CONSTITUTION DE L'AXE CÉRÉBRO-SPINAL
le sera aussi ; qu'elle ait son siège dans les corps striés, elle comprendra la plupart des tubes qui concourent à former le cordon latéral droit, et la paraljàie frappera presque tous les muscles du même côté, mais restera encore incomplète ; qu'elle intéresse le pédoncule gauche ou le côté correspondant de la protubérance, la paralysie se généralisera davantage, cl s'étendra alors à toute la moitié opposée du corps. Plus la solution de continuitéserapprocheradu point d'entre-croisement des cordons moteurs, et plus aussi seront graves les conséquences qui en découlent. Si au lieu d'une déchirure, résultat ordinaire des hémorrhagies cérébrales, c*est une irritation qui se produit sur la partie encéphalique des cordons moteurs, ce sont des mouvements désordonnés ou convulsifs qui se manifesteront sur une partie plus ou moins étendue du système musculaire.
Des phénomènes analogues se passeront du côté des parties sensibles sous l'influence des mêmes conditions. Une altération portant sur les cir-^ coDVolutions occipitales du côté droit détermine une perte de la sensl^ bilité dans les organes du côté opposé. Un épanchement sanguin dans la couche optique aura pour résultat une p(*rte semblable, mais beaucoup moins limitée ; et la paralysie s'étendra sur une surface de plus en plus large à mesure que la lésion des tubes sensitifs se rapprochera de leur entre-croisement. Selon la nature et le degré de la maladie, les effets obsénés consisteront, du reste, tantôt dans Talfaiblissement ou la perte de la sensibilité, et tantôt dans l'exaltation de celle-ci portée jusqu'à la douleur; quelquefois ces deux ordres de phénomènes se combineront.
Aux fibres longitudinales émanées de la moelle épinière viennent s'en ajouter d'autres. Mais les cordons latéraux seuls participent à cette addi-« tion de fibres nouvelles, qui commence au-dessus de leur entre-croisement. Aux fibres provenant de la moelle s'ajoutent alors celles qui pren-» nent naissance dans le bulbe, puis celles qui naissent dans la protubérance^ dans les pédoncules et dans les corps striés. La portion encéphalique des cordons latéraux ou portion motrice des pyramides acquiert ainsi des dimensions croissantes, déjà très-remarquables sur les pédoncules, mais bien autrement considérables dans les ganglions cérébraux antérieurs et au delà de ceux-ci.
Ces ganglions sont donc pour les cordons latéraux deux puissants moyens de renforcement ou de multiplication. (^Jiacun d'eux représente on centre d'irradiation et d'innervation. Aussi leur a-t-on accordé dans tous les temps une grande importance. Willis plaçait dans les corps striés le msorium commune. Mais les expériences faites sur les animaux et les faits pathologiques observés chez Thomme démontrent qu'ils sont affectés à la motilité. Lorsqu'on les enlève, la sensibilité survit à cette mutilation; les mouvements au contraire sont très-notablement affaiblis.
Les usages <iue WilHs accordait au corps strié, M. Luys les attribue au^^
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212 NÉVROLOGIE.
Les commissures cérébrales affcctenl l'une et l'autre la forme d*uu cordon. — La commissure postérieure, extrêmement courte, se perd presque aussitôt dans la substance grise des couches optiques pour lesquelles elle constitue un moyen d'union. — La connnissure cérébrale antérieure, plus volumineuse que la précédente, remarquable surtout par sa grande longueur, ne se comporte pas de môme à l'égard des corps striés, qu'elle déborde par son extrémité, pour s'étendre très-probablement jusque dans la substance grise des lobules de Tinsula, lobules que cette commissure mettrait par conséquent en communication.
Le corps calleux est parmi les commissures celle qui a le plus vivement attiré l'attention des anatomistes. En 1663, Willis s'attacha à démontrer que le cerveau est composé de deux ordres de libres : 1<» de libres longitudinales ou divei^entes qui se portent vers les circonvolutions; 2® de fibres transversales ou convergentes qui forment le corps calleux (1).
Malpighi adopta la plupart des idées de Willis. En parlant du corps calleux, il s'exprime ainsi : e: Ëe corps fibreux qui forme la voûte des ven-
> tricules se termine de l'un et de l'autre côté par des bords découpés en » franges ou prolongements ondulés qui pénètrent dans la substance cor- » ticale et s'y répandent comme les racines d'une plante dans le sol qui » la nourrit. » Plus loin il ajoute : € De la moelle épinière contenue dans » le crâne, ainsi que d'un tronc commun, on voit naître toutes les fibres
> qui se répandent dans le cerveau et le cervelet; ces fibres émanent de » quatre troncs et marchent en se ramifiant jusqu'à ce qu'elles soient
> arrivées à l'écorce (2). »
Pour cet auteur, le système médullaire de l'encéphale se compose donc aussi de deux ordres de fibres : de fibres longitudinales ({ui^ après avoir formé la tige du cerveau et du cervelet, s'irradient dans leur couche grise périphérique; et de fibres transversales limitant supérieurement la cavité des ventricules et se terminant de la môme manière.
Vieussens, qui décrivit avec une si grande exactitude les fibres ascendantes de la moelle allongée, leur donne également pour dernière limite la substance corticale du cerveau. Quant au corps calleux, il en parle en ces termes : « Ce corps forme presque toute la voûte des ventricules; il
(1) « MeduUifi substantia, corpus callosuiu dicta, interioreiii cercbri superficiein coiica- » merans, anfractaum omnium medullas in se cxcipit. » (The Willis, Cerebri anatome, ûsins Biblioth. anat. Mungetiy t. II, p. 28.)
(âj (t Fibrosa corpora quibus ventriculorum Icstiido contcxitur, landcm desinunt veluti » laciniatis fimbriis, scu productionibus in gyrum duclis, quœ immerguntur et implan- M tantur, non sccus ac copioâsr plantarum radiées, in cortice, qui soli seu terrai viccni M gererc videtur.... A spinalis mcdullo; trunco intra calvariam contfMito, veluti ab insigni » fibrarum collcclione cgressum videntur liaberc oniue» cruribus bine inde ramincantur. » donec ramosis terminalionibus in corticem desinanl. » {Malp'ujhii exerciiatio epist. de cerebroad Car. FracaKsatum, (Uwa Dihlloth, anal. Mangeli^ i. Il, p. 58.)