PLACE DE L ECOLE-OE-MEDECINC
AMTOMIE DESCRIPTIVE
NÉVKOLOGIE
COiNSlDÉKATlONS GÉiNÉRALES SUll 1/APPARElL
DE L'INNEUVATION
Tout être doué de la faculté de sentir et de se mouvoir se compose de deux ordres d'organes, les uns qui président à sa nutrition, les autres qui établissent ses rapports avec le monde extérieur. — Absorber des éléments réparateurs, les modifier, les disséminer dans toutes les parties du corps,puis les assimiler à ces parties, et les reprendre plus tard pour les renouveler sans cesse, tel est le rôle confié aux premiers; — recueillir les impressions du dehors par mille canaux divers, percevoir ces impressions et jéiigir ensuite par d'autres canaux sur l'appareil locomoteur, tel est l'attribut essentiel des seconds.
Les organes consacrés à la vie intérieure ou nutritive se succèdent comme les rouages d'une montre, de telle sorte que lorsque le premier anneau de cette chaîne entre en mouvement, celui-ci se communique de proche en proche à tous les autres.
Les. organes préposés à la vie extérieure ou animale rayonnent autour d'un centre qui les domine à la fois et par la position plus élevée qu'il occupe, et par l'importance de ses fonctions. Ce centre vers lequel converge tout sentiment, d'où part tout mouvement, d'où naissent toutes les impulsions de l'instinct, tous les actes de la volonté, tous les phénomènes de l'intelligence, ce centre, qui envoie des rameaux à tous les organes et qui établit ainsi entre toutes les fonctions la plus parfaite harmonie, constitue Vappareil de Vinnenationj appelé aussi syslùme nerveux.
Grouper dans un ordre méthodique l'ensemble des faits qui se rattachent à l'étude de ce grand appareil, tel est le but que se propose la névrologie.
Ramené à son expression la plus simple, l'appareil de l'innerwition se présente à nous sous la forme d'un axe médian duquel naissent des irradiations destinées à le mettre en communication avec nos divers organes. Il comprend donc dans sa constitution deux parties bien différentes : 3« ÉDiT. m - i
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2 NÉVROLOGIE.
i^ Une partie centrale, impaire et symétrique, ([ui se prolonjçe de la cavité du crâne dans la cavité du rachis : c'est Vaxe cérébro-spinal ou encéphalo-médullairey qu'on désigne aussi sous les noms de centre nerveux et de système nerveux central;
2" Une partie ramifiée et symétrique aussi, afTcctant la forme de cordons. Ces cordons sont les nerfs proprement dits; envisîigés dans leur ensemble, ils forment le système nerveux périphérique.
La partie centrale, grêle et cylindrique dans tout le trajet qu'elle parcourt à l'intérieur du rachis, se termine, à son extrémité supérieure ou céphalique, par un large renflement qui en a été considéré, avec raison, comme un épanouissement, comme une sorte d'efflorescence. Elle préside à la sensibilité et au mouvement, à l'intelligence et à la volonté ; elle tient en outre sous son influence les principaux phénomènes de la circulation, de la calorification et de la nutrition.
La partie périphérique, irradiée par ses innombrables divisions dans tous les points de l'économie, relie chacun de ceux-ci au centre commun. Elle joue le rôle de simple conducteur : conducteur du sentiment pour les cordons nerveux qui convergnent de la périphérie au centre, conducteur du mouvement pour ceux qui se portent du centre à la périfdiérie.
L'appareil de l'innervation est donc remarquable par la disposition rayonnée qu'il afl'ecte, et par l'étroite subordination de ses parties ramifiées ou périphériques à un centre commun.
Cette disposition générale se modifie, du reste, très-notablement suivant qu'on descend ou remonte la série animale. — En la descendant, on voit la partie centrale diminuer peu à peu de volume, puis disparaître dans les invertébrés, dont le système nerveux se com|)Ose d'un nombre variable de petits déparlements jouant chacun le rôle de centre, et reliés entre eux par les communications qu'ils échangent. — Plus on s'élève, au contraire, et plus aussi l'appareil de l'innervation tend à se centraliser, plus l'axe cérébro-spinal acquiert d'importance, plus son extrémité céphalique devient prédominante. En môme temps que celle-ci augmente de volume, sa surface se soulève, se contourne, se couvre de plis et replis de plus en plus nombreux et de plus en plus saillants.
Ces replis ou circonvolulionSy dont on ne trouve aucun vestige sur l'encéphale des reptiles et les oiseaux, se montrent dans la plupart des mammifères. Ils apparaissent chez les rongeurs, puis se développent de plus en plus en passant de ces animaux aux ruminants et aux carnassiers, de ceux-ci aux quadrumanes, et de ces derniers à l'homme, qui par le nombre et la hauteur de ses circonvolutions, c'est-à-dire par la vaste étendue de sa masse nerveuse centrale, plus encore que par le poids et le volume de celle-ci, se place à une grande hauteur au-dessus des animaux les plus rapprochés de lui par leur système nerveux.
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. S
Volumo (le plus en plus prépondérant, surface graduellement croissante de la masse nerveuse centrale : tels sont donc les attributs que revêt l*appareil de Tinnervation en parcourant la série de ses perfectionnements dans réchelle animale. L'observation nous montre que ces deux éléments de la perfectibilité nerveuse, le volume et la surface, s'associent dans des proportions correspondantes, et que les lois réglant cette association président à la répartition de rintelligence dans les divers animaux : c'est sur la réunion de ces deux éléments, portés chez lui à leur ))lus haut degré de développement, que repose la supériorité intellectuelle de Thounne sur tous les êtres qui Tentourent.
Considéré dans ses connexions avec les principaux organes de l'économie, Tappareil de rinner\ation a été divisé par Bichat en deux parties : le système nerveux de la vie animale, et le système nerveux de la vie organique. — Le premier comprend Taxe cérébro-spinal et tous les nerfs qui se rendent aux organes de la vie de relation. — Le second est composé de deux longues séries de ganglions, échelonnés sur les côtés de la colonne vertébrale, reliés entre eux par des cordons longitudiaux, et formant le. point de départ des filets nerveux qui se rendent aux viscères de la digestion, de la respiration, de la sécrétion urinaire et de la génération.
Mais Tobservation a démontré que les nerfs ramifiés dans les organes de la vie végétative tirent aussi leur origine du centre nerveux. Les deux systèmes nerveux ne sont donc pas indépendants, et la distinction établie par Bichat n'est plus accej^table.
Cependant, on ne saurait contester que les nerfs destinés aux viscères du tronc présentent une dis|)osition (jui leur est propre. S'il n'y a pas lieu de scinder l'appareil de l'innervation en deux portions complètement distinctes, on peut du moins partager les cordons nerveux en deux ordres : ceux qui se rendent aux organes de la vie extérieure, et ceux qui se terminent dans les organes de la vie nutritive : les premiers, caractérisés par la simplicité de leur distribution; les seconds, remarquables, au contraire, par les intrications compli(|uées qu'ils présentent et par la multiplicité des ganglions échelonnés sur leur trajet.
Envisagé dans la série des vertébrés et plus particulièrement chez l'homme, l'appareil de l'innervation nous offre donc à considérer :
i'*Le système nerveux central que nous étudierons d*abord dans son ensemble, puis dans chacune des parties qui le composent;
2*" Les nerfs de la vie animale, qui forment la plus grande partie du système nerveux périphérique, et dont la description sera précédée aussi de considérations générales ;
^'' Les nerfs de la vie nutritive, collectivement désignés sous le nom de norf grand sympalhiqvSf et appelés aussi nerf trisplunchnique, système nerveux ganglionnaire.
NÉVROLOGIE.