CAISSE DO TYMPAN
2* Que les deux premières parois sonl les plus longues, et que cette membrane elle-même présente plits d'étendue et devient ainsi plusapleà transmettre les sons qu'elle reçoit. L'observation a démontré en eiïel que, toutes choses égales d'ailleurs, la perfertion du sens <le l'ouie dans les oiseaux et les maminiréres est en raison directe de l'étendue et de l'obliquité de la membrane du tympan.
Quelle Qst la figure de celte membrane? Selon la plupart des auteurs, elle est circulaire. Selon Vieussens, Valsalva et quelques autres anatomisles, elle serait ovalaire. Pour m'assurer de la vérité à cet égard , j'ai mesuré, avec les branches d'un compas, ses divers diamètres , soit sur des préparations fraîches soit sur les pièces déposées au musée de la Faculté , soit aussi sur les mofiles en cire du conduit audîtir que je possédais , moules sur lesquels la circonférence de la membrane était nettement dessinée. Le
FlG. TU. — ilembiane du tijinium une itaiu *tt rapporU ai'« fenclume et le marltau; cellule» matloiiliennei.
i . Membrane ilii Ijuijiaii vue par m (ice externe ou coiitave. — 1. l'artie centrale de celle membrnnc iliinnanl alWclie nu manche du marteau, i|u'on aperçoit par Iraniparence. — 3. Tflle du marteaxi. — 4. Apophyse externe de cel ossclcl soulevant la partie correspondante de la membrane ilu tympan. — !i. Ligament Nipérieur du nième oiselel liant lëï Fibres viennent ^e ciinromlrc avec la rapsulo fllircuie qui Tniiil i l'ertcluniG. — 6. Enclume, dnnt le corps et ta courte branelie si-ntemcnt sont vîsiblF's. la lonpue branche ditparaitsant derrière ta niemhrann du l<impan. — 7. Ligament qui unit la courte branche de l'cneluiiie à ta paroi poslvricurc du canal pclro-masloïdirn. ~ H. Celtiiles mastoïdiennes commun ii|uant avec la eaisiic du tjiiipan par ce canal, dont la puroi externe a été enlevée afin de taiiser voir h partie aupérirure de l'enclume et la léte du marteau situées dans
diamètre le plus long est celui qui s*étend de la partie supérieure à la partie inférieure de la membrane: il varie de 10 à il millimètres; le diamètre antéro-postérieur est de 10 millimètres. La différence des deux diamètres serait donc d un demi-millimètre environ , c'est-à-dire d'un vingtième seulement, différence si minime qu'elle n*est pas perceptible à la vue. Par conséquent , la membrane du tvmpan peut être considérée comme circulaire. (Fig, lU.)
a. La face externe de celte membrane est concave chez l'homme et les mammifères, convexe, au contraire, dans les oiseaux. Quelquefois sa concavité est limitée à sa partie centrale. — Sur celte face on aperçoit, par transparence, le manche du marteau qui descend de sa circonférence vers son cenlre, à la manière d'un rayon. Supérieurement, elle offre en outre une légère saillie qui correspond à l'apophyse externe du même osselet.— C'est au niveau de celle saillie que Rivinus avait cru voir un orifice établissant une communication entre la cavité de la caisse et le conduit auditif externe. Valsalva, qui a décrit toutes les parties du sens de l'ouïe avec une grande précision, parle assez longuement de cette communication qu'il semble admettre, mais sur laquelle cepehdant il conserve quelques doutes. En examinant attentivement la disposition que présente dans ce point la men]brane du tympan, on comprend , en effet, qu'un observateur ait pu émettre un doute à cet égard ; aujourd'hui , cependant, l'iraperforalion de la membrane du tympan est un fait devenu incontestable.
b. La face interne ou convexe de cette membrane correspond par sa partie centrale, c'est-à-dire par le sommet de sa convexité, à une saillie osseuse connue sons le nom i\e promontoire, — L'intervalle qui la sépare de celle saillie est de i millimètres; il varie du reste selon l'âge, selon les individus et surtout selon l'état de tension ou de relâchement qu'elle présente. Chez l'oiifant, cet intervalle est plus grand par suite du peu de saillie que forme le promontoire. Chez l'adulte, où le limaçon est plus développé et plus saillant, il diminue un peu. Suivant que la membrane du tympan se relâche ou se tend, c'est-à-dire suivant que sa face interne devient plus ou moins convexe, il se réduit ou il augmente d'un millimètre.
c. La civconfércnco de la membrane du tympan est reçue dans un cadre osseux qui peut être délaché chez le fcptus et chez l'enfant nouveau-né, mais qui ne larde pas à se souder avec les parties correspondantes de la base du rocher. — Après sa soudure, cet anneau osseux n'est plus représenté (jue par une fine rainure analogue à colle qui reçoit le verre d'une monlre, mais interrompue dans sa partie supérieure, en sorte que, dans ce point, la membrane iu tympan semble se continuer directement avec la peau du conduit auditif externe.
Celle circonférence est formée par un anneau blanchâtre, d'une consistance fibro-carlilagineuse et d'une épaisseur triple de celle de la membrane
CAISSE DU TYMPAN. Ml
qu*il enloure. Ainsi que le cadre osseux dans lequel il eslrevu, cel anneau se trouve inlerronipu dans sa partie la plus élevée.
Slructure. — Bien que très-mince et transparente, la membrane du tympan se compose de trois couches qu'on peut facilement séparer: d'une couche externe ou épidermique, d'une couche interne formée par la muqueuse de la caisse, et d'une couche moyenne de nature fibreuse.
La couche externe est une dépendance de l'épiderme qui revêt la peau du conduit auditif externe. Sous rinfluence de la macération ou d^une putréfaction commençante, il se laisse détacher avec tout l'épiderme du conduit, qui se présente alors sous la forme d'un doigt de gant.
La couche interne est très-facile aussi à séparer de la couche moyenne ; il suffit de la saisir avec les mors d'une pince sur un point do sa circonférence et de la soulever avec un peu de ménagement, pour la décoller dans la plus grande partie de son étendue. En procédant à ce décollement, on voit: io que cette couche se continue avec la membrane qui tapisse la caisse du tympan ; :2*' qu'elle recouvre la corde du tympan, placée entre la couche interne et la couche moyenne , c'est-à-dire dans l'épaisseur même de la membrane du tympan; 3" qu'elle recouvre également le manche du marteau, situé dans l'épaisseur de la couche moyenne ; 4** qu'après avoir entouré la tôle du marteau, elle se prolonge sur Tenclume et sur tonte la chaîne des osselets.
La couche moyenne ou fibranne est la plus importante. Elle est transparente et d'une grande résistance. L'anneau fibreux qui forme la circonférence de la membrane du tympan en est une dépendance. Cette couche présente deux attaches : elle se ^\\q par sa périphérie au cadre osseux qui la circonscrit, et par la moitié supérieure de son diamètre vertical aux deux bords el au sommet du manche du marteau, qui lui adhère de la manière la plus intime et qui se trouve placé ainsi dans les meilleures conditions pour tendre la membnyie du tympan sans occasionner le décollement de ses divers ieuillets. — Considérées dans leur direction, les libres qui forment cette couche se partagent en deux groupes : les unes sont rayonnantes et très-évidentes au voisinage du manche du marteau : les autres sont circulaires et se voient surtout vers la circonférence. — La couche movenne est indépendante du derme. Parvenu aux dernières limites du conduit, celui-L'i se transforme en périoste, sur lequel l'épiderme se prolonge.
Les artères de la membrane du tympan émanent de plusieurs sources. La plus importante est un ramuscule qui, né de l'artère stylo-mastoïdienne, accompagne la corde du tympan jusqu'au manche du marteau, au niveau duquel il se divise en deux ramuscules plus petits. Ceux-ci descendent, l'un en arrière, l'autre en avant, jus(|u'à son extrémité, en se partageant en un pinceau de ramilicalions à direction rayonnante. — D'antres ramuscules, plus grêles, partent du rameau tympanique de la maxillaire interne
848 SENS DE LOUIE.
el se distribuent à la couche muqueus sur laquelle ils s'anastomosent avec ceux de la couche moyenne. — s injections fines démontrent, sur ces deux couches, un plexus veineux à mailles serrées.
Les nerfs de la membrane du tympan proviennent du rameau auriculaire du pneumogastrique, et peut-être aussi du rameau de Jacobson, qui abandonne plusieurs ramuscules à la muqueuse de la caisse, et dont quelques divisions ténues pourraient , par conséquent , s'étendre jusqu'à la paroi externe de cette cavité.
La membrane du tympan n'est pas seulemenf destinée à transmettre à l'air de la caisse et aux osselets de cette cavité les vibrations qu'elle reçoil; elle a aussi pour usage de protéger les parties profondes du sens de l'oule.
B. — Paroi ioieme de la cal se du tympan.
La paroi interne de la caisse du tympan est extrêmement inégale. — A son centre, on observe une saillie arrondie qui correspond au limaçon et qui forme le promontoire; — au-dessus de celui-ci, un orifice allongé qui conduitdans le vestibule et qui a veçnXe nom de fenêtre oi aie ; — au-dessous, un autre orifice arrondi et moins apparent, qui conduit dans le limaçon et qui constitue la fenêtre ronde; — en arrière et en dehors, une saillie tubulée, livrant passage au muscle de Tétrier: c'est \si pyramide; — en face de la pyramide, une seconde saillie tubulée que remplit le muscle interne du marteau. (Fig. 745.)
Le promontoire constitue à lui seul la moitié environ de la paroi interne de la caisse du tympan. — Sa forme est celle d'un cône irrégulier dont la base , confondue îivec les parties correspondantes du rocher, se dirige en avant, tandis que son sommet, plus ou moins arrondi, se porte à la rencontre de la pyramide qui lui est unie ordinairement par un filet osseux. Les dimensions de celte saillie varient de 4 à 6 millimètres. (Fig. 745.)
Sur le bord inférieur du promontoire, on observe un sillon qui reçoit le nerf de Jacobson , branche du glosso-pharyngien , et qui , au niveau de sa partie centrale, se partage en plusieurs sillons de second ordre, destinés à loger chacun une division de ce nerf.
La fenêtre ovale ou vestibulaire est située immédiatement au-dessus du sommet du promontoire , au-dessous d'une saillie curviligne produite par le relief de l'aqueduc de Fallope, entre la pyramide, qui répond à son extrémité postérieure, et le conduit du muscle interne du marteau, qui la limite en avant. Groupées sur le pourtour de l'orifice, ces saillies circonscrivent une fossette au fond de laquelle on aperçoit la cavité du vestibule.
Le grand axe de la fenêtre ovale se porte horizontalement d'arrière en avant et de dehors en dedans. Il varie de ^ à 3 millimètres. Le petit , verticalement dirigé, est d'un millimètre et demi. (Fig. 745.)
CAISSE DU TVMPAN. 849
Son bord supérieur décrit une rourbe elliptique dont la l^oncavité regarde en bas. L'inférieur parait droit; quelquefois, cependant, on remarijuG qu'il se relève un peu vers sa partie moyenne. — Son extrémité antérieure est en général un peu plus évasée que la postérieure.
Le bord intorienr de la l'enélro ovale suivant une direction rectiligne, ou voit qu'elle n'est pas ovalaire, mais semi-ovalaire.
Cet orifice est occupé parla base de l'étrier qui se moule exactemeat sur son contour,et qui intercepte ainsi toute communication entre la cavité du vestibule et la cavité du tympan. La muqueuse de l'oreille moyenne cornpléle l'occluiiion de la fenêtre ovali! eu passant de la circonférence de celle-ci sur la base do l'étrier cl sur toute la chaîne des osselets.
La fenêtre ronde ou cochléeiine se voit au-dessous et en arrière du pru. uiuntoire, dans l'épaisseur duquel elle se trouve creusée. Elle est précédée
— Canal ptlro-moMloidien;
1. Promonloirc. — a. Pyramidi-. — 3. Pilel oiieuï qui unil le lommcl Je la pjrramide au jH-bmonloirr. — i. Foiseltc dant le fond de laquelle on entrevoit la trnètre ronde. — S. Fcnflrn orale. ~ It. IMrtiori usieuu île la trompe <rKuatachc. — 7. t^tile lurfaee i laquelle s'atlacliR la [wrlion eartilagineuM île celle trompe. — 8. Canal du mutcle interne du iiiarl<'au, duiil la paroi exlerne a été enlevée, et contlitunnl cl.in* eel élat de mutilation In bec de cuiller. — 9. AquiNluc de Fnllopu dont U paroi cUcrno a été aussi enlevée. — tO. Goultiirc rie récq)tion du grand nerf (lélreui, répondant par son originu au cniirte que fiirmi-nt Im deux pn'iiiiér«s pnrUoiu de laqui-iluc de Fallupe. — II. Cellules niailuidi<<nnpï. — 1J. r.aiial pi^tro-nusluidien. — 13. Orifice par leiguel la corde du lym[iaii sort de son canal osseux.
V Êorr. m. — 54
850 SENS DE LOUIE.
aussi d'une fossette. — Cette fenêtre est circulaire. Son diamètre est d'un millimètre et demi. Dans Fétat sec, elle établit une communication entre la rampe tympanique du limaçon et la caisse du tympan. — Dans Tétat frais, elle est fermée par une membrane plane et transparente qjii se compose aussi de trois couches: d'une couche moyenne fibreuse, d'une couche interne représentée par le périoste de la rampe tympanique, et d'une couche externe formée par la muqueuse de Toreille moyenne. Ainsi constituée, cette cloison offre beaucoup d'analogie avec la membrane du tympan : d'où le nom de tympan secondaire qui lui a été donné par Scarpa.
La pyramide est une saillie tubulée dont le sommet , dirigé en avant et un peu en haut, répond à l'extrémité postérieure ,de la fenêtre ovale. Un filet osseux très-grêle l'unit ordinairement au promontoire , dont elle se trouve séparée par un intervalle de 2 millimètres environ. Le volume de cette saillie est toujours extrêmement minime : sur cinq temporaux que j'ai en ce moment sous les yeux, je trouve que sa plus grande longueur, mesurée à l'aide d'un compas, dépasse à peine un millimètre. Sa forme est rarement conique ou pyramidale ; elle représente plutôt un petit tube ouvert à son extrémité, libre en dehors et en bas, continu en haut au relief que forme dans ce point l'aqueduc de Fallope. — En ouvrant ce tube et en le poursuivant dans toute son étendue, on remarque :
i ° Qu'il se porte obliquement en bas et en arrière, parallèlement à l'aqueduc de Fallope, dont il n'est séparé que par une mince cloison ;
'2° Que, très-étroit au sommet de la pyramide , il se renfle un peu plus bas, au point d'acquérir un diamètre quatre ou cinq fois plus grand ; qu'il s'efiile ensuite graduellement pour se prolonger, ainsi que l'a démontré lliiguier, jusqu'à la face inférieure du rocher, sur laquelle il se termine par un pertuis immédiatement au devant du trou stylo-mastoïdien; et que dans ce trajet il communique deux fois avec l'aqueduc de Fallope.
Pour montrer l'utilité de ces détails, signalés par Vieussens, j'ajouterai ici par anticipation que le conduit delà pyramide loge un petit muscle destiné à mouvoir la chaîne des osselets, le muscle de Vétrier, et que les orifices ou canalicules par lesquels il communique avec l'aqueduc de Fallope livrent passage, l'un au nerf moteur de ce muscle, l'autre à un rameau artériel qui vient également se perdre dans son épaisseur.
Au-dessous de la pyramide, dans l'intervalle qui sépare cette saillie du promontoire, on observe une très-petite fossette, la fossette som-pyra* midalc, dont la forme est irrégulièrement hémisphérique.
Le conduit qui renferme le muscle interne du marteau commence dans l'angle rentrant du temporal. Il se dirige un peu obliquement en arrière, en dehors et en haut, vers l'extrémité antérieure de la fenêtre ovale , puis se coude pour se porter transversalement de dedans en dehors. On peut lui distinguer par conséquent deux portions : l'une, longue ou direpte, qui