuses dissidences, depuis Galien jusqu'à nos jours. Ce nerf, dans sa portion orbitaire, se trouvant entouré de deux tuniques, la plus externe a été considérée comme provenant de la dure-mère et, se continuant avec la sclérotique, l'interne comme un prolongement delà pie-mère qui se continue avec la choroïde. Mais l'une et l'autre se continuent avec l'orifice postérieur de la sclérotique, orifice comparable à un canal très-court ; la tunique externe s'unit à Torifice d'entrée du canal, l'interne au pourtour de l'orifice de sortie.

Vouverture antérieure de la sclérotique, moulée sur la circonférence de la cornée qu'elle encadre, présente un contour bien différent suivant qu'on l'examine en avant ou en arrière. — Vue en avant, elle offre la figure d'un ovale dont le grand diamètre est transversal et dont la grosse extrémité

regarde en dedans; mais le plus souvent les deux extrémités de cet ovale nedifTèrent pas sensiblement. Vue en arrière, elle est circulaire. — Cette différence provient de ce que la sclérotique, au niveau de son union avec la cornée, se trouve coupée en biseau aux dépens de sa face interne, un peu plus obliquement en haut et en bas qu'en dedans et en dehors. (Fig. 699 et 700.)

Pour apprécier les résultats d'une semblable coupe, nous lui distinguerons deux lèvres et un interstice; or, en mesurant la distance qui sépare les deux lèvres, on trouve qu'elle égale 2 millimètres en haut, 1 millimètre en bas, un demi-millimètre en dedans et en dehors. Le petit axe de Tovale est 10 millimètres, et le grand axe, ou Taxe transversal, de 1:2. Le diamètre de la circonférence représehtée par la lèvre postérieure est de 13 millimètres. — Sur celte lèvre postérieure, à l'union des deux membranes, on remarque une ligne sombre, circulaire, d'une largeur qui varie d'un tiers à un demi-millimètre ; elle représente la paroi postérieure du canal de Schlemm. (Fig. 700.)

Ce canal, de nature veineuse, est le plus habituellement vide ; quelquefois aussi il contient du sang : en Texaminan^ à un grossissement de 50 diamètres, on peut constater qu'il n'est pas formé par une seule veine, mais par un petit groupe de veinules circulairement dirigées, anastomosées entre elles et communiquant «ur une foule de points avec les veines biliaires antérieures. Sa paroi interne ou profonde est traversée par quelques veinules qui proviennent de l'iris et qui l'unissent à la grande circonférence de cette membrane.

I. — La sclérotique est une membrane fibreuse, très-dense, extrêmement résistante, non élastique. Elle se compose essentiellement de fibres lamineuses groupées en faisceaux qui se dirigent dans tous les sens et qui s'entrecroisent par conséquent. A ceux-ci se mêlent quelques rares fibres élastiques extrêmement déliées et des cellules étoilées répandues dans les divers points de son épaisseur en très-grand nombre. Suivant quelques auteurs, les faisceaux de fibres lamineuses formeraient plusieurs couches alternativement transversales, longitudinales et obliques. Mais ils n'affectent nulle part une semblable disposition ; ils constituent au contraire un tissu essentiellement réticulé.

Jusqu'au milieu du xviii* siècle, la sclérotique avait été considérée comme une membrane indivisible. Â cette époque, Lecat avança que la tunique interne du nerf optique, en pénétrant dans le globe de l'œil, se partageait en deux lames : une lame interne, qui constituait la choroïde ; et une lame externe, qui s'appliquait à la sclérotique, dont elle devenait partie constituante, mais dont elle pouvait être séparée cependant, et qu'il en a détachée, dit-il, en présence de l'Académie des sciences (1). —

(!) Traité fies sensations, t. If, p. 375

Hallei-, sans enlrer dans aucun détail à ce sujet, admet, avec Lecat, queb sclérotique se compose de deux couches, l'uae Tormée par l'épaaouisstinent de la tunique externe du nerf optique, l'autre, tota fusca, prorensm de l'épanouissement de la tunique interne de ce nerf. — Ziiin, dont les t^ cherches habiles et consciencieuses parurent quelques années plus tard, se rallia aussi à celte opinion, bien qu'il eùtconstaté, en observateur euct, que la couche interne de la sclérotique, d'une couleur assez sombre, lolif fuaca, est unie a la couche externe de la manière la plus intime chei l'adulte, en sorte qu'elle ne peut être détachée, ui par la dissection, ai par la macération.

La sclérotique en elTet ne peut ^Ire dédoublée. Elle se compose manifestement d'une seule lame. La lamina fmca de Haller et de Zinn, dont la plupart des auteurs ont fait une couche spéciale, n'existe pas comme membrane distincte. La couleur sombre que présente la face interne de h sclérotique est due à la présence de cellules pignientaires étoilées, disséminées dans sa couche la plus profonde. Ces cellules ne différent pas de celles qu'on observe dans l'épaisseur de la choroïde.

Les artères de la sclérotique proviennent en arrière des dliaires eourtei,

;. HS5. — Artère» citiaires

Vig. 695. — 1, 1. Artères ciliairca antérieures cl supérieure!, qui, après avoir traversé le muscle droit supérieur, se portent vers ta cornée, au voisinage de laquelle on leit leurs divisions principales pénétrer dans la sclérotique pour se rendre dans le miutlc et les procis ciliaires. — î, 2. Arlères ciliairca antijricores et externes, plus pelilet que les précédentes, mais se comportant du reste de In mâme manière. — 3, 3. Artères ciliaires antérieures et intérieures. — i, 1. Artères ciliaires antérieures el internes.

Fig. 6%. — 1. Canal veineux de Sclilcnim, injecté au mercure el tu par transparent. — i. Radicules veineuses qui émanent de ce canal; elles constituent la principale origine des veines cîliaîrcs antérieures. — 3, 3, 3,ArtÈros cilîaires antéro-supérieurej. — t, 4. Veines currespondantes- — 5, 5. Artère» ciliaires unléro- inférieures. — 6,6. Vrino qui les accompagnent. ■— T. Arlères el veines ciliaires iiiitéro-exierne». — 8. Artères el veines ciliaires antéro'inlenics.

en avant des rilUirps nnt<%rieures. D'une extrême ténuité, elles se réduisent toutes à l'état de simples capillaires eu pénétrant dans son épaisseur. Les veines vont se jeter dans les veines ciliaires antérieures, et dans les veines choroldienncs, à leur sortie du globe de l'ieil.

\a romée Irnnsparente complète en avant l'enveloppe c\ti''rieurp du gtobe de Tmil. EnchAssée dnns l'ouverture que IniolTre la sclérotique, rette membrane se présente sous l'aspect d'un serment de sphère uni par sa circonférence à un segment de sphère plus grande.

A. Épaisseur, mode de confonnation de fa cornée.

Son épaisseur n'est pas la même pour sa partie centrale et pour sa partie périphérique ; à son centre, elle est de 0,8 de millimèlre, et sur sa périphérie de 1 millimèlre. Pour la mesurer, on peut diviser la cornée ou la laisser intacte. Si on la divise, il importe que la section soit perpendicu-

Fic. 898. — Vn tegmenl du eanal de Schlemm (groii. <U 40 diam.).

Fig, 691. — Celle Hguro, il'un di«mètre double de la prérédonte, repn^ienle comme celle-ci le» vcinet ciliairo aQlérieurcB injectées nu mercure par le canal de Schlemm. On voit que loules cet veines traversent à leur origine la partie de la scléralique qui rMOUTre le biteau de la carnée, et qu'elles farmenl, i l'union de ces deux membranei, un réieiu duquel naisseni un grand nombre de troncules qui vont former les veines ciliaires ■ntérieures.

Fig. 69s. — I. t. CireonKrence de la sclérotique. — 3, 3. Circanrérence de la cornée. — 3, 3. Canal de Schlemm constitué par des veinules anastamoiées entre elle). — i, 4, 4, 4. Veines qui en parlent et qui vont le jeler dans les veines ciliaires anlirieurei, dont «lie* KpréHnleot la principale origine.

laire à sa surracc. Dans ce bul, j*ai incisé circulairenienl la sclérotique, je l'ai ensuite détachée avec la cornée, puis j'ai rempli rhémisphère ainsi obtenu avec de la cire fondue ; et, renversant cet hémisphère sur sa base, j'ai pu pratiquer sur la cornée, dans le sens de son grand diamètre, une section bien perpendiculaire à sa surface. En observant le profil d'une coupe semblable, on peut, en général, constater à l'œil nu la moindre épaisseur de la cornée dans sa partie centrale. Petit a cependant blâmé ce mode de mensuration. Il donne le conseil de mesurer la cornée sans la diviser. D'après ses recherches, l'épaisseur de cette membrane serait uniforme et ne dépasserait pas en général 1/6" de ligne, mais pourrait s'élever dans quelques cas à 1/4. Ainsi, lorsqu'elle atteint ses plus grandes limites^ elle égalerait, selon cet auteur, un demi-millimètre.

Afin de me prémunir contre les causes d'erreur que Petit croyait inhérentes à ce mode de mensuration, j'ai laissé la cornée intacte et je l'ai placée entre les deux pointes du compas d'épaisseur qui m'avait déjà servie évaluer les divers diamètres du globe de l'œil. La membrane reposant par sa concavité sur la pointe inférieure, je n'avais plus qu'à amener la supérieure au contact de la face convexe, et à observer ensuite la distance des deux pointes; son épaisseur a varié de 0,7 à 0,9 de millimètre. Sur deux cornée cependant elle ne dépassait par 0,G ; sur un petit nombre elle s'est élevée jusqu'à 1 millimètre. Dans presque tous les cas, en la retirant sans éloigner les pointes, j'ai pu constater que la cornée, dont le centre pouvait facilement se mouvoir entre celles-ci, se trouvait comme pincée lorsque j'arrivais à dégager sa partie périphérique.

Ces observations répétées sur un grand nombre d'yeux attestent que les objections adressées par Petit au premier mode de mensuration n'étaient pas fondées. Elles nous démontrent que l'épaisseur de la cornée n'est pas uniforme, et qu'elle est moins grande dans sa partie centrale. Mais ce fait général comporte quelques exceptions. Il n'est applicable, du reste, qu'à Tadulte et au vieillard, car chez l'enfant tous les points de la cornée offrent la même épaisseur. Chez le fœtus, elle est au contraire plus épaisse à son centre qu'à sa périphério.

La face antérieure de la cornée est convexe. Son contour présente la figure d'un ovale ou d'une ellipse dont le grand axe se dirige horizontalement de dedans en dehors. La longueur de cet axe varie de il à 13 millimètres ; celle du petit axe ne dépasse pas en général 10 millimètres.

Le rayon de courbure de cette face serait de 7 à 8 millimètres, d'après les calculs de M. Lamé; de 8, selon Petit, et de 9 i/2, selon Krause. D'après inps recherches, il serait de 7 millimètres seulement. Pour en déterminer la longueur, j'ai pris le moule de la cornée en versant entre les paupières de la cire fondue, puis j'ai divisé ce moule transversalement, et, après avoir appliqué le plan de la coupe sur une feuille de papier, j'en ai dessiné la

courbure avec la pointe d'un cntyon. Réunissant ensuite les deux extrémités de cet arc par une ligne droite qui en formait la corde, puis élevant sur la partie moyenne de celte corde une perpendiculaire qui représentait l'un des diamètres de la cornée indéfiniment prolongé, j'ai cherché par voie de tâtonnement le cercle dont la courbe ainsi obtenue faisait partie : le diamètre de ce cercle a varié, dans les différentes mesures que j'ai prises, de 13 millimètres et demi à 14 et demi. Sa longueur moyenne est donc de 14 millimètres ; ce qui donne pour le rayon de courbure de la face antérieure de la cornée 7 millimètres. Je dois ajouter toutefois que ce rayon de courbure est surtout relui de la partie centrale de celte face ; car ses parlies latérales ou périphériques sont un peu aplaties, phénomène que Petit avait déjà remarqué, et que les physiologistes ont constaté en observant les dimensions de l'image réfléchie paria cornée : cette image grandit un peu en se portant du centre vers la circonférence.

La face poslériejire de la cornée est concave et son contour régulièrement circulaire. Cette membrane, par conséquenl, ne saurait être considérée, avec Herschel rlM. Chossal, comme segment d'ellipsoïde pris sur le faraud axe. L'opinion ancienne me parait la plus exacte : la cornée est un segment de sphère.

La circonférence de la cornée est coupée en biseau aux dépens de la face antérieure. Des deux lèvres qui limitent ce bisoau, l'une appartient à la face convexe, l'autre b. la face concave ; la première est elliptique et la seconde circulaire. En haut, la circonférence de la cornée est coupée trèsobliquement; en bas, la coupe est moins oblique ; en dedans et en dehors, elle est moins oblique encore. Il suit de celte disposition :

1* Que la sclérotique se prolonge sur la face antérieure de la cornée.

Fiff. 699. — I. Corner. — ï, 3. SeWrolique. — 3, 3. Ouverture antérieure do celte dernière membrane dont le biieau, laillé aux ilépeni de ai Tace interne, l'avance sur la rontte de manièrr à recouvrir nelle-ei de 2 millimètre» en haut et de I millimètre en bai. — 4. Parlie latérale de ta même ouverture recouvrant U cornée d'un demi-millimètre leulemenl.

Fig. 700. — 1. Face concave de la cornée. — !, !. Sclérotique. — 3, 3. Canal de Sclilemro, — *, i. Orifice que iraienent !« divisions des arUres filiairei antérieurp* pour ae tendre dam 1« muacte ciNaire.

i" Que cet empiétement est beaucoup moins prononcé sur les parties latérales que sur les parties supérieure et inférieure, croù la forme elliptique de la face antérieure de la cornée.

3" Qu'il est porté à son maximum supérieurement, d'où rabaissement diE centre de la cornée au-dessous du centre de la pupille.

B. Structure de la codifiée.

La cornée se compose de trois' oduches : 1® d'une couche moyenne -

épaisse et résistante, qui la Constitue essentiellement ; 2* d'une couche su

perficielle ou antérieure, réductible elle-même en deux lames secondaires, Tune hyaline, l'autre épithéliale ; 3° d'une couche profonde ou postérieure^ réductible aussi en deux lames de même nature.

La couche moyenne^ ou la cornée proprement dite, est de nature fibreuse^ Lorsqu'on en détache une lame mince pour la soumettre à un grossisse — ment de 250 à 300 diamètres, celte lame se présente sous l'aspect d'un^ trame. Les fibres qui la composent diffèrent beaucoup par leur diamètre ^ il en est de très-petites, d'autres qui offrent une épaisseur beaucoup plu^ grande, et d'autres une grosseur intermédiaire aux précédentes. Toutes sont régulièrement calibrées et limitées par des bords clairs. Elles se groupent:, en faisceaux sur certains points, restent indépendantes sur d'autres, et s^ croisent sous les angles les plus divers. La plupart cependant suivent un^^ direction parallèle à la cornée, d'où la possibilité de diviser cette mera brane en lames et lamelles dont le nombre varie avec le degré d'habilct qu'on peut consacrer à la séparation de ces lames. Vésale en admet 4 Leeuwenhoeck, 7 ; Huschke, 10. Reissel dit en avoir compté 44. Il ne se rait pas très-difficile d'en séparer un plus grand nombre. Mais toutes ce lames sont un produit artificiel.

Les fibres qui constituent la cornée forment donc une trame réticulée^ offrant toutes les apparences du tissu conjonctif.' — Le mode d'union de^ ces. fibres avec celles de la sclérotique est très-intime ; il n'a pas encore été^ bien déterminé ; les unes et les autres semblent se continuer. — Celles d la cornée, suivant plusieurs auteurs, ne deviendraient transparentes qu parce qu'elles sont pénétrées d'une plus grande quantité d'eau.

Pour apprécier la valeur de cette opinion, j'ai séparé la cornée de la sclérotique, et j'ai placé successivement les deux membranes sur le plateau d'une balance donnant le poids à un demi-milligramme près. Le poids de la sclérotique s'est élevé à 850 milligrammes, et celui de la cornée à 85. Desséchées à l'air libre, la première n'a plus pesé que 318 milligrammes et la seconde 22. Soumises pendant deux jours à une température de 80 à 100 degrés, le poids de la sclérotique est descendu à 288 et celui de la cornée à 20. L'une avait perdu à peu près les deux tiers ou les 8 douzièmes de son poids, et l'autre un peu plus des trois quarts ou des

9 douzièmes du sien. La quantité d'eau donl les fibres de la cornée sont pénétrées excéderait donc de 1/12'^ seulement celle que renfernnent les fibres de la sclérotique. Peut-on attribuer à une différence aussi minime le défaut de transparence de cette dernière, et la transparence, au contraire, si parfaite de la cornée ? Je répondrais peut-être affirmativement, si tous les autres caractères anatomiques des deux membranes étaient semblables et si leurs maladies aussi étaient analogues. Mais elles diffèrent si radicalement, sous ce double rapport, qu'il serait peu rationnel de les considérer comme identiques ; tout en elles semble indiquer, au contraire, qu'elles sont de nature différente.

Le liquide dont sont pénétrées les fibres de la cornée est coagulable, comme l'albumine, par Talcool, le ciilorique et les acides minéraux. Lorsqu'on Texprime, la cornée perd en partie sa transparence. — Soumise à l'ébullilion, cette membrane se convertit en colle, selon quelques auteurs, et en chondrine, selon Mûller. — Plongée pendant vingt-quatre heures dans l'eau, elle devient plus épaisse ; si l'immersion est prolongée pendant plusieurs jours, elle peut doubler d'épaisseur.

Dans la trame réticulée de la cornée il existe un très-grand nombre de belles cellules étoilées, unies entre elles par leurs prolongements et formant par ces anastomoses un très-élégant réseau.

Sur la face antérieure de la couche moyenne, on remarque une lame homogène, hyaline, signalée par Bowman, et à laquelle quelques auteurs ont attaché son nom. Cette lame, extrêmement mince, adhère étroitement i la couche sous-jacente. Dans la première moitié de la vie intra-utérine, elle renferme un résean de capillaires sanguins ; et lorsque chez l'adulte, sous rinfiuence de l'inflammation, des vaisseaux se développent sur la cornée, c'est dans son épaisseur qu'ils sont situés.

L'épithélium de la cornée est formé, comme celui de la conjonctive, par le prolongement de la couche muqueuse de Tépiderme, dont il offre tous les caractères. Il se compose d'un assez grand nombre de plans superposés et pouvant être en partie séparés les uns des autres. Les cellules constituant chacun de ces plans renferment un noyau entouré de granulations pigmentaires très-manifestes. Celles du plan profond sont allongées et perpendiculaires à la lame de Bowman. Celles du plan superficiel sont aplaties. Sous l'influence de l'inflammation, ces cellules se détachent ou se ramollissent ; sur certains points, elles disparaissent partiellement ou complètement ; la cornée perd son aspect poli : Si on l'examine alors à l'aide d'une Ibougie dont les rayons tombent obliquement sur elle, on peut observer sur sa convexité une ou plusieurs ulcérations, d'étendue variable.

A la face postérieure de la corjiée s'applique aussi une lame homogène et hyaline : c'est la membrane de Demours ou de Descemet. Elle est plus mince encore que la lame de Bowman. — Sur sa face concave on observe

de belles cellules hexagonales, formant un seul plan et contenant chacane un gros noyau. — Sa circonférence présente une double ou triple rangée circulaire de saillies mamelonnées, d'inégal volume. Au delà de ces saillies, la lame élastique postérieure se transforme en fibres rayonnantes et(life^ gentes qui recouvrent le canal de Schlemm, et qui se réfléchissent ensuite, pour se terminer, sur la partie antérieure de la grande circonférence de l'iris : c'est à l'ensemble de ces fibres rayonnées que quelques auteurs ont donné le nom de ligament pectine de Piris. (Fig. 702, 15.)

La cornée est dépourvue d'artères et de veines. Dans l'état normal, elle n'offre aucune trace de capillaires sanguins : les injections les plus pénétrantes s'arrêtent sur sa circonférence. En injectant au mercure le canal de Schlemm, j*ai vu le métal se répandre dans toutes les veines ciliaires antérieures, et j'ai ainsi obtenu un réseau à mailles serrées, qui se termine sor le pourtour de la cornée par des arcades dont la convexité regarde le centre de la membrane. Il n'est pas nécessaire, du reste, de recourir aux injections pour constater que telle est en effet la disposition des capillaires ; il snfflt de s(\umettre la cornée à l'examen microscopique. (Fig. 697 et 698.)

Quant aux vaisseaux lymphatiques, que les histologistes allemands peN sistent à admettre, je me vois contraint de répéter qu'on n'en rencontreaucun vestige. Indiquer leur origine et leur donner pour point de départies cellules étoilées de la cornée, c'était commettre une simple erreur d'hiterprétation, très-pardonnable sans doute. Mais décrire leur trajet, détenniner leur nombre, mesurer le diamètre de ces conduits purement fictifs, affirmer qu'ils vont se réunir à ceux de la conjonctive^ il y a là un de ces traits d'audace qui sont beaucoup trop familiers à la science allemande, cl dont elle fera bien, peut-étrç, d'être moins prodigue à l'avenir, dans l'intérêt de sa dignité et de sa propre considération.

La cornée, qui ne présente ni artères, ni veines, ni vaisseaux lymphatiques, reçoit un très-grand nombre de tubes nerveux. Ceux-ci proviennent du plexus que forment les nerfs ciliaires sur le pourtour de l'extrémité antérieure de la choroïde. De ce plexus partent 20 à 25 filets qui traversent la partie antérieure de la sclérotique el qui convergent ensuite vers la cornée. En pénétrant dans son épaisseur, ils se dépouillent de leur myéline, et deviennent alors si déliés et si transparents, qu'ils se dérobent presque entièrement aux regards de l'observateur. Cependant Conheim, en faisant nsagedu chlorure d'or qui leur communique une couleur noire ou violette, a pu les suivre jusqu'à leur terminaison. Les tubes dont ils sont formés pénètrent d'abord dans le plan le plus superficiel de la couche moyenne de la cornée, où ils se divisent et s'anastomosent, traversent ensuite la lame hyaline qui la recouvre, puis se terminent dans la couche épithéliale en se ramifiant. C'est à la présence de ces nerfs que la cornée est redevable de son exquise sensibilité.

choroïde. 763

Privée des éléirients ordinaires de l'organisation, composée seulement de fibres transparentes et de cellules étoilées, la cornée doit être considérée comme un tissu sansanalogue, doué d'un mode de vitalité qui lui est propre . Cette vitalité se manifeste par la facilité avec laquelle ses plaies se cicatrisenty par les nombreux phénomènes morbides qui se passent à sa surface ou dans son épaisseur, et enfin par les modifications qui surviennent dans son tissu sous la seule influence des progrès de Tàge.

Sur le fœtus, elle est plus épaisse que chez Tadulte et moins transparente, d*une couleur légèrement rosée, analogue à celle que présente le corps vitré dans les premiers mois de la vie intra-utérine. Son tissu est un peu moins dense, en sorte qu'il se laisse plus facilement diviser en lames et lamelles.

Chez Tadulte, elle se distingue par sa parfaite transparence, sa densité plus grande et sa résistance supérieure à celle de la sclérotique.

Chez le vieillard, elle devient de moins en moins transparente vers sa périphérie, qui, à Tâge de quatre-vingts ou quatre-vingt-cinq ans, souvent beaucoup plus tôt, s*infiltre de cellules adipeuses. Sur la circonférence de la cornée on observe alors un anneau blanc qui est séparé de Fouv^rture antérieure de la sclérotique par un anneau resté demi-transparent, et qui a reçu le nom de cercle sénile. Ce cercle est du reste rarement complet; souvent il n'occupe que la demi-circonférence supérieure de la cornée. A mesure qu'il s'étend en longueur, il s'étend aussi en largeur. Mais comme il se développe avec beaucoup de lenteur, la vie arrive à son terme bien avant qu'il ait atteint les limites de la pupille, en sorte que cette altération sénile n'entraîne aucun trouble dans les phénomènes de la vision.

§ 5. — Choroïde.

La choroïde constitue la seconde membrane du globe de Tœil. Elle est remarquable par sa teinte sombre, qui contraste avec la teinte claire des deux membranes qu'elle sépare, et surtout par son extrême vascularité, qui l'a fait comparer au chorion.

Appliquée sur la rétine, dont elle prend la courbure, perforée en arrière |H)ur livrer passage au nerf optique, et en avant pour encadrer l'iris, elle se présente, ainsi que la sclérotique, sous la forme d'une sphère creuse tronquée à ses deux pôles.

Son épaisseur, très-inférieure à celle de l'enveloppe fibreuse de l'œil, surpasse un peu celle de la rétine. Au niveau de sa partie moyenne, elle est de 0'"'",3. En arrière, où la choroïde reçoit les artères ciliaires courtes postérieures, elle s'élève à 0»»,4. En avant, elle augmente très-rapidement, au point d'atteindre à son bord terminal un millimètre.

Sa consistance est faible et assez analogue h celle de la pie-mère, dont elle a été si longtemps considérée comme un prolongement.

A. Conformation extérieure de la choroïde.

La face externe de la choroïde répond à la faceinlerne de la sclérotique, à laquelle elle se trouve unie par les vaisseaux et les nerfs qui se portent de Tune à Tautre membrane, et par un tissu cellulaire extrêmement lâche. Cette adhérence, ainsi que nous Tavons vu précédemment, est plus intime au voisinage du nerf optique et au voisinage de la cornée que dans les points intermédiaires. Sur Tun quelconque de ces points, il suffit de faire un pli à la sclérotique pour détruire toute adhérence ; jamais la choroïde n'est pincée dans ce pli : de là lé précepte précédemment posé, de diviser celui-ci i)erpendiculairement à sa direction et d'un sçul coup de ciseaux, lorsqu'on se propose de mettre à nu la seconde tunique de l'œil, afin d'arriver d'emblée jusqu'à elle, sans crainte de la blesser.

Toute cette face présente un aspect inégal, qui devient plus manifeste lorsqu'on examine la choroïde sous l'eau. Sur ses parties latérales rampent les artères ciliaires longues et leurs nerfs satellites, horizontalement dirigéjs d'arrière en avant. Sur les autres points de sa périphérie, on voit cheminer les nerfs ciliaires, qui s'en détachent par leur couleur blanche.

La face interne^ concave, se moule sur la rétine. Elle présente un aspect plus uni et une couleur plus foncée que la précédente. Cette couleur, du reste, varie d'intensité sur les différents points de son étendue. Elle est presque noire en avant, mais beaucoup moins prononcée dans ses deux tiers postérieurs. Elle varie en outre en raison inverse de Fàge : la choroïde présente une teinte moins foncée et qu'on peut comparer, avec Pelit et Morgagni, à celle du tabac chez l'adulte de trente à quarante ans, une teinte d'un. brun clair chez l'homme de soixante à soixante-dix ans, et une couleur grise dans la vieillesse la plus avancée. Cette face est simplement contigue à la rétine, en sorte qu'on sépare les deux membranes avec facilité, sans léser ni l'une ni l'autre.

V extrémité postérieure de la choroïde présente rorifice qui donne passage au nerf optique. Le diamètre de cet orifice est d'un millimètre et demi. Son contour adhère à la lèvre antérieure de l'ouverture correspondante de la sclérotique, c'est-à-dire à l'extrémité terminale de la tunique interne du nerf optique, qui dans ce point se continue et se confond avec la lame la plus interne de l'enveloppe fibreuse de l'œil. — Les artères ciliaires et les nerfs ciliaires, en passant de la -sclérotique dans la choroïde, forment autour de ce même orifice une sorte de couronne.

Uextrémité antérieure constitue une zone très-distincte que j'appellerai zone choroidienne. — La largeur de cette zone est de 6 millimètres du côté temporal, et de 4 et demi ou 5 seulement du côté nasal. — Sa face

choroïde. 765

externe préseale une couleur sombre dans su moitié postérieure, et une teinte d'un btanc grisâtre dans sa moitié antérieure.

Sa face interne, d'une couleur brune très-foncée et presque noire, répond à la zone de Zinn. Lorsqu'on la sépare de celle-ci, le pigment qui la revêt s'en détacbn le plus souvent; elle olTrc alors une couleur blanche. Unie en arrière, cette face est formée en avant par des plis que nous Terrons plus loin s'engrener avec les plis correspondants de la zone de Zinn.

Le bord postérieur de la zone choroïdienne,o)'(i serrata des anciens, se eantinue avec le segment correspondant <le la choroïde. On le reconnaît i sa disposition festonnée et à sa couleur plus sombre. C'est au niveau de ce bord que la rétine se termine en s'unissant à la zone do Zinn. Il est

t'iii. 701. — Irii; choruuie.

I, Nerf optique. — 'i, i, i, i. La Klérotique, iliviïée en [(UBtru laiiibcnux qui ont i-té reDver«4s en dehors puur montrer les granululioiiB piumciitaires ilc m cuuclie la pliiii interne, le>qucllcs coiitrJbuGiit à furmer la lamina faita. — 'i, '3. Couleur et granulalioni de celte cr)uehe inlernc. — i. Coupe de lu lamina futca, romarquablc par u minceur. — S, S, 5, 5. L« cornée, partagée en quatre lambeaux triangulaires, ainsi que la iclérolique, pour mettre en évidence la clioro'iilc cl l'iris, — U, G. Canal du Schlemm, séparant In Itunbcaui coméens des lambeaux île la sclérotique. — T. SurTncc ctterne de la churaïde, recouverte par les nerb eiliaires et par l'une des arlèrei ciliairci longue*. — 8. Tronc lupéricur cl iiilernc des l'uja KorticoM. — 9,9. Bord rcitunnéqui limite en arrière la lone choruïdicnnc. — lU, 10. Hoilif antérieure de cette lOnc, reinarq)iable par ta couleur d'un blanc griritrfl : c'eut le muscle eiliaire. — 11, 11. Nerf* eiliaires de Tolnme trè*-inégal, sortant di-s canaux i[iie Ifur rouniit la sclérotique, et se ilirigeanl vers le luniele eiliaire, dniia lequel ils se ramillenl et s'Hiustomoscnt. — H. Artère eiliaire longue. — 13, 13, 13, 13. Arlèn:s eiliaires anlérieuns — 14. Iri». — 15. l>ctit cercle artériel de l'iris. — IH. Orifice pupillaire.

7bb SENS DE LA VUE.

situé du côté externe ou temporal, à 6 millimètres et demi en arrière de la circonférence de la cornée.

Le bord antérieur est remarquable par sa grande épaisseur, par sa continuité avec Tiris, qu*il encadre à peu près comme la sclérotique encadre la cornée, et enfin par les connexions qu'il affecte avec ces deux membranes.

Simple dans sa moitié postérieure, la zone choroldienne se compose eu avant de deux couches :

l^ D'une couche externe grisâtre et unie, qui lie la choroïde à la sclérotique et à la cornée, d'où le nom de ligament ciliaire que lui avaient donné les anciens : c'est le musck ciliaire des auteurs modernes.

â<> D'une couche interne noire et plissée, qui entoure le cristallin et qui constitue la courontw ou le corps ciliaire.

1* Muscle ciliaire.

Le murscle ciliaire entoure l'orifice antérieur, de la choroïde. Aplati de dehors en dedans, plus épais en avant qu'en arrière, il revêt la forme d*uii prisme triangulaire et circulaire, auquel on peut considérer deux faces, une base et un sommet. (Fig. 702, 6, 7.)

Sa face externe ou superficielle, d'un blanc grisâtre, présente une largeur de 3 millimètres. Elle répond à la sclérotique, à laquelle elle n'est unie que par les artères ciliaires antérieures. — Sa face interne ou profonde se continue avec la face externe de la couronne ciliaire.

La base de l'anneau, tournée en avant, adhère supérieurement à la paroi correspondante du canal de Schlemm, et plus bas à la grande circonférence de l'iris. Son épaisseur n'excède pas un millimètre. — Son sommet, dirigé en arrière, se continue avec la moitié postérieure de la zone choroïdienne.

Cet anneau est constitué par des fibres musculaires lisses, disposées sur deux plans réciproquement perpendiculaires. — Le plan superficid ou railiéy découvert à peu près simultanément par Bowman et Brùcke, se compose de fibres qui s'attachent par leur extrémité antérieure sur la |)aroi interne du canal de Schlemm, et qui toutes se portent en arrière en rayonnant; les plus superficielles s'insèrent sur la zone choroldienne en se prolongeant jusqu'au niveau de son bord postérieur ou festonné; les autres se fixent sur la face externe de la couronne ciliaire. — Le plan profond ou circulaire, signalé par M. Rouget et II. Mùller, répond à la moitié antérieure de l'anneau. Ses fibres, moins nombreuses, prennent leur insertion sur les procès ciliaires.

Le muscle ciliaire préside à l'accommodation de l'œil pour la vision des objets rapprochés. Chacun de ses deux ordres de fibres concourt à ce n!sultat, bien qu'ils possèdent des attributions très-différentes.

MUSCLE CILIAIRE. /6i

Le plan radié tend la choroïde et s'op))ose au déplacement ile la lentille en arrière. Le plan circulaire comprime le plexus veineux des procès ciliaires, et, par l'intermédiaire de ce plexus, la partie périphérique de la fac« antérieure du cristallin. Or, la face postérieure de celui-ci restant immuable dans la place quiïlle occupe, b dépression de sa partie périphérique a pour conséquence nécessaire la projection vers la cornée de sa face antérieure. Les deux plans musculaires ont donc pour effet commun d'allonger l'axe de la lentille et de communiquer à sa face antérieure une convexité plus grande. Cette augmentation de courbure a été mesurée pv Helmhollz avec une grande précision. Sur un individu, le rayon de courbure de la Tace antérieure était de \i°'',0 pour la vision à grande

F[C. 'iVi. -~ Le miactt àliairt, tta deux plaiu île fibift {groaiaement de tO diamètre*).

1, 1. OÎBlallin. — i. H<!mbrane liyalo'ide. — 3. Zone de Zinn. — i. Irii. — S, 5. Un pTDcâi ciliairc tu Je cùlé. — 0, 6. Purlion raili^o du muicle ciliaire. — 7. Coupe île la imrtion circulaire, —S. Plexus veineux d'un procè» ciliairc.— 'J. SdûroUque —10. Biieau par lequel elle >e lerminc. — 11. Couche mojenne de la cornée. — 1!. Sa lame hyalins aaiérieurc. — 13. Ëpiihélium qui recouvre celle lame. -~ 14. Sa. lame hjaliae posté' rieure, ou membrane de Descciiiet. — 15. Fibrct par lesquelles elle le termine, ou ligament pectine. — 16. Lame ëpithéliile qui la revél. — 17. Union do la iclérolique el de la cornée. — tB. <'.uiipc du canal de Schlejnni.

ytOé DC LA VUE.

distance, et de H'^Jj pour U f L«îoii rapprochée; la pupille, dans ce deniier cas, s*esl portée d'arrière «^n avant de ir*,36. Sur un autre, les deux rayons étaient dans le rappi>rt de *~3 à a^,9; la projection de l'iris en avant a été de 0'°",i4. Le df^plarement que subit la face antérieure du cristallin en devenant plus «onfeTf^, au moment de Tacconinniodation, varie donc d'un tiers à un deini-millîmétre.

L'anneau qui entoure Toritic^ antérieur de la choroïde n'est pas constitué, du reste, exclusivement par des fibres musculaires lisses. Il est remarquable aussi par sa grande vascularité et par les nerfs très-multipliés (|ui le traversent en s'anaistoro<>sant dans son épaisseur.

Les vaisseaux sont surtout de* artères représentées ici par les ciliaires longues et les ciliaires antérienre?. — Les ciliaires longues, comprises dans le cercle équatorial de l'œil et distin^ées en interne et externe, se bifurquent dans la moitié antérieure du muscle ; leurs branches ascendantes et descendantes cheminent d'abord dans cette moitié antérieure en se rapprochant graduellement de la circonférence de Tiris. — Les ciliaires antérieures, à leur sortie des orifices que leur présente la sclérotique, pénètrent dans le muscle par sa face externe et s'y ramifient en échangeant de nombreuses communications entre elles et avec les ciliaires longues. (Kig. 70 1.)

Les nerfs ciliaires plongent dans le muscle par son bord postérieur. Nous avons vu ([u'ils forment un plexus à mailles très-serrées et que la plupart d'entre eux ne font que le traverser pour se rendre, les uns dans la cornée, les autres dans Tiris; ceux qui s'y terminent président à se> contractions. Sur leur trajet, H. MûUer a signalé la présence de très-petits ganglions analogues à ceux qu'on observe dans presque tous les autres muscles à libres lisses.

i"" Corps dliaire.

l.oi^qu'on a divisé le globe de l'œil en deux hémisphères, l'un antérieur l'I l'autre postérieur, si Ton renverse l'hémisphère antérieur sur la cornée, on aperçoit autour du cristallin une couronne de plis rayonnes. Ces plis oui nxu le nom de procès ciliaires; considérés dans leur ensemble, ils consliluenl le cvir/»< ciliaire.

Lt ur nombre varie de (Kl à 70. Quelques-uns sont un peu plus longs .1 plus \»*îun\ineu\, d'autres plus courts et plus grêles. Leur longueur •i\v\\« î'ir.o osl lie o uiillimèlres.

r.îuvv|.::' ; r\vt > rilLiire revêt la forme d'une petite pyramide à trois pans, dou5 II iv^^o Arrvv.: ;i;^ o: tournée en avant s'applique à la circonférence de l'irtN Naîi^ Iv.i v :h' n r. Le >t*mmetde cette pyramide, quelquefois bifurqué, v.u otsio Av>t j tv'.i^î.tonifnt ad corps. — De ses trois faces, l'une, tournée \/î> Ia ivn^v.or:. 1» ^k«i»e df l'œil, s'unit au muscle ciliaire ; les deux

CORPS CILIArRÊ. 7C9

autres, tournées vers le centre et un peu inépales, répontlenl à la zone de Zi(in, qui les sépare ilii corps vilrc en arrière el de la circoiiféreiiee ilii cristallin en avant; elles sont brunes dans l'état normal, el blanches lorsqu'elles ont été dépouillées du pigment qui les revêt. Le boni résultant de leur réunion offre constamment une caulcur d'un blanc grisùtre : libre, flottant, il s'applique à la cirronférence du cristallin.

Dans l'intervalle des procès ciliaires, on observe d'autres plis licaucoup plus petits, qui n'affectent aucune forme, aucune direction déterminées, el qui s'effacent en partie lorsqu'on dilate l'ouverture antérieure de la

ne. 703. — Le cotpi ciliaire data tri Fie. JOi. — Segment ilu cot}ii citiaire, vu

Topportt avec te criilallin et l'irii. à un grosiisieiiieiit île 1 diamelre».

Fig. "03. — A. Lf corpt aliaire m rapport avec le craliiUin. — 1. Sciùruliiiuc. — S. Choruirle. — 'i. ittUin'.-. — J. Zonv choroiiliciinc. — &. Couronne uu a>r[ia ciliaire. — 8. Criitaliin, ilunl la partie ccnlralu offre uiw IgIilIc |ihi9 dmxa au riivoait ilu la pupille. B. Lt corpt ciliaire en rapport avec la granilr àreonfrreace lie l'iiii. — X. Sclérolique. — i. Clioroiilu. — 3. Zone clioroïdicnnc. — 4. Bor'l iimiéricur do callu loiiD. — G. Corpi ciliaire. — 11. fter poiiéricurc lic l'irii, »iir laquelli; un .ipi'rroil ilcj »tiics noires el raroiiiiËcs, rurnicej |iar des ainaa linùairus de pigmcntuiii. — T.'Piipillo.

fig. TOI. — 1.1. ProL-ès ciliaire». — i, S. Lour baso ou extri^niité arrundin qui ne prolonge lur la Un: po»lu'rieiirB Ae Tirij. — 3. 'i. f.iriir miiinii-l diriK* en arrière, —4. L'n itfurrpio. — 5, fi. RejilLA n'-tieulé* un finii^i ciliairi'ï Ui-rvalleg igni aciwrent les |it<ici:4 i:iliairi'i> prineipaitx. ini'nl dn en Aftimt*. — 7, 7. Rnril Tenionné on nra — tt, K. Veinci lio la rliornïdo. — !', 9. Scgrin-nl de grande vcra ca petile cirronrôrcnce. — 10, 10. (iraiidi! iirucrâ ciliairps. — M, 11. l'élit riTil.-

!■ choruïdiri

proeès ciliaire iloiit lo iommct dn.Kcoiid onlro, lituét dan* k — S, G. TronculRi veineux i|ni Mrrwlo lie la ion

tircoiiférence de l'iiis, reeouverU par la tflo des de ritî!.— IJ, 13. Grand cvrcli- de l'iris, 3*BDrr.

choroïde. Pour bien voir ces plis secondaires^ ainsi que les plis principaux, il importe de faire disparaître par le lavage toute la couche pigraentaire qui les recouvre, et d'examiner ensuite le corps ciliaire, sousTeia et aux rayons du soleil, à Taide d'une loupe donnant un grossissement de 3 ou 4 diamètres. (Fig. 704.)

B. Structure de la choroïde.

Cette membrane comprend dans sa constitution trois couches de nature différente : une couche superficielle ou celluleusey une couche profonde ou pigmentaire, et une couche moyenne essentiellement vasctdaire.

a. Couche celluleuse de la choroïde.

La couche celluleuse est plus développée sur les yeux bruns que sur les yeux bleus, et plus aussi chez Tadulte que chez l'enfant et le vieillard. On Tentrevoit, lorsqu'aprcs avoir enlevé la sclérotique, on examine la choroïde a Tair libre ; mais on n'en prend une notion exacte qu'en l'examinant sous l'eau. C'est elle qui donne à la surface externe de cette membrane lateinle brune et l'aspect inégal qui lui sont propres. En dehors, elle n'adhère que par des liens très-làches à la tunique fibreuse. En dedans^, elle s'unit au contraire d'une manière intime à la couche vasculaire. En arrière, elle se continue avec la lèvre antérieure de rorifice correspondant de la sclérotique. En avant, elle se prolonge dans le muscle ciliaire en pénétrant dans les interstices de ses fibres radiées. — Celle couche se compose de fibres lumineuses, d'une substance propre granuleuse, et de cellules pigmentaires.

Les fibres lamineuses n'affectent aucune direction déterminée; elles se groupent eu faisceaux, ou restent isolées, et ne prennent qu'une faible part à la constitution de la choroïde.

La substance i;rauuleuse est formée par une matière amorphe dans laquelle sont disséminées : V des granulations de dimensions très-inégales; 2" des noyaux inégaux aussi, et d'un petit volume pour la plupart; 2^ des cellules arrondies, contenant un noyau et des granulations à peine colorées. !

Les cellules pigmentaires, répandues en grand nombre dans toute l'épaisseur de la couche superficielle, se distinguent surtout par leur extrême irrégularité et leurs variétés presque infinies de forme et de volume. Elles renferment une quantité très-inégale de granulations, en sorte que les unes en sont remplies, tandis que d'autres en contiennent beaucoup moins, ou s'en trouvent presque entièrement privées. Les premières sont noires ou brunes; les secondes, d'une couleur pâle. Leur noyau est ainsi tantôt Iré^apparent et tantôt invisible. Comme les cellules étoilées des vertébrés

inférieurs, elles oITrent des prolongements qui |>euven\ élre reclili{;nes ou sinueux, conrU ou plus ou moins ullongos, simples ou birulcs; comme celles-ci, on les voil s'aiuLslomoser sur une foule de points, el rester imlépemlanles sur d'autres. {Fîg. ÏU5.)

b. Couchf profonde ou pigmmlaire de la choroïde.

C'est â la présence Ae cette couche pi;i;mentaire profonilc que )a face interne de la cliorolde est redevable de la couleur qu'elle présenlc, couleur d'un brun foncé cIipz l'enfanl el chez l'adulte, miitsi]iiiprili[ dans la seconde moitié de la vie en raison directe de l'àgc, ainsi que Pelit l'a fait remarquer, pour prendi-e une teinte {;risc dans la vieillesse la plus avancée. — En arriére, la couche pij;mentaire Interne est extrêmement mince; mais i mesure qu'on se rapproche de la zone choroldif^iine, elle ileficnl plus épaisse. C'est sur celle-ci qu'elle atteint sa plus grande épaisseur.

Cette couche est formée de cellules aplaties, heiagonales, très-régu-

■^i5jr; w^

Fig. 'Oj. — 1. 1. 1, I. Cilliilcs pi^iiicntiiircs élniléc». — i, !, 1. MMe» étiiili'ca Jnnt qucliiurs prnlonKi'ini'iiU «i' ilivi«-iil. — 3. IJiic celluli; ilu hliiftln naitsDiLt ilrii\ prolongemcnls, l'iiii siiiiplr', l'autre liiflilc. — i, i, i. <^-llul''s .irruiiilinit ili^ colar^itiun p{\lc. — ô, 5. ^l>yilux. irr^Kiilièn-mciit ■lii'ii'mlnHS il.inn l'cpiiissciir de la ciioroïile, lrùv)>âli:s aHMÎ, et rncouverU île ([raiiululioni iiigmciilaîri-s à l'état naistant.

Fig. 70C. — .V. 1, I, 1. Crlluli-* pi ((inenta ires île la facR interne iln la clioroïJc cliet le fœliis. — 3, i. 3- Si>jraii il'- rp» ccIlnlM. — 3, '■!, it. firiitiiitalimis piymcnliiirfi* :\f»er. (leii nombreuses il fi'l !*([e |>onr liiiïsiT vuir li'nr iiovaii. iiu'elli-s voilr-nl ch™ l'.Tliille.

B. (Iraauliiii'ni^ pigiiienlairfi il'i eeVuln à r.mlnitr h'-ragannl. — 1.1. Iiivirii ir^'iT''* formé» |>ar cet [[ranulaliiHis. — 3. Oraïutlalioii» iii-iltijj, de ilini 3. Gronulaliuns île la |iliis extrême téituilé.

lières, de volume éji;al, et juxtaposées parleurs bords. Toutes contiennent un noyau et des granulations pigmentaires qui remplissent leur cavité. Celles-ci sont arrondies, sombres à leur périphérie, claire» dans leur partie centrale, et de dimensions inégales ; il en est de grosses, de moyennes et de très-minimes. (Fig. 706, B.)

Sur la partie postérieure de la choroïde, la couche pigmentaire ne comprend qu'un seul plan de cellules. Mais, vers sa partie moyenne, elle se compose déjà de plusieurs plans : ceux-ci sont plus multipliés enccrc en avant. Sa coloration est en raison du nombre dos cellules superposées.

Dans les premiers temps de la vie intra-utérine, la couche. pigmentaire n'existe pas ; c'est au début du cinquième mois qu'elle apparaît. Dans son évolution, cette couche procède d'avant en arrière. Les premières cellules qui se forment répondent à la zone choroïdienne et s'arrêtent très-nettement au niveau de son bord festonné. Elles constituent d'abord un seul plan ; et chaque cellule ne contient qu'une petite quantité de granulatioitt; aussi leur noyau est-il très-manifeste. Dans le cours du sixième nHnt, un second plan se montre sur la zone choroïdienne, puis un troisième: c'est alors ([ue les autres parties de la choroïde se couvrent aussi de cellules. -- Dans la vieillesse, les granulations participent à l'atrophie ({énérale, d'où la coloration moins foncée de la couche pigmentaire.

Chez quelques animaux, comme le bœuf, le cheval, le phoque, la plupart des ruminants, etc., la partie postérieure de la choroïde n'est pas noire. Elle présente, en dehors du nerf optique, une teinte claire et brillante, un reflet métallique particulier, qui varie selon les incidences de la lumière, et cpii a reçu le nom de tapis. Cette teinte claire reconnaît pour cause un simple phénomène d'interférence, résultant lui-même d'une modification dans la structure de la choroïde. Sur toute l'étendue du tapis, les cellules da la face interne de la choroïde existent, mais elles sont dépourvues de granulations. Les rayons lumineux pénètrent donc dans l'épaisseur de la membrane, qui ofl're à ce niveau un réseau de fibres lamineuses, denses et déliées. Arrivés sur ces fdjres, ils sont réfléchis et décomposés: delà, aiiisi que le fait remarquer M. Cli. Robin, des effets d'irisation variant selon l'inclinaison des surfaces réfléchissantes.

c. Couche vasculaire de la choroïde.

(]'est la plus importante des trois couches qui forment la choroïde. Bien qui' les vaisseaux en représentent l'élément essentiel, ils ne la composent pas cependant exclusivement. — On observe dans son épaisseur des Obres lamineuses cpii offrent une disposition rétiforme, et qui semblent avoir pour deslinatioii de relier entre elles toutes les ramifications des artères et des veines. — Elle renferme aussi des cellules pigmenlaires étoilées en très-grand nond)re, offrant les mêmes caractères que celles de la couche

STRUCTIIRE DE LA CHOBOIDE. 773

cellnleusr avpc lesquelles elles s'anastomosent. lli'S ecllnles conslituciil de lont^ues traînées situées ti.ins rinlcrvalle îles ^'ros vaisseauv, iliiipées comme ceux-ci d'avant en arriére, cl se continuant sur la fare eslerne on superficielle de la ouclie vasrulaire avec les relhiles cloilées de la couche celluleuse, dont elles semblent ainsi Tonner une dépendance.

Les vaisseaux sont disposés dans l'ordre suivant : on procédant de dehors eo dedans, on rencnnlre d'abord les veines, puis les artères, et plus profondément les capillaires. — Les veines, très-multipliées et très-volumi-

FiG. TOT. — Arlèrft df h clinrftiile.

Fifi. 70S. -

Vfi>

le la rhni

i>le.

Fig. 707. — 1, I. Arti!rcs riliairra pnsti'Ticum. — 9, ï. .\rl6r<-« riliiiii'is laiigui-s. — 3> 3. Ce* .-irli-r.'s «nrUinl <lii rnnnl i\\v<. leur rniiriiil In srlrroliiincetR'aiililiilii-iiil à In tVirr* Rilerne de In l'hormilc. — -I, 4. Vtn munies arUtm ne diviunnt un )i"ii en uiTi<>ni ilu muscle cili.iiri' en Jeux bniiichcs. — !i, S. I^'iir brnurlie su|H'riiiiri- iiu iiHi'i'iiiLititi-. - - 8. G. Brai":!ies aei:.---oir.'s. — 7. 7. ArlÈrei riti^iîrcs aHlénc»r«, - K. H. ArkVes rili.iiiva

'J, U. ArliTci «nlÉriciiri-!.— 10, W. l'elil c I. Sclérotiqu

Tclc :

■ricl Uc lir

s liiniîiic

t\%. 70B. — 1.1. Scléroliqitp. ~ 3, S. Choroïde. — 3, 3. Muiirlc riti.ilri'. — i, 1, Prncrs tiltaircs iiii» à nu par l'exciiinn il'uue iiurlie du tnutelu ({ui I ■< recouvri:. — Ti. .'>. Iris. — 6. Pupille. — 7. Veine cttnraïdieuiir siijHÏriniiro cl i-xtrrne, dniit les lir.mrhes alTérciilcs, considérécH dans leur rn*piulile, iilTrnut riinagi* tl'une élnïle à r.iy mi* c(iiirlH>.s. — tt. Vrina

chorojdienue siipi-rieure et inter loul les braurhe* nirn-nt lit iii^ine iliapnniiioii. —

9, fl. nranehes ]M>sli:rii-un>s du rt» vciiiiu. — 11), II). l.t!iirs braneliM niili-ricurc!:, qui nn lardent jkis A m iléviiT pour m- imrlcr les iiiii's nu iJi-'Imii, \«s, nulrei un deliors. — 11. Truncuks vei:ieux i-manonl di's pnnès riliiiins et se ciuitiiuiaul avce les rata vnrtkota, liant ils sont une dca prlni^i pales orî^inias. ~ M. Anastoninscs di<3 dcu\ veines clioro'idiennes super icurft.

nouses, forment par leurs anastomoses un très-élégant plexus qui embrasse tout le jçlobe de l'œil. — Les artères, beaucoup moins nombreuses et plus petites, sont comme perdues sous la face profonde de ce pirxus; elles se trouvent mêlées, du reste, aux rameaux et ramuscules veineux ([ui émanent des capillaires. — Ceux-ci donnent naissance également à un réseau partout continu, comme celui des veines, s'étendant, de roriflce postérieur de la choroïde au bord festonné de la zone choroîdienne, où il cesse brusquement et complètement.

Considérés dans leurs connexions, les vaisseaux de la choroïde forment donc deux couches superposées : la couche superficielle comprend les artères, les veines qui les recouvrent, et toutes leurs principales divisions; la couche profonde est constituée par le réseau des capillaires. — La situation relative de tous ces vaisseaux étant connue, il nous reste à déterminer la disposition qu'ils présentent dans chaque couche.

I*" Arcèrcs de la choroïde. — Elles viennent des ciliaires courtes postérieures qui s'épuisent presque exclusivement dans cette membrane, et qui se composent à leur point de départ de deux troncs situés, l'un en dedans, Taùtre en dehors du nerf optique. Parvenus à un centimètre de la sclérotique, chacun de ces troncs se partage en quatre ou cinq branches, dont la plus élevée s*avance sur la partie supérieure du nerf optique, tandis que la plus déclive s'applique à sa partie inférieure ; de là deux demi-couronnes do branches artérielles qui embrassent le tronc nerveux à son entrée dans le globe de Toeil. Toutes ces branches pénètrent aussitôt dans la sclérotique, et la traversent en se divisant dans son épaisseur en deux branches secondaires qui quelquefois se subdivisent elles-mêmes, de telle sorte qu'au moment où les ciliaires courtes postérieures sortent de l'enveloppe fibreuse de l'œil, on compte déjà de 18 à 20 divisions. Celles-ci s'engagent alors dans les interstices des veines de la choroïde, s'appliquent à la face interne du plan veineux, puis se portent d'arrière en avant en donnant dans leur trajet une foule de ramuscules, dont les dernières divisions se continuent avec la couche chorio-capillaire. La plupart n'arrivent pas jus(|u'au muscle ciliaire. Les plus longues seules atteignent ce muscle, dans lequel elles se terminent en s'anaslomosant avec les artères ciliaires antérieures et les ciliaires longues.

S'* Les veineM de la choroïde, OU vasa vorticom^ vaisseavx tourbillonna de Sténon le fils, forment quatre groupes qui se continuent en s'anaslomosant par leur partie périphérique. De ces quatre groupes deux sont supérieurs, Tun interne, l'autre externe, et deux inférieurs, situés aussi l'un en dedans, l'antre en dehors. Chacun d'eux s'étenddepuis l'enlrêedu nerf optique jusiju'aux procès ciliaires, et se compose de veines convergentes et curvilignes dont le tronc commun traverse la sclérotique dans sa ])artie moyenne.

âTRUCTURE DE LA CKOROItlE.

l/enscmble des veim-s prouj»ces niilour du mi^mp Ivouv roprcSRiire uiiu êloile k rayons courbes, l'armi ces vrines, celloa iiui se ctirigcnl irairiOnî eo Bvanl soni d'abord piimllrlcs aux arli'rrs qu'elles recouvreiil; mais bientftt elles s'inlléchisscnl et les urnispnl à anf-lc aij;ii. Celles, très-nombreuses, qui proviennent des procès cilinires et qui se dirigent d'avant NI arrière, ne lardent pas à les rroiser aussi obliqiicnicnl. Celles qui M dirigent de dedans en dehors, et de dehors en dedans, les croisent pour la plupart à an(;le droit. Toutes sont superposées aux artères qu'elles rteouvrenl complètement. {Vi^. 708.)

La disposition que ces veines présentent ii leur origine est remarqnable: kHue, quinze, vinplraniincalîons déliées rayonnent vers un même rameau, |ai offre un calibre deux ou trois fois gdus eonsidéralilc et qui semble latlre subitement; ces raniiTieations et les capillaires qui en dépendent irmenl aussi un petit tourhiltou, ou mieux une Irès-petitc étoile à rayons vuriKS, semblable aux quatre grandes étoiles qui recouvrent toute la cho-

ie. ÎW. — PelU* lourbilloni ou éloilet du ucond nnirt, prormaal de la fouehe da tapûïairtf et formant l'originr det veiMi dioruulienneii. I, t. Une branche veiiiPiiin sitiiéo i-n dcliiirs de la cuucbe eapiilaire de tachooîde. — S, 2, ■*, 3, -i. a. lUniraiix vriiii-in. «Iiiiii aussi i-n di-liors Jn ccUc eouclic. - 8, 3. 3, ;!, 3. RamiiMiilc» ïpiiu'ux n'ci^vanl une fniili- Je mmillcaliims curviEignp» igiii o groupent aiiliiur <lo chacun d'eux, île nianiJ-re li fi.niM-r antanl de petin lourbilloni Hl étoilei du svcoild nnire, de liiénie qui- nnu» avuui vn. linti» la flgnro 70.1, lonles les irancbri le grouiH>r aulinir i)e leur* UMncB n-tpectifa pour donner niiarance ù iiuntre •randi tourbillons ou tUiilvs du pn-niii-r ordre. Ces Ëloiles «ecundiirej s'annsloni osent tntr* ellea par leurs rajons, de mime iiuc ceux-ci l'auaslomoicnl entre eux dan» leur

niet.

roïde de leurs irradiations. Chacune de ces dernières représente ainsi une large voûte constellée à sa face interne ou concave d'une foule d'étoiles du second ordre. (Fig.709.)

Au niveau des procès ciliaires, les veines affectent une disposition diiTérente : elles décrivent des arcades flexueuses qui s'envoient des branches anastomotiques. La plus grande de ces arcades occupe la tète des pro6is ciliaires; en arrière de celle-ci, il en existe d'autres plus petites. Toutes se rapprochent par leurs extrémités, se réunissent en partie et se réduisent vers le sommet des procès ciliaires en un faisceau de cinq ou six troncules qui passent de ceux-ci dans la moitié postérieure de la zone choroïdienne, où ils se continuent avec les vasa vorticosa.

Ces arcades veineuses forment par leur ensemble un petit plexus conoîde dont la base arrondie s'adosse à la grande circonférence de l'iris.

Les troncs vers lesquels convergent les veines choroîdiennes sont ordinairement au nombre de quatre. Mais il n'est pas rare de voir une et même deux des branches qui contribuent à les former ne se réunir qu'à leur sortie du globe de l'œil. Ces troncs, après un court trajet, se jettent dans la veine ophthalmique ou dans l'une de ses blranches.

Les veines choroîdiennes ont été longtemps méconnues. Frédéric Ruysch, qui les avait observées, les prit, ainsi que tous ses prédéOBsseurs, pourdes artères ; et comme il avait vu aussi les véritables artères de la choroïde^ il fut conduit à admettre dans cette membrane deux couches de vaisseaux artériels : une couche superficielle formée de vaisseaux à direction rurriligne {ramusculi dispositi in orbeni), et une couche plus profonde, composée de toutes les divisions des artères et des capillaires (1). C'est à cette seconde couche que son fils, Henri Ruysch, a donné le nom de membrane ruyschienne,

Ilaller, le premier, démontra que les vaisseaux à direction curviligne ou superficiels de la choroïde étaient des veines, et non des artères (2).

Zinn, quelques années plus tard, les fit représenter dans son ouvrage avec une très-grande exactitude. Cependant il retomba en partie dans Terreur qu'avait commise Ruysch avec tous ses devanciers : de même que ceux-ci avaient pris les vasa vorticosa pour des artères, de même il considéra toules les arcades des procès ciliaires comme artérielles. « Pam- » nues, dit-il, au sommet des procès ciliaires, les ciliaires postérieures » courtes fournissent à chacun de ces plis souvent plus de vingt divisions » qui, d'abord parallèles, finissent par s'intléchir, deviennent flexueuses, > puis s'entrecroisent, s'anastomosent et donnent naissance auplusadmi-

(1) Ruyscli, Opéra ommVi, 17:21, t. 1, epist. xin, p. 12 et 1î.

i'i) « Verum cerlissimum est venas esse, quas anatomici pro arleriis habucrunt, et » quîc minquam ad ciliaros trimcuios, sed ail venam utique ophthalmicam deduci pos- » sunt. » (Hallcr, Iconum aiiatomicarum fasc. VIII, p. 47.)

STRUCTURE [>E (.A CH0BOir»F,.

. > rable réseau. » Une Irès-bclle planrhe, rrproduitp par Ions ses siiccpsscurs, a été consicr<'-.; à ce réseau ; |iaiir lui donner le rarhet d'exailitiiile qui lui mnmiue, il sullirait <ln subsliUicr le mol reiiiex nu mot artères.

L'erreur de Zinn eut un long relentissmieiil. Chaque observateur après lui tint le même langage; et son opinion est encore celle de la plupart des analomistes modernes, l'armi ces donhers, je citerai Srcmmcrring, Arnold, et Huschke. Presqne tous les auteurs Jusqu'à pri-seiil se sont donc trouvés d'accord pour considérer les procès ciliaires comme autant de petits plexus artériels. Cependant je ne, crains pas d'affirmer <le nouveau que rcs oi^'anes sont au contraire essentiellement composi^s de veines disposées en anses et anastomosées entre elles.

C'est dans la partie antérieure et supérieure du plexus constitué par ces arrades que viennent s'ouvrir pour la plupart les veines très-nombreuses et assei volumineuses de l'iris; c'est au sang déversé par ces dernières dans

1,1. Veine fout-jacpnle A U couclio rlioriiM^apillaire. — 3. 3. Veine plus petite, lituén ■nui en ilobori iIp culte coiiclie. — 3, 3. Deux aulrPH vi'inra liluécs sur le mAmc plan que let précéilcnlps, et paralli-lc» ù ci'llr.ci, — t. Veiiic cnnaliliiKO à tun origine piir îles capillaire! couve rttentii et nnantniiio^iis iiiii font pnrtio de lii eniiclie ehoria-capillaire. et qui repréien lent par Uur ensemble une lorto û'éloilit. — Ti. l'artie centrale de l'éloilc. ou origine de la veine. — It, tl. Antm capillaires cinvergeant aussi iwur concourir à la Itonnalion d'une secnndc éloilp ilont le centre était au deU du champ du microKOpe. — 7, 7, 7. Réseau que ronuciit par Icun anastoiniwes les capillairoi de 1^ membrane

leur cavité qu'elles sont redevables de leur calibre si considérable. Prises dans leur ensemble, les veines des procès ciliaires représenlent une sorte de petit réservoir sanguin, qui s'eniplil, se renfle et comprime le cristallin lorsque le muscle ciliaire se contracte, qui se vide, revient sur lui-mônie et cesse de comprimer la lentille lorsque le muscle se relâche.

§ G. — Iris.

Viris, semblable à ces diaphragmes que les opticiens placent au devant de leurs lentilles, est un écran membraneux, circulaire et contractile, perforé à son centre pour livrer passage aux rayons lumineux, et transversalement situé dans l'humeur aqueuse, entre la cornée qu'il sous-tend, et le cristallin dunt il voile la partie périphérique.

L'ouverture que présente cet écran a reçu le nom Ae pupille ou de prunelle. Elle n'occupe pas exactement sa partie centrale, mais se rapproche un peu de son côté interne. Elle est circulaire aussi, et remarquable surtout par la liiculté qu'elle possède de se resserrer et de se dilater tour à tour. — Elle se resserre lorsque nous regardons un objet vivement éclairé ou trèsrapproché, sous l'influence de rélectricité, après l'ingestion de certains médicaments, la strychnine, par exemple, à la suite de.certaines inflammations, telles que l'encéphalite, la méningite, et la plupart de celles qui affectent le globe de l'œil ou ses dépendances, etc. — Elle se dilate au contraire lorsque nous passons d'un milieu éclairé dans un milieu obscur, lorsque notre vue se porte d'un objet très-rapproché sur un objet éloigné, lorsque les deuxième et troisième paires de nerfs sont paralysées, et sous l'influence de toutes les causes qui tendent à débiliter le système nerveux ; elle se dilate aussi et d'une manière beaucoup plus prononcé encore sous l'influence de la belladone.

Les dimensions de la pupille sont donc extrêmement variables. Dans son état de moyenne dilatation, le diamètre de cet orifice est de 3 à 4 millimètres, et celui de l'iris de 43. Par conséquent, le premier ne représente pas tout à fait le tiers de l'étendue du second; la pupille, en d'autres termes, est un peu moins large que l'anneau membraneux qui la circonscrit. Mais les dimensions relatives de cet anneau et de l'ouverture pupillaire varient beaucoup suivant le degré de constriclion ou de dilatation de celle-ci, et elles varient toujours en raison inverse, l'anneau augmentant de largeur lorsque la pupille se resserre, et diminuant au contraire lorsqu'elle se dilate.

L'iris présente une épaisseur uniforme, à peu près 'égale à celle de la partie moyenne de la choroïde; il est notablement plus mince que la partie antérieure de celle-ci.

Cette membrane circulaire, verticalement et transversalement dirigée,

mis. 779

nous oiïre à considérer nw jtrandc et une petite circonférence; deux faces, l'iinf antérieure, l'autre |i03lériciire , cl les divorscs parties qui ronlrihuerit à la former.

A. Conformation extérieur!' de l'iris.

L.1 ^(viRi/e orcon/Vrenre lie l'iris adhère nu muscle ciliaire; ce muscle lui est uni surtout par les vaisseaux qui s'étendent de l'une à l'autre membrane. Elle adhère aussi h la paroi postérieure du canal de Schlemm, soit par l'interniédi.iire du lij^anienl pectine, soil parles veinules qui vont s'ouvrir dans sa cavité. Cette union, cependant, n'est pas très-intime; lorsqu'on saisit, d'une part la {|;rande circonférence de l'iris, de l'autre le muscle

'^Mivif^tlijijrAi!^

UAliia

- 1. 1. Procéa ciliaima, imcL-.l. Un procts eiti.

-7. T.ltwd r.!«lnmii' I.U n

P.'lil 11

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