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CONSTITUTION, DE L'AXE CÉRÈBUO-SPINAL

se continuent avec les cellules situées sur leur {iroion^'eineiil; puis renaissant de leur pôle opposé ils poursuivent leur route. Beaucoup d'entre eux setrouvi^nt donc coupés dans leur continuité par une cellule bipolaire ou inullipolaire. Ainsi constitué, chaque ganglion encéphalique présente deux ordres de tubes : ceux qui pénètrent dans son épaisseur pour se mettre en connexion avec les cellules qui en dépendent ; ou seulement pour les traverser; ce sont les tubes nerveux afférents; ceux qui en sortent; ce sont les tubes mrveux efférents.

Les tubes nerveux sensitifs, dans la longue route qu'ils parcourent depuis leur origine jusqu'à leur terminaison, traversent toute une série de ganglions. Ceux qui offrent la disposition la plus simple correspondent par chacune de leurs extrémités à une cellule. L'axe cérébro-spinal n'est en définitive qu'une vaste association de tubes ainsi éiroitement unis aux cellules. Seulement, tandis que les plus coiuHs n'entrent en connexion . avec celles-ci que par leurs deux exlrémités, les autres, indépendamment des cellules qui répondent à leur origine et à leur terminaison, en présentent sur leur longueur une, deux ou plusieurs échelonnées à des dislances très-variables.

Les ganglions encéphali([ues sont pour les tubes nerveux d'une part des centres générateurs, de l'autre autant d'étapes successives à chacune desquelles ils subissent rintluence d'une cellule, influence favorable sans doute à la destination qu'ils remplissent, mais encore inconnue dans sa nature.

§ 2. — De la substance blanche considêbée dans son mode de répartition et sa continuité.

Ramené à sa plus grande simplicité, l'axe céréhro-spiiial se présenterait à nous sous l'aspect de deux c«'l Iules reliérs Tune à l'autre par un tube neneux. A l'unité substituons la multiplicité, cet axe se compliquera. Supposons, ce qui a lieu en effi^l, que ces a))pareils, eu quantité innombrable, affectent des directions différentes, qu'ils s'entrc-croiseni, qu'ils s'unissent pour former des groupes, que tous ces groupes communiquent entre eux, et la (-omplication atteindra des proportions bien autnuuent grandes. Tel est l'organe dont nous cherchons à connaître la structure. Après avoir déterminé le mode de répartition de la substance grise, nous avons donc à étudier aussi le mode de répartition {\qs tubes nerveux et leur mode d'associaliofi ou de groupement, à hîs suivre depuis leur origine jusqu'à leur terminaison, à les considérer dans leurs rap|)orts, soit entre eux, soil avec la colonne grise centrale et les ganglions encéphaliques. Nous serons ainsi conduits à constater comment ils s'unissent à la substance grise pour former autant d'organes ou centres d'innervation; et comment ces organes s'unissent à leur tour pour constituer le grand édilice opp'anique qui préside aux sensations, à l'intelligence et à la volonté.

!206 NÉVROLOGIE.

En ayant égard à leur direction, les fibres nerveuses peuvent être divisées en longitudinales y tramversales y antéro-postérieures cl annulaires. Chîicun de ces quatre ordres de fibres mérite de fixer notre attention.

A. Fibres longttadtnalcs.

Ces fibres sont les plus nombreuses. Elles s'étendent de Tune vers l'autre extrémité de l'axe encéphalo-médullaire. On pensait autrefois qu'elles étaient un simple prolongement de celles qui forment les racines antérieures et postérieures des nerfs spinaux. Mais nous savons aujourd'hui que ces racines se perdent dans la colonne grise centrale, et qu'il en est de même pour tous les tubes longitudinaux. Sur la moelle épiniëre ceux-ci se groupent en lames prismatiques et triangulaires, puis les lames se réunissent pour former trois cordons, lesquels s'entre-croisent sur la ligne médiane avec ceux du côté opposé. Suivons ces trois cordons.

Les cordons antérieurs s'enlre-croisent sur toute la longueur de la moelle, et donnent ainsi naissance à la commissure antérieure. Arrivés au bulbe ils s'écartent, contournent les deux autres cordons, deviennent postérieurs à ceux-ci, rampent sous le plancher du quatrième ventricule et pénètrent dans les couches optiques au delà desquelles ils se prolongent très-probablement pour aller se terminer dans la substance grise des circonvolutions occipitales. Prises à leur origine, les fibres qui les composent s'étendent par conséquent de la substance grise du cerveau jusqu'aux cornes antérieures de la colonne grise centrale de la moelle.

Les cordons latéraux s'entre-croisent au niveau du collet du bulbe, forment la portion motrice des pyramides antérieures, traversent ensuite la protubérance, puis les pédoncules cérébraux, montent jusqu'aux corps striés, qu'ils traversent aussi, et vont se perdre dans les circonvolutions frontales et pariétales ; nés de la couche grise de celles-ci, ils se terminent également dans les cornes antérieures.

Les cordons postérieurs s'entre-croisent immédiatement au-dessus des précédents ; leur entre-croisement, plus profondément situé, se termine au niveau de l'extrémité inférieure des olives. En passant du côté opposé à celui (ju'ils occupaient d'abord, ils constituent la portion sensitive des pyramides, sous-jacente à la portion motrice, traversent la protubérance, se placent sur le côté externe des pédoncules cérébraux et se rendent dans les couches optiques; peut-être se prolongent-ils aussi jusqu'au) circonvolutions du cerveau. Ils ont pour origine la substance grise de Is moelle et pour terminaison la substance grise de Tencéphale.

Chacun des trois cordons s'entre-croise donc avec celui du côté oppos< sur un point déterminé et constant de l'axe encéphalo-médullaire. Les trois entre-croisements se disposent en série linéaire, et forment um

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lijriiQ non interrompue. On peut néanmoins les (lislin[,nier en inférieur, iiioyea et supérieur. — L'inférieur, plus étendu et plus profond, occupe le fond du sillon médian antérieur de la moelle. — Le moyen, très-courl, très-superficiel et beaucoup plus évident, siège sur le collet du bulbe. — Le troisième, très-court aussi, répond «à l'extrémité inférieure du sillon médian du bulbe. Si Tentre-croisement moyen fait saillie entre les deux autres au point de combler le sillon médian antérieur, c'est par suite du Tolume beaucoup plus considérable des cordons latéraux.

De CBS trois entre-croisoments, les deux premiers ou ontre-croisemenls moteurs ont pour limites en bas Textrémilé inférieure de la moelle, et en haut Textrémité inférieure du sillon médian du bidbo. Le dernier on entre-croisement sensitif s'étend de la partie inférieure de ce sillon, à IVïtrémité inférieure des olives. Au niveau de ces saillies tous les tubes longitudinaux de la moelle redeviennent donc parallèles; ceux du côté droit sont à gauche et ceux du côté gauche sont à droite, à Texception cependant d'un petit nombre de fibres qui ne participent pas à l'entrecroisement, et qui se rendent dans les hémisphères cérébelleux.

Comment naissent et se terminent ces tubes entre-croisés? Deux faits généraux répondent à cette question. D'une part, les recherches modernes ont clairement ét;ibU que tout tube sensitif ou moteur du système nei'veux central nait d'une cellule et se termine dans une cellule; ainsi les tubes des cordons antérieurs et latéraux partent des cellules de la substance grise de l'encéphale et se terminent dans les cellules multipolaires des cornes' antérieures de la moelle. Aucune d'entre elles ne se continue directement avec celles qui forment les racines antérieures ou motrices. Ces dernières émanent des cellules dans lesquelles se rendent les précédentes. C'est par l'intermédiaire de ces cellules que les tubes moteurs se continuent avec les tubes des racines mc^trices. — De môme les libres des cordons postérieurs s'étend(Mit d'une cellule de l'encéphale aux cellules de la colonne grise centrale de la moelle, pour se continuer par Tinlermédiairede celle-ci avec les fibres des racines sensitives. — L'observation a démontré en outre que les fibres nerveuses ne se continuent pas seulement avec les cellules par leurs deux extrémités, mais qu'elles ont souvent des connexions analogues avec d'autres cellules situées sur leur trajet ; ces cellules échelonnées en nombre variable sur leur longueur constituent pour elles autant d'étapes où le principe incitatcur (pii les [larcourt subit une sorte d'élaboration ou de renforcement, (les faits généraux rappelés, nous sommes actuellement en mesure de suivre les tubes moteurs et sensitifs depuis leur origine jusqu'à leur terminaison.

Les tubes chargés de transmettre aux muscles le principe de leur con- Iraclion ont pour point de départ la substance grise des circonvolutions frontales et pariétales. Des cellules de cette substance ils se dirigent vers

le corps slrié où ils rencontrent les cellules des noyaux inlra et exlra-ventriculaires, se continuent avec celles-ci par l'intermédiaire des prolongements qui en dépendent, s'appliquent ensuite au pédoncule cérébral, traversent la protubérance, forment la portion superficielle ou motrice des pyramides antérieures, s'entre-croisent sur le collet du bulbe pour aller constituer, ceux du côté droit le cordon latéral gauche, ceux de gauche le cordon latéral droit, cheminent en avant et en dehors des cornes antérieures, et se perdent dans leur éj)aisseur, en se continuant avec leurs cellules multipolaires ; par l'intermédiaire de ces dernières ils se prolongent horizontalement en avant, forment ainsi les racines antérieures ou motrices des nerfs rachidiens, puis se portent vers les muscles dans lesquels ils se ramifient.

Indépendamment de cette première série si considérable de fibres motrices émanées des circonvolutions antérieures du cerveau, il en est d'autres, beaucoup moins nombreuses, qui semblent partir des circonvolutions postérieures pour converger vers la couche optique; elles cheminent ensuite sous la substance grise du plancher du quatrième ventricule, contournent dans le bulbe les cordons latéraux et postérieurs, et prennent alors le nom de cordons antérieurs ; nous avons vu qu'ils s'entre-croisent sur toute l'étendue de la moelle.

De presque toutes les parties du corps nais»nt des fibres affectées au transport des impressions sensitives. Elles convergent vers la moelle, forment les racines postérieures, se jettent dans le pédicule des cornes coi'respondantes, où elles se continuent avec leurs cellules multipolaires, et au delà de celles-ci avec les tubes des cordons postérieurs, s'entrecroisent dans le bulbe, immédiatement au-dessus des cordons latéraux, forment la portion sensitive des pyramides, traversent la protubérance, le pédoncule cérébral, la couche optique, et se rendent très-probablement dans la couche grise des circonvolutions occipitales.

Du trajet que suivent les tubes moteurs et sensitits il suit qu'on peut considérer à chacun d'eux deux parties très-différentes par leur siège: une partie supérieure ou encéphalique située d'un côté, et une partie inférieure ou médullaire située du côté opposé ; ainsi la portion encéphalique du cordon'latéral droit se trouve à gauche du plan médian, tandis que celle du côté gauche se trouve à droite; même opposition entre les parties supérieures et inférieures des cordons antérieurs et postérieurs.

De là aussi pour la transmission du principe incitaleur et des impressions des phénomènes croisés. La moitié gauche du cerveau tient sous sa dépendance tous les muscles du côté droit ; qu'une cause mécanique ou morbide détermine dans les lubes moteurs qui en partent, une solution de continuité, ce sont les muscles droits qui seront paralysés; si la solution de continuité réside dans les circonvolutions elle sera partielle, et la paralysie

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