CONFORMATION INTÉRIEUHE DU CERVELET
Les lames du cervelet sont appliquées les unes contre les autres mais séparées par un mince, repli de la pie-mère. Leur bord libre répond à la périphérie de Forgane, et leur bord adhérent à son centre médullaire.
Les lamelleSy intermédiairqs au\ lobules et aux lames qu*elles unissent, ne s'élèvent pas en général jusqu'à la surface du cervelet, mais se trou- Tcnl comme ensevelies -dans la partie profonde des sillons du premier et du second ordre. Leurs dimensions relatives sont .du reste extrêmement variables, soi! que Ton considère leur longueur, ou qu'on les compare au point de vue de la hauteur qu'elles présentent.
§ 3. — Conformation intérieure du cervelet.
Le cervelet se compose, comme le cerveau, de substance blanche et, de substance grise.
La substance blanche représente la moitié environ de sa masse totale; elle C4)nstitue un noyau que la substance grise entoure de toutes parts.
Le noyau, ou centre médullaire du cervelet, peu considérable dans sa partie moyenne qui répond au lobe médian, se renfle de chaque côté, au niveau des hémisphères cérébelleux. De sa périphérie partent des prolongements qui rayonnent dans tous les sens pour se porter : les uns vers les lobules, lames et lamelles du cervelet, ce sont les irradiations intrinsèques; les autres vers le cerveau, la protubérance annulaire et le bulbe rachidien, ce sont les irradiations extrinsèques ou pédoncules du cervelet.
Les irradiations intrinsèques ou céi'ébelleuses proprement dites sont an nombre de douze à quinze. Elles présentent une forme arborescente; on les voit se diviser en branches, rameaux et ramuscules pour aller consliluer l'axe des lobules, lames et lamelles. (P'ig. 481). )
Les irradiations extrinsèques, ou pédoncules cérébelleux, au nombre de six, trois de chaque côté, présentent l'aspect de cordons divergents, et se distinguent, par leur position relative, en supérieurs, moyens et infé^ rieurs. (Fig. 490.)
Ui pédoncules cérébelleux supérieurs^ étroits et aplatis, se portent en haut et en avant vers les tubercules quadrijumeaux, sons lescpiels ils s'engagent pour se rendre ensuite dans les couches optiques et les hémisphères cérébraux. (Fig. 490, 5.)
les pédoncules cérébelleux moyens, beaucoup plus volumineux, se dirigent horizontalement en avant et en dedans vers la protubérance annulaire, qu'ils contribuent à former. (Fig. 493, 12.;
Us pédoncules cérébelleux inférieurs descendent obliquement vers le bulbe rachidien, auquel ils s'unissent. (Fig. 490.)
A leur point do départ, les trois pédoncules du même côté correspondent à un noyau ovoïde qu'entoure une membrane jaunâtre, alternalivet»
\-]H NÉVROLOGIE.
mcnl sailWnlP et rpritrintc. (> noyau, di'crit jiar Vieusscns sous le nom de corps rkomboi/ial, osi ippcU^ avec plus île vérité, par Vicq d'Azyr, corpi ilmtfU ou fe'doinié (Fir. 488 et 489.)
Pour (tudiii le corps dentelé, le centre médullaire, les irradiations qui etninenl de ce centre et le rapport qiin présentent ces irradiations a\ct 11 subst inte gri\e ou cortialc du corveiel, trois coupes au moins sont neccs«!iires t une verfîcale et médiane; la seconde verticale, latéraJe et p-irallèlc lu pédoncule cérébelleux moyen ; h troisième liorizontale.
la coupe midiine et verticale permettra de constater : 1° la forme c\liinlroiile du lobe nadian; 2° les irradiations arborescentes qui se portent du centre médulhire dans les lobules, lames et Inniclles de ce lobe, et qui, implantées sur ce cimtre commun, forment avec celui-ci Varbre de vie du lobe médian ; 3° en debors de ces prolongements arboriformes, la substance grise qui les recouvre à la manière d'une membrane pliée et repliée sur elle-même; 1" enliii la continuité de la valvule de Vieussens avec cette substance grise et le centre médullaire. (Fig, 466, 29.)
La coupe prati.piée sur l'hèniisphére cérébelleux, parallèlement au pédoncule moyen, nmiitrera : 1° le corps rbomboldal dans sa plus grande longueur, qui est à peu près double de sa iiauteur et de sa largeur; 2' la
h'ii;. ISS. — i:ouiie lioriioiiliilf ilu cfrri'lfl,ileiiUnéi' Il inoHtrei' soa centre mé'Iullaire et le» ifenx air/Hi WionifwitdaM.r.
I . Tiili.Tciili's i|iiaiirijuu us. ^ â. Vulviili- ili! Vipiusrns. — 'i. Pédoneiilc cérébplleui
supérieur. — 1. Piiriiit Mi[ir>riniirp Jb ];i ]irritiihéranEe anniihire. — 5. Origine du liHlniiculc n n-br.Ll. — li. Silliui liilùrui ilir ristliitin île feiicépliiilc. — 7. RubHn de Rril. ■ - M. CurJoii r|iii unit Ir* immKar.m tettrji nii cnrpa KPitouillé iiitprnp.— '■). Golannt ie Livalïiilf clo Vicusii-m. — 11) UiiipH)! Rri«c de cfitli" v-ilvu!"-. — 11. Kilires posl^ ripiiri'» ilii nili»[| (le lii'il, sp ri-Riiiirbniit |)our coiitrilmw h fumier rPtlo valvule. — 1:». Filiifs sitiicM'li-iircs ihs |ir''.li meules ct'réluîlli'iix moyenn. — 13. Ceritm mértnllaira du cervelpt. — 11. (':iirps rlionilioidaiii.
CONFORMATION INTÉRIKURP. DU CKRVELKT. 11!(
conlinuilé du centre médiitlaire nvoc In pédoncule nioyrn cl 1» protub^nnre; â* les proloncements qui sV'lendi'nt di; ce rentre vers Ip:^ lolules, lames et lamelles de rhémi.sjihêrc cérélielleiix, |)ii>)oii^i'iiii'nts collectivenwnl désignés sous le nom d'arhrv de rin den lolft liilfriinx; 4* l'iuégale profondeur des aillons; 5° les dimensions rektivcs des divers lobulex. Ainsi on reconnaîtra facitement quo les lobules postérieurs ou circonféitDciets sont les plu^ volumineux et les plus loug^ ; «jue eeu\ de la face inférieure sont un peu moins alloii):és que 1rs précéileuts, et ceux de la fare supérieure plus réduits encore dans leur volume. (Fig. -I8',l.)
l'ne coupe horizontale pralii)uée au niveau de la valvule de Vieusseus rides pédoncules cérébelleux supérieurs découvrira les deux corps denttlés, dont il sera Tacile alors d'apercevoir la direction et lu situation mpeclivc. Faite uti peu plus profoiidéuicnt, la même coupe entamera In paroi supérieure du quatrième ventricule, et l^>n pourra remarquer : !• pe les deux corps dentelés sont ouverts eu avant et en dedans; î'qu'ils répondent par leurs extrémités antérieure et interne aux angles litjraux du quatrième ventricule et au point de départ des trois p^'tdontules; 3' enfin que la luette et l'extrémité correspondante des deiiv imt^tlales floltent dans l'intérieur dq quatrième veiitriculi'.
Fin. WB. — Arbre de mr de» hénàipkfreii cêréMUux. 1,1. Corps riiambuii lai nu oIîvp ri-ratu-Ui-nw ilmil !'■ «rarnl h"p ''«t alli>n|t* 'rarriArc r-ii iiml et de deliiini m clmliiiiii. — î. frolub^raiicc aiiiiulairp. — i. I^upi; ilii |iMr>nriil<- «réWleiin moïen pi ilii wHin' iné'lullnirp ik. riinini«|ihiT« Raiielin tlu cn-vrlfil. — 4, 4. (, i. Pwlonttenienis qiii ■'iiianent iIp en rwtffi pour iiHi-tiliiPr l'axw ilfil liibw, hiliule>, \mn cl lanM-Deii ilii vctypIi'I ; on pnit nrnarqiMT rpie \f* iirnloilRcniMit» ilrstin*» i ta fafit luptofuiT wnl Iwaiiriiup plu» i-mirt» i\ar 1rs inrrt-ieiim ri Im poili'ripuni. — 5, fi. IMivR ilu hiilhr rai'hiill>'ii. — li. Pyraniiik aiitrripiin-. — 1. Ï.W<-i»Hé siipiTlniirP iIp la iiiwllc
§ 4. — Dr QUATRIÈME VENTRICULE, OU VENTRICULE DU CERVELET.
Le quatrième ventricule est une cavité intermédiaire au cervelet, à la protubérance et au bulbe rachidien.
Cette cavité est située sur le prolongement du canal central de la moelle dont elle représente un simple évasement. Pour la constituer, les trois parties qui précèdent s'unissent de la manière suivante :
La protubérance et le bulbe racbidien, continus Tun à l'autre, forment un premier plan tourné en haut et en arrière. A ce plan le cervelet oppose : i" sa partie médiane et inférieure, qui ferme le ventricule en arrière; 2** ses pédoncules supérieurs et la valvule de Vieussens, qui ferment le ventricule en haut ; 3^ ses pédoncules moyens et ses pédoncules inférieurs, qui se continuent, les premiers avec les parties latérales de la protubérance annulaire, les seconds îivec la base du bulbe rachidien, et qui ferment ainsi le ventricule en dehors.
La cavité ventriculaire est donc limitée en avant, en arrière, en haut et en dehors par des parties nerveuses. Mais comment est-elle limitée en bas? Ici elle est close par deux simples lamelles dépendantes de la pie-mère, s'étendant des parties latérales du bulbe raciiidien à la face interne des amygdales; encore ces lamelles ne sont-elles jamais réunies l'une à l'autre à leur extrémité inférieure, en sorte que dans ce point le ventricule reste ouvert et en libre communication avec l'espace sous-arachnoldien.
La quatrième ventricule, par son mode de configuration, rappelle la figure d'un lozange dont le grand axe, très-obliquement descendant, se continue en bas avec le canal central de la moelle, en haut avec Taqueduc de Sylvius, et dont le petit axe transversalement dirigé se termine en pointe mousse à ses extrémités. On peut lui considérer par conséquent deux parois, quatre bords et quatre angles.
A. — Paroi antéro-inférieure.— Pour la découvrir, il faut inciser d'avant en arrière, et dans sa partie moyenne, toute l'épaisseur du lobe médian du cervelet, puis écarter ensuite les deux bords de la division. (Fig. 490.)
Celle paroi, tournée en haut et en arrière, est régulièrement lozangique. Elle se termine en bas par une excavation angulaire très-accusée, qui a été décrite par Hérophile sous le nom de calamus scrfptorius; le sommet (le cet angle constitue le bec du calamus.
La moitié supérieure du losange répond à la protubérance annulaire, et sa moitié inférieure au bulbe rachidien. On remarque sur cette paroi :
1° l'n sillon médian q^i la parcourt dans toute son étendue et qui représente la tiye du cataïnus scriplorius,
2° De chaque cùlé du sillon, un léger relief qui répond aux faisceaux intermédiaires ou latéraux du bulbe.
3** A droite et à gauche du même sillon, au-dessous de sa partie moyenne,
VENTRICDLE DU CERVELET. 121
d«» stries blanches, Iransventalcs, non synit-triquos, qui cnnTerct^iit dn ilnlans en dehors pour donner naissance an nerl' auditil', el (|ui forment les barbes du calamus.
4* A l'extrémité inférieure dn sillon médian, uiio fossette située sur le proloDgemenl du Mnal central de la moelle, appelée rmtrirale il' Artnitmii. Toute cette paroi est revêtue d'une couchr de substance {;riso hsspz épii^u-, se continuant, eu bas avec celle du bulhe et de la moelle, en haut avec celle du ventricule moyen. Souvent cette couche grise s étend en partie sur les bari>es du calamus, qui se trouvent alors comme voilées.
B. — Paroi poster o-mpérieiire. — Elle est beaucoup moins ré).niliêre que b précédente. Pour l'étudier, on peut diviser sur la ligne médiane le bulbe ncbidien et la protubénmcc annulaire, et ensuite renverser en dehors les deiii lèvres de la section en usant de beaucoup de méua)!ement. Mais il est préférable de laisser inbicles les parties préi édentes et de relever rortement le bulbe en même temps qu'on écarte les deux amygdales. Kn portant ainsi le bulbe rarbidien en avant et les aiiiy^'dides en dehors, et retrancliant, s'il le faut, une partie ou la totalité de ces lnhiiles, on découvre asseï bien toute la [uroi supérieure du ventricule, et l'on peut racilemeiit reconnaître :
l' Qu'elle est concave, unie et de couleur blauclie dans sa moitié autéririirc, formée par les pédoncules cérébelleux supérieurs et la valvule de ïicusscns.
i^i NÉVROLOGIE.
2** Qu'elle est inégale, de couleur {îrise et sillonnée transversalement dans sa moitié postérieure, constituée par le sommet de réminence vermiculaire correspondante.
t]" Qu'au niveau du point de réunion de ces deux moitiés, la paroi supérieure, sensiblement élargie, présente : sur la ligne médiane, la luette libre et flottante ; sur les côtés, Textrémité supérieure des amygdales, et au-dessus de celle-ci, les valvules de Tarin.
C. — Les bords du ventricule se divisent en supérieurs et inférieurs. Les supérieurs répondent à la ligne d*union des pédoncules cérébelleux supérieurs avec la protubérance anmdaire.
Les inférieurs sont formés par deux lamelles cellulo-fibreuses, dépendantes du névrilème du bulbe rachidien, étendues des parties latérales de celui-ci à la partie supérieure et interne des lobules tonsillaires, où elles se rapprochent sans cependant se réunir ; en bas, ces lamelles se rapprochent aussi, mais sans arriver jusqu'au contact, et laissent entre elles un intervalle dont la largeur égale celle du bec du calamus scriptorius.
D. — Les flWY//É?s ont été distingués, cl'après leur situation relative, en hiléraux, supérieur et inférieur. — Les angles latéraux correspondent au point de réunion des trois pédoncules cérébelleux, et à l'extrémité antérieure du corps rhomboldal. Us sont arrondis et très-courts.
Vangle supérieur se continue avec l'aqueduc de Sylvius. — Cet aqueduc, creusé sous la partie médiane des tubercules quadrijumeaux, présente à sa partie inférieure un sillon longitudinal. Son extrémité antérieure s'ouvre dans le ventricule moyen, immédiatement au-dessous de la commissure postérieure du cerveau; il établit par conséquent une communication entre le troisième et le quatrième ventricule.' (Fig. 477.).
V angle inférieur présente aussi un orifice qui est limité : 1° en bas, par le bec du Ctilamus ; 2' en haut, par une petite lamelle triangulaire à sommet postérieur, située entre le vermis inférieur et les amygdales, lamelle très-variable dans ses dimensions; «^ sur les côtés, par les lamelles qui forment les bords inférieurs de la cavité ventriculaire. — Le contour de cet orifice est inégal; lorsqu'on soulève le bulbe rachidien pour Texaminer, il représente assez bien un bec d'oiseau dont les deux mandibules seraient largement écartées. Il a pour usage d'établir une facile communication entre les ventricules cérébraux et cérébelleux d'une part, et l'espace sous-arachnoidien de l'autre. Son existence est constante et ne saurait élre considérée avec quelques auteur^ comme le résultat d'une déchirure. Qu'on use de toutes les précautions nécessaires pour prévenir sur ce point une solution de continuité, ou qu'on soulève sans ménagement le bulbe, il se présente avec des caractères toujours les mêmes, caractères qui varieraient certainement si cet orifice était artificiel.
Plexus choroïdes du qu4ilriènie ventricule. — Ces petits plexus, que