‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 3)Chapitre 209 sur 223 · VESTIBULE MEMBRANEUX · texte numérisé non relu

VESTIBULE MEMBRANEUX

paraiion dans l'eau; en rexaminani alors atlentivemenl, on le verra flotter à la manière d'une bulle ohlongue. — Son grand diamètre varie de 3 à 4 millimètres. Ses diamètres transversal et vertical ne dépassent pas i millimètres.— En dedans, rutriculeeslen rapport avec la fossette semi-ovolde; en dehors, avec les canaux demi-circulaires membraneux qui viennent s'ouvrir dans sa cavité, et dont elle représente en quelque sorte le confluent, d'où le nom d'alveus communis que lui a donné Scarpa ; en haut, avoc la voùle du vestibule ; en bas, avec le saccule ; en avant, avec la base * de rétrier et la tache criblée antérieure; en arrière et en bas, avec l'ampoule du tube demi-circulaire membraneux postérieur.

Quelles sont les dimensions relatives du vestibule membranena^ et du vestibule osseux? Le saccule et Tutricule réunis occupent les deux tiers environ du vestibule osseux. J'ajouterai que le volume de ces vésicules ne peut être apprécié d'une manière exacte qu'autant que le labyrinthe membraneux est parfaitement intact; car si celui-ci a été ouvert sur un point quelconque, le liquide qu'il renferme s'écoule en partie ou même en totalité et ses dimensions diminuent dans la proportion de cet écoulement. Il faut donc s'attacher en le découvrant à éviter toute lésion.

Structure du vestibule membraneux, — Le saccule et Tutricule sont formés de trois couches : d'une couche externe de nature conjonctive, d'une couche moyenne de nature amorphe, et d'une couche interne de nature épithéliale. — La couche externe se compose de fibres lamineuses réunies en faisceaux diversement dirigés et liés entre eux par les fascicules qu'ils s*envoient réciproquement. Sur certains points on voit un ou plusieurs de ces faisceaux se détacher de la couche externe pour se porter vers le périoste dans lequel ils se terminent, jouant ainsi à l'égard du vestibule membraneux et du vestibule osseux le rôle de moyen d'union. — C'est dans la couche externe que se ramifient les artères et les veines.

La couche moyenne ou membrane propre, plus résistante, quoique mince et transparente, contient des noyaux assez nombreux, qu'on rencontre aussi du reste dans les faisceaux de la couche conjonctive.

La troisième couche ou couche épithéliale est constituée par des cellules aplaties, à contour polygonal, se juxtaposant par leurs bords. — Mais au niveau des taches blanches cet épithélium parcimenteux se modifie trèsnotablement. Sur chacun de ces points on observe des cellules de trois ordres '^i** des cellules arrondies contenant un gros noyau, et formant un premier plan immédiatement appliqué sur la couche moyenne ; 2" des cellules cylindriques ou plutôt coniques, dont le sommet tronqué regarde les cellules précédentes et dont la base se dirige vers le centre de la cavité correspondante; elles contiennent aussi un noyau qui occupe leur sommet; 3^ des cellules fusiformes perpendiculaires à la membrane propre; une de leurs extrémités s'insinue entre les cellules arrondies, l'autre

se prolonge entre les cellules coniques, au delà de leur base qu'elle déborde, à la manière des cils vibratils; mais elle est rigide, et non mobilr. L'épithélium des taches blanches se continue sur leur contour par transition insensible avec Tépithélium parvimenteux des parties voisines.

Les divisions du nerf vestibulaire, parvenues dans la couche externe du saccule et de Tutricule, se ramifient, puis s'engagent dans la membrane propre pour la traverser; les lubes nerveux se dépouillent alors de leur myéline, et pénètrent ensuite dans la couche épithéliale des taches blanches en se divisant et s'anastomosant. De ce réseau délié partent des prolongements d*une extrême ténuité, qui selon Max Schutze et Budinger traversent les cellules fusiformes ; ils s'avancent ainsi jusqu'à leur extrémité libre, et plongent en quelque sorte dans le liquide qui les baigne. Ce mode de terminaison de la branche veslibulaire rappellerait donc celui des nerfs olfactifs; il est passif des mêmes objections et ne peut être accepté aussi qu'avec une grande réserve.

La poudre calcaire du vestibule, poussière auditive, otocanie de Breschet, existe chez Thomme et dans tous les mammifères, les oiseaux et les reptiles. C'est dans l'homme qu'elle se présente à son plus grand état de division. Rn descendant l'échelle des vertébrés, on voit sa quantité et sa consistance augmenter graduellement, de telle sorte que les éléments calcaires sont à la fois plus abondants chez les reptiles et unis entre eux d'une manière plus intime. Mais, que ces éléments soient rares ou abondants, qu'ils forment une masse demi-concrète ou sans cohésion, constamment ils répondent à l'épanouissement des fibres nerveuses, et à ces libres seulement. — Chacune des molécules qui les composent semble se suspendre à l'une des fibres formant les nerfs sacculaire et utriculaire.

Vue au microscope, la poudre calcaire se transforme en petits cristaux dont chacun représente un prisme à six pans, terminé par des pyramides à six faces.

Les pierres auditives, otolithes de Brcschet, se rencontrent chez les poissons osseux et les chondroptérygiens à branchies libres. Elles offrent la forme de calculs blancs, aplatis, durs et passants comme du marbre. On en trouve toujours trois : une dans Tutricule et deux dans le saccule.

B. — Tahe« deml^clrcolalrcs meoibraneiix*

Les tubes ou canaux demi-circulaires membraneux reproduisent trèsexactement, sous des dimensions moindres, le mode de conformation des canaux demi-circulaires osseux. Comme ceux-ci, il sont au nombre de trois : un supérieur, un postérieur, le troisième externe. Comme eux, ils présentent une extrémité ampullaire et une extrémité non ampuUaire. De même que les premiers viennent s'ouvrir dans le vestibule osseux par cinq

Tl'BES DEMI-CIRCULAIRES MEUBHANEl'N.

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oiifices, de iiiâine les seconds s'ouvreiil dans l'ulriculo jmr riiiq embouchures, le tube demi-circut;iire supérieur el le poslérieur ae réunissaiil aussi par leur eictréinil(> non ampulUire pour Tonner un lube commun .

Le diamètre retatirdu ces deux ordres de tubes aélé l'objet d'évaluations Irès-diiïérentes. Selon quelques auteurs, les tubes membraneux seraient aux tubes osseux dans le rapport de un à deux ; selon d'autres, leurcalibre ne représenterait pas la moitié, malslequartseulement de celui des canaux rtemi-circulaires osseux ; pour d'autres, ils seraient plus petits encore e( ne constitueraient qu'un lilament presque fnvisîlile. Ces difTérences d'évaluation tiennent aux conditions difTérentes dans lesquelles se sont placés les divers observateurs. Si l'on ouvre les tubes osseux sans altérer les tubes membraneux, et si l'on examine ces derniers sous l'eau, on reconnaît que leur diamètre équivaut à la moitié, aux deux tiers et quelquefois mânie aux trois quarts du diamètre du tube osseux. Leur calibre a donc été généralement diminué; et il l'a été parce que la plupart des anatomistes, en ouvrant le labyrinthe osseux, ont aussi ouvert le labyrinthe membraneux, et ont considéré le volume de celui-ci dans l'état de vacuité, tandis qu'il devait être évalué dans t'état de plénitude. Vides, les canaux demi-circulaires membraneux se réduisent en etTet à un lilament d'une extrême ténuité; pleins, ils oiïrent des dimensions beaucoup plus grandes.

Les tubes denii-clrciiiaires membraneux ne décrivent pas une couriie aussi régulière que les canaux osseux; ils sont légèrement llexueux, de

Kig. '1)7. ~ i. Branche vestibulaire ilii nerf araiialic|ur. !. n»[ii''au i)iie criU' branciie rournil au rarcnlc. — 3, Rainpau qu'elle fournil i l'utrioile. — 1. Rameau ijuVlIn fournil à l'ainpoule du tube membraneux |i<iitérieur. — ,'>, Ramoau qu'elle ilonni: à l'ampoule du tube membraneux externe, — Ti. Rameau i|u'<-lle donne à t'ainpuul>> du tube membraneux tupérJeur. — T. Rranelie eocbli'-enne du nerf aeoualiqui-, — K. IJnufon ouvert par ta partie iiipérieure piiur montrer an latne spirale dans laquelle ccUc branche vient se raiiiillrr.

Fig. 76». — 1. Branche veslibulaîre du nerf auditif. — 2. ^el■r «acculaira a'épauuuLiMnt en éventail sur le laerule. — 3. Nerf utriculalre ae terminant par une expansion rayonnée sur la partie antérieure de l'utricule. — i. Kat umpullaire poatérieur ae. .livisaut eu d«m lileis et s'irrarliant de la mâme manière. — Ti. Serf ampullaire externe se bifurquanl aussi, — fi, Nerfaiiipullairesupérieiir offrant le méuiemoda é

Ifille sorte qu'ils. répondent tantôt à Taxe de ces canaux, et tantôt à, leurs parois. Des filamenls de tissu cellulaire s'en détachent de distance en distance pour aller se perdre dans le périoste auquel ils les unissent.

L'extrémité ampullaire du tube membraneux supérieur offre la forme d'un ellipsoïde. Celle du tube membraneux externe affecte la même forme, le même volume et la même direction que la précédente. Celle du tube membraneux postérieur est arrondie. — Chacune de ces ampoules communique avec Tutricule par une de ses extrémités et avec le tube correspondant par Textrémité opposée. — Chacune d'elles se déprime à sa partie antérieure et donne ainsi naissance: 4^ à un petit sillon perpendiculaire à l'axe du tube ; S"" à un repli en forme de croissant qui cloisonne en partie sa cavité. C'est vers ce repli, ou crête muiUive, que se dirigent les divisions des nerfs ampuUaires; c'est dans son épaisseur que celles-ci s'anastomosent et se terminent; il peut être considéré comme une sorte de papille semi-lunaire.

L'extrémité non ampullaire des trois tubes membraneux s'ouvre dans Tutricule par deux orifices : l'un de ces orifices, commun aux tubes supérieur et postérieur, est arrondi; l'autre, qui dépend du tube externe, est arrondi aussi, mais précédé d'une dilatation infundibuliforme.

Injectés au mercure, ces tubes peuvent. supporter la pression d'une colonne de 40 à 50 centimètres de hauteur sans se dilater d'une manière sensible.

Leur structure ne diffère pas de celle du saccule et de l'utricule, trois couches composent aussi leurs parois. Selon quelques anatomistes, la couche moyenne ou membrane propre serait surmontée du côté de l'épithélium de véjçétations ou papilles qu'on observerait seulement chez l'adulte, papilles dont l'existence a été considérée par d'autres comme un fait plutôt pathologique que normal. — Au niveau de la crête auditive des ampoules, la couche conjonctive se replie pour prendre part a leur formation, de mémo que les deux couches internes. La disposition de l'épithélium et dos nerfs sur chacune (lo ces crêtes rappelle celle qu'ils présentent dans lo vestibule membraneux au niveau des taches blanches.

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