‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 3)Chapitre 208 sur 223 · C. — Llma^n · texte numérisé non relu

C. — Llma^n

Le limaron, ou cochlée, est un cône creux enroulé autour d'un cùne plein et formant par cet enroulement une saillie conoide située au devant du vestibule, enln» la caisse du tympan et le conduit auditif interne. Une cloison, étendue de 1 1 basi» au sommet du cône creux, le partage en deux cavités secondaires. 11 nous offre donc à considérer:

i** La lame osseuse, (|ui constitue ses parois, ou la lame des contours;

4** L'axe autour duquel il s'enroule, ou le noi/au du limaçon ;

II» La cloison, qui le partage en deux demi-cônes, ou la lame spirale:

-i*» Ces deux demi-cônes, ou les rampes du limaçon;

7f Un canal (|ui s'étend de l'une de ces rampes à l'extérieur du rocher, ou V aqueduc du limaçon.

H/t> SENS DE L'OUÏE. '

a. fMme des contour».

La lame qui Torme le lubc ronique du Umavon correspond, par sa baso, au soiiirnol du promontoire ; de )à elle se porte cti avant et un peu en Iras, puU en haut, ensuite eu arrière, murche en un mot en sjiiralc ascendante et décrirait ainsi deux tours et demi, suivant la plupart des auteurs. Mais lorsqu'on l'observe dans son état d'intégrité, il est facile de constater qu'elle décrit trois tours complets. — Ces tours sont disposés par éta^ies de la base au sommet. Au niveau de chaque étage! les deux tours superposée s'unissent de la manière la plus intime, de telle sorte qui; les caviti's correspondantes sont séparées l'une de l'autre, non par deux plans osseui contigus, mais par un plan unique.

Vue exténenreiiient, ta lame des contours se confond chez l'adulte avec le tissu compacte du rocher. Cliez l'enfant, elle est entourée d'un tissu spongieux rougeàtre et facile à diviser. — Elle répond : en haut, au coude que forment les deux premières portions de l'aqueduc de Fallope; en bas, ou elle est libre, h la caisse du tympan dont elle contribue à former la paroi interne; eu avant, au conduit du muscle interne du marteau et &u canal carotidien ; en arrière, au vestibule et au conduit auditif interne.

Vue intérieurement, cette hime nous offre deux parois: l'une externe ou

Frr., 7-'iB, — Situation, forme, rapports du timaçon.

1 . Caïuil dcmi-circiilniro supérieur, — 2. Canal demi -circulaire poslérieiir. — 3. Canal ilmni-circiilaire nxliTne. — 1. Aqueduc Je Faiiope. — 5. Limar.'oii. — 6. Fenêtre ovalo. — T. Fcnâtre roniic. — S. fartie inréricure de la circonférence de la caisse du tympui cnnnliluée par une laiiio tiiinrc qui sépare la cavité de la caisse du (;olfe de la veine jugulaire interne. — 'J. l'yramtile et filet osseux qui s'i'lcnd de son soinmct au sommai du promontoire. — 10. Fossette sous-|i>Tamidale. ^ 11. Fossetic sus-pjrainidale. — \t. Urifice p.-ir lequul sort la corde du tjmpan. — Vi. Cadre osseux du la membrane da Ivmpan. — 14. Conduit auditif externe. — 15. Canal carotidien.

périphérique, opposée à l'axe du limaçon; l'autre interne ou nucléenne, adhérente h cet axe. Ces deux parois diffèrent très-notableine«t, soit dans leur trajet, soit pur leur extrémité torminale.

La paroi externe décrit d^abord deux tours pour monter jusqu'au sommet du noyau, puis, continuant de tourner dans la même direction, elle fait au-dessus de ce sommet un troisième tour.

La paroi interne se distingue de la précédente par son peu d'épaisseur, par sa fragilité, par son adhérence au noyau, dont on peut la séparer cependant, et par son étendue moins considérable; elle ne s'élève pas audessus du noyau et décrit deux tours seulement. — Il résulte de celte différence de longueur des deux parois que le cône formé par la lame des contours n'est pas complet ; ce cône reste ouvert sur son côté interne ou concave dans presque toute l'étendue du dernier tour; il affecte par conséquent à sa terminaison la forme d'une gouttière curviligne, dont la partie superficielle, épaisse et compacte, constitue le sommet ou la coupole du limaçon, tandis que la partie postérieure ou profonde, mince et fragile, s'enroule en demi-cône au-dessus de l'extrémité terminale du noyaik

Ce demi-cône, décrit par Cotugno sous le nom d'infandibulunij se continue par son sommet avec le sommet du noyau, et par sa base avec la circonférence de la coupole. Nous verrons plus loin comment la lame spirale se comporte relativement à cet infundibulum, que nous appellerons lamelle semi-infundibulifonne de la lame des contours.

b. Axe ou noyau du limaçon.

Vaxe ou noyau du limaçon, modiolus de Valsalva, noyau pyramidal de la coquille de Vieussens, columelle de Breschet, est un prolongement de forme conique qui s'étend de la partie antérieure et profonde du conduit auditif interne vers la coupole du limaçon au-dessous de laquelle il se termine sans se prolonger jusqu'à elle. — Ce noyau se dirige horizontalement d'arrière en avant et de dedans en dehors.

Son diamètre, qui s'élève à 3 millimètres au niveau du premier tour, se réduit à 1 millimètre au niveau du second.

La base du noyau, tournée en arrière vers le conduit auditif interne dont elle fait partie, est creusée d'une fossette sur laquelle on remarque un trèsgrand nombre de petits trous disposés sur une double ligne spirale qui s'enroule dans le même sens que le tube cochléen, et qui décrit deux tours. Celte ligne spirale a été mentionnée par Cotugno sous le nom de tractas spiral is foraminosus ; je l'appellerai lame criblée spiroïde de la base du limaçon. En l'examinant à la loupe, on remarque :

1" Que les deux séries de pertuis qu'elle présente sont séparées par une crête osseuse qui s'efface insensiblement dans la seconde moitié du premier tour et qui n'est pas également apparente chez tous les sujets.

4" Que de Tun el de Tautre côté de celle crête existe une série linéaire (le fossellcs* quadrilatères séparées par des crêtes perpendiculaires à la crête principale.

3° Que chacune de ces fosseltes est percée d'un certain nombre de pertuis, en général quatre, cinq ou six, et peut être considérée comme un pelil crible à contour parfailement arrêté. (Fig. 703 et 704.)

4** Que vers la fin du premier tour et dans tout le trajet du second, les crêtes et les fossettes deviennent beaucoup moins apparentes el disparaissent même entièrement chez quelques individus.

5" Knfin, qu'un orifice plus large occupe Textrémité terminale du second tour, c'est-à-dire le centre même de la lame criblée spiroïde.

(Chacun des trous qui concourent à former cette lame criblée représente Torifice inférieur d'un petit canal qui marche d'abord parallèlement à l'axe du limaçon, mais qui s'infléchit ensuite pour se porter vers le canal spiral de llosenthal et la lame spirale osseuse. Le trou situé au centre de la lanne criblée spiroide est l'orifice d'un canal plus large qui occupe l'axe du nojtfiu, et qui s'ouvre à son sommet.

Lo sommet du noyau répond à la fin du second tour du tube cochléen. La distance comprise entre ce sommet et la coupole du limaçon est d'un millimètre. — L'orifice qu'il présente, visible à l'œil nu, correspond au canal central de l'axe. La lèvre externe de cet orifice s'unit, ainsi que nous le verrons, à la partie terminale de la lame spirale osseuse. Sa lèvre interne se continue avec la lamelle semi-infundibuliforme de la lame des contours, qui sendjie prolonger le noyau jusqu'au sommet du limaçon , et qui en a été considérée, en elTel, mais bien à tort, par la plupart des anatomistes modernes, comme une dépendance, d'où le nom de lamelle terminale de la columelle, sous lequel elle a été du reste bien décrite par iïuguier.

La surface du noyau est unie dans toute sa hauteur à la paroi interne de la lame des contours et à la lame spirale osseuse. Le tissu de ce noyau difl'ère Irès-nolablement de celui qui forme les autres parties du labyrinthe osseux; il est mince, blanc, comme poreux et très-friable.

Canal lipirai de RoMenthui. — A l'union du novau et de la paroi interne de la lame des contours on remarque, chez l'homme et la plupart des mammifères, un canal assez régulièrement cylindrique qui suit le trajet de la lame spirale et s'élève aussi jusqu'au sommet du limaçon.

Ce canal spiroide, signalé par llosenthal, n'est pas situé exactement au niveau de la lame spirale, mais un peu en arrière, de telle sorte qu'il fait s*aillie dans la rampe tympanique du limaçon.

Li\ canal de llosenthal renferme le f/^///f///ow spiral ou ganglion de Corti, dépendance de la branche limacienne du nerf «luditif. — Sa paroi. interne est percée d'une longue série d'orifices inégaux et inégalement espacés que traversent les divisions de cette branche pour venir se jeter dans le

LfMAÇON. 87î>

ganjîlion correspondant. — Sa paroi cxlerne présente une autre série d'orifices par lesquels ces mômes divisions passent du {(angiion dans l'épaisseur de la laine spirale.

c. L(nn4* spiralf.

La lame spirale, vue dans son ensemble, s'élend de la base jusqu'au sommet du limaçon. Elle était considérée autrefois comme une simple cloison composée d'une zone interne ou osseuse , d'une zone moyenne de consistance libro-carlilajçineuse, et d'une zone externe ou membraneuse.

Des éludes plus complètes ont démontré 'qu'elle comprend deux parties, une, partie interne et une partie externe. — ^La première constitue la lame spirale osseuse. — La seconde est formée de deux canaux spiroïdes, adossés dans toute leur lonj^^ueur : l'un antérieur, très-larjçe, de forme prismatique et triangulaire; l'autre beaucoup plus petit, s!lué en arrière du précédent, et connu aujourd'bui sous le nom de canal de Covti. Tous deux communiquent à leur extrémité profonde avec le saccule. Kéunis, ils représentent le limaçon membraneux. Kn se continuant en dedans avec la lame spirale osseuse, ces canaux contribuent à partager la cavité que circonscrit la lame des contours en deux cavitéssecondaires ou rampes.

Ainsi considérée dans son ensemble, la lame spirale décrit trois tours conqdels. Lune de ses faces regarde en dehors et en avant du côté de la rampe vestibulaire, l'autre en arrière et en dedans du cùté de la rampe tympani([ue. — Son bord le plus long, ou b(U'd convexe, répond à la paroi externe du tube cochléen. Le plus court, ou bord concave, se continue avec la paroi interne du même tube ; en arrière de cette continuité, on remarque des saillies allongées, parallèles, régulièrement espacées qui proéminent dans la rampe tympanique, et qui ont été décrites parCotugno sous le nom de colonnes delà rampe du tynipam; elles répondent aux canalicules qui parleni de la luino criblée spiroïde et «pii viennent s'ouvrir dans le canal de Kosonlhal.

La lame spirale osseuse forme à son origine la plus grande partie dc^ la cloison du tube cocbléen. Dans toute l'étendue du premier tour, sa largeur est encore plus considérable que celle des deux canaux avec lesquels elle seconlimie. Mais, dans le second, elle dimiime d'étendue transversale trèsnotablement et de plus en plus jusqu'à la (in de ce tour, c'est-à-dire jusqu'au sommet du noyau où elle se termine sous la forme d'une pointe curviligne, décrite lour à tour sous les noms de hamuluSy de rostrum, de bec de la L'une spirale osseuse. — Le bord convexe de ce bec fait suite au bord convexe de la lame spirale osseuse et donne attache comme celui-ci à la zone movenne. — Le bord concave s'attache d'abord à la lèvre externe de l'orifice qui occupe le sommet du noyau; plus haut, il devient libre et concourt, avec la partie terminale de la zone moyenne, à former un

orifice qui ûlahlit une lihre communication eutre les deux rampes. — Le sommet du bec répond à ta partie moyenne de l'intervalle compris entre le noyau et le centre de la coupole.

La lame spirale osseuse est traversée de son bord concave vers son bord convexe par une série de canaux anastomosés et si nombreux qu'on la divise racileinent en deux lamelles. Celles-ci se continuent avec la paroi interne de la lame des contours dont elles constituent une sorte de repli destiné à prolonger les canaux que parcourent les divisions du nerf cncliléen.

d. Hampes du limaçon.

Les deux demi-cones ou rampes qui résultent de la division du l,ube cochicen par la cloison spirale s'étendent de la base Jusqu' au sommet du limat^on, où ils conimiiniquent entre eux. L'une de ces rampes s'ouvre dans le vestibule; l'autre correspond à la fenfitre ronde, c'est-à-dire à la caisse du tympan ; de là le nom de rampe vesltlmlaire donné à la première, et celui de rampe tyinpanigue donné â la seconde.

Les auteurs , pour lesquels l'axe du limaçon s'incline en bas par son sommet, ont considéré la rampe vestibulaire comme inférieure, e( la tympanique comme supérieure : cette erreur a été commise par Vatsalva et par Scarpa. Pour ceux qui ont cru remarquer, au contraire, que le sommet de ce même axe s'incline en haut, la rampe vestibulaire est devenue supérieure,

Frii. 7.V.I. — /.abijrinlhf os'^eax ourerl Kic. ÏWI. — Laliijnntlie osa-iu:

ouvert plui largrmenl que data ta figure précédente,

¥ig. 7,'>!t. /Àmaçm, canaux tUmi-eircuUtirei et aqueduc de Fallope. — 1. Canaj demicirculaire supérieur. — i. Linal demi -circulaire poslérieur. — 3. Caiiai demi-circulaire i-ïlernc. — 4. Portion moyenne de l'aijucdiic de Fallo[>c paasani au-devant du veslibole cnlrc IcB canaux dcini-circulalm et le limairon. — 5. Limaçon osseux sur lequel on di^ liiiKiie ; la taine dm vontoun rt i«a lainctle scmi-tnfuiidibuli forme, lu lame spirale usseuv et ann liée, le aonimet du iiovau et l'arificc qui en occupe le centra. Pour l'élude dcj diUail» rie ce tlniarun, voypi la ligure ÎGI.

Hg. TliO. nrigiw, trajet, lenninaison <U la lame *pU-ele ni»tm*. — I, 3. 3. Canauï deniL-circulaireii. — 1. Ciivjlé du t-csiibule. — 5. Koaselte sulcifoniic. - H. Fossette Miui- H\-nide. — î, Fosaelte liÉiuisplicriquc. — 8. Limaçon osieux et lueiubraneuï, reproduii dans 1.1 llgurR Tf.» avec un grossisgcmenl de 3 diamitre». — 9. Origine de la lanK spirale. — 10. Pénétre ronde.

H la tyiiipanique inrérieui'c: telle ébilU distinction adoptée par Uuverney. Mais comme cet a\e chez l'homme se porte liorizontaiemeiit en avant et en dehors, on voit que \es qualificalions précédentes ne sont réellement pas applicables au^t deu\ rampes. Si celles-ci devaient Être désignées d'après leur situation respective, la seule dénomination qui pourrait leur convenir serait celle de rampe antérieure donnée par Yicussens à la rampe veslibulaire, et relie de rampe postérieure appliquée par le même auteur k la rampe tympaniqiie.

Les deux rampes n'olTrent pas des dimensions égales: la rampe tyjiipaiiique est d'abord plus large que la rampe veslibulaire, A la lin du premier lour cette dilTérence dispamll. Vers la lin du second et dans le troisième tour, elle se reproduit, mais en sens inverse. La capacité relative des deux rampes présente, en outre, quelques variétés individuelles.

La rampe vestibulaire a pour origine un orifice elliptique situé à la partie inférieure et antérieure du vestibule. Partie de cet orilice, elle se dirige en avant et en bas, puis en bas et en dedans, et décrit ensuite une courbe ré- {[ulièrement spirale. A son point de départ, elle est située au-dessus de la rampe tympanrque; dans le reste de son trajet, elle se trouve au-devant et en dehors de relle-ci.

La rampe lympanique, née de la fenêtre ronde, se porte d'abord en haut, au-dessous de la rampe vestibulaire; mais presque aussitôt on la voit s'in-

le gnasist.}.

Vig. 7GI. — I. I, I. TrajatJulalaiiie (le» cnntuurf. — 3. l.nin?l!i-scmi-mfUn<li]>ulirorim; tii<- farta suifur? i-onravr. — 3, 3. Ijtine spirale Oïseuir. — i. Eitri^mitA teriiiiniilR «u bec ■le cnW. lame. -~ D. Snmnipt ilu iiaynn Rt iirillf.i' qu'il pirsenle; on mil que l.i fircnnr<'rence lie wt ririllte sR cunliriue en dehur» avec le bord cnncan' du bcr de la lame spirale el en dedant aiec Ip sommet de la kimellc nern i-infu ml ibuli forme de la lame des eonloun. — 6, fS. Rampe lifmjiaiiique dont une moitié p«t recouverte par la lame spirale osKusr. — 7. Kntréc de crlto rampe.

Fi^. '6i — I, I, 1. Lime dei emitour». — !. Zoite nueuie ou nucl^enite de la lame tpiralc. — 3. Snn fxtn^inilé Iprminale uu «an bec. — 4, 4^. Zone carlil.iftincuM ou mojennc, plus rimnue aujourd'hui sons le nom de bandeletle «lllonnée. — r>. Bec de cette zone, — li, 6. /onr périphi'riiinc uu inembraneiiie. — 7. Son bre. ~ 8. Urîilce de cunimunicatioii drs deux rampe*.

3* ÉDrr. iti. — 5(i

Ilccliit* en bas* pour devenir parallèle à cette luéine rampe dont elle occupe ensuite le côté postérieur et interne dans toute l'étendue de la courbe qu elle décrit. — A son origine, on observe immédiatement au-dessus et en dedans de la membrane qui ferme la fenêtre ronde un pertuis plus ou moins apparent. Ce pertuis représente l'orifice interne d'un canal qui s'ouvre par son extrémité opposée sur le bord inférieur et postérieur du rocher, et qui a été décrit par Colugno sous le nom d*aqiieduc du limaçon.

Parvenues au-dessus du sommet du noyau, les deux rampes n'offrent plus de paroi interne ; elles sont formées seulement par la paroi externe de la lame des contours qui prend l'aspect d'une gouttière, et parla lame spirale qui divise cette gouttière en deux gouttières plus petites. Tune postérieure qui continue la rampe tympanique, l'autre atitérieure qui continue la rampe, vestibulaire.

Chacune de ces gouttières nous offre deux parois : la paroi postérieure de la gouttière tympanique est constituée par la lame des contours qui s'enroule aunlessus du noyau du limaçon à la manière d'un entonnoir; Ih paroi antérieure de la gouttière vestibulaire est constituée aussi par la lame des contours qui s'enroule au-dessus de cet entonnoir en forme de voûte ou de coupole ; la paroi antérieure de la gouttière postérieure et la paroi postérieure de la gouttière antérieure sont formées par une seule et même lame, par la lame spirale, qui, en s'enroulant par son bord concave devenu libre, circonscrit un orifice spiral à l'aide duquel les deux rampes communiquent entre elles dans toute l'étendue de leur dernier tour.

Cet orifice, signalé en 1677 par Mery, mentionné ensuite par No,jues, bien décrit en 1761 par Cotugno, a été tour à tour désigné sous les noms de canalis communis scalarum par Cassebohm, A'orificium infumiibuli par Cotugno, A'hiaUis par Scarpa, Altélicotrètne par Breschet; nous l'appellerons plus simplement ori/îféî de communication des deux rampes. — Sa figure n*est ni circulaire, ni demi-circulaire ; elle ne peut être comparée qu'à un pas de vis, qui répond par une de ses extrémités au sommet du noyau, et par l'autre à la partie interne de la circonférence de la coupole.

Pour l'étudier, il faut prendre de préférence des temporaux parfaitement secs, et enlever avec une scie à dents extrêmement fines toute la coupole du limaçon en agrandissant peu à peu la perte de substance, c'est-à-dire en se servant de la scie à la manière d'une lime.

e. Aqueduc du limaçon.

L'aqueduc du limaçon est un conduit de forme pyramidale et triangulaire qui s'étend de la partie inférieure du rocher vers l'origine de la rampe tympanique. Il est situé au-dessous du conduit auditif interne dont il suit la direction et dont il égale la longueur.

L'orifice externe de ce conduit occupe la partie moyenne du bord posté-

rivui' et inréiicur ilu locher. Il revèl la forme d'une fossette pyramidale et triani^ulaire. — L'orilice interne, exlrémemeiit étroit, s'ouvre immédiateiiieiit en dedans de la membrane qui ferme la fenêtre ronde.

L'aqui'ducdu limaçon présente le plus souvent ime ou deux divisions qui vont se perdre dans l'épaisseur du rocher. Le conduit principal et les brandies qui en partent sont occupés par un prolongenient de la dure-mère, une artère et une veine. — L'artère, après avoir pénétré dans la rampe tympaniqiie, se distribue au périoste qui en tapisse les parois; elle donne des ramilications à la lame spirale.

Cet .iqueduc, les vaisseaux qu'il contient et les principales ramifications de ceux-ci ont été très-bien décrits, en 1683, par Doverney. — Cotugno, qui n'avait pas observé ces vaisseaux, émit l'opinion, en I7til, que le conduit étendu du bord postérieur du rocher dans la rampe tvmpanique éliiit

Fig. 763. — Limarou oiatux. — 1, 1, t. Lame dei contour». — S. LatncUe senii-irillin- (libiiliforme di; la l»[i)C ilr> conloura. — 'A. Surface concave de celle lamelle dont on n'a|ieri;uit ilan* culte vue qu'une faible parlir. — 4. Bord concave par l<>quel elle le lermini'. -~ îi. KxIrémiU' antérieure de ce liord ic conlinuant avec In circunrén'iice de la coupole. — It. Cniipole du limaçoii dont lea deux tieri lupériflun ont été enlevés pour laiswr voir la liasi' do la lamelle senii-iiiruiiilibulirormc. — T. l'artîe inférirurir de la circnnfiWiii»- de ci-lte base se continuant avec la partie correspondante de la cireonrénnce de la cuupole. — 8, 8. Lime spirale otseuac. — D. Origine de celte lame. — lU. Sun b«c ou partie irnninale. ^ II, 11. Rampe lympaniqur et colonnes que présente la surijxe- du nuvnu au niveau de celle rampe. — 13. 13. Hampi' veilibulaire dépourvue des colonnes qu'on ubiervo dam Li rampe précédente. — 13. Cunriuil auditir interne.— H. Foaieltc de la ba9i> du nojau du limnfon.

Fig. 7l!-t. — 1. Premier lour de la rampe tjnipanique. — 2. Deuxièmp lour de celle rampe. ^ 3. Troinirim- leur, — 1. IVemler tour de la rampe vestïbulaire. — 5. Son second tour. — G. Non troisième tour. — 7, 7. Zone oiseuse ou nucléonne de la laine spirale. — H, %. Zone niovenne ou cartilagineuse. — V, 9, Zone périphérique ou membraneuse. — 10. bec du In lone osseuse circonsiTivanl la moitié inférieure de l'urillce de cinnmuniratiou des Apn\ rampes. — II. Hec de la xonn moyenne c nioîlié anpcrienre de iitI uriric. — IS. Bci' de In sune membraneuse r luilé iintOrii'ure du buid uoucdM; <lu lu lamcllu auiiii-iiifuuilitiuliriirn

^y^ ^ SENS DE LOUIE.

destiné à établir une communication entre le liquide intra-cochiéen et la sérosité sous-arachnoïdienne ; ainsi que l'aqueduc du vestibule, il conslituait pour le liquide des cavités labyrinthiques une voie dérivalive par laquelle celui-ci refluait dans le crâne lorsque la base de Télrier lecomprimait) et par laquelle aussi il rentrait dans ces mêmes cavités lorsqu'il n'était plus soumis à aucune compression. Cette opinion a trouvé un grand nombre de partisans. Mais, fondée sur une erreur, elle ne |)ouvait résister longtemps à des recherches mieux dirigées qui sont venues la réfuter et démontrer l'exactitude des observations de Duvernev.

f. Conduit auditif interne.

Le conduit auditif interne s'étend de la face postérieure du rocher ven> le vestibule et la base du limaçon. — Sa direction est oblique d'arrière eu avant et de dedans en dehors, de telle sorte que son axe croise celui de la portion pétrée du temporal sous un angle de i5 degrés. — Sa longueur varie de 8 à 10 millimètres, et son calibre de -4 à 5.

Son extrémité interne, ou son entrée, afl*ecte la figure d'une ellipse dont le grand axe se dirige de dedans en dehors et d'avant en arrière. — Son extrémité externe, ou le fond du conduit, est divisée en deux étages par une crête horizontale et falciforme, dont le bord libre, concave^ se dirijçe en arrière et en dedans. Une très-petite saillie verticale subdivise l'étage supérieur en deux fossettes qui se distinguent par leur situation en antérieure et postérieure. L'étage inférieur, plus grand, se décompose aussi en deux fossettes, dont l'une correspond au limaçon et regarde en avant, tandis que l'autre répond au vestibule et regarde en dehors.

La fossette supérieure et antérieure constitue Tentrée de Taqueduc de Fallope ; elle donne passage au nerf facial.

La fossette supérieure et postérieurey moins considérable, forme l'entrét*. d'un autre canal, (jui reçoit la branche supérieure du nerf vestibulaire. Ce canal se subdivise en deux ou trois autres, lesquels se partagent à leur tour en canalicuJes de plus en plus ténus jusqu'à ce qu'ils arrivent à la tache criblée antérieure sur laquelle ils s'ouvrent par un grand nombre de perluis visibles seulement à la loupe. Ainsi conformée, celte fossette constitue un petit crible de forme conique.

La fossette inférieure et postérieure ou fossette vestibulaire est presque plane. Elle ofl're: 1* en Jiaut et en arrière un trou constant, très-apparente situé sur la paroi postérieure du conduit auditif et décrit par Morgagni sous le nom de foramen singulare; il forme l'orifice d'un conduit qui se dirige vers la tache criblée postérieure, c'est-à-dire vers l'orifice ampullaire du t;anal demi-circulaire postérieur, au niveau duquel on le voit s'ouvrir après s'être brusquement divisé en huit ou dix canalicules : ce trou et les canaliculesqui en partent logent le nerf ampiillaire inférieur; 2" deux ou trois

LABYHINTHR MEUBRANEUK. 885

aiilres lrou& situés sur le prolon^f-menl ou immédiatement nu-dessous de l'extrémité postérieure de la crête falciforme du conduit auditif interne ; CCS trous duviennenl le point de départ d'autant de canaux subdivisés en canalicules allant s'ouvrir sur la tache criblée de la fossette hémisphérique par des perluis d'une extrême ténuité; ils transmettent dans le vestibule le nerTsaccuIaire.

La fossette inférieure et antérieure ou fossette cochléenne répond à la base du noyau du lima^an. Elle constitue sa hme criblée spirolde.

%i. — Labyrinthe KEHBnANEtx.

Le labyrinthe membraneux l'st un ensemble de lames molles, minces et transparentes sur lesquelles viennent s'épanouir les dernières divisions des nerfs andilils ; il doit t'tre considérée par conséquent comme la partie

Kic. 705. ~ l'artie profonde ilu Fie. 766. — Lame crMée ipiroide du lima-

mnilail auditif interne. [■on vutàtin groiMument de jdiamiirei.

Fig, 76Û. — 1 . Paroi anléricure du cunduit auditif. — i. i. Coupe cle [a paroi poit^lieure de ra conduit. — 3. Crète Talcirarnie qui diviie le Tond du coriduil en deux élaget. — 4. FossMla supériaure et anléridiro ou enlnio de l'aqueduc de Fallope. — 5. Foiielt« supérieure el jioïlérieuro. — 6. Orillce» livrant passage au nerf tacculaire. — 7. Conduit qui s'étend du rurnmcn singuLirc de lUorgagnî i t'ampaulo du lube demi-circulaire poilérieur. ~ 8. Lame criblée spiroïde de la baie du liiiia;on. —0. Veilibule. — 10. Canal demi-circulaire siipvrieur. — 11. Canal demi-ci rau la ire postérieur.

Fig. 7GG, — I, I. Premier tour ilc Ularne criblée ipiro'ide correspondant su premier tour de la lame dei> contours cl de la lame spirale. — "i, S. Deuxième tour de celte lame rorrespundanl au deuxième tuitr des lames précédentes. — 3. Trou terminal de la mfme lanu! fonnanl l'orince iatârieû du canal central de l'axe du limaçon. — 4, 4. Trois Irous situés entre l'origine de la lanie criblée tpiro'ide cl la créle ^Iciforme, livrant passage aux divisions du nerf sacculairc. — 5. Fossolte supérieure et postérieure à travers laquelle te tamise la branche qui va se distribuer à l'utricule el aux ampoules de* canaux licmi-circulaires supérieur et externe. — 6. Posselte supérieure el antérieure, ou entré» de l'aqucdue de Fallope. — 7. Petite trilf vrlirale qui sépore ces deux fosKtles. — 8. Gr^le blcirormr du conduit aiulilir.

esgentielle ou fondamentale du sens de I*ouïe. Ces lames se retrouvent dans toutes les parties du labyrinthe osseux ; mais elles sont conformées drfTéremmeni dans chacune d'elles.

Dans le vestibule, elles sont représentées par deux vésicules superposées; dans les canaux demi-circulaires, par des tubes curvilignes et flexueux ; dans le limaçon, par deux canaux spiroïdes, qui s^étendent de la base au sommet du tube cochléen et qui forment la portion molle de la lame spirale. — Autour de toutes ces lames si diversement configurées, on trouve un liquide qui les sépare des parois osseuses ; et dans les cavités qu'elles circonscrivent un autre liquide qui soutient leurs parois. Le labyrinthe membraneux nous offre donc à étudier :

1" Les deux vésicules du vestibule, collectivement désignées sous le nom de veatibule membraneux;

â° Les trois canaux ou tubes demi-circulaires membraneux ;

3*" Les deux canaux formant la portion molle de la spirale ou le limaçon membraneux ;

A*" Le liquide qui Tentoure, ou liquide du labyrinthe os$euXy appelé aussi périlymphe, et celui qui .occupe ses diverses cavités, désigné par opposition au précédent sous le nom d'endolymphe ;

«V Le mode de distribution et de terminaison des nerfs auditifs;

6" Enfin des artères et des veines.

Après avoir décrit Ijb labyrinthe membraneux, nous passerons en re\'ue les principaux faits qui se rattachent à sa découverte.

A. — Vestibule membraiieiix.

Des deux vésicules qui coniposeni le vestibule membraneux, Tune esl inférieure, sphéroïde et plus petite, c'est le sacculr; Taulre, supérieure et ovoïde, c'est Yutricule. (Fig. 707 et 768.)

Le sacnile, sacculu^ rotundm de Scarpa, occupe la partie la plus déclive du vestibule. Sa forme est très-régulièrement arrondie, et son diamètre d'un millimètre et demi. Il répond : en dedans, à la fossette hémisphérique à laquelle il est lié par le nerf sacculaire ; en dehors, à la paroi externe du vestibule dont il est séparé par le liquide du labyrinthe osseux ; en haut, à Tutricule auquel il adhère et dont sa cavité cependant reste indépendante; en bas, à Torifice vestibulaire du limaçon, au niveau duquel il se continue par une sorte de prolongement ou de coliivec les deux canaux du limaçon membraneux.

Vutricule, sacculu^s oblongtis seti alvem communia utriculiformis de Scarpa, sinus médian de Breschet, occupe la moitié supérieure du vestibule. Pour constater son existence et son mode de configuration, il faut enlever avec ménagement toute la voûte du vestibule en conservant intact le tube demi-circulaire membraneux supérieur, et plonger ensuite la pn'»-

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