C. — Fibres antéro-poatértearefl
Les fibres antéro-postérieures ne prennent qu'une très-faible part à la constitution du centre nerveux. A cet ordre se rattachent celles qui ferment les pédoncules cérébelleux supérieurs, lesquelles se dirigent en $ avant, en haut et en dedans. Elles s'entre-croisent sur la ligne médiane au-dessous des tubercules quadrijumeaux, et se portent ensuite vers les couches optiques en suivant les pédoncules cérébraux.
ITautres fibres s'étendent horizontalement du cerveau au cervelet : elles viennent aussi des couches optiques. Ces fibres occupent le côté interne des pédoncules cérébraux, s'entre-croisent en passant des pédoncules dans la protubérance et se mêlent ensuite aux fibres transversales les plus élevées de celle-ci pour se rendre avec les pédoncules cérébelleux moyens dans les lobes latéraux du cervelet.
Parmi les fibres antéro-postérieures on a rangé aussi celles qui se porteraient, suivant un grand nombre d'auteurs, des cornes postérieures de la colonne grise centrale aux cornes antérieures. Ces dernières mettraient en communication les racines sensitives et motrices des nerfs spinaux, et compléteraient l'anneau que parcourt l'influx nerveux dans les phénomènes réflexes dont la moelle épinière est le siège.
D. — Fibres annulaires.
Le caractère distinctif de ces fibres est d'embrasser à la manière d'un lien un ou plusieurs faisceaux de fibres longitudinales. On les observe sur les points où ces dernières, jusqu'alors parallèles, tendent à s'écarter pour
GONSTITUnON DE VAXE CÉRÉBRO-SPINAL. 217
g*imdier en sens divers. Au niveau du bulbe, une tendance de cette nature 16 manifeste et les fibres ardfonnes superficielles apparaissent. A mesure qu'elles s'élèvent, les fibres longitudinales tendent de plus en plus à dJTerger; aussi voit-on les fibres annulaires se multiplier dans la même proportion. Elles sont représentées sur les couches optiques et les corps striés, c'est-à-dire sur le pourtour du cône pédonculaire, par les piliers supérieurs de la glande pinéale, par la bandelette demi-circulaire, et surtout par la voûte à quatre piliers.
Ltô fibres annulaires ont donc pour attributs communs leur situation plus superficielle que celle des fibres longitudinales, leur direction perpendiculaire à celles-ciy leur enroulement d'autant plus complet qu'elles répondent à des fibres plus rayonnantes. En se groupant autour des principittx centres d'irradiation, elles forment autant de ceintures échelonnées de bas en haut et comparables à celle qui relie en un seul faisceau tous les épis d'une gerbe.
Quelles sont les attributions des fibres annulaires? La science, sur ce point comme sur beaucoup d'autres, en est encore réduite à de simples conjectures. Les fibres transversales unissent des organes pairs et semblent linsi ramener leur action à l'unité. Les fibres annulaires unissent des organes situés sur le même côté du plan médian ; elles établissent entre ks organes des connexions à la fois anatomiques et physiologiques, importantes sans doute, mais encore indéterminées.
{3.— DES APPAREILS FORMÉS PAR l'ASSOGIATION DES DEUX SUBSTANCES.
Unis à la substance grise, les divers ordres de fibres que nous venons dépasser en revue constituent, selon quelques autours, autant d'appareils. L'appareil longitudinal est sans contredit le plus important. Les autres lui sont comme surajoutés. C'est lui qui forme la presque totalité de la masse nerveuse centrale; c'est lui aussi qui appiirait le premier : d'où le nom d'appareil primordial ou fondamental sous lequel il a été désigné. Les appareils surajoutés, considérés collectivement, constituent un appareil de perfectionnement appelé, par opposition au précédent, appa-ml iecondaire.
L'appareil fondamental se retrouve trés-développé dans les quatre ordres de vertébrés. L'appareil secondaire, d'une évolution plus tardive, est nidimentaire dans les poissons, les reptiles et les oiseaux ; il acquiert des dimensions plus considérables dans les mammifères, et s'accroît chez eux en raison directe du volume de l'encéphale.
Sur la plus grande partie de leur étendue, ces deux appareils s'entremêlent de la manière la plus intime. A leur extrémité supérieure ils tendent au contraire à se séparer, et se séparent en réalité sur la ligne fnédiane : les cavités ventricuiaires sont le résultat de cette dissociation.
218 NÉVROLOGIE.
Les fonctions de ces deux appareils sont bien différentes. L'appareil lon{?itu(linal) centre d*irradialion de tous les coi^dons nerveux, est parcouru on sens contraire par les excitations centripètes et centrifuges : il tient sons son influence la plupart des organes de la vie animale et de la vie nutritive; c'est par lui aussi que sont établis nDs rapports avec le monde extérieur. Le rôle de Fappareil secondaire est de lier les unes aux autres les diverses parties de Taxe cérébro-spinal, de centraliser leur action, d'en accroître la puissance. Tel est au moins celui de l'appareil transversal ou cominissural à l'égard des deux moitiés de l'appareil fondamental. Ainsi dédoublé et ramené à l'unité, le centre nerveux, selon la remarque de Willis, se trouve prémuni par sa duplicité contre les causes qui tendraient h le paralyser dans ses fonctions, et par ses commissures contre la confusion qui naîtrait d'une pluralité de centres d'action (1).