PARALLÈLE DU SENS
elle a construit uu devant de leurs dernières divisions un appareil acoustique représenté par le pavillon de Toreille, et au delà de celui-ci un second appareil de renforcement constitué par la caisse du tympan.
A chaque sens est annexé un petit groupe de muscles. — Sous la peau on trouve des muscles membraniformes qui ne lui adhèrent en général que par une de leurs extrémités : ce sont les muscles peauciers, très-rudimenlaires chez l'homme, où on les observe sur les parties latérales du cou, autour du crAne et à la face, très-développés au contraire dans un grand nombre d'animaux. — Sous les papilles de la langue existe un corps charnu qui lui imprime des mouvements variés, et qui, en s' appliquant aux diverses parois de la bouche et surtout à la paroi supérieure, lui permet d'écraser certaines substances sapides et de les étaler à la surface. — L'entrée des fosses nasales est entourée d'un appareil musculaire qui la resserre ou la dilate, suivant que les molécules odorantes nous sont pénibles ou agréables. — Deux groupes de muscles appartiennent au sens de la vue et de l'ouïe : l'un, superficiel, chargé de mouvoir les sourcils, les paupières, le pavillon de l'oreille; l'autre profond, qui dirige la rétine vers les objets dont nous voulons recevoir l'impression , et qui tend ou relâche la membrane du tympan.
Entre tous nos organes, les sens se distinguent par le grand nombre de branches nerveuses qu'ils reçoivent. Quelques-unes de ces branches, les plus grêles en général, vont se perdre d:ins leur appareil musculaire. Les autres sonl des branches sensitives qui président, celles-ci à la sensibilité spéciale, celles-là à la sensibilité générale.
Les organes de l'ouïe, de la vue et de l'odorat ont pour siège de leur sensibilité spéciale les nerfs acoustiques, optiques et olfactifs, et pour agents de leur sensibilité générale des branches émanées de la portion ganglionnaire de hi cinquième paire. Ces deux ordres de fibres nerveuses se retrouvent-ils aussi dans le sens du goût et dans celui du tact? La plupart des physiologistes répondent négativement. J'incline plutôt vers l'affirmative. De ce que la glosso-pharyngien et le nerf lingual président à la fois à la sensibilité tactile et gusiative, pouvons-nous légitimement conclure en effet que chacune de leurs fibres réunit en elle ces deux aptitudes? Puisque les deux modes de sensibilité sont confiés, dans les autres sens spéciaux, à deux ordres difi'érents de tubes nerveux , n'est-il pas plus rationnel d'admettre qu'il en est de môme pour le sens du goût, sens tout aussi spécial que ceux de l'odorat, de la vue et de l'ouïe? Pouniuoi n'existerai t-ii pas sous le névrilème du glosso-pharyngien et sous celui du lingual des fibres de deux ordres, les unes affectées à la sensibilité générale, les autres à la sensibilité spéciale? Au lieu de former des branches et des divisions distinctes, elles se trouveraient mélangées, il est vrai, de la manière la plus iiitinn*. Mais ne voyons-nous pas les nerfs moteurs et les nerfs sensitifs se mêler
ainsi sur presque toute l'étendue de leur trajet? El cependant les deux ordres de fibres qui composent les nerfs mixtes ne diiïèrent'pas moins que les deux ordres de fibres préposés à la sensibilité.
Les considérations qui précèdent sont également applicables au stns du tact, car la peau est douée aussi de plusieui*s modes de sensibilité. Li sensation que nous éprouvons au contact des corps différa beaucoup de celle qui succède au chatouillement , de celle que détermine Timpression d*un corps froid, de celle que nous occasionnent les barbes d'une plume ou le piétinement d'un insecte, etc. ; dès lors ne sommes-nous pas autorisé à penser qu'à chacun de ces modes de sensibilité correspond aussi un ordre particulier de fibres sensitives ?
Comparés dans leur situation, les organes des sens pourraient être distingués en médians et latéraux.
Les sens médians, au nombre de deux, celui du tact et celui du goût^ se rapprochent par une grande analogie, soit qu'on les considère dans leur partie fondamentale ou dans leurs parties accessoires : un contact immédiat est la condition nécessaire de toutes les impressions qu'ils éprouvent. Peu importe que les agents de ce contact se présentent le plus habituellement à l'étal solide pour le premier, et à l'état liquide pour le second.
Les sens latéraux sous ce point de vue diffèrent beaucoup des précédents. Pour eux, plus de contact immédiat; un fluide subtil, intermédiaire, leur transmet les effluves odorantes , les ondes lumineuses et les ondes sonores émanées de corps plus ou moins éloignés; aussi leur partie essentielle se montre-t-elle plus délicate et leurs parties accessoires plus compliquées.
FIN DL TOML TltUl$lÈME.