‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 3)Chapitre 216 sur 223 · PARALLÈLE DE CES ORGANES · texte numérisé non relu

PARALLÈLE DE CES ORGANES

Les organes des sens varient dans leur mode de conformation et leur struclure comme, les excitaiils qui doivent agir sur eux varient dans leur nature. Cependant, en les comparant entre eux, on ne tarde pas à recon-i naître qu'ils comprennent dans leur composition une partie essentielle ou commune, et des parties accessoires propres à chactm d'eu>.

La partie eMentieiie OU fondamentale des sens est une membrane, représentée par le derme pour le sens du tact, par la muqueuse linguale pour le sens du goût, par la pituitaire pour le sens de l'odorat, par hrétine pour le sens de la vue, par le labyrinthe membraneux pour le sens de l'ouïe.

A l'aspect de cette membrane douée d'une sensibilité exquise, et commune à tous les sens, on ne saurait méconnaître l'étroite parenté qui les unit. Tous dériveiit évidemment d'un même type dont le sens du tact nous offre l'expression la plus simple: goiiter, c'est toucher avec l'organe du goiit les molécules sapides des corps ; odorer, c'est toucher avec la pituitaire leurs molécules odorantes; voir et entemire. c'est, loucher avec la rétine et

le labyrinthe membraneux, d'une part, les vibrations que ces mêmes corps impriment à Télher, de l'autre, celles qu'ils transmettent à l'atmosphère.

Les parties aceeasoircs des sens Ont pour attributions, tantôt d*atté* nuer les impressions qu'ils reçoivent, et tantôt de les favoriser.

Les premières jouent le rôle d'organes protecteurs; en modérant Faction des excitants, elles ménagent la sensibilité de l'organe fondamental qui ne tarderait pas à s'émousser. A cette classe appartiennent la couche épidermique de la peau et celle de la langue qui protège les papilles sous-jacentes ; réminen(^e nasale, qui protège' la pituitaire contre Faction des corps étrangers et même contre l'influence trop directe du courant odorifère; le constricteur des nannes, qui dévie ce courant ; les sourcils, les paupières et l'iris, qui refusent l'accès de la rétine aux rayons lumineux lorsqu'ils se présentent trop nombreux ou trop éclatants ; les muscles, qui détournent le pavillon de Toreille des sons trop aigus; la membrane du tympan et son muscle tenseur, dont le rôle est analogue, etc.

Les secondes , plus importantes, remplissent une destination opposée : elles facilitent l'accès des sens aux excitants du dehors, multiplient les points de contact entre ces excitants et l'appareil sensorial, accroissent par conséquent l'intensité des impressions qui seraient trop faibles pour être perçues, et ajoutent par ce mécanisme une nouvelle étendue à la sphère de nos sensations. Nulle part peut-être la nature ne s'est montrée plus admirable dans ses œuvres que dans les moyens mis en usage pour réaliser ces divers perfectionnements.

Nous l'avons vue, pour communiquer au sens du tact plus de délicatesse, hérisser le derme de papilles dans lesquelles viennent s'épanouir les dernières divisions des nerfs sensilifs; et dans les régions où ces papilles sont le plus développées, leur donner pour point d'appui un appareil mécanique composé de pièces multiples et mobiles, de telle sorte que si les corps exiérieurs ne s'appliquent pas à elles, ou s'y appliquent mal, celles-ci * peuvent s'appliquer à eux et en parcourir tous les contours.

Pour perfectionner le sens du goût, elle l'a recouvert aussi d'innombrables saillies; puis elle a placé dans son voisinage des organes sécréteurs chargés de-, dissoudre les corps sapides et d'inonder de leurs molécules le corps papillaire de la langue.

Pour développer le sens de l'odorat, elle a multiplié la surface de la pituitaire en l'ét liant sur des lames osseuses roulées en volutes.

Pour faciliter aux cônes lumineux partis des divers points de l'horizon l'accès de la rétine, elle a disposé au devant de cette membrane un appareil dioptrique qui lui transmet une image réduite de tous les corps exposés à nos regards, et un diaphragme qui élimine de ces cônes les rayons excentriques, afin de donner aux images une plus grande netteté.

Pour favoriser l'ébranlement des nerfs de l'audition par les ondes sonores,

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