CIRCONVOLUTIONS DU CERVEAU. H
Tons, par conséquent, à la seule inspection du crâne, reconnaître leurs ilimensions, apprécier les facultés qui leur sont inhérentes, et mesurer en quelque sorte le développement des unes et des autres. De là l'origine de la crâniascopie^ instituée par Gall au commencement du siècle, et exposée par cet auteur avec un talent digne d'une meilleure cause. Parmi tant de brillantes doctrines, bAties sur le sable mouvant, il n'en est aucune peutêtre qui repose sur une donnée plus vaine et plus illusoire. Rappelons brièvement en effet :
i" Que les circonvolutions de la face interne des hémisphères ne sont nulle part en rapport avec les parois du crâne, et qu'elles échappent «^ l'inspection de nos sens;
4* Que les circonvolutions de la face inférieure se gravent sur les parois de cette cavité, mais qu'elles sont inaccessibles aussi au sens de la vue et du toucher;
3* Que les circonvolutions de la face externe s'impriment à peine sur la partie correspondante de la boîte osseuse.
Ainsi les deux tiers des circonvolutions se dérobent à notre examen; et les autres, c'est-à-dire les seules qui répondent à une région découverte, se trouvent séparées de celle-ci par une couche de liquide, en sorte qu'elles la touchent seulement par leur sommet, et n'y laissent que des empreintes fugitives, à peine apparentes.
Mais admettons que les circonvolqtions de la face externe se gravent aussi fortement sur la voûte du crâne que les inférieures sur sa base. Ces dépressions, si profondes qu'on les suppose, nv seront pas un argument qu'on puisse invoquer en faveur de la crànioscopie; car elles portent uniquement sur la table interne des os, ainsi que j'ai pris soin déjà de le faire remarquer. Jamais elles ne s'étendent jusqu'à leur table externe, quelque minces qu'ils soient. Voyez l'écaillé du temporal : elle est couverte en dedans d'éminences et de dépressions; elle n'en présente aucune trace en dehors. Voyez la voûte orbitaire, plus mince encore, et cependant si inégale du côté de la cavité crânienne, si unie du cùté de l'orbite!
3* StrucUirc des ciiconvolulions.
Lorsqu'on divise les circonvolutions dans toute leur épaisseur et perpendiculairement à leur direction, on reconnaît qu'elles sont constituées : i" par un noyau de substance blanche; i"" par une couche de substance grise qui recouvre ce noyau central en s'étendant d'une circonvolution aux circonvolutions voisines.
Le novau blanc ou central se continue avec la substance médullaire des hémisphères dont il représente un simple prolongement. — La couche grise ou périphérique se continue avec elle-même. Embrassant toutes les saillies qu'elle rencontre, descendant du sommet de celles-ci au fond des
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îitilVacluosilos, oWo est cararlérisôc surtout par sa ilisposition ossontiolleinoiit oiululousp.
Los deux substances ne prennent pas une part égale à la constitution des replis cérébraux. La couche grise, dont Tépaisseur varie de 2 à 4 millimètres, en forme les deux tiers. Leurs proportions relatives se modifient du reste non-seulement selon Tàge et les individus, mais chez le même individu pour les différentes circonvolutions, et souvent même sur la même circonvolution pour les divers points de sou étendue.
La couche grise ou corticale des circonvolutions a été étudiée et décrite avec beaucoup de soin par M. Baillarger. Cet auteur a démontré qu'elle n'était pas formée d'une couche unique, comme on l'avait pensé jusqu'alors, mais de six couches superposées et alternativement blanches et grises. Lorsque, après avoir divisé verticalement de son sommet vers sa base une circonvolution d'uri certain volume, on examine la surface de section, on parvient dans quelques cas à distinguer à l'œil nu ces diverses couches. Mais elles deviennent plus distinctes pour l'œil armé d'une loupe, et beaucoup plus apparentes encore si on les regarde par transparence. Pour les observer dans cette dernière condition, on enlève par une coupe verticale une tranche» très-mince de substance grise sur le sommet «l'une circonvolution; on l'étalé entre deux lames de verre qu'on fixe Tune sur l'autre avec de la cire, puis on la place entre l'œil et la lumière d'une lampe ; et l'on remarque alors en allant de dedans en dehors : que la première couche est transparente, la seconde opaque, la troisième transparente, la quatrième opaque, la cinquième transparente et la sixième opaque. En examinant ensuite cette même tranche à la lumière réfléchie, on voit que les couches transparentes sont grises et que les couches opaques sont blanches.
Ces div<'rses couches n'offrent pas une épaisseur égale. Souvent la troisième couche, en procédant de la plus profonde vers la plus superficielle, est extrêmement mince; dans ce cas, les deux couches blanches (ju'elle sépare semblent se confondre, et alors on ne distingue bien nettement que trois couches. D'autres fois la première et la troisième couche sont comme atrophiées et d'une couleur pâle qui tranche peu sur celle des couches blanches; lorsque cette disposition existe, les quatre premières couches n'en forment plus qu'une seule d'un aspect tout spécial qui constitue la couche jaune ou interstitielle admise par quelques auteurs entre la substance médullaire et la substance corticale des circonvolutions.
La substance blanche, ou le noyau central des circonvolutions , est composée de fd)res nerveuses qui se juxtaposent pour former des lamelles. Celles-ci, «lisposées en éveidail et appliquées les unes contre les autres comme les feuillets d'un livre, se laissent asî^ez facilement séparer sur un cerveau qui a séjourné quelque temps dans l'alcool concentré, ou qui a été soumis à l'action de l'huile bouillante.
CIRCONVOLUTIONS DU CRRVEAU. 71
Les UmMfs Cftilralfs sont vcrlicalo-s. Les aiilri>s .se tlirifii-iit nbliqui-niciit iIp la base (li<s rirconvolulions viTs li'iirs fm-is lair:ra|ps.
l'anrRuue^ à lu fouirhe corticale, les libres i|ui i'nni|ioseiil res lamelles h péaétrent et la tnivirsent; i|itp.|qut!.s-uiieM arrivent jusqu'à sa Kuperlicie qu'elles recouvrent. Eu regardaul par lrans|iareiicR uue milice lame de )a iubslauce (crise des circouvolulioiis, ou recotiiiail que les couches blanchiw cumprises dans sou £pai»iseur sout cunslituées surtout par ces fibres qui jurcheiit eu rajounaul du centre vers la )>énphcrie, et qui se conliiiiteiil avec les prolouKemeiits des cellules situées sur leur trajet. ,
Fiu. UV.
altemaliïi'-
Rg.jl. — Les sis eriui'lii-s <| amX piset et blaïulies.
rix, s. — Coupe gnMsie il'uin; rircniivoluliiin. — l.n iiinilié gnurhn est vue i la lamtère r*ll«hic. Les t\\ courtip», nllenialivemcnt ([ri»es el t)lanche», sent disposai emm duiu la llKiirn prn-éilcnte. — Sur In moitié itmilr, vue |Hir[ran<l>ar(>nce,Ieirour|]e« nédnlliires wnt tehiténii en nqir parce qu'elle» ne Iraiiitmett'inl pn» lu luniiéri- ; tes murhet grises qui la Iransnii'ltcul .sont au ruiitrnirc Iciulées un blimr.
îig, 3. — t'aupr irunc circonvolution uionlnint l'iii^ln «luiisseur île» rniiclii's bUiiclies. Au premier aspect, on ne iliitin|{ue «ur cette niuiie i|ue trois coucheii, deux linieiel une blaïu'hc inicniiéiliaire. En l'c'xauiinaut plu» nUnntivpment, ou retrouve le» •lIi cniiches ; »euleiiii>nlli>s cuuchesblauehus supcrllcielti' et imifiuiile sunt Irci-minrel.
Fig. i. - - Ciiupi' d'une cirronvoluliou iiiiintrant les lmi« l'uui-lies île la siibïtanre ifriie lello qu'elles ont été vue» par Vieq d'Aïyr sur le lobe occipital.
Fig. j. — Disposition railiée qu'alTectenl les libres blanches ilans la substance grise dn cirronvolutioni.
Fig. 6. — Coupe d'une circonvolulion du cerveau (l'un nouveau-né. Cette coupe est vaf i 11 lumiJre réfléchie ; elle présente un as|)ecl linmogène.
Tig. 7. ~ Cette m^e coupe, vue à la lumière transmise. Elle attre une stratincation n rairannéa analogue» à celles qu'on observe chei l'adulte.
72 NÉVROLOGIE.
Mais, iiulépendammont de ces fibres divergentes, il eu existe d'autres dont la direction esl oblique ou parallèle à la surface du ceneau. La couche blanche superficielle des circonvolutions contient un jçrand nombre de ces lubes qui croisent les fibres rayonnantes et qui semblent passer d'une circonvolution aux circonvolutions voisines pour les unir entre elles, de même que les précédentes unissent la substance grise périphérique aux divers noyaux de la substance grise centrale.
§ 2. — Conformation intkrieire du cerveau.
Celte conformation doit être étudiée sous deux points de vue, d'abord' dans son ensemble, puis dans ses principaux détails.
Le trait le plus saillant de la conformation intérieure du cerveau, c'est Texislence d'une grande cavité, à compartiments multiples, creusée dans sa partie centrale. Comment est constituée cette cavité?
Le cerveau se continue avec l'isthme de l'encéphale par l'intermédiaire de deux gros faisceaux de substance blanche, appelés pédoncules cérébraux; il semble formé par l'épanouissement de ces pédoncules qui se portent obliquement en haut, en avant et en dehors, en divergeant et se renflant de plus en plus. A leur entrée dans les hémisphères, l'un et l'autre présentent un premier renflement, c'est la couche optique; et sur un point plus élevé un second renflemeid, c'est le corps strié. Au delà de celui-ci, ils rayonnent dans tous les sens pour aller se terminer dans les circonvolutions.
De la marche divergente des deux pédoncules résulte un espace angulaire, qui s'élargit de bas en haut, et que diverses parties viennent circonscrire : or, c'est l'espace circonscrit par ces diverses parties qui forme la grande cavité centrale du cerveau.
Cet espace est limité en haut par le corps calleux, c'est-à-dire par l'ensemble des fibres qui passent de l'hémisphère droit à l'hémisphère gauche, et qui, en se juxtaposant, constituent pour ceux-ci une longue et large commissure. Il a pour limite inférieure les tubercules mamillaires, le corps cendré, les couches optiques et les corps striés ; pour limite antérieure la partie réfléchie du corps calleux et la lamelle triangulaire des nerfs optiques; pour limites latérales le sillon qui sépare le corps calleux des corps striés.
Ainsi délimitée, la cavité creusée dans l'épaisseur du cerveau s'étend : dans le sens vertical, des tubercules mamillaires au corps calleux; dans le sens antéro-postérieur, de l'une à l'autre extrémité du même corps; et dans le sens transversal, <le l'un à l'autre bord de celui-ci. — Fermée de cinq cùlés, la cavité reste ouverte en arrière : c'est à celte ouverture demi-circulaire qu'on donne le nom de grande fente cérébrale.