‹ Traité d'anatomie descriptive (volume 3)Chapitre 45 sur 223 · CONSTITUTION DE L'AXE CÉRÉBRO-SPINAL · texte numérisé non relu

CONSTITUTION DE L'AXE CÉRÉBRO-SPINAL

faut préalablement déchirer toutes relies qui émanent des circonvolutions externes et supérieures.

Les faits cités en faveur des deux opinions modernes ont donc peu de itleur. Ils ne sauraient ni renverser, ni même ébranler Topinion ancienne, qui d*ailleurs emprunte aussi un point d*appui à Tembryolo^ie, et un autre, plus important, à Tanatomie comparée. En effet, les hémisphères se développent d'avant en arrière, et c'est dans le môme sens que se développe constamment le corps calleux, de telle sorte que l'évolution de ces trois parties est toujours simultanée et proportionnelle. D'une autre part, les dimensions du corps calleux dans la série des mammifères ne sont pas en rapport avec celles de la moelle épinière et des pédoncules cérébraux, mais bien avec le volume des hémisphères. Les poissons, les reptiles et les oiseaux, chez lesquels les lobes cérébraux sont très peu développés, ne possèdent pas cette commissure. Celle-ci est rudimentaire chez les rongeurs; elfe offre des proportions de plus en plus {grandes en passant de ces animaux aux carnassiers, aux ruminants,, aux solipèdes et aux singes.

Qu'on observe Tencéphale dans la série de ses développements, ou ([tt'oa rétudie comparativement dans la série des vertébrés, on remarque toujours entre les hémisphères et le corps calleux la plus intime corrélation. Or, le volume de ces trois parties restant constamment corrélatif, il nous semble rationnel de conclure que la partie médiane est une dépendance des latérales ; que le corps calleux, en un mot, est une commissure inter-hémisphérique et non une comnn'ssurc inlerpédonculaire.

Un dernier fait appuiera cette conclusion : divisez le corps calleux de chaque côté et dans toute sa longueur, à sa jonction avec les corps striés : puis enroulez ce corps sur lui-même d'avant en arrière, de manière à le convertir en un cylindre, et comparez ce cylindre au volume de l'un des pédoncules cérébraux : le premier sera très-notablement supérieur au second. Les pédoncules ne sont donc pas le point de départ du corps calleux, puisque ceux-ci seraient insufiisants pour le produire, alors même qu'ils se réfléchiraient en totalité de dehors en dedans; et cette insuffisance devient bien autrement évidente lorsque l^on considère que ce n'est pas la totalité des pédoncules cérébraux qui se réfléchirait pour lui donner naissance, mais seulement une partie, et même la plus petite partie de leur épaisseur. L'opinion émise par Willis, défendue par Malpighi, adoptée par tous les anatomistes du xvm* siècle, développée au commencement du XIX* par Reil, Gall et par Spurzheiin, est donc la mieux fondée.

En résumé, les fibres transversales du centre nerveux forment six principaux groupes : !• un groupe très-mince subdivisé en deux plans, qui unit la moitié droite de la moelle à la moitié gauche; i"" dans l'épaisseur du bulbe, un réseau de fibres arciformes unissant aussi ses deux moitiés l'une à l'autre; 3* sur la protubérance un large faisceau semi-annulaire,

216 NÉVR0L06IE.

qui unit les deux liéinisphères cérébelleux ; 4*" au-dessus des ventricules latéraux une lame en forme de voûte, qui unit les deux hémisphères cérébraux; 5** un cordon grêle et court, qui unit les deux couches optiques ; ô"" un second cordon, plus gros et surtout beaucoup plus long, qui unit les deux lobules de Tinsula.

En embrassant d'un coup d'œil général ces divers groupes, on voit qu*ils constituent un vaste moyen d'union pour les deux moitiés de Taxe cérébro-spinal. On remarquera que l'étendue en hauteur de ces moyens d'union est égale à la longueur des fibres longitudinales; qu'ils se développent de plus en plus à mesure que les appareils longitudinaux sont d'une structiure plus compliquée et d'un volume plus considérable; et qu'après s'être graduellement perfectionnés chez les mammifères, ils arrivent chez l'homme à leur plus haut degré de développement. Aussi la protubérance par son volume considérable, et le corps calleux par sa grande étendue, tiennent-ils une place importante parmi les caractères distinctifs de l'encéphale humain.

Page 1