‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 3)Chapitre 31 sur 223 · CERVELET · texte numérisé non relu

CERVELET

Le cervelet est cette juirtie de rencéplialc qui reposa» sur la partie la plus reculée et la plus déclive de la cavité du crAne. Il est situé : au-dessous du cerveau, avec lequel il se continue par les pédoncules cérébelleux supérieurs ; au-dessus du bulbe rachidien, avec lequel il se continue par les pédoncules cérébelleux inférieurs ; en arriére de la protubérance qui lui est unie par les pédoncules cérébelleux moyens.

Lié au premier de ces org:anes en avant, le cervelet en est séparé dans le reste de son étendue par la tente cérébelleuse; continu avec les deux derniers sur les côtés, il en est séparé sur la ligne niédiant» par un espace irr^lièrement losangique qui constitue le quatrième ventricule.

Poids, volunii*, coii!}i»tance du (MTvoU't.

Le poids absolu du cenelet, séparé du cerveau, de la protubérance et de la moelle éplnière par une section faite $ur Toriginc de cliacun de ses pédoncules, s'élève à 143 grammes chez rhomme. Précédemment, nous avons vu que le poids moyen du cerveau daîis le sexe masculin est de 1167 grammes. En comparant, sous ce point de vue, les deux orgaïuîs, on voit que le premier est au second connue KH) est à 875. Ainsi le volunu^ du cenelet est la neuvième partie environ de celui du cerveau.

a.— L<? poids et le volume du cenelet sont-ils en raison inverse du poids H da volume du cerveau"^ — Lorsque la masse encéphalique dépasse ses dimensions ordinaires, c'est surtout le cerveau (|ul augmente de volume ; le cenelet ne partici|)e pas au développement de l'encépliale dans les mêmes proportions. Parlant de celte donnée géiiénilement vniie, quelques anatomistes, à la léle desquels on doit placer Cuvier, ont pensé (}ue le volume du cervelet, comparé au volume du cerveau, se réduit d'autant plus que l'animal est plus intelligent. Mais Tobservalion démontre qu'une classification des animaux éUiblie sur une telle base ne les place nullement dans l'ordre que leur assigne leiu* intelligence respective. En parcourant le tableau dans lequel Leuret a réuni aux résultats qu'il a obtenus luus ceux qu'il a pu recueillir dans les divers auteurs, on voit que

110 NÉVKOLOtilE.

les singes (iesceiuleiit au niveau des rongeurs; le cheval est au-dessous de la taupe ; Thomme se range modeslemenl à côté du bœuf; le hérisson et le lièvre niaroheiil fiùreincnl en tète de la série.

En prenant la moyenne de tous les résulîats consignés dans ce tableau, on trouve que le poids du cervelet est à celui du cerveau dans les mammifères comme 1 est à 5,91. Dans les oiseaux, ces deux organes sont enlre eux dans le rapport de 1 à 6,18. Ainsi le poids et le volume du cervelet seraient un peu moindres chez les seconds que chez les premiers, ce qui donnerait aux oiseaux un cerveau plus volumineux, et par conséquent une place plus élevée dans la hiérarchie de Tintelligence.

De tous ces faits, nous pouvons conclure que le rapport existant entre le poids et le volume du cervelet d'une part, le poids el le volume du cerveau de Taulre, est extrêmement variable et indépendant des facultés cérébrales départies aux divers animaux.

b. — Le poids et le colume du cervelet comparés au poids et au volume du cerveau varient-ils avec Vdge? — Chez le fœlus el pendant les premières années de Penfance, il est facile de constater que le cervelet ne présente pas un développement proportionnel à celui du cerveau. Chaussier a vu cet organe chez le nouveau-né ne représenter que la 17% la !21% la "HY et même une fois la 83" partie du poids total du cerveau. Plus tard, lorsque s*efface la prédominance du cerveau, le volume du cervelet acquiert peu à peu les dimensions relalives ([ui lui sont propres.

c. — ÏjC volume du cervelet est-il le même dans les deux sexesf—^elon (lalï et Cuvier, le cervelet serait plus volumineux dans le sexe féminin. Si ces auteurs ont voulu parler du poids absolu, leur opinion est erronée; mais s'il s'agit du poids relatif, elle est exacte. Précédemment, en eflet, nous avons établi :

l'Que le poids moyen de l'encéphale de l'homme s'élève à 1858 grammes, celui du cerveau à 1 187, cel;ii du cervelet à 1 W ;

2" Que le poids moytMi de l'encéphale de la femme est de 1256 grammes, celui du cerveau de 1093, et cehii du cervelet de 1.^7.

En rapprochant les chiffres 113 el 137 des chiffres 1358 et 1256, on reconnaît que si le poids absolu du cervelet est plus considérable chez Thomme, son poids relatif est au contraire plus petit, puisque cet organe chez lui est au poids de l'encéphale comme 105 est à lOOO, et chez la fennne comme 109 est à 10(X).

Consistance du cenelet. '■^ li est fréqueni, au moment où Von enlève l'arachnoïde et surtout la pie-mère cérébelleuses, de détacher de la surface du cervelet des lambeaux plus ou moins étendus de substiince grise, el même de voir celle-ci en parlie ramollie former une sorte de pulpe.

Celle altération rapide tient à plusieurs causes, parmi lesquelles on doit mentionner surtout le mode de constitution du cervelet dont la sub-

CONFORMATION EXTÉRIEURE Dl CKRVELET. III

slance grise ou corticale forme l'élément principal. On sait, eu effel, que cette substance est beaucoup plus riclie en vaisse.iux que la médullaire, et que les tissus les plus vascul lires sont ceux en général qui s'altèrent avec le plus de rapidité.

Comparée à celle du cerveau sur un animal qui vient d'être sacrifié, la surface du cervelet offre du reste à peu près l:i même cmisislance.

§ 1. — CONKORMATIOX EXTKlUKrUK I»U CEUVELET.

Vu supérieurement, le cervelet représente un segment d'elli|)soHle dont le pourtour serait échancré aux deux extrémités de son petit axe dirigé d'avant en arrière. Vu inférieurement, il apparaît sous la forme de deux segments de sphères unis l'un à l'autre sur la ligne médiane par la circonférence de leur base.

Ce mode de configuration permet de distinguer dans le cervelet trois parties : Tune moyenne qui forme le lobe médian, el deux latérales (}ui constituent les lobes latéraux ou hémisphères cérébelletw,

liClobe médian existe dans tous les vertébrés. — Les lubes latéraux n'existent que dans les mammifères, où on les voit, comme les circonvolutions, acquérir des dimensions graduellement plus grandes en remontant la série animale. D'un très-petit volume dans les rongeurs, ils prennent des proportions plus grandes dans les ruminants, les solipèdes et les carnassiers, deviennent plus considérables encore dans les dauphins et les singes, et arrivent chez Thomme à leur maximum de développement :

Lobe médian peu volumineux, lobes latéraux très-développés, t(*l est donc le caractère du cervelet de l'homme ;

Lobe médian très- développé, lobes latéraux peu volumineux, tel est le caractère du cervelet des mammifères;

Lobe médian Irès-développé el unique, tel est le caractère du cervelet des oiseaux, des reptiles et des poissons.

Il suit de ces données : 1" que le lobe médian représente la partie primitive ou fondamentale du cervelet; â" que le volume si remarquable des hémisphères cérébelleux chez Thounne est un des traits par lescpiels son encéphale se distingue au plus haut degré de celui des animaux.

Le cervelet est symétri(|ue lorsqu'on l'envisage d'une manière générale. Mais, de même que le cerveau, il cesse de l'être lors(|u'oii examine comparativement les détails qui se correspondent de rha(|ue côté. Il n'est pas très-rare du reste de voir des encéphales sur lescpiels l'un des hémisphères cérébelleux plus volumineux que celui du c(Mé opposé.

Considéré dans sa conformation extérieure, le cervelet nous présente à étudier une face supérieure, une face inférieure, une circonférence et des sillons (pii segmentent sa périphérie en lobules, lames et L'unelles.

112 NËVROLOGIE.

A. F*e« ■■périMire do cemiet. — Recouverte par la tente du cervelet et les hémisphères cérébraux, elle ofTre de chaque côté un plan qui s'incline en bas et en dehors, et sur la ligne médiane une saillie qui constitue la partie supérieure du lobe médian.

Cette saillie, plus prononcée en avant, où elle recouvre les tubercules quadrijumeaux postérieurs, la valvule deVieussens, et les pédoncules cérébelleux supérieurs, se déprime et s'eiïace graduellement en arrière. Elle est sillonnée transversalement et comme décomposée en anneaux qui rappellent les segments abdominaux de certains articulés, et particuliëremeot du ver à soie : de là les noms de vermis superior, de ver, d'éminmee vermiforme ou vermiculaire supérieure, sous lesquels elle a été désignée.

B. Face larérieare dm cerTciet. — Elle est en rapport par ses parties laléniles avec les fosses occipitales inférieures, et par sa partie moyenne avec le bulbe rachidicn.

Les parties latérales de la face inférieure, arrondies et convexes, constituent les hémisphères cérébelleux.

La partie moyenne, profondément excavée, se présente sous l'aspectd'un large sillon qui a reçu le nom de scissure médiane du certekt.

Vu:. iSr., — f,i,i- iiiiiêneuie iln cuT'Iet (V

I, 1. Einiiifncc veruikulfiirc sup*ri«iin', ilonl ri'Xtrémili- iiiitOrii'iiff a àlà un |icu rriiouïséi! m iirrièrc puur lni!>aiT vnir li-s tiilN^rrnlps ijiiadrijuiiiiMiu:!. — 3. Exlrémilé puttériuDrc Jvs deux énunciicc« Teriincutiiirei cl ili: la sciiiiurc médiane du crrvclet; — 3. Grand sillon circnnférenticl. — 4. Grund aillun île la Tact! aupéricure dn cervelet divi- <ant Cl'tlc race en ilrux |iriiii.'i|iMMX N-ipiH-uU. — ô. Serinent |iustérw(ir uflratit la tonoK d'un cruiuiint. — IS, 8, 6, G, II. Seipiieiit anlérieur. quadrilil^, caïupoié de cinq spftinrntii de ■n'ond imlre, rurviliiEUP», i-ninmi- In im^rédeiil : tnux T.ft M-pnpnU mnt tiitmé» île Inuie» et luwlkg jiixtapo!iéi>», sé)iaréi-K par iiuIhdI <k' silloii» dont la praron- ■leur vurie, — 7, T. (>>iipi- ■li's iM^doiicules cérébraux. — H. <^imiiii>iiurir ]H>sli:rieun: du reni'Hii. — '.I. Tiilicn:iili> i)ii:ii<rijiiiiiniii\.

CONFORMATION EXTKREBUHE DU CERVELET. It^

Si l'on soulève le bulbe rachidien en le portant en haul et on nvant, et »i eo même ti^mps on écart* suffisanimeiit les deux li-vres de la scissure médiine, on aperçoil profond unie ut une saillie cruciale igui représente la partie inférieure du lobe médian : cctlc saillie eonslilue Véininmee rennîfomt ou rermUulaire inférieure. (Fig. iHl.)

Composée aussi d'anneaux ou jdutàt de lamelles transversalement dirigées, l'émincRce vermiculaire iiiférieuie se prolon};c par ses parties lalt-rates dans l'épaisseur de rbacun des liémisplières cérébelleux. — Son extrémité postérieure proémine sous la forme d'un tnWrcuti! entre les deux bords de l'èchancrure correspondante du cervelet; réunie aux deux brandies latérales, cette extrémité postérieure constitue hpyramide lamiaewse de Mala- ' urne. (Fig. 487.)

L'Klrémilé antérieure du rermin inferior flotte dans l'intérieur du <iuatrième ventricule, entre la valvule de Yieussens et la face postérieure tie la prolubérance. Vict) d'Azyr l'appelle émineno' mamiUaire, et Ciiaussier tubercule iamiiuuj; du quatrième lenlricule. .Malacarne , ({ui le premier a filé sur elle l'attention des-nnatonûstes, en a donné une Ixinne description sous le nom de luelle. Aplatie de baul en bas, libre et arniiidic en avant, adhérente en arrière, se continuant sur les cùlés avec les valvules de

tic iW. — Faee infiriturr. <lu crrvetel (ilnprf:» llirsrlilililj.

I, 1. EmineorG vi-miiciilairv iiif^rii^ure. — i, i. Sr'iMun- inrdiniu! du ci-rvi-lul, — %, 1,3. LobM et lubulM il»» linuuj>lu<ri>ii uérélMilli'ux. — i. AdijuiIbIi-k iiu Inliuli's du biilb^ racliiilien. — ô. Luliiiln ilu |ineuiiiu|[aiitrjqiir. — <■■ l*n>tutH!rui«i! ariiuilain'. — :. Sillon innlian iti- lu |ir<itill>i'Tnilïi\ — H. IVilniinili's n 'n'IicU'-iiK tiKiVi'ii». — 1). IIiiIIm' ivhidù'K. - 10. KxU^-nlil'- ^uit<'-ri.-,ir.- ilii cmikJ xilloii r>n'<>iirrivii<'i<-l <1ii ri-nrl.L ■

11. RnnI antérieur <li' la liir'i; MijMTiMiin' ilr i-r't inji ■■- 12, l'etilr i-ji^itw un rarim-

BMlrkc dei nrrf» trijuuii'aux. — !;!. tj'ur nnmsi: ririin' lUi ruiiiii- «-iisitiïf. -- 11. Nirf DDlmrrH-iiUircextmiP. — ir>. MiTThrial. - lf<. Vrr ili' Wri»hi-r)(. -- 17. Nerf aniutllqur. — \i. HiM-r {tli>3»i>-|itiaryui,'><ui. — l:i. Nerf |)ni;uiiii>gag)U'i<lui:. ~ i». ^IN'^ n|>iiij|, - il. \err grand lijpojtlouc.

:i Éorr. m — K

I li NÉVKOLOGIK.

Turin, elle |>r(Vnl(> m flll'ol i|ue1<jiio nnnlo^ii; avcr li' (iniilt' yU- lunli^'u-

ralion qu[ (li»Uri{ciie lit siiilHf nit'dÎHiie du vuilu iJii [lalnis.

Valcule» rfc Tlir/M. — dus valvules, ou mies mMuUaiifs ponterieuis de Ileil, laiiii's seini'lumtim île CimiiieiKe maviiltaire du cfnnU inferiur d» Vk-q il'^Vzyr, sont duux re)>lis meinbmDeuK silucs de chaque cAlé de la liielle, et semblables à reiix qu'on observe ft l'ori^iinc de l'arlërc piilmoii.iire. Chacun d'eux présente :

(in boni |i08tÈri«ur, convexe et adhéreiil à la paroi supérieure du quatrième ventricule.

l'n bord aniéncur, coriraM', lihrr, et oITriiiil une sorte il'iiijilel iiiiî :iii^'menle sou épaisseur.

, Une extréitiilé interne qui se cnnliniie aver la luette CKi-ébellcuse, cutniiie \i'n piliers antérieurs du voile du palais avec la luette palatine.

Lîne enli'ëmité externe qui contourne le corps restiforme pour aller se conlinuer avec le lobule du pneumo<;astrique.

{,' espace coiupris entre rliucune de ces valvules et la paroi supérieure du quatrième ventricule u été comparé par Heil a un nid d'hirondelle.

Les valvules de Tarin sont composée» de trois lames : deux extérieures, eonslituées par la membrane venlriciilaJre, dont elles sont un simple repli ; il une uioveune. de nature nerveuse, qui n'existe pas encore cbex le Ticlus (?l l'enl'anl, ipii n'arrive pas chez ladulle jnsipj'au bord libre, el qui

t. farUn oioyoïini! Uo l'ûmiaenca vvrmicuLiU'e iiir^ricure. — 3, S. âvs ptrlics talAnlra. — 3. Son cxtrémiU pMtirkuro riaOïii: «ii tulmrculu. — 1. Sati vxU^iiiiU «Dldrienre on luclle. — 5. VmIvuIm ilu Turin Ju cM itruil, 9>- cunliiiunrit un Ueittiii» nvoc ie Imnl RorroipaïKlwil lia la luirlU^, «t «u dHliun Htvc l" IdIiuIk du iinciiinagailriqw. — Lolxile du piieiiiiiagniUii|ii>', — T. Siirliica île seclioii iln* »nitg(UJns, » 8. Cnvilé itu iiiutriâniB ïrlilricillf. — !l, lliilliLi raclliiliuii." — 1U. l'rululitLiiiiti: uiiimJiiiiv

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