OREILLE INTERNE OU LABYRINTHE
L'oreille interne, située dans l'épaisseur du rocher, en dedans et un peu en arrière de la caisse du tympan, se compose :
1" De parties dures et enveloppantes, jouant le rôle d'organes protecteurs ;
2** De parties molles et membraneuses, dans lesquelles viennent s*épa* nouir les dernières divisions du nerf acoustique.
Les premières constituent le labyrinthe osseux, et les secondes le labyrinthe membraneux. (Fig. 751 .)
§ 1. — Lvbyrin'the osseux.
Considéré extérieurement, le labyrinthe osseux se confond avec le tissu compacte du rocher dont il forme la partie la plus dure et la plus fragile.
Considéré dans sa conformation intérieure, il comprend trois compartiments principaux disposés sur un plan parallèle à la caisse du tympan : le vestibule qui répond à la partie moyenne de cette caisse, les canaux demi-circulaires situés à sa partie postérieure, et le limaçon situé à sa partie antérieure.
A ces trois parties principales on peut rattacher le conduit auditif interne qui les précède et qui leur transmet les divisions du nerf auditif.
A. — Vcstlbnle osseux.
Le vestibule osseux rev^t la forme d'une cavité irrégulièrement ovoïde creusée au centre du rocher. Cette cavité est située : d'une part entre la caisse du tympan et le conduit auditif interne qu'elle sépare, de l'autre 3« ÉDrr. m — 55
entre les canaux demi-circulaires et le limaçon qui viennent s'ouvrir sur ses parois età l'égard desquels elle joue ainsi le râle d'une sorte de carrefour. Son (iiamêtrft transversal varie de 3 ou 4 millimëtres; le vertical s'élève il 4 on 5, el l'a n te ro-posié rieur à 5 ou 6.
Le vestibule se moule en partie sur les vésicules membraneuses qu'il renferme: de là des impressions et des reliefs graves sur ses parois.
Il communique laidement avec tes trois canaux demi-circulaires en arrière et avec te limaçon en avant : de là un premier groupe d'orifices ouverts dans su cavité.
Il livre passage à des nerfs et à des vaisseaux qui viennent se perdre
7r.l. — Labyrinthe oueux et membraneux.
A. — Labyrinthe ottfuj; tUtmtion rrlalive de» canaux dtmi-eireulairfn et du (jtuflfofl. — I.CioiiJuit midilir interne — â. ùinal dcnii-circulairo supi-rieur. — 3. fali»! demi-circulaire piwl£rjeur.-—i. Canal dcmi-rirculiiiru externe. — 5. Uiiiii;na. — G. Aquciluc et hiatus de t'allupc — 7. C.autliire qui reçoit le grand nerf pélrcu:{ supcrliciH. — «. l'artie supt-rirum ilr U caisis du Ijinjwn dans laqui'Ile on aperi:oit renclumc el ta l^ du liinrtcan.
B. — Laburinlhe oisaix et comtuil auditif interne, -ouvertu par leur jiartie tupérieure. — I. r.on.iiiit auditif inlerni;. — i. Canal deini-cimilaîra suji^ri'-iir. — 3. CaruI denii-cîrcu taire postérieur. dont la ninitië initiale esl ici seulo visible. — *. C*iial demicirculaire exterai;. — 5. Limaçon. — 6. Aqueduc de Faltupe. — 7. Gouttière du nerf pé-
ilans SOS vésicules nieinbraiieiises : de là des perluis nerveux et vasculaires qui ont chacun leur siéfjfe délerminc!».
Afin d'assip:ncr à chacun de ces délails sa place respective, je considérerai à la cavité vestib.ilaire deux parois el une circonférence.
a. Paroi interne du vestibule.
Cette paroi, l'ormée par la partie profonde du conduit auditif interne, remanie en dehors et un peu en arrière. Elle se moule très-exactement sur les deux vésicules membraneuses du vestibule et présente : 1° une crête demi-circulaire qui est reçue dans l'intervalle de ces vésicules ; 2" une fossette hémisphérique qui reçoit la vésicule inférieure ou le sacaile ; 3" une fossette semi-ovoïde qui reçoit la vésicule supérieure ou Vutricule; 4" une ' petite j(oullière ou fosnette sulciforme de Mor^'agni. (Fig. 752.)
La crête du vestibule naît de la paroi inférieure de cette cavité sur le pourtour de l'orifice vestibulairedu limaçon. Elle se porte d*abord presque verticalement en haut, puis en haut et en avant, puis directement en avant el un peu au-dessus de la fenêtre ovale. — Au niveau de sa terminaison elle s'élargit pour prendre Taspect d'une petite saillie à base triangulaire connue sous le nom de pyramide, — Il existe dans le même point une tache blanche qui s'étend de la pyramide jusqu*9u voisinage de l'orifice ampullaire des canaux demi-circulaires supérieur et externe. En examinant à la loupe cette tache blanche, macula major de Morgagni, on rcmanpie qu'elle est criblée de très-pelils p;»rtuis, d'où le nom de tcu^lie criblée antérieurcy moi^la crihrosa anteriory que lui a donné Scarpa.
La partie de la lâche criblée antérieure qui repose sur la pyramide livre passage aux filets du nerf ulriculaire. — Celle qui se* trouve audessus de la pyramide donne passage aux divisions du nerf ampullaire supérieur, et à celles du nerf ampullaire externe. (Fig. 752.)
La fossette hémisphérique est située à la partie inférieure de la paroi interne, innnédiatement au-dessus de Torifice vestibulairedu limaçon. Son bord inférieur, presque droit, répond à cet orifice. Son bord supérieur, un peu plus que demi-circulaire, est formé par la crête du vestibule qui la sépare de la fossette semi-ovoïde, et en arrière de la fossette sulciforme.
trcux. — 8. (bissi; du tympan. — 9. Conduit du nuisclc interne du marteau. -^ 10. Portion osseuse de la trompe d'Eustaclie. — 11. Vestibule.
C. — Canauv ileini'CircHlaire^ onaeux et memhranmx. — I. Canal demi-circulaire membraneux supérieur. — i. Canal membraneux postérieur. — 3. Portion conunune aux deux canaux qui précèdent. - i. Canal membraneux externe.
D. — Vestibule et caïuw.r demi-circulaires membraneux. — 1. Extrémité non ampullaire du ranal membraneux supérieur. — t. Extrémité non ampullaire du canal membraneux |>ostéri»'ur. — 'A. Portion conunune à ces deux canaux. — i. Extrémité non ampullaire du canal externe. — 5. Ampoule du canal supérieur. — 6. Ampoule du canal exttrne. — 7. Ampoule du canal postérieur. — 8. Ulriculc. — 9. Saccule.
ma
La partie centrale et inrérieure de la fossette bémlsphërique présente une tache blanche d'aspect poreux et rugueux, qui constitue la tache criblée moyentie, macula minor de Morgagni, macula cribroiafoceœ hemUphteriea (le Scarpa. Les porosités ou [lertuis microscopiques de cette tache sont Inversés par les divisions du nerf sacculaire.
La fossette semi-ovoide se voit au-dessus de la précédente, au point de jonction de ta paroi interne avec la paroi supérieure du vestibule. Son grand axe se dirige d'avant en arrière. Son bord inférieur, plus accusé que le supérieur, est formé par la crête vestibulaire qui la sépare de la fossette hémisphérique. Sa surface est unie dans ses trois quarts postérieurs, cl ni*
Fig. 15i. — I. Canal duini -circula ire supi-ricur. — 3. Son cxlrémili; anlérieuro ini ampulluire. — 3. Ciinal dumt-circuliiirc pasUSrieur. — i. Son vxlrùmilû ampullaîrc sur bquellc on rt'iiuirquc la tache criblrc posU^ricure. — 5. Portion coiiunuiie aux deux canaux pnjcédnnls, — 6. Fossette sulciforme. — 7. Fossette hcmisijhérique clonl la moitié inférieiiie est recouverte par la tache cribléo moyenne. —8. Fossello semi-ovoïde, recouverte en parlie par la loche criblée antérieure. -^ 9. Origine de la crâte du vrslibule, — 10. S.1 partie tcmiiiiak', recouverte jiar la lâche criblée antérieure. — II; Origine de la lame spirale et Jp« deux rampes du limaçon, mises à nu par la section du sonmicl du promontoire.
Fi);. T.'>3. — I. Canal demi-circulaire supôrlcur. — i. Son cxlrémilû .inipullairi!, — 3. Canal demi-circulaire postérieur. — -1. Son exirémité ampullaire et la lâche crililm poslérieurt'. — j. I>urlinii rommuno des canaux supérieur et piisléricur. — fî. Fosteitf sulcifoi'me. — 7, FoMelte hémisphérique et lâche criblée moïonne. — 8. Fossette senLiiivuiJo et tache criblée Antérieure. —tl. Origine de la crSle <lu vestibule. — 10. fenie teniiiuiik' ou prramidale de retle créle. — 11. Origioe de la lame «pirale cl des ileux rampes du limofon. — li. Miirleau. — 13. Slerobrane ' du Ijlmpan. — U. Coupe ài- h pui-tioii osseuse du conduit audilir externe.
^ouse au contraire en avant, où elle correspond à cette partie de la tache rriblée antérieure qui donne passage aux nerfs ampullaire supérieur et ampullaire externe.
La fossette sulciforme occupe la partie la plus reculée delà paroi interne du vestibule. Elle se présente sous Taspect d'une gouttière semblable à celle qu'on obtiendrait en coupant un petit tube en bec de flûte. On la voit naître supérieurement entre la fossette semi-ovale et Fembouchure commune des canaux demi-circulaires supérieur et postérieur; di là elle se dirige en bas et un peu en avant pour venir se terminer entre la fossette hémisphérique et Torifice inférieur ou ampullaire du canal demi-circu* laire postérieur. — Sur son sommet on remarque un orifice : l'embouchure de Vaqueduc du vestibule.
Cet aqueduc est un conduit osseux qui s'étend de la paroi interne du vestibule vers la face postérieure du rocher, sur laquelle il s'ouvre sous la forme d'une fente, en arrière d'une lame osseuse inégalement découpée. Son trajet décrit une courbure dont la concavité regarde en bas. Sa cavité est occupée par une dépendance de la dure-mère, par une artériole et par un ramuscule veineux ; il n'établit, par conséquent, aucune communication entre la cavité du vestibule et la cavité de l'arachnoïde, ainsi que le croyait Cotugno, qui avait fondé sur cette donnée toute une théorie de l'audition.
En arrière et au-dessous de la fossette sulciforme, au niveau de l'orifice ampullaire du canal demi-ci'rculaire postérieur, existe uue troisième tache blanche : c'est la tache criblée postérieure, macula minima de Morgagni, à travers laquelle se tamise le nerf ampullaire inférieur.
Historique des trois fossettes. — Ces fossettes n'ont pas été décrites de la môme manière par tous les auteurs. Un coup d'œil rétrospectif sur leur découverte et sur les recherches dont elles ont été l'objet nous expliquera la cause de ce dissentiment.
La fossette hémisphérique et la crête qui l'entoure ont été mentionnées en 171 1 par Vieussens, la première sous le nom de carrefour y et la seconde sous celui iVéminence osseuse de la conque (1).
En 1735, Cassebohm reconnut l'existence de deux fossettes superposées et très-distincles : l'une inférieure, orbiculaire; l'autre supérieure, elliptique. Mais il no fit que les signaler (2).
En 1740, Morgagni a décrit avec une parfaite exactitude la fossette orbiculaire sous le nom d* hémisphérique, et la fossette elliptique sous celui de semi-ovale (3). Il a signalé, en outre, la fossette sulciforme, les pertuis qui livrent passage aux différentes divisions de la branche vestibulaire du nerf
(1) Vioussrns, Traité nouveau de la structure de VoreiUe, 1714, p. 68.
(2) Cassebohm, Tractatus quintus anat. de aure /ium., 1735, p. 3.
(3) Valsalva, Traetatus de aure hum., 4« édit., 1740, p. 384, 385 et 443, 444.
870 SENS DE L'OUIB. .
acoustique, et les taches blanches d'aspect rugueux qui correspondent à ces pertuis et qui sont le résultat de leur agglomération.
En 1701, Cotugno constate l'exactitude de la description deMorgagniet la complète en démontrant que Torifice situé au sommet de la fossette sulciforme constitue Tembouchure d'un canal osseux, qu'il appelle aqueduc du vestibule. Il compare la crcte vestibulaire à une épine qui s'élargit brusquement à sa base, et donne à cette base le nom de pyramide (1).
Vers la même époque, x\lbinusrit représenter quelques-unes des parties de Foreille, et particulièrement celles qui forment le labyrinthe. L'une de ses figures montre le labyrinthe de l'oreille gauche par ses parties antérieure et externe, c'est-à-dire par celle de ses faces qui correspond à la caisse du tympan (2). Dans cette figure, la paroi interne du vestibule est vue de profil ; il est, par conséquent, impossible de distinguer nettement les trois fossettes ; leur place seulement pouvait être indiquée. Toujours exact, cet illustre anatomiste se borne, en effet, à une simple indication, et pour leur étude renvoie le lecteur h Morgagni.
En 1794, Scarpa reproduit la figure d'Albinus en l'amplifiant, afin d(* mieux représenter les trois fossettes, mais sans plus de succès, puisque celles-ci ne sont pas visibles en se plaçant à ce point de vue (3).
En 1806, Sœmmering, adoptant aussi la figure d'Albinus,. suppose que le vestibule est vu par sa partie supérieure et se trouve conduit à plaô^r les fossettes hémisphérique et semi-ovoïde sur la paroi inférieure de celte cavité (4).
Il résulte de cet aperçu historique que les trois fossettes du vestibule n'ont été bien décritesjusqu'â présent que par Morgagni, et qu'elles n'ont été bien représentées par aucun anatomiste ; c'est pourquoi je me suis attaché à les reproduire avec plus d'exactitude. Dans ce but, j'ai ouvert le vestibule, non par sa partie antéro-externe, ou tympanique, comme Tout fait Albinns et tous ses successeurs, mais par sa partie postéro-externe. Une coupe perpendiculaire à l'axe du rocher, passant immédiatement en arrière de la fenêtre ovale et sacrifiant, par conséquent, les canaux semi-circulaires postérieur et externe, permettra d'observer dans ses moindres délails toute la paroi interne de la cavité vestibulaire. (Fig. 752).
b. Varoi externe du vestibule.
Cette paroi regarde en dedans et un peu en avant. Elle présente sept orifices, dont cinq appartiennent aux canaux demi-circulaires ; le sixième fait communiquer le vestibule avec la caisse du tympan ; le septième est
(!) Cotii^rio, De aquœdudibus attris humanœ, Naples, 17GI, p. 3, i, et 17, 18.
(2) B. S. Albiiius, Académie, anal., lib. iv, pi. 1, fig. G.
(3) Scarpa, Anat. disquis. de audilu et olfactu. Milan, 1794-, pi. VI, fig. et 2. (•ij Sœmmcring, Icônes et onjani audilus humani. 18ÛG, pi. lU, fig. 7.
l'orilico vestibulaire du limaçon. — Cesorilke»: Sont ^chelorniL-s |)nr paires de liaul en bas. Dans chaque paire, ils se distinguent par leur position en nn teneur e.l postérieur.
Les orifices de la première paire occupent l'angle de réunion de la paroi externe avec la paroi supérieure. — L'antérieur, un peu plus élevé, plus lai^e et rie (iguro elliptique, représente l'orillee ampullaire du canal demicirculaire supérieur. — Le postérieur, plus déclive et arrondi, représente l'embouchure commune des canaux demi-circulaires supérieur et postérieur.
Les orifices de la seconde paire, ou de la paire moyenne, sont situés Immédiatement au-dessous des précédents. L'antérieur est, en général, un
par (ré lupèriture,
FiR. 'l'ii. — I . f'..inul demi -circulai m postérieur. — 3. Canol Ucmi-ci renia ira %
— 'i. Porliiiii cuniiiiiirii; à eus deux cuiiaui. — 4. Embouchure iJc cptl« poi -~ r>. Orillre ainpullnire du c.innl deini-cirrulaire pusti^rieur. — fi, Orilicc nmpullaire ilu canal d«nii-ciKulairR «upi^ricur, — 7. Orillce ampLillaire du canal dRini-circulaire externe.
— 8. OriHee non ampullaire de ce nii!me canal. — <J. Elrier dont la base .remplit la renâtra orale ou orriice tyaipauiqiii- du vcslilmlc. — 10. Orifice veitiLulairc du limaçon.
— II. LimaïoD.— 13. CduiIuII auditif interne. — 13. CannI carotiijinii.
Fifi. 7S5. — A. —Vestibule osseux. — 1. Canaux demi-circulaires lupérieura osseux el nii-mbniuaax. — 3. Cniiatix demi-ci rculu ires poitërieurs oiseux et membRincux. — 3. Portion commune des canaux supérieur et postérieur. — 4. Canaux demi-circulaires externes osseux et meinlirarieux. —3. Vestibule osseux.
II. — Vestibule et ennnux demi-circulaires membraneux. — I. Canal membraneux supérieur.— 3. Canal uieuibraneux postérieur. — 3. Portion commune à ces deux canaux.
— 4. Oioal mcmlir.ineux externe. — 5. Ampoule du tube membraneux supérieur. — lî. Ampoule du tube membraneux externe. — 7. Ampoule du tube membraneux postérieur.— 8. l'trkule. — 11. Snccule.
peu plus large que le postérieur. Tous deux appartiennent au canal demi-circulaire externe.
Les orifices de la troisième paire, ou de la paire inférieure, diiïérent beaucoup Tun de lautre. L'antérieur, qui est allongé et qui s'ouvre dans |a caisse du tympan, nous est déjà connu : c'est la fenêtre ovale. Le postérieur, qui est arrondi, représente Torifice inférieur ouampuUaire du canal demi-circulaire postérieur.
Le septième, et le plus déclive de tous les orifices situés sur la paroi externe du vestibule, se voit au-dessous de la fenêtre ovale, en avant de rorifice ampullairedu canal demi-circulaire postérieur; il conduit dans la rampe vestibulairedu limaçon. Sa forme est allongée et sa direction oblique on bas ot en dedans.
c. Circonférence du vestibule,
La circonférence du vestibule peut être subdivisée en quatre parties: une partie supérieure, ou voûte; une partie inférieure, ou plancher; une partie postérieure et une partie antérieure. •
La partie supérieure de la circonférence, ou voûte du vestibule, 'est concave. Elle répond, en dedans, à la fossette semi-ovoide qui s'avance sur elle et qui concourt, par conséquent, à la former. L'orifice, antérieur ou ampullaire du canal demi-circulaire supérieur s'ouvre en partie sur cette voûte, ainsi que Tembouchure commune des canaux demi-circulaires supérieur et postérieur.
La partie inférieure de la circonférence, ou le plancher du vestibule, l)résente en avant rorifice vestibulaire du limaçon, et en arrière iWifice ampullaire du canal demi-circulaire postérieur. Ces deux orifices, que nous avons déjà trouvés sur la paroi externe, mais qui appartiennent aussi et plus spécialement à l'inférieure, sont séparés l'un de l'autre par une petite crête transversale.
La partie postérieure de la circonférence offre deux orifices: 1"* l'embouchure commune des canaux demi-circulaires supérieur et postérieur, embouchure qui occupe le point de jonction des parois postérieure, supérieure et externe; â*" l'orifice ampullaire du canal demi-circulaire postérieur ot la tache criblée postérieure, que nous avons déjà remîirqués sur les parois externe et inférieure. — Ces orifices sont séparés l'un de l'aulre par un intervalle de 2 ou 3 millimètres.
La partie antérieure de la circonférence, un peu plus étroite que la postérieure, répond en haut à l'aqueduc de Fallopex|ui la contourne, en bas et en dedans au limaçon, en bas et en dehors à la caisse du tympan. La fenêtre ovale, que nous avons observée sur la paroi externe, appartient aussi à cette paroi antérieure ; il en est de même de l'ouverture vestibulaire du limaçon creusée aux dépens de sa partie inférieure. A l'angle de
CANAUX DEMUCIRCULAIRE5. HlS
^'Uiiion ilo €(>lti! même paroi avec la par«i interne, on aperçoit la tarhe eribl'-e aiilérjeiire (pii s'i'lend jusrjiie sur les limiles <le lit reiiêire ovnle.
Ces canaux, an nombre de trois, répandent à la partie cvienie et postérieure du vestibule. Ils ont été disliii(;ués tantôt d'après leur longueur, tantcH d'après leur direction, tantùt d'après leur sitnation respective.
Mais leur dénomination peut être déduite avec plus d'avantages de la position qu'ils occupent relativement au vestibule ; or, l'un d'eux est situé au-dessus de cetlecavité, un autre en amère, le dernier en dehors. Nous admettrons, par conséquent : un canal demi-circulaire supérieur, un canal demi-circulaire postérieur et un cancU demi-circulaire externe.
Les canaux demi-circulaires supérieur et postérieur sont verticaux ; le eanal demi-circulaire externe est horizontal.
Les parois de ces canaux sont unies et revélues d'un périoste extrêmement mince. Leur calibre varie, selon l'âge et selon les individus, de 1 millimètre à 1 millimétré 1/â.
Tous se dilatent à une de leurs extrémités. Quelquefois cette dilatation s'opère d'une manière graduelle; l'extrémité, ainsi dilatée, représente
Fl6. ".W. — LtÈtr
Fig. 75fi.-l.C<.nili
nat ileni [-circulai ru pu .
G. Hiatu» de Fallu|ie. — 7.
Ijmpan.
Fig. 7.^7. — 1.Con.liiit au nal ilemi-circulaire posléri 0. AquEduc lie Fnilupr. — 1 iTmpan. - y, r.on<]uil du :j d*Euslachc.
aux itemi-^irculaira.
il niiililif
ilcmP. — 3. (âinnl ili>mi-rirciiliiira iiipi'rif'ur. — 3. Ci- . — i. 41annl ili-nij-circiil.iiro cxt<>rn><. — 5. Limaçon. — iniliiil liu graiiil neif ])élrcux lupcrdrict. — H. Caisse ilu
if intPmc. — 2, €anal ilemi-circiiUirc lupéricur. — 3. Ca- ■, — i. I^nal liera i-circula ire Mkme. — 5. Liniarmi. -— liiiillrère <lii granJ nerf jiélrwijc suiichllcici. — 8, Caisse ilii l'If inliTiii' itii inartciiu. — II). l'artion usJwnsc de la Ironiiie
alors assez bien le pavillon d'une Irompettc, ainsi que l'ont fait remarquer Duverney et Vieussens. Mais, le plus souvent, elle affecle la forme ifune ampoule, qui a été bien décrite chez Thomme par Valsalva, et ensuite dens toute la série des animaux vertébrés, parScarpa. Dans chaque canal demicirculaire, nous avons donc à considérer une partie moyenne, une extrémité ampuUaire et une extrémité non ampullaire.
Le canal demi-circulaire supérieur, canalis semi-circularis minor de Valsidva, canal supérieur vertical de Winslow, est perpendiculaire à l'axe du rocher. Une légère saillie correspond à sa partie la plus élevée. Ses deux moitiés ne sont pas comprises dans le même plan; rantérieure s'incline un peu en dedans et la postérieure en dehors. La courbe qu'il décrit est plus que demi-circulaire. Sa longueur varie de i:2 à 15 millimètres. — Son extrémité ampullaire s'ouvre, ainsi que nous l'avons vu, à la partie supérieure, antérieure et externe de la cavité du vestibule; elle est ovoïde et un peu aplatie. — Son extrémité non ampullaire se réunit à rexirémité correspondante du canal demi-circulaire postérieur pour former un canal commun qui vient s'ouvrir à la partie supérieure, postérieure et externe du vestibule. Ce canal commun offre une longueur de 3à4 millimètres. Son calibre est un peu plus considérable que celui des c^inaux qui le constituent. (Fig. 752,5.)
ht canal demi-circulaire postérieur, canalis semi-circularis majorée Valsalva, canal vertical postérieur Aq Winslow, canal inférieur de Duverney, commence à la partie inférieure, postérieure et externe du vestibule par une ampoule arrondie; delà il se porte en bas, en arrière et en dehors, se dirige enî^ite de bas en haut, puis d'arrière en avant et de dehors en dedans, et se réunit alors au canal demi-circulaire supérieur pour former le canal qui leur est commun. Il suit de celte direction que l'extrémité inférieure, ou ampullaire, du canal demi-circulaire postérieur sort en quelque sorte du plan de ce canal pour se porter en avant, et qu'elle se comporte, sous ce rapport, comme l'extrémilé correspondante du canal demi-circulaire supérieur que nous avons vue sortir aussi du plan de ce dernier pour SJî |)orler en dedans ; chacun de ces canaux, en un mot, semble avoir subi autour de son axe, infléchi en demi-cercle, une sorte de torsion qui porte ses deux extrémités en sens inverse.
(]onsidéré d'une manière absolue, le canal demi-circulaire postérieur est vertical; considéré relativement à Taxe du rocher, il lui est parallèle; considéré dans ses rapports avec le canal demi-circulaire supérieur, il lui e^t perpendiculaire. La courbe qu'il décrit représente les trois quarts d'un cercle. Sa longueur moyenne est de 18 millimètres; chez quelques individus, elle se réduit de 2 à 3 millimètres; chez d'autres, elle s'élève jusqu'à ^1 ou ^2il. Ces résultats coïncident avec ceux de Valsalva, qui a mesuré les Irois canaux sur douze individus, et qui a fait graver, dans une de ses
planches, r«'*ton(liio do cos trenlo-six raiianx^ afin que chaqiio obsorvateur puisse vérifier rexactihule de ses recherches. (Fig. 751 et 755.)
Le canal demi-circulaire externey cannlis aerni-circularis minimus de Valsalva, canal horizontal de Winslow, canal moyen de Diiverney, est situé en dehors et au-dessous du supérieur avec h»que! il forme un angh». droit, en avant du postérieur. Son trajet, bien que moins étendu que celui des précédents, est cependant un p;ni plus qua demi-circulaire. Son étendue moyenne est de \^ millimètres; elle dilîére très-peu, par conséquent, de celle du canal deun-circnlaire supérieur, d'où il suit q\ié cette distinction des trois canaux, en grand, moyen et petit, à laquelle Valsalva attachait tant d'importance et qu'adoptèrent aussi Morgagni et Albiniis, doit être repoussée connue tendant à introduire dans le langage une certaine confusion. (Fig. 750.)
(iC canal a pour origine une ampoule infundibuHforme, déprimée de haut en bas, variable dans ses dimensions, située sur la paroi externe du vestibule, immédiatement au-dessus de la fenêtre ovale. De là il se dirige en dehors, puis en arrière et enfin en dedans, pour s'ouvrir par son second orifice sur la mémo paroi au-dessous de l'embouchure conunune des deux canaux verticaux. — Ce second orifice est ordinairement plus pelit que le premier. Mais il nVst pas très-rare de voir les deux extrémités du canal demi-circulain» exlernc^ oiïrir d<»s dimensions à peu près égales; l'un et l'autre alors prés;':ittMit um disposition infundibuliforme. C'est la connaissance de ce mode de conformation, dont ils n'ont pas distingué le caractère exceplionnel, qui a conduit Duverney et Vi(Missens «à avancer que tous les canaux demi-circulaires se rétrécissent à leur partie moyenne et se dilatent à leur embouchure, à la manièn» du pavillon d'une Irompette. Par sa moitié antérieure, le canal demi-circulaire externe répond à l'acpieduc de Fallope et à l'entrée des cellules mastoïdiennes.